31/01/2011

Agoria – Impermanence

agoria-impermanence.jpgLabel dont la réputation a trouvé jusqu’aux colonnes de Libération, la maison InFiné s’est fait une immense spécialité – savoureuse, disons-le tout net – des chemins croisés de l’electro (pop), du jazz et de la techno minimale. Récemment éblouies par le magnifique Idiosynkrasia de Francesco Tristano, combinaison exemplaire de la vision machinesque de Wolfgang Voigt au pianisme teinté de bleu à la Max Richter, ces pages vont-elles dès lors succomber à l’appel d’Impermanence, troisième épisode longue durée dans la carrière de Sébastien Devaud, aka Agoria ? Oui, non, peut-être ?

Production InFiné qu’on aurait envie de qualifier de typique, au sens le plus normatif du terme, la production du DJ français -  from rural France, précise la bio – vit avant tout dans le minimalisme classieux de ses beats, totalement berlinois dans l’âme (lisez Ben Klock & co). Ajoutez-y une touche de chant largement digne de Sascha Ring (alias Apparat) du côté de Souless Dreamer – une jolie plume au chapeau du vocaliste Seth Troxler, mais aussi des lignes de piano circulant sur un tempo électro à la Clara Moto – pour le déjà classique Panta Rei, nul ennui ne pointe son nez, ou alors en catimini (le très bref Simon). Au-delà d’atmosphères captées en filigrane du Club der Visionäre, Speechless transgresse toutefois (et c’est heureux) les distances, pour une liaison directe vers le Detroit de Carl Craig et Jeff Mills, tout en n’ignorant pas la boucle vers l’Amérique du Sud – un Grande Torino Ricardo Villalobos réinventerait des Tetine sans paroles. Tout en restant dubitative des rapports parfois étranges, voire disharmonieux, entre les arrangements et la voix des intervenant(e)s – notamment une certaine Kid A sur l’agaçant Heart Beating – la balance penche toutefois largement du côté plus des jolies choses, notamment grâce à la subtile alternance d’une techno dub crédible et recyclable dans les échos jazzifiés de Under The River, prélude insolite à l’ultime Libellules, tel une barque secouée par les échos hallucinants du patron de Kompakt dans ses récents ouvrages. On a connu pire voisinage.

Un disque : AgoriaImpermanence (InFiné)

30/01/2011

Marcus Schmickler – Palace Of Marvels (queered pitch)

marcusschmickler-palaceofmarvels.jpgQuoi de mieux pour démarrer une année électronique qu’un disque de Marcus Schmickler – rappelez-vous, l’auteur du fondamental Altars Of Science paru en 2007 et dont les frétillements à la Florian Hecker n’ont eu de cesse de combler les trois années qui le séparent du présent Palace Of Marvels’. En dépit d’un titre qui n’évoque guère la modestie, l’ambition est à la hauteur des enjeux. Héritier spirituel du BBC Radiophonic Workshop et de la Kosmische, le morceau d’ouverture New Methodical Limits Of Ascencion envole dans la stratosphère des volutes où sensualité et expérimentation se caressent le bout du nez. C’est d’ailleurs tout le miracle des douze compositions de ce disque, aux multiples et volubiles trompe-l’oreille. Réinventant l’art de Roger Shepard, créateur de la gamme qui porte son nom où les sons donnent l’illusion de monter ou descendre indéfiniment, le musicien allemand sublime à chaque seconde l’envie de se projeter au-delà d’un cyberspace névrotique. Terriblement hypnotiques, certains titres finissent par rendre maboul, tant leurs tournoiements impriment un effet indélébile sur le cortex – on songe en particulier au troisième titre Risset Brain Hammer. En d’autres instants, un drone maléfique vire à l’incantation nihiliste, c’est toutefois sans compter sur la carrure post-ligetienne de Charm/Anticharm, réponse en tous points remarquables à l’œuvre pour orgue de Bach passée au crible de l’incroyable Acid In The Style Of David Tudor du déjà nommé Florian H. Arrivé trop tard pour figurer dans notre Top 10 de l’année écoulée, la bête aurait trouvé sans le moindre souci sa place sur le podium aux côtés de zeitkratzer/Whitehouse ou Lene Grenager.

