20/05/2008

Bonnie 'Prince' Billy dans la lumière

bpb-liedowninthelightEn pleine bourre commerciale (albums qui se vendent bien, concerts sold out), l’ami Bonnie ‘Prince’ Billy tape sur un fer de plus en plus chaud. Résultat, un nouvel opus prévu pour tout bientôt, qu’on nous annonce comme le plus solaire de toute sa plantureuse discographie. A l’écoute du morceau mis en écoute par Drag City - une démo certes – le lumineux adjectif laisse songeur.

 

Un mp3 : Bonnie ‘Prince’ Billy – So Everyone (Demo)

Un disque : Bonnie ‘Prince’ Billy Lie Down In The Light (Drag City)

Meg Ashling, entre Loretta et Alela

megashlingElevée au sifflement du train qui la réveillait chaque nuit sur le coup de trois heures du mat', la country girl – plus une bonne dose de folk (Ramblin Cowboy) – Meg Ashling décline en des couleurs traditionnelles, patinées de teintes sixties girlie pop (Move Down The Line), voire fifties (Lovely Like Wine, de ce côté de Patsy Cline) au charme aussi ravageur que suranné. Les dévoreurs d'Emmylou Harris et Loretta Lynn vont adorer, ceux d'Alela Diane itou!

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Meg Ashling Look At The Moon (Autoproduction)

19/05/2008

Silencio – Where You Are And Where You Want To Be

silencio_whereyouareAmplement ancré dans une rêverie chromatique entre brumes electronica évanescentes et guitares acoustiques passagères, le troisième opus du duo lillois Silencio (Nicolas Lecocq et Julien Demoulin du label Eglantine Records) laissera songeur les plus ardents défenseurs de l’orthodoxie ambient (et tant pis pour eux). Etirées, les trois compositions aux noms de capitales font la part belle aux instruments acoustiques, aux field recordings et au spoken word (dont une étonnante voix norvégienne sur Oslo, joliment décoré de quelques notes de piano, par ailleurs). Dès qu’on quitte la capitale norvégienne, le bruit des rues de Copenhague vient relancer une machine revue par un Belong en plein renoncement shoegazing (la langueur de ce Where You Are… en est l’exact opposé) alors qu’à Berlin, nous ressentons le temps passer (les mots sont d’ailleurs prononcés en langue allemande – Ich spure die ganze Zeit) au rythme crépusculaire d’une Hauptstadt à mille lieues de sa réputation festive. Quant à vous, adeptes du TGV, ne redoutez pas cet impeccable – bien que trop propre sur lui – appel à l’étourdissement lancé par le duo nordiste.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Silencio  Where You Are And Where You Want To Be (Music Made By People)

Raoul Sinier de retour

raoulsinier-brainkitchenOyez, oyez, jeunes gens défoncés à l'électro from Paris, le génialissime Raoul Sinier (aka Ra) est de retour. Un an après le fabuleux Ev.panic Redone (et sa vidéo bien frappée, voir ci-dessous), quelques mois après les EP Two Heads et Huge Samouraï Radish, le producteur de Paname est prêt à rebalancer un énorme coup de pied aux couilles de ces gros malins de Justice. Ils l'ont bien cherché.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 : Raoul Sinier – Listen Close

Raoul Sinier – Solid Flesh

Un disque : Raoul Sinier Brain Kitchen (Ad Noiseam)

 

En clip : Raoul Sinier Ev.panic

 

 

En clip : Raoul Sinier Brain Kitchen

Héléna – Fraise Vanille

helena-fraisevanilleAlors comme ça, tu te disais que toi aussi, tu te le ferais bien, la p'tite Helena. Encore tout en érection depuis la scène du bain dans Ah! Si J'Etais Riche, tu guettais sa moindre apparition publique, tu te souvenais d'ailleurs, émotion fragile de maîtrise, que la belle – ah oui – s'était fendue d'une magnifique bossa dans Azul, parue en son temps sur un label qu'on nommait Tricatel. En ces temps-là, tu pensais encore que la variété française pouvait encore accoucher de paysages entre bleu tendre et rose acidulé, que le terme 'nunuche' était réservé aux poulet(te)s industriel(le)s © Star Ac' / Nouvelle Star et tu te sentis conforté dans tes propos sur Née Dans La Nature et son univers d'un romantisme grinçant de tendresse. Puis les choses se gâtèrent, sous l'effet d'un raz-de-marée moderne comme un discours de François Bayrou en 1972. Vincent Delerm (en guest sur Les Mots de Rien) commençait à fréquenter Michel Drucker, Bénabar renversait les années cinquante sur son lourdeau passage et la franchouille n'en finissait plus de se complaire dans un infect marasme anti-moderniste (San Severino, Olivia Ruiz, Thomas Dutronc… aargh). Alors, quand tu entendis l'écoeurante sucrerie de la compagne de Katerine, obligée de ressortir de leur formol les textes de Serge Rezvani (mais si, vous connaissez ces lignes Elle avait des bagues – à chaque doigt – des tas de bracelets  - autour des poignets), tu tirais un trait (définitif?) sur ses pseudo-artistes désobligeants de malhonnêteté intellectuelle.

