24.05.2009
Polar – French Songs
Pote de Christophe Miossec qui l’encouragea à chanter en idiome hexagonal, Polar joint le verbe francophone à la pop folk passe-partout sur ce French Songs, troisième tentative de son auteur. A la notable exception de la reprise pas dégueu du Some Velvet Morning de Lee Hazlewood & Nancy Sinatra (ici remplacée par la jamais seule Loane), la douzaine de titres se décline sur des textes doux-amers d’une poésie romantique heureusement moins clichée que les pseudo-états d’âme des insupportables Cali/ogero. Moins abouties que les demi-teintes ironiques de Philippe Uminski, les chansons de Polar font en outre des clins d’œil trop marqués à Stephan Eicher (qui a en outre co-écrit Avec Des Si), voire à Pascal Obispo (ouille, ouille), ils lui font perdre de cette personnalité qu’on aimerait voir prendre une direction moins grand public, à l’image du très miossequien ‘Comme Ca.
Un disque : Polar – French Songs (Virgin / EMI)
Avec des si - Polar
Comme ça - Polar
21:37
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13.05.2009
Florian Mona – s/t
iInutile de faire de Florian Mona une nouvelle icône de la chanson française post-Bashung (on laissera cet honneur à Nicolas Comment ou Bertrand Betsch, sans même parler de Mendelson). Tout au plus avons-nous affaire à un sympathique avatar pop folk du très sage Florent Marchet, gentillettes mélodies variétoches et arrangements convenus compris dans le packaging. Sans oublier que la saison des Francofolies battra bientôt son plein sur notre organe télévisuel régional aux quatre consonnes.
Un disque : Florian Mona – s/t (Naïve)
Fourmis-Lions - Florian Mona
Le reveur Bostanji - Florian Mona
09:50
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04.05.2009
Felicia Atkinson – La La La
Tout compte fait, la présence de Felicia Atkinson sur le label japonais minimaliste Spekk relève de l’ordre le plus naturel des choses. Reprenons les choses dans l’ordre, quelque part en 2006. Encore Parisienne, la musicienne et illustratrice conjugue ses efforts à la délicatesse poétique de Sylvain Chauveau, pour un duo épistolaire absolument remarquable, où l’intransigeance sonore du duo japonais Opitope (signé sur Spekk, tiens, tiens) confrontait ses trouvailles à un spoken word à la sourde tragédie épurée (Roman Anglais, O Rosa). Deux années plus tard, la demoiselle liait sa destinée à Elise Ladoué au sein du projet Stretchandrelax, pour un disque en tous points sensationnel de dépassement micro-folk allant droit à l’essentiel (…/ Instead of Buying Shoes, Nowaki).
Oeuvrant en solo pour la première fois, encore que le sieur Chauveau ait mis la main à la pâte, Atkinson s’est emparée d’instruments maison (une guitare acoustique, un piano, un glockenspiel, des field recordings) pour décorer – en toute intimité – les nuances überminimalistes de son œuvre, prenante et enivrante au fil des écoutes. Il suffit qu’elle s’empare d’un piano bien (ou mal) tempéré pour que la grâce inquiète de sa poésie lunaire rejoigne sous la voûte céleste un No Wedding aux échos emmurés d’Half Asleep. Au-delà de la démarche, improvisée bien qu’éditée, c’est avant tout la cohérence intime des onze morceaux qui impressionne, que la guitare prenne les commandes sur quelques arpèges simplement belles (Guitar Means Mountains) ou qu’un mélodica accompagne une voix, celle de Nico au petit matin, maladroite comme elle est sensible (Blue Walls). Elle a beau affirmer que ‘les couleurs changeantes sont néfastes pour la santé morale’, la fréquentation habitée de ses miniatures soniques donne aux froids hivernaux un manteau de chaleur humaine dont on ne peut plus se passer.
