21.12.2009

Un disque : Rothkamm – ALT 1989-2009

rothkamm-altOn enfile le polar avec Rothkamm, la suite est sur le Grisli.

 

Un disque : Un disque : Rothkamm ALT 1989-2009 (Baskaru)

29.11.2009

Hapsburg Braganza – Hatchling

hapsburgbraganza-hatchlingLe rendez-vous était fixé un soir de septembre 2009, en la demeure bruxelloise de M. Sylvain Chauveau. Les usages respectés et passés, des mini-performances de deux minutes maximum, dont celle fantastique de Pierre-Yves Macé, le temps était venu de lier connaissance. Et jour de chance, parmi la trentaine de présents, le Liégeois (établi à Gand) Yannick Franck était du voyage, il avait même emporté une pile de la dernière sortie – en 300 exemplaires – de son label Idiosyncratics.

Sous le couvert de l’étrange pseudo Hapsburg Braganza se cache l’Anglais de Newcastle Phil Begg. Adepte des collages sonores, notre homme nous offre une seule pièce de quarante minutes, particulièrement dense et intense. Peuplés de field recordings qui rappellent de toute évidence la musique concrète de Francisco Lopez, surtout lors de la première partie, les paysages sonores de Hatchling passent d’une pluie cinématique à des grincements hitchcockiens. Inquiétantes, les atmosphères évoluent de façon presque impalpable, mais réelle, vers une vision de plus en plus liquide, où la beauté sonore passe de flux en reflux, avant l’averse. Petit à petit, un drone organique surgit du mur d’eau et le souvenir des Nocturnal Emissions et de Charlemagne Palestine refait surface, pour ne plus nous quitter. Et on en redemande.

 

Un disque : Hapsburg Braganza Hatchling (Idiosyncratics Records)

Big Mouth - Marie Flore - Severin

Johnny - Constance Verluca - Severin

27.11.2009

Leyland Kirby – Sadly The Future Is No Longer What It Was

leylandkirby-sadlythefutureVéritable identité du mystérieux The Caretaker (alias V/Vm), auteur des remarquables A Stairway To The Stars et Persistent Repetition Of Phrases, Leyland Kirby quitte – enfin – la coquille de l’anonymat volontaire. Comparé au meilleur des musiques ambient, celles d’un William Basinski (quand il ne s’emmêle pas les bandes) et de Janek Schaefer, le musicien britannique installé à Berlin explore, toujours un peu plus loin, une veine néo-classique automnale. Pleinement mélancolique, et c’est peu dire, elle est déclinée en trois doubles vinyls vendus séparément en 450 exemplaires seulement (ou en un coffret de 3 CD), telles des armes absolues contre les frimas automnaux à venir.

 

Installé à Berlin dans le formidable quartier de Friedrichshain, là où les clubs les plus fameux (Berghain, Maria am Ostbahnhof) côtoient les vitrines architecturales du néo-classicisme socialiste (Frankfurter Tor, Karl-Marx Allee), Kirby nous invite à prendre le temps de la déambulation ralentie. Narrée en vingt titres d’une splendide beauté formelle, ne vous étonnez pas de voir des larmes garnir vos joues, l’histoire peut se conter en de multiples tableaux pluvieux et solitaires. Les privilégiés d’entre nous qui ont l’immense chance d’avoir un jour parcouru les rues depuis l’Oberbaumbrücke jusqu’au Volkspark Friedrichshain, un soir frisquet, savent de quoi il en retourne.