 

Un disque : HélénaFraise Vanille (Universal)

06/05/2008

M.B. + E.D.A. – Regolelettroniche

mbeda_regolelelttronicheDerrière les mystérieuses initiales M.B. + E.D.A. se cache les Italiens Maurizio Bianchi et Emanuela De Angelis. Pour le contenu musical, rendez-vous sur Octopus.

 

Un disque : M.B. + E.D.A. Regolelettroniche (Baskaru)

Matthew Dear compile les singles

matthewdear-beginning of theendPassé de l'ombre de son cabanon de deejay à la lumière des dancefloors depuis sa collaboration – sous le moniker d'Audion – avec Ellen Allien, Matthew Dear s'était encore davantage révélé en 2007 par la grâce d'un Asa Breed fort bien accueilli en maints endroits de notre globe à facettes. Compilation de tous les singles antérieurs à cette période, Beginning Of The End: The Spectral Sound Singles est à coup sûr une sortie à suivre, ce ne sont pas les fans d'Apparat qui diront le contraire.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Matthew Dear Beginning Of The End: The Spectral Sound Singles (Ghostly International)

05/05/2008

The Magic ID

magic-id-breathProduction inaugurale du label ErstPop / Erstwhile, Till My Breath Gives Out du quatuor The Magic ID présente tous les magnifiques autours d'une musique pop – dans le sens le plus noble du terme – ancrée dans un siècle où la balancier oscille entre Mosz (ces arrangements, d'une délicate précision, quasi horlogère) et Joanna Newsom (le chant de Margareth Kammerer). Il faut dire qu'au vu des forces en présence, toutes actrices majeures d'une scène autrichienne plus que jamais essentielle (outre Kammerer, on retrouve rien de moins que les pointures Kai Fagaschinski, Christoph Kurzmann et Michael Thieke, excusez du peu), le résultat se devait d'être concluant. Et nom d'un Stefan Nemeth, les morceaux sur MySpace le sont, tout comme ils sont revitalisants. Et dire que d'autres préfèrent perdre leur temps à l'écoute de The Dø et de Cocoon.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : The Magic ID Till My Breath Gives Out (ErstPop)

04/05/2008

Thalia Zadek, now and again, again

thaliazedek-liarsandprayersLe parcours de Thalia Zedek – indélébile forte tête de cette musique américaine au féminin dont se prévalent les Shannon Wright et autres Tara Jane O’Neil – affronte le temps de sa farouche indépendance, défendue becs et ongles. Artiste sans concessions aucunes à ces pseudo-vaguelettes disco pop ou ces fake branlettes punk pop pour lecteurs de Marc Lévy,  l’indémodable parcours de l’artiste américaine force un respect absolu de concision et allumé de cette flamme irrévérencieuse qui fait la marque des grandes gueules de notre temps (Scout Niblett, Carla Bozulich,ce genre). En 2008, la remarque est toujours autant d’actualité, en témoigne un Liars And Prayers qui la souligne plus revancharde que jamais.

 

En écoute sur Thrill Jockey

Un mp3 : Thalia Zedek – Lower Allston

Un disque : Thalia Zedek Band Liars And Prayers (Thrill Jockey)

03/05/2008

Essie Jain – We Made This Ourselves

essiejain_wemadethisAu fil des années, The Leaf Label s’est fait une spécialité de produire des artistes féminines dont le style, simple en apparence, recèle des trésors d’émotion instrumentale (l’essentielle Colleen) ou vocale (la fragile Nancy Elizabeth). Nouvelle venue dans la caste, la chanteuse folk anglaise Essie Jain (de son vrai nom Essie Jane Wilkinson) trouvera à n’en point douter un espace vital à sa discrète expression, quelque part entre la Nina Nastasia de On Leaving et la perle Sybille Baier. Guère en manque d’arguments, qu’ils soient mélodiques (le superbe Haze démontre à suffisance les qualités vocales de la demoiselle au timbre de soprano) ou arrangés (les cordes de Sailor, au ton de requiem minimaliste), les chansons d’Essie Jain pèchent, en de rares moments, par excès de joliesse vocalisante (Talking). En d’autres endroits, elle nous rêve un monde parsemé de trois notes de piano, illuminé d’une voix en totale – et magnifique – opposition avec le titre chanté (Disgrace) et plus globalement, elle nous prouve qu’elle a beaucoup écouté, sans en faire un infâme plagiat, la légendaire Sandy Denny. Et elle a bien eu raison.

 

En concert le 31 mai au Point Éphémère

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Essie Jain Disgrace

Un disque : Essie JainWe Made This Ourselves (The Leaf Label)

 

En clip : Essie Jain – Glory