30/07/2009

Office-R(6) – Recording The Grain

OfficeR6-recordingthegrainSextet composé de Koen Nutters (basse), Robert Van Heumen (laptop LiSa), Jeff Carey (laptop Super Collider), Sakir Oguz Buyukberber (clarinette basse), Dirk Bruinsma (saxophone soprano et baryton) et Morten J Olsen (percussions), Office-R(6) n’est pas qu’un ensemble de plus adepte des textures libres et des formules improvisées.

Fondé en 2001 à Amsterdam, le combo excelle dans l’art de l’accident, librement sonore tout comme il est formidablement musical. D’une justesse d’équilibre absolument fascinante de justesse (a)rythmique, No Tones Around Two (Str 1+3) laisse le soin à la clarinette basse de donner le ton, en un point de convergence où Heinz Holliger intègrerait Supersilent, chaque membre apportant une touche imperceptible qui confine au bonheur absolu. Encore plus constructiviste, follement rempli de ces micro-rencontres qui lui confèrent un charme beriosien, Gold Part II (Str 5) fulmine de son architecture minimale, tandis que Split Breath Ending (Str 1) propose une échappée en solitaire aux confins de la musique concrète, quelque part en un sous-bois grouillant d’insectes invisibles. Merveille de discrétion percussive, The Repeats (Str 1A) jubile du talent inné de son batteur, racé et subtil, tout en se mettant au service de ses partenaires, avant que la conclusion Available Sources (Ex 1) ne donne au saxophone baryton les clés d’une porte derrière laquelle se déchaînent une flopée d’oiseaux en folie qu’une clochette répétée ne vient bien rapidement calmer.

Troisième sortie du label norvégien +3dB (et c’est peu dire que nous attendons les suivantes !), Recording The Grain atteint tout simplement le niveau inouï du IIIIIII du quatuor Lemur, révélation majeure de l’année dernière, cela veut tout dire.

 

Un disque : Office-R(6) – Recording The Grain (+3dB)


No Tones Around Two (Str 1 3) - Office-R(6)

Gold Part II (Str 5) - Office-R(6)

25/07/2009

Hecker – Acid In The Style Of David Tudor

Hecker-AcidInTheStyleHomme aux idées fortes et sans concession à une quelconque chapelle électronique, si ce n’est celle de l’exigence et de l’excellence, Florian Hecker nous avait tout simplement bluffé en 2003 sur son précédent Sun Pandämonium, disque incroyable qui donnait carrément le mal de mer, au sens le plus physique du terme. On adorait ou on détestait, en toute hypothèse. Une multitude d’installations sonores et une collaboration avec le tout aussi impitoyable Yasuano Tone plus tard, le musicien allemand est de retour pour une œuvre qui mêle – le défi est osé – la culture des rave parties et la musique expérimentale du vingtième siècle (David Tudor était ce pianiste et compositeur spécialisé dans les musiques de Cage, Stockhausen ou Boulez).

Autant prévenir les drogués du beat qui rend fou, Hecker ne met nulle eau technoïde dans son vin expérimental, tout digitalisé qu’il soit. Exposées en six pistes (sur les dix du disque) toutes intitulées Acid In The Style Of David Tudor, les manipulations sonores de l’artiste allemand picotent les nerfs, sursautent à un niveau épileptique surhumain et secouent – en toute acidité, indeed, le cervelet. A ce stade de la chronique, vous vous dites que tout cela doit être monotone et intellectualisant au possible, et vous avez êtes passé à la review suivante, grave erreur, voici pourquoi. D’une immense variété stylistique, les sons produits par l’ordinateur analogique de Hecker (un vieux Comdyna, avis aux geeks) – couplés à un synthétiseur modulaire Buchla, favori d’Eliane Radigue ou Pauline Oliveros – ne doivent rien au hasard de l’informatique ou de l’abandon. Entre échos dépecés de video games eighties, bestioles martyrisées dans un circuit électrique ou bribes de dialogues machinisées, l’univers de l’homme d’Augsbourg est pleinement subjuguant, des six pièces déjà citées aux trois plages ASA, aux atmosphères spatiales entre évasion suraiguë et boucles tarkovskiennes. Waw.

 

Un disque : Hecker – Acid In The Style Of David Tudor (Editions Mego)


Acid In The Style Of David Tudor - Hecker

ASA 1 - Hecker

03/07/2009

Beehatch – Brood

beehatch-broodQuand un membre de Download, Dead Voices On Air et de Zoviet*France (Mark Spybey) retrouve son partenaire downloadien Phil Western (Kone, Plateau), on peut s’attendre à une ce que la veine post-industrielle de leurs origines refasse surface. Hormis sur l’initial Edison Medicine, et ses inquiétantes rumeurs aux splendides réminiscences de Throbbing Gristle, le duo Beehatch évite de se regarder le nombril et se tourne vers une musique synth kraut éprise des seventies tout en oubliant de verser dans un passéisme compassé.

