25/02/2008

Samantha Marais – The Peppermint Conspiracy

samanthamarais-thebutterflyconspiracyBlanche sud-africaine d’origine, Samantha Marais a mis le cap sur Londres, voici quelques années déjà, histoire sans doute de se rapprocher des racines traditionnelles de sa folk music. A l’instar de sa consoeur Stephanie Dosen, autre folkeuse immigrée dans la capitale de l’Union Jack, la jeune femme propose des chansons charmantes, à peine plus acidulée que celles de sa collègue américaine, dont l’essence manque – chez l’une comme chez l’autre – de ce contenu personnel qui donne tant de force à une Marissa Nadler ou une Joanne Robertson. D’une forme peu révolutionnaire, les ritournelles de la brune songwriter trouvent heureusement sur le morceau-titre un écho plus inventif du côté de Joanna Newsom et des sœurs Cassidy. Outre cette relative concession à la modernité, la demoiselle prouve, et c’est remarquable, qu’elle n’est pas en reste d’americana, ni de Hope Sandoval (Runaway) bien que ça soit aussi beau que passager (Falling Star). Ses fausses expérimentations peinent cependant à convaincre (Hourglass, extrait lu du poème du 19è siècle The Wreck of the Deutschland par Gerard Manley Hopkins), perdues qu’elles sont entre la radicalité d’un Eyes Like Saucers et le conventionnalisme d’une Edith Frost, tout comme son interprétation du chant traditionnel George Collins manque de ce corps à corps dont sont capables les bien plus crédibles Isobel Campbell et Alasdair Roberts. Peut-être Samantha Marais devrait-elle se contenter du registre pop folk de Charcoal Man, là où elle excelle vraiment.

 

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Un disque : Samantha Marais The Peppermint Conspiracy (Butterfly Recordings / V2)

 

24/02/2008

Back where they Belong

belong-colorlessrecordEn dix-huit mois passées à te ratatiner le brouillard revu et corrigé par Turk Dietrich et Michael Jones, alias Belong, tu avais fini par désespérer de retrouver un jour une galette du duo de la Nouvelle-Orléans, impressionné que tu fus – et continuait d’être – par October Language, l’un des meilleurs albums de 2006, tous genres confondus. Et puis vint la lecture d’Audiversity, qui t’annonçait la sortie du nouvel EP Colorless Record, quelque part entre My Bloody Valentine et William Basinski. Full approval, once more.

 

Un mp3 : Belong – My Clown

Un disque à venir : Belong Colorless Record (St. Ives)

21/02/2008

Les Autistic Daughters ressortent de la bulle

AutisticDaughters-UneasyFlowersPas la peine de tourner autour du pot Kranky plus longtemps, les Autistic Daughters sont le genre de groupe à rendre extatique le lecteur de Foxy Digitalis en manque de Sea & Cake. Entre Dean Roberts, Werner Dafeldecker et last but not least Martin Brandlmayr de Kapital Band 1(!!!), Radian et Trapist, le projet a plus que jamais une sacrée gueule, matérialisée par un second album à venir sur l’intransigeant label américain. 

 

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Un mp3 : Autistic Daughters – Hotel Exeter Dining Room

Un disque à venir : Autistic Daughters Red State (Kranky)

de Portables – Topless Is More

deportables_toplessismoreEntre psychédélisme pinkfloydien et post pop fleurie, le cinquième album des Portables réunira-t-il la patrie noir-jaune-rouge déchirée ? Réponse sur Octopus.

 

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Un disque à venir : de Portables Topless Is More (Stilll)

19/02/2008

Laura Gibson, nouvelle icône folk

lauragibsonOriginaire de Portland, Oregon, Laura Gibson doit forcément sentir l’air frais de la tradition folk américaine, mais aussi du Canada (presque) voisin, sur sa guitare lorsqu’elle compose ses touchantes mélodies folks. Et pour cause, un timbre de voix rappelant une Feist – en bien plus timide et ce n’est pas inconvenant, une gratte acoustique en plein accord avec l’héritage de Karen Dalton, des joues humides à se rappeler le bonheur intime d’aimer Julie Doiron, ça a de quoi ressusciter l’indicible espoir de voir un jour trôner en tête des charts Diane Cluck et Jana Hunter.