 

Un CD/2 LP : Marcus Schmickler – Palace Of Marvels (queered pitch) (Editions Mego)

24/01/2011

V/A – Modeselektor proudly presents Modeselektion Vol. 01

ModeselektionVol01.jpgPersonnages incontournables et hyper drôles de la scène dance, les Modeselektor n’ont eu de cesse sur leurs propres albums de multiplier les collaborations, including la poilante 2000007 avec les Frenchies de TTC qui est encore dans tous les cortex. Par ailleurs déjà auteurs d’un mix parfaitement enthousiasmant – le volume 8 de la série Body LanguageGernot Bronsert et Sebastian Szary lancent un nouvel épisode de leur déjà bien remplie carrière. Intitulé (sobrement, faut-il le dire) Modeselektion, la plaque fait la part belle à des noms connus largement au-delà des rives de la Spree, dont les inévitables Apparat, Marcel Dettmann, Robag Wruhme et Cylob. Malheureusement, la succession/sélection des tracks demeure parfaitement aléatoire et pas toujours du meilleur effet. Alors que l’ambiance démarre on ne peut mieux avec le très fendard Das Geheimnis de Siriusmo, la suite offre moins d’atours, hormis sur l’impeccable Lyrate du DJ résident du Berghain. Fort heureusement, le duo berlinois ne s’oublie pas en cours de route, incluant dans l’exercice son VW Jetta – morceau emblématique des Modeselektor qui parvient toutefois difficilement à faire oublier la relative modestie des outils exposés en vitrine.

 

Un disque : V/A – Modeselektor proudly presents Modeselektion Vol. 01 (Monkeytown Records) 

Modeselektion Vol.01 (MTR06CD) by Modeselektor

22/01/2011

Mark McGuire – Living With Yourself

MarkMcGuire-Living.jpegHomme fort des Emeralds (dont on se rappelle le récent et intéressant Does It Look Like I'm Here?), Mark Mc Guire au placard les synthétiseurs visages frelatés à la Kosmische Musik quand il passe à l’épisode solo sous son propre patronyme. Au lieu des Moog et autres Korg, les guitares électriques occupent tout l’espace, modernisant à foison les interstices laissés par les successeurs sous tension de John Fahey et Robbie Basho. Adressé en premier lieu aux amis et à la famille, selon les propres dires de son auteur, Living With Yourself incarne la beauté des six cordes, revisitées pour l’occasion sous formes d’arpèges éprises de dynamisme mélodique et d’harmonies sonnantes (sans être trébuchantes). Gardant à l’esprit l’environnement qui héberge ses travaux – le label autrichien Editions Mego n’est guère connu pour ses simplismes primesautiers, le guitariste américain tapisse ça et là ses compositions d’un tapis de drones en background (Clouds Rolling In), révélant un art de la virtuose toujours au service de la musique – on admire d’autant plus que le gaillard n’affiche que vingt-trois printemps au compteur. Alors, à moins de honnir à tout prix les efforts solitaires d’instrumentistes de la plus haute tenue, on voit mal de quelle façon on pourrait balancer des tonnes de boue à la face de ce très bon disque, ancré dans un passé glorieux pour mieux en extirper la modernité de son interprétation.

 

Un disque : Mark McGuireLiving With Yourself (Editions Mego)
Read full review of Living With Yourself - MARK MCGUIRE (EMERALDS) on Boomkat.com ©