L’ami Spybey ayant tourné avec Can, Damo Suzuki, Cluster, Michael Rother et Dieter Moebius, l’évolution de ce second effort du groupe vers des sphères planantes n’étonne guère. Globalement satisfaisantes, les compos n’évitent toutefois pas certains clichés synthétiques, voire versent dans une mystique himalayenne qu’on croyait adultes non admis (On Ideal Wings). On se console toutefois bien vite avec le free jazz à la crudité atmosphérique de Du Du Horn, bizarrement enchaîné à une célébration underground où Tom Waits mettrait l’habit de Jaki Liebezeit. Une sacrée bizarrerie que ce disque, tourné entre influences passées et expérimentations futures.

 

Un disque : Beehatch – Brood (Lens Records)


Du Du Horn - Beehatch

Türkische Hasa - Beehatch

23/06/2009

Fennesz – Black Sea

fennesz-blackseaIl suffit de remonter le temps de quelques années, un peu moins de cinq, pour trouver trace de l’ultime effort en solo de Christian Fennesz  - et lequel ! – quand il parcourait la lagune vénitienne le long de ses nappes mélodiques aux dissonances délicatement saturées. Proclamé depuis l’incontournable Endless Summer pape de la génération new ambient, le Viennois confirmait, si besoin était, que sa stature n’était pas usurpée, bien que d’autres albums de Lawrence English, Jefre Cantu-Ledesma ou Wzt Hearts nous aient finalement bien plus convaincus sur la durée.

Pour un come back solo forcément  attendu, le producteur autrichien nous convie à un séjour aux bords de la Mer Noire, en des termes finalement bien similaires à ceux déjà développées dans ses œuvres précédentes. Bien entendu, le niveau de musicalité franchi par le maître de Vienne demeure tout bonnement exceptionnel de maîtrise formelle et d’inventivité esthétique (The Colour Of Three, magnifique le piano préparé de l’Australien Anthony Pateras), personne n’en disconviendra. Le rôle du critique n’étant pas de servir de caisse enregistreuse des sorties immanquables de leur temps, nous nous en voudrions cependant de ne pas remettre en question la volonté de renouvellement de Christian F. au bout de quinze années de discographie. Aussi n’est-ce qu’à demi-surprenant que les réels échos novateurs proviennent des deux morceaux en collaboration, l’une déjà citée, l’autre avec le Néo-Zélandais Rosy Parlane aux fascinants murmures post-post-industriels sur Glide. A l’image d’un autre travail en équipe paru récemment, l’essentiel Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created aux côtés de Werner Dafeldeker et Martin Brandlmayr.

 

Un disque : Fennesz – Black Sea (Touch)

The Colour of Three - Fennesz

Glide - Fennesz

22/05/2009

Giuseppe Ielasi – (another) Stunt

giuseppeielasi-anotherstuntVous l’imaginez bien, après nous avoir gratifié de ce magistral Stunt, Giuseppe Ielasi était attendu comme au coin d’un bois avec son ‘(another) Stunt’. Deuxième composant de la trilogie, disponible physiquement en vinyl uniquement, il repose toujours sur le même principe du turntablism, associé à des rythmes et des pulsations qui lui donnent tout son sel. Habitude aidant, les six plages ne portent pas de titre, c’est bien la seule monotonie que l’artiste milanais s’autorise. Tout débute par une rythmique abstract hip hop conditionnée à l’hélium, elle hypnotise une voix vinylique qui prétend avoir douze ans sur fond de déconstruction mentale. Encore un cran au-dessus dans la désorganisation des tempi, le second titre s’inscrit dans une névrose cérébrale impitoyable et, pour tout dire, déconcertante. Davantage inscrit dans une discrète pulsation qu’on pourrait imaginer cardiaque, le troisième morceau dévoie une synchronicité très musicale, aux confins des râga indiens et du jazztronica. Episode le plus étonnant, le quatrième track débauche dans sa stupéfiante irrégularité les délires explosés d’un Donald Duck cocaïnomane accroché à une vieille pendule comme bouée de sauvetage. Le morceau final, une réjouissante bravade expressive où l’on fantasme la présence aux fûts de Martin Brandlmayr aux côtés d’une Colleen traçant une voie rapide, donne du baume au corps d’un opus à demi-réussi seulement.