 

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Un disque : Laura Gibson If You Come To See Me (Hush Records / Borne Recordings)

18/02/2008

Etouffons-nous au son des Gowns

gowns-redstateBad trip rock désincarné ou folk lo-fi d’entre les zombies, le son morbide de Gowns décatit les fantômes de Current 93, Jackie-O Motherfucker et des Charalambides, pour un poison insidieux au compte-gouttes vicelard. Tremble, pauvre mortel, tremble…

 

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Un mp3 : Gowns – White Like Heaven

Un disque à venir : Gowns Red State (Cardboard Records / Upset The Rhythm)

 

Christian Kjellvander – I Saw Her From Here, I Saw Here From Her

ckHonnête artisan de la scène americana made in Scandinavia, Christian Kjellvander est devenu, en l’espace de trois albums seulement, une valeur très sure du petit monde des cow-boys nordiques. Toujours touchantes, souvent inspirées (à l’image du magnifique duo mari Christian – femme Karla-Thérèse When The Mourning Comes, digne des plus belles minutes de Bonnie ’Prince’ Billy et Dawn McCarthy sur The Letting Go), les mélodies du troubadour suédois sont admirables de beauté formelle et d’émotion non-dissimulée. De temps à autre, elles pèchent, mais est-ce réellement un crime?, par un certain traditionalisme qu’on aimerait moins affiché et qui nous fait regretter les tentatives plus audacieuses d’un Sandro Perri sur le label Constellation. Tel le parcours d’artistes aussi peu hype que Lloyd Cole, avec qui il a partagé une tournée, ou que Ron Sexsmith, l’évolution du musicien de Stockholm le pousse chaque un peu plus vers les terres d’un Elliott Smith ou d’un Townes Van Zandt et ça n’a rien d’insensé.

 

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Trois mp3: Christian Kjellvander - Poppies and Peonies

Christian Kjellvander - While the Birches Weep

Christian Kjellvander - Two Souls

Un disque : Christian KjellvanderI Saw Her From Here, I Saw Here From Her (Startracks / V2)

15/02/2008

Evangelista = Carla Bozulich

evangelista-hellovoyagerPersonnage parmi les plus intransigeants de la scène rock indépendante nord-américaine, la Californienne Carla Bozulich fait partie de cette génération d'artistes qui, d'Elizabeth Anka Vajagic à Carla Kihlstedt en passant par Thalia Zedek, démonte sans concessions les codes du songwriting pour mieux les intégrer dans des structures personnelles au-delà de tout soupçon ornemental. Désormais opérant sous le pseudonyme d'Evangelista (d'après son fameux album de 2006), la chanteuse (dans le plein sens que lui auraient attribué une Nico et une Patti Smith) est de retour en ce début d'année, et le projet risque de faire parler de lui, pour une foule de bonnes raisons. Rock énervé tendance Sonic Youth punkoïde, cabaret songs tels des uppercuts au foie de Feist ou pièce instrumentale pour cordes, Hello, Voyager ricane déjà de toute de son acidité mordante. Et ce n'est qu'un début…

 

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Un disque : Evangelista Hello, Voyager (Constellation)

Rufus Wainwright – Rufus Does Judy At Carnegie Hall

rufus-judyLe 23 avril 1961, la grande Judy Garland (qui ne connaît le film ‘A Star Is Born’ ?) donna au Carnegie Hall un légendaire concert, que le magazine Variety n’hésite pas à qualifier de ‘Greatest Night In Show Business History’, et dont fut tiré un album vainqueur de cinq Grammy Awards, dont celui de la meilleure interprète féminine de l’année. Véritable icône de la communauté gay américaine, la performeuse new-yorkaise ne pouvait compter que sur le génie Rufus Wainwright pour ressusciter un spectacle dont la bande-son continue, plus que jamais, de se vendre dans les magasins spécialisés. C’est peu de dire que le petit-fils de Martha et Loudon Wainwright II – présents à l’époque dans le public, le livret en témoigne – réussit dans son réappropriation toute personnelle de la magie de l’événement, bien au-delà de tout hommage passéiste convenu. Bien sûr, pour chipoter, nous pourrions arguer que la voix de Rufus manque parfois de souplesse ou d’élégance, ce serait lui faire un bien mauvais procès que de s’arrêter à ce genre de détails pour vieux grincheux nostalgiques de Maurice Chevalier. D’une formidable énergie, puisée dans la plus grande tradition du music-hall américain (rappelons-nous Shirley Bassey lorsqu’elle était accompagnée d’un orchestre), les musiciens emmenés par Stephen Oremus (un grand nom à Broadway) entraînent de leur diabolique précision un Rufus Wainwright qui en redemande tant et plus (et nous aussi). Que ce soit dans les moments les plus recueillis ou les plus entraînants, c’est toute la magie d’une époque que nous retrouvons et, dans sa version ancienne comme actuelle, elle n’a pas vieilli d’un pouce.

 

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Un disque : Rufus Wainwright Rufus Does Judy At Carnegie Hall (Geffen)

 

14/02/2008

A fond de Khale

khaleElle sonne de sa trouble innocence, la musique pop – aux forts relents brumeux d’americana – du groupe américain Khale, et son apparente innocuité pourrait être bien le reflet méconnu d’un miroir aux alouettes où le reflet de Low prendrait des airs de Minor Majority. A suivre en mai 2008, sur le toujours passionnant label luxembourgeois Own Records.

 

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Un disque à venir : Khale Sleepworks (Own Records)

22:09 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : americana, khale, own records, preview, pop |  Facebook |