Un disque : Felicia Atkinson – La La La (Spekk)
No weddingNo Wedding - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson
courirCourir - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson
19:00
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11.04.2009
Oldman – Son, Father and Son
Ancienne moitié du duo MAN, artiste épris de collaborations indépendantes (Lena en compagnie de Matthias Delplanque, en duo avec Jérôme Paressant), le Nantais Charles-Eric Charrier aka Oldman fait partie de ses aventuriers ultimes à l’hyperactivité effrénée et contagieuse. Adepte d’une polyvalence stylistique où le spoken word le dispute au jazz – version minimale, preuve en est l’introductif Son, Father et son échappatoire lento d’une captivante beauté sur quelques notes de guitare acoustique, de synthé et de cymbales – Charrier vise à l’épure, toujours, pour atteindre le beau, souvent, le sublime, parfois. Puisant aux sources les plus incontestables, qu’elles soient issues du croisement improbable de la gratte de Matt Elliott instrumentalisée par Cvantez (Mon Délicat) ou du parler nocturne d’un post rock à la sourde colère, trempée dans une Encre période Flux. De temps à autre, le ton se fait davantage serein, divaguant entre six cordes et xylophone sur un nuage comeladien où il fait bon se reposer (Grandfather’s Shield), avant que le souvenir grave (la voix et le texte) de Rodolphe Burger ne fasse définitivement oublier le très pénible Gérard Darmon sur le surprenant Son, Father and Son. C’est que contrairement à une scène franco-hexagonale où l’auto-complaisance est érigée en religion, Oldman regarde au vitriol son ombre dans le miroir, elle lui renvoie une misanthropie paranoïde subjuguante de vérité. A l’image d’un disque dont les fractions inquiètes énumèrent les sens pour mieux les vampiriser.
Un disque : Oldman – Son, Father and Son (Arbouse Recordings)
Mon Délicat - Oldman
Father and Son - Oldman
14:48
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11.01.2009
Alien Robots Orchestra – s/t
C’est un véritable ovni glam pop, tendance baroque assumée, que cet originel / original effort du duo franco-anglais Alien Robots Orchestra, et c’est peu de l’écrire. Projet de deux allumés pas timides pour une intégrale The Divine Comedy, le compositeur François-Elie Roulin et la chanteuse Joanna Swan, l’orchestre en question balance des pépites opéra rock, quelque peu bling bling certes (on sent le travail d’habilleur musical de Roulin pour France 2 ou… le Tour de France), d’où ressort le superbe timbre de voix de Joanna Swan, d’une clarté épicurienne qui n’exclut pas un sens certain de la tragédie. Album concept par excellence, le disque raconte l’histoire de robots qui débarquent sur terre et découvrent qu’ils ne sont que de vulgaires machines. Là où on aurait pu avoir droit à une logorrhée insipide digne des pires comédies musicales post-Le Roi Soleil, Roulin et Swan se distinguent par un sens de la dramaturgie – très – mélodique proprement scotchant, en toute impunité grandiloquente revendiquée. Et si on pourra toujours regretter l’une ou l’autre faiblesse, à l’image de ce solo de guitare démonstratif en pénible rappel de Yes sur Empty Space ou ce clin d’œil trop voyant aux Virgin Suicides sur Loving Machine, la fréquentation rapprochée de cet improbable opus fascine bien plus qu’elle ne rebute.
Un disque : Alien Robots Orchestra – s/t (Bizar Bizar)
22:26
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06.01.2009
V/A – Filles Fragiles #2
Fruit de la passion d’un jeune homme néerlandais à l’étrange pseudonyme de Guuzbourg (le blog Filles Sourires, c’est lui) tombé amoureux à l’adolescence de
des Frenchies de Sheffield (et non Anglais, comme dit par erreur auparavant) The Lovers, la compilation abrite un sacré lot de nunucheries, ramassis de clichés folkisants sur une chanson française soi-disant de qualité à caler entre deux intégrales Télérama. La palme revenant à l’Américaine Erica Buettner, en meilleure imitatrice de Carla B. et la bossa insignifiante de Vanessa Contenay-Quinones, bourrée de ces tics que même Henri Salvador n’osait plus.
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Un disque : V/A – Filles Fragiles #2 (Filles Fragiles)
10:52
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28.11.2008
François Virot, première
Activiste indie pop au parcours parsemé de mille et une démos überconfidentielles, le Lyonnais François Virot extirpe – enfin ! – de sa tanière écorchée un premier album, aussi attendu dans la branchitude qu’il restera confidentiel dans le mainstream. Outre la confirmation possible, l’avenir le confirmera, de sa talentueuse tension musicale, l’objet nous vaut la renaissance du label Clapping Music, muet depuis le disque de Ramona Cordova. Qui s’en plaindra ?