 

Un EP : Giuseppe Ielasi (another) Stunt (Schoolmap Records)

2 - Giuseppe ielasi

4 - Giuseppe ielasi

Whitetree – Cloudland

whitetree-cloudlandLes origines de Whitetree, collaboration entre les frangins Robert et Ronald Lippok et le compositeur italien Ludovico Einaudi, datent d’un concert milanais des To Rococo Hot. Présent ce jour-là, Einaudi proposa à la fratrie allemande d’un jour enregistrer ensemble, fasciné qu’il fut par l’électronique de Robert et les percussions de Ronald. Le musicien transalpin, en contemporain de notre Wim Mertens national, amena donc en studio le duo allemand, pour un disque étonnant de classe harmonique. En ouverture, le piano d’Einaudi démontre la place majeure qu’il occupe dans cette musique, soignée et classe sur des fonds sonores  qu’on pourrait croire sortis de chez Fennesz. Plus mélodique, presque jazz, le second titre Kyril est absolument prodigieux dans ses entrelacs de bruits épars, notamment grâce au jeu d’une infinie précision de Ronald Lippok, digne de Chris Corsano. Pierre angulaire du disque, le morceau se poursuit sous les auspices de Barbara Mogenstern, la grande amie pop qu’il ne faut jamais oublier. A l’image d’un disque qu’on repassera à qui veut l’entendre.

 

Un disque : Whitetree – Cloudland (Ponderosa)

Kyril - Whitetree

Mercury Sands - Whitetree

05/05/2009

Mikhail – Morphica (III)

morphica-mikhailDéclinaison en trois actes – électronique, voix et cordes – répartis sur un nombre égal de disques, Morphica aurait pu ne constituer qu’un simple exercice de remix de plus, nous sommes évidemment très loin du compte, au vu du niveau des acteurs en présence. Toujours, il y a cette voix pénétrante dans les aigus de Mikhail, toujours à la limite de la pop contemporaine et de la musique savante (fans d’Antony et de Joanna Newsom, elle est faite pour vous). Qu’elle soit soutenue de chœurs magnifiques dans leur médiévalité, à l’instar du très prenant Prediction, revu de maîtresse façon par Lee Fraser sur le premier cd Electronics ou qu’une harpe ponctue les bruissements digitalisés de Archon du néo-dadaïste belge Gabriel Séverin, aka Rob(u)rang, les atmosphères farouchement habitées de Morphica transportent au-delà de la mystique, dans un univers fantasmagorique peuplé d’elfes bleutées aux yeux mi-narcois mi-surpris. Bien entendu, la familiarité de l’auditeur laissera parfois de marbre à l’une ou l’autre reprise, à l’image de la reprise d’Incubus qui nous a abandonnés au bord du chemin. La méprise ne dure toutefois jamais plus que le temps d’une simple plage de disque laser, la dramaturgie poignante d’un Intitled in Cof Minor venant rappeler l’excellence du projet, qu’il passe sous les manettes du compositeur irlandais Conall Gleeson ou du pape américain du trip hop DJ Spooky.

 

Accompagnées – quel ravissement pour les oreilles ! – par le chœur Alamire, formé de membres d’ensembles aussi fameux, et c’est peu de l’écrire, que The Hilliard Ensemble, The Sixteen, The Tallis Scholars et I Fagiolini, les deux premières compositions du second cd Voices accentuent encore le contraste, magnifique, entre musique médiévale et interprétations modernes. Déjà entendues sous d’autres formes électroniques revisitées, ces relectures purement vocales de Prediction et de Untitled In Cof Minor mériteraient de ne jamais se terminer. Beaucoup plus inattendue est la vision de la Love Song par E.laine qu’on réservera en priorité à tous les thuriféraires de Camille et de Zap Mama, avant que le trio féminin Juice Vocal Ensemble n’offre un regard vocal tout sauf passéiste sur ‘Invisible Thread’, à la ravageuse poésie syllabique. On les suivra attentivement, ces trois demoiselles britanniques ! Le Incubus conclusif renvoie dans les limbes soniques de Michael Cashmore et c’est tout simplement beau.

 

Bien plus bref (une quinzaine, l’ultime disque Strings ne propose pas, loin s’en faut, que des visions cordées de l’univers de Mikhail. Il débute même par le regard electronica néo-classique du l’Allemand Matthias Grüber, le vrai nom de Phon°noir, présent dans notre cas sous le pseudo de Telekaster (ah, cette manie des papes de l’ambient à multiplier les identités!). Enveloppé sous des nappes de cordes synthétiques à la rencontre de Fernando Corona et de Marsen Jules, le chant de Mikhail n’en prend que plus d’intensité dramatique, à la limite du ciel qui vous tombe sur la tête (Asteris (monochrone)). Par contraste, le même morceau soutenu par de vraies cordes, une flûte et un clavecin offre un rapprochement entre Current 93, la musique baroque française et la musique de film hollywoodienne à la John Williams. Inattendue, la comparaison n’en est pas moins captivante. Bien plus spatiale, l’approche de Maenads rejoint le Cosmos de Murcof, étoilé et serein bien qu’on y devine l’ombre d’une puissance stellaire maléfique et l’ultime remix de Untitled In Cof Minor rend les trois autres versions présentées méconnaissables. Et c’était une fichue bonne idée de conclure ce splendide coffret par la vision désincarnée de la compositrice germano-anglaise Claudia Molitor, dont on retiendra désormais le nom.