 

Avant d’aborder la musique de Kirby, prenez le sentier de Google, bifurcation Youtube. Un click de souris plus loin, vous vous plongez dans une vidéo en noir et blanc, elle est volontairement floue et humide. Tremblotant d’émotion, pris d’une subite envie de gagner les bords de la Spree, elle vous  emmène en promenade dans des rues du quartier habité par le compositeur. Au travers des gouttes et des tremblements, nous passons outre les cocktail-bars embourgeoisés de la Simon-Dach-Strasse. Traversant une histoire mouvementée, nous débouchons au pied des prestigieux – et socialistes – palais des travailleurs de la Frankfurter Allee, vitrines d’une époque heureusement révolue où le tovarich Joseph Staline imposait sa loi martiale et inhumaine à tout un demi-continent. Pris dans un flot ininterrompu de sentiments forts, nous pensons au présent, marqué au fer rouge des expériences du passé.

Construits à des rythmes de forçats proprement insoutenables (ils ont débouché sur la révolte des ouvriers écrasée dans le sang le 17 juin 1953), les – oui, très – beaux immeubles en style confiserie de l’avenue voient défiler le passant pressé, abrité de la pluie et du vent sous sa cape. C’était en 1989, un nouvel espoir tourné vers l’ouest s’offrait à lui, il avait pour nom liberté (et capitalisme, aussi).

Déjà, l’enthousiasme n’était pas partagé par tous. Irréductibles anti-conformistes, les squatteurs chassés de Kreuzberg avaient investi les lieux, occupant tout un côté de la tellement délabrée Mainzer Strasse. Partisans d’une utopie fraternelle où la vie en communauté s’affranchirait des règles bourgeoises de la propriété privée, ils rêvaient d’une autre existence, elle avait également de fortes odeurs d’opiacées qui rendent heureux. C’était au début 1990, les Trabant décoraient encore les rues de Berlin-Est de leur silhouette caractéristique, en attendant la prise de pouvoir des Golf et BMW. Quelques mois plus tard, le rêve était terminé. Lâchés par les sociaux-démocrates, les quelque 500 occupants – oh, pas que des enfants de chœur – sont expulsés manu militari par plus de 4000 policiers (oui, quatre mille). Bienvenue en Occident, History Always Favours The Winners.

 

A l’heure des souvenirs officiels célébrant le culte de la fin de la guerre froide et des régimes communistes bloqués dans leur préhistoire idéologique, les vingt ans de la chute du Mur de Berlin sont aussi, peut-être surtout, l’occasion de faire le point sur la somme des espoirs exprimés et des déceptions engrangées. Certes, regretter le temps des missiles soviétiques braqués sur nos pays serait de particulièrement mauvais aloi, mais qu’avons-nous réellement gagné au change ?

Pour rester dans la capitale allemande, des zones entières de totale liberté artistique et/ou philosophique laissent peu à peu la place à des projets de luxe pour jeunes couples aisés en manque de lofts top cools (accent de Prenzlauer Berg en option).

Heureusement, ça et là subsistent des îlots de contestation. Quelques-uns demeurent implantés et vivaces (l’immense Cassiopeia, Revaler Strasse à Friedrichshain est un Recyclart au centuple), d’autres très sérieusement en péril (le club reggae Yaam en bord de Spree doit bientôt dégager pour faire place à des projets plus rentables, lisez contributeurs d’impôts). D’autres, volontairement ou non, ont basculé du côté obscur de la force en se transformant en attraction pour touristes venus chercher la coolitude berlinoise (le Tacheles, Oranienburger Strasse à Mitte). Et que dire de la reconstruction annoncée du château des Hohenzollern (Berliner Stadtschloss), l’ex-résidence impériale à deux pas de l’Alexanderplatz, démoli dans les années qui ont suivi la guerre. Remplacé vingt ans plus tard par le Palais de la République est-allemande, avant que les pelleteuses n’aient raison de ce dernier l’an dernier, sa future présence témoigne d’une volonté de mettre en creux un pan de l’histoire sans doute pas assez rentable.