20/01/2011

Francesco Tristano – Idiosynkrasia

francesco_tristano-idiosynkrasia.jpg

Personnage surdoué – et pas uniquement à ses heures perdues – Francesco Tristano appartient à cette caste de musiciens à qui tout réussit et que l’on voudrait détester sans jamais y parvenir. Il a pourtant bien des raisons de susciter la jalousie, le pianiste et compositeur luxembourgeois établi à Berlin – sans compter qu’en prime, il est plutôt du genre beau gosse. Diplômé de la très prestigieuse Juilliard School, interprète reconnu de Prokofiev, Ravel ou Debussy, collaborateur de Carl Craig, Moritz von Oswald ou Murcof – mais si, voyons – Tristano n’est heureusement pas du genre premier de la classe à réciter les mêmes gammes par cœur une carrière durant. Adepte d’une réunion où la musique savante affronte le jazz et les musiques électroniques de maîtresse manière – il suffit de consulter les noms que nous venons de citer pour s’en rendre compte – notre homme évolue avec une époustouflante aisance entre Hauschka, Max Richter et Wolfgang Voigt. Prenons le morceau d’ouverture Mambo. Ponctuées de beats martiaux qui s’immiscent entre les noires et les blanches de l’époustouflante façon du patron de Kompakt sur son récent (et remarquable) Freiland Klaviermusik, les six minutes trente de la pièce ouvrent idéalement l’objet de nos désirs. S’ensuivent des passages davantage lyriques, où le jazz prend un rôle dominant, mais aussi des épisodes (très) sautillants où le plaisir des enchevêtrements s’invite à la table des secoueurs de têtes. Définitivement conquis, nous l’accompagnons, libérés et heureux, dans ses contemporaines divagations.

 

Un disque : Francesco TristanoIdiosynkrasia (InFiné)
Read full review of Idiosynkrasia - Francesco Tristano on Boomkat.com ©

18/01/2011

Kollektiv Turmstrasse – Rebellion der Träumer

KollektivTurmstrasse-Rebellion.jpgA l’heure de la sortie de Pong, l’extraordinaire cinquième élément de Senking, les exigences faites électroniques en provenance d’Allemagne prennent un tour chaque jour plus exigeant. Premier effort du duo Kollektiv Turmstrasse, alias Christian Hilscher et Nico Plagemann, Rebellion der Träumer abandonne la froideur hypnotique de Jens Massel sur Raster-Noton et explore la moiteur humide de notre inconscient noctambule. Derrière une apparente simplicité mélodique, la paire aus Hamburg cache toutefois bien son jeu. Adepte, probablement, d’un constructivisme architectonique qui transgresse la nuit froide sous une fausse lenteur, le Collectif de la Rue de la Tour n’est pas en reste de sexy attitude lorsqu’une voix suave – évidemment féminine – se mêle au jeu des possibles (Kontakt, improbable entrelacs où la Berlinoise M.I.A. s’amourache de Björk). Toujours à des années-lumière des torrents de beats de leur concitoyen Boys Noize – qui s’en plaindra ? – le disque maîtrise également l’art très germanique de ne pas y toucher, distillant à subtiles doses ses atmosphères éprises d’une horloge affichant éternellement quatre heures du mat’ – tel un Prince phagocyté par Apparat à grandes rasades de beuh qui rend joyeux – ce n’est qu’une éternelle illusion. Au bout du chemin, leur rébellion des rêveurs donne une furieuse envie de monter sur les barricades.

 

Un disque : Kollektiv Turmstrasse – Rebellion der Träumer (Connaisseur Recordings)

04/01/2011

Top Ten 2010 Nr. 1 zeitkratzer – Whitehouse [electronics] (zeitkratzer)


Read full review of Whitehouse Electronics - ZEITKRATZER / WHITEHOUSE on Boomkat.com ©

Top Ten 2010 Nr. 2 Ran Slavin – The Mediterranean Drift (Crónica)

ranslavin-drift.jpgEn free download ici

22:32 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ran slavin, cronica, top 10, top 10 2010 |  Facebook |

Top Ten 2010 Nr. 3 Lene Grenager – Affinis Suite (+3 dB)

lenegrenager-affinissuite.jpgDu son? Ici

 

22:27 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : top 10, top 10 2010, lene grenager, +3db |  Facebook |

20/12/2010

Top Ten 2010 Nr. 4 Gilles Aubry – s6tr8 (Winds Measure Recordings)

Recherche d'autres artistes comme gilles aubry sur Myspace Music