 

Un coffret : Mikhail – Morphica (Sub Rosa)

Prediction (Lee Fraser mix) - Mikhail

Untitled In Cof Minor (Alamire Consort) - Mikhail

Asteris (strings) - Mikhail

04/05/2009

SND – Atavism

Une des pierres angulaires du mythique – et défunt – label Mille Plateaux, le duo anglais SND ne pouvait que se retrouver sur Raster-Noton pour la suite de ses aventures, neuf années (et oui, déjà!) après la sortie de son dernier opus sur la tant regrettée structure fondée par Achim Szepanski (exception faite du triple vinyl 4, 5, 6 de l’an dernier).

Les excellentes habitudes conservant leur très robotique – tiens, le terme rime avec extatique – vigueur en cette fin de première décennie du 21è siècle, Mat Steel et Mark Fell maintiennent plus que jamais leur place au sommet de la hiérarchie überminimaliste, aux côtés des – who else ? – alva noto et Pan Sonic. Comme toute démarche un tant soit peu recherchée, celle remarquable d’AtomTM par exemple, l’auditeur sera immanquablement sollicité à franchir le pas qui le sépare du Rubicon glacé aux multiples craquelures glitch que forme cet Atavism. Les premières épreuves franchies, le corps tout entier expurgé de ses restes de chaleur humaine, la satisfaction – masochiste en son commencement, expiatoire en son terminus – le rendra définitivement accro à une œuvre qu’on peut déjà classer parmi les meilleures de la maison menée de main de maîtres par Carsten Nicolai, Olaf Bender et Frank Bretschneider. Et en soi, c’est un énorme exploit qui, nous l’espérons ardemment, ne nous fera pas patienter neuf autres années.

 

Un disque : SND Atavism (Raster-Noton)


2 - SND

14 - SND

Felicia Atkinson – La La La

feliciaatkinson-lalalaTout compte fait, la présence de Felicia Atkinson sur le label japonais minimaliste Spekk relève de l’ordre le plus naturel des choses. Reprenons les choses dans l’ordre, quelque part en 2006. Encore Parisienne, la musicienne et illustratrice conjugue ses efforts à la délicatesse poétique de Sylvain Chauveau, pour un duo épistolaire absolument remarquable, où l’intransigeance sonore du duo japonais Opitope (signé sur Spekk, tiens, tiens) confrontait ses trouvailles à un spoken word à la sourde tragédie épurée (Roman Anglais, O Rosa). Deux années plus tard, la demoiselle liait sa destinée à Elise Ladoué au sein du projet Stretchandrelax, pour un disque en tous points sensationnel de dépassement micro-folk allant droit à l’essentiel (…/ Instead of Buying Shoes, Nowaki).

Oeuvrant en solo pour la première fois, encore que le sieur Chauveau ait mis la main à la pâte, Atkinson s’est emparée d’instruments maison (une guitare acoustique, un piano, un glockenspiel, des field recordings) pour décorer – en toute intimité – les nuances überminimalistes de son œuvre, prenante et enivrante au fil des écoutes. Il suffit qu’elle s’empare d’un piano bien (ou mal) tempéré pour que la grâce inquiète de sa poésie lunaire rejoigne sous la voûte céleste un No Wedding aux échos emmurés d’Half Asleep. Au-delà de la démarche, improvisée bien qu’éditée, c’est avant tout la cohérence intime des onze morceaux qui impressionne, que la guitare prenne les commandes sur quelques arpèges simplement belles (Guitar Means Mountains) ou qu’un mélodica accompagne une voix, celle de Nico au petit matin, maladroite comme elle est sensible (Blue Walls). Elle a beau affirmer que ‘les couleurs changeantes sont néfastes pour la santé morale’, la fréquentation habitée de ses miniatures soniques donne aux froids hivernaux un manteau de chaleur humaine dont on ne peut plus se passer.

 

Un disque : Felicia Atkinson La La La (Spekk)


No weddingNo Wedding - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

courirCourir - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

27/04/2009

Kinit Her – Glyms Or