Témoignage, un de plus, d’un abandon des rêves en un matérialisme marchand, le retour de ce symbole de l’absolutisme bourgeois risque, si l’on n’y prend garde, de transformer les villes – et nos vies tout entières – en une funeste parodie consumériste plus proche de Disneyland que de Käthe Kollwitz, la géniale sculptrice dont les œuvres forment le décor de plus d’un lieu berlinois. Ces utopies passées enfouies dans un futur devenu présent, Leyland Kirby les met en musique, superbement dosée et, osons le terme, libertairement émotionnelle. Les fans des GAS, Murcof et autres Harold Budd savent ce qu’il leur reste à faire.

 

Un coffret / Trois doubles vinyls : Leyland Kirby – When We Parted My Heart Wanted To Die / Sadly The Future Is No Longer What It Was / Memories Live Longer Than Dreams (History Always Favours The Winners)

22.11.2009

Stephan Mathieu + Taylor Deupree – Transcriptions (Spekk)

StephanMathieu+TaylorDeupree-TranscriptionsTrès ardues dès les premiers instants, les Transcriptions de Stephan Mathieu et Taylor Deupree s’inscrivent dans la durée, à plusieurs niveaux. Celui de l’auditeur, qui aura bien besoin de plusieurs écoutes attentives, de préférence au casque et dans le calme capitonné d’un salon de lecture, pour en saisir toutes les riches nuances. Celui des artistes, la matière première des huit morceaux datant des sources originelles de la musique enregistrée, entre cylindres de cire et 78-tours.

Tout en jouant les cylindres sur deux gramophones portables dont les sons étaient captés par un ordinateur via un micro, Mathieu les manipulait en temps réel. Les enregistrements du producteur allemand terminé, Taylor Deupree entrait en scène, en ajoutant divers éléments acoustiques et des sons de synthés vintage, tout en s’efforçant de respecter la source des enregistrements.

D’un abord délicat, l’œuvre dévoile sa grande complexité au fur et à mesure de sa fréquentation. Tout en superposant des couches tel un millefeuille élaboré sur de multiples générations, Mathieu et Deupree proposent un travail sonore d’une beauté stupéfiante. Jamais monotone, en dépit de son apparente abstraction, le disque écoule la chaleur de ses multiples sources au travers d’une refondation informatique d’une immense délicatesse. Ainsi, chaque instant voit les sonorités étagées du duo germano-américain évoluer en des circonvolutions magiques d’harmonies travaillées dans les moindres détails. Au final, on reste admiratif et béat.

 

Un disque : Stephan Mathieu + Taylor Deupree – Transcriptions (Spekk)


Largo - Stephan Mathieu Taylor Deupree

Genius - Stephan Mathieu Taylor Deupree

Stephan Mathieu + Taylor Deupree – Transcriptions (Spekk)

StephanMathieu+TaylorDeupree-TranscriptionsTrès ardues dès les premiers instants, les Transcriptions de Stephan Mathieu et Taylor Deupree s’inscrivent dans la durée, à plusieurs niveaux. Celui de l’auditeur, qui aura bien besoin de plusieurs écoutes attentives, de préférence au casque et dans le calme capitonné d’un salon de lecture, pour en saisir toutes les riches nuances. Celui des artistes, la matière première des huit morceaux datant des sources originelles de la musique enregistrée, entre cylindres de cire et 78-tours.

Tout en jouant les cylindres sur deux gramophones portables dont les sons étaient captés par un ordinateur via un micro, Mathieu les manipulait en temps réel. Les enregistrements du producteur allemand terminé, Taylor Deupree entrait en scène, en ajoutant divers éléments acoustiques et des sons de synthés vintage, tout en s’efforçant de respecter la source des enregistrements.

D’un abord délicat, l’œuvre dévoile sa grande complexité au fur et à mesure de sa fréquentation. Tout en superposant des couches tel un millefeuille élaboré sur de multiples générations, Mathieu et Deupree proposent un travail sonore d’une beauté stupéfiante. Jamais monotone, en dépit de son apparente abstraction, le disque écoule la chaleur de ses multiples sources au travers d’une refondation informatique d’une immense délicatesse. Ainsi, chaque instant voit les sonorités étagées du duo germano-américain évoluer en des circonvolutions magiques d’harmonies travaillées dans les moindres détails. Au final, on reste admiratif et béat.