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Un disque : François Virot – Yes Or No (Clapping Music)
14:17
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10.11.2008
Felicia Atkinson en solo, lo, lo
Artiste discrète comme elle est indispensable, Felicia Atkinson la Parisienne est l’auteur – en compagnie d’Elise Ladoué - d’un disque absolument saisissant de minimalisme folk über lo-fi, must de l’année 2008. Dorénavant totalement seule aux commandes de son premier opus solo, la compagne de Sylvain Chauveau retrouve sur le très recommandable label japonais Spekk (Opitope, Jefre Cantu-Ledesma) un terrain de jeu propice à une bouleversante fragilité. Qui rime toujours un peu plus avec beauté.
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Un disque : Felicia Atkinson – La La La (Spekk)
22:36
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03.11.2008
Christophe Bailleau & Neal Williams – On Soft Mountains We Work Magic
Musicien français exilé en terres wallonnes (il habite à Huy), Christophe Bailleau nous a donné à entendre par le passé des paysages sonores au pire intéressants, le plus souvent captivants de retenue fragile. En témoignent les visiteurs de son installation sonore L’Echappée Belle, en collaboration avec Julie Maréchal et Paradise Now et présentée au dernier festival CitySonics, l’électronicien hutois s’érige en disciple inspiré de ses contemporains Mitchell Akiyama et Christian Fennesz (cfr. le troisième morceau Eden), qu’il œuvre en solo ou en duo. Associé le cas présent au chanteur folk américain Neal Williams, illustre inconnu d’un bataillon il est vrai peuplé, Bailleau nous offre plusieurs pièces plutôt introspectives de son propre cru electronica, parmi lesquelles nous retiendrons le très subtil dialogue Emulette entre guitare et laptop, le tout ponctué de field recordings délicatement choisis. De son côté – le disque ressemble plus à une alternance de styles qu’à une réelle conversation – le songwriter américain nous propose une sub-li-me mélodie, hélas trop brève, que Simon & Garfunkel eux-mêmes n’auraient pas reniée (Future Plans), tout en connaissait les classiques d’Elliott Smith (le très triste et beau When Does It Start). Au final, si le contraste des genres n’atteint pas le degré de radicalité folktronica de Tangtype, les dix titres se laissent apprécier à leur juste valeur, perchée bien haut dans les sommets.
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Un disque : Christophe Bailleau & Neal Williams – On
15:00
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02.10.2008
Hitchcock Go Home – You Cannot Be Serious!...
C’était en 2004 – une éternité dans le calendrier de la hype – et déjà les Hitchcock Go Home tenaient compagnie à Cyann & Ben, ça s’appelait Yes, You’re Dead. Le temps passé à naviguer entre leur Grenoble natal et leur Paris d’adoption (quatre ans tout de même), les cinq membres du groupe ont pris le temps de peaufiner leurs mélodies post rock, dont n’est exclue ni la douceur du chant de Fanny (A Dawn For Lanark), ni la tentation radioheadienne (Odd). A l’écoute des neuf titres de ce second effort, ils ont rudement bien fait de nous faire patienter, tant la qualité musicale est au rendez-vous. Pour grincher un peu, on pourrait citer deux ou trois détails guère fondamentaux, tel ce chant sur Something You Can’t Hide dont l’admirable partie de banjo cache mal les échos très Matt Bellamy (mais en mode assoupi) de la voix. Une chose ne fera en tout cas pas débat, c’est le travail sonore fouillé du quintet, qui plus est jamais pris en défaut de maniérisme ou de pompiérisme. Tressant des séquences dont le dynamisme tranche dans le vif, à l’image de cette basse qui fait le boulot sur Pale Or Blue ou de ce banjo lumineux sur Where You Are, les Hitchcock Go Home donnent ainsi à leurs chansons les moyens instrumentaux dont tout fan de musique pop devrait avoir envie.
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Un disque : Hitchcock Go Home – You Cannot Be Serious!... (Drunk Dog)
18:33
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