 

Un disque : Stephan Mathieu + Taylor Deupree – Transcriptions (Spekk)


Largo - Stephan Mathieu Taylor Deupree

Genius - Stephan Mathieu Taylor Deupree

20.11.2009

Susanna And The Magical Orchestra – 3

rcd-2090---susanna-and-the-magical-orchestra_-3Passé un disque de reprises où le vieux complice Morten Qvenild – l’orchestre magique, c’est lui – avait laissé place nette à une uniformité lassante, bien que pleinement individualisée, c’est pleinement heureux que nous retrouvons la trace de Susanna K Wallumrød. Cet opus, dont on vous laisse deviner le numéro, est tout simplement son meilleur à ce jour. Toujours partisans de cette délicatesse alanguie élevée au rang d’œuvre d’art, la Norvégienne et son complice n’ont pas leur pareil quand il s’agit de se poser, loin des clameurs du monde. Toutefois plus riche en sonorités diverses, quitte à parfois – rarement, en fait – lorgner du côté de Björk et… Enya, l’album s’inscrit pleinement dans un continuum épris d’un songwriting lent et épuré. A son aise dans une dimension jazz folk ambient qu’elle maîtrise à la perfection, la chanteuse d’Oslo va chercher l’étoile plantée dans nos cœurs le temps de ses deux réalisations précédentes, le temps d’un abandon mélodique fascinant dans ses instants précieux et désolés.

 

Un disque : Susanna And The Magical Orchestra – 3 (Rune Grammofon)


Come On - Susanna & the Magical Orchestra

Recall - Susanna & the Magical Orchestra

17.11.2009

Tomasz Bednarczyk – Let’s Make Better Mistakes Tomorrow

tomaszbednarczyk-letsmakeJeune musicien polonais dont les deux premières œuvres ont trouvé l’écrin subtil qu’elles méritent en le label Room40 de Lawrence English, Tomasz Bednarczyk traverse le Pacifique pour son troisième effort, hébergé par la maison new-yorkaise 12K. Le changement d’hémisphère n’implique nullement une nouvelle orientation, toujours basée sur des traitements ambient de la guitare et du piano autour de quelques notes éparses. La suite sur le Grisli.

 

Un disque : Tomasz Bednarczyk Let’s Make Better Mistakes Tomorrow (12K)


Autumn - Tomasz Bednarczyc

So - Tomasz Bednarczyc

14.11.2009

V/A – XVI Reflections On Classical Music

xvi_reflectionsŒuvre d’un immense passionné des musiques sous toutes leurs formes, le patron du label berlinois Nonine, Me Raabenstein, les seize réflexions présentées n’ont pour seul trait commun que la qualité, supérieure et la beauté, admirable. Rassemblées sans la moindre prétention musicologique ni stylistique, le terme classique recoupant aussi bien le néo-classicisme electronica de Takeo Toyama que l’ambient techno de GAS (le génialissime Zauberberg IV), l’ensemble des compositions est de plus haut niveau musical tout en demeurant très accessible.

Outre quelques personnages (re)connus, dont notre chouchou Sylvain Chauveau et son magnifique Il Fait Nuit Noire A Berlin, ainsi que l’incontournable Max Richter sur le très cinématique Arboretum, la compilation regroupe également des artistes moins fréquentés. Un exemple ? Direction plage treize quand le Californien Akira Rabelais nous gratifie d’un air vocal très mystérieux, où un chœur de la Renaissance se verrait projeté dans l’espace en 2050. Expérimental peut-être, réussi sûrement. D’autres noms, parmi nos favoris (Alva Noto & Ryuichi Sakamoto, Philip Glass, Gavin Bryars, Ryan Teague, Hauschka) viennent compléter ce panorama exemplaire, introduction rêvée aux musiques de notre temps.

 

Un disque : V/A XVI Reflections On Classical Music (Universal)


Daydream - Lawrence

1382 Wyclif Gen. II. 7 - Akira Rabelais

11.11.2009

Vladislav Delay – Tummaa

VladislavDelay_TummaaMarquant les dix années d'existence de Sasu Ripatti sous le moniker de Vladislav Delay, Tummaa voit le musicien finlandais prendre place aux percussions, aux côtés du clarinettiste argentin Lucio Capace et du compositeur/arrangeur écossais Craig Armstrong au piano et Rhodes. A la lecture des intervenants et des instruments, vous avez déjà compris que de techno et de musiques dansantes, il ne sera guère question sur ce disque empreint d'un fort goût pour les musiques improvisées et expérimentales, voire ambient.

En dépit de la réputation du producteur de Oulu, cette exploration des atmosphères lentes et contemplatives s’inscrit dans une certaine continuité artistique. Véritable dieu des textures quand il inonde le dancefloor de ses beats ultra classe, Ripatti s'était déjà évadé dans les brumes, certes glitch, de l'ambient sur un Anima porté par les mythiques Mille Plateaux. Le cas présent diffère toutefois fondamentalement, tant les machines jouent un rôle infiniment moins prégnant, du moins au premier abord. Le résultat laisse fort perplexe, toutefois. Epris de sonorités alanguies héritées de Brian Eno ou de Harold Budd, le successeur du très froid et léthargique Whistleblower ne suscite, en fin de compte, que bâillements intrigués et sourcils perplexes. En dépit d'une ou deux compositions prenantes, tel le très dub jazz Mustelmia et sa clarinette basse surgie du néant électronique, et qui nous donne encore davantage de regrets, on se pose la question ultime: c'est grave, docteur?

 

Un disque : Vladislav DelayTummaa (The Leaf Label)


Mustelmia - Vladislav Delay

21.10.2009

Marc Behrens – Compilation Works 1996 - 2005

marcbehrens-compilationDisponible en téléchargement libre, avis aux aficionados fauchés de la noise ambient, le double album Compilation Works 1996-2005 retrace le parcours hautement agnostique du producteur allemand Marc Behrens. Première sortie sur le web autorisée par son auteur, les dix-neuf projets nous entraînent dans un - parfois - éprouvant voyage électronique, aux frontières malléables et translucides.

Entre réinterprétations d'artistes contemporains (John Hudak, TV Pow, Ilios et quelques autres) et retours sur ses propres compositions, la toute grande majorité des tracks présentées est - avant tout - pleinement conceptuelle. A l'instar du morceau initial, dédié - et oui - à la Coca-Cola Company, la matière sonore s'applique en transformer en instants audibles des éléments inaudibles, au sens premier du terme (la lumière, dans le cas présent, est convertie en sons, cela donne une splendide fluidité qui évoque les installations sonores de l’artiste français Denys Vinzant).

A l'évidence, la patience est de prime vertu quand on aborde l'abstraction behrensienne. Tantôt aux prises avec le non-événement, réfugiée entre silence et chaos, la vision développée par l'homme de Francfort ne laisse pas de poser des questions sur la notion même de matière musicale. Pleinement idiosyncrasique et bruitiste, son œuvre évolue très clairement dans les marges de la marge. Quelque part aux extrémités d'une planète peuplée de tous les Yasuano Tone et Gert-Jan Prins en devenir, l'ampleur de son regard distancié, voire intellectualisant et narcissique, demandera à l'auditeur - quoiqu'il en soit - un effort certain de compréhension, voire d'abandon de soi. A vous de juger, d'autant que son écoute n'allègera votre portefeuille du moindre centime.

 

Un disque : Marc Behrens Compilation Works 1996 - 2005 (Crónica)


Track 1 - Marc Behrens

Track 4 - Marc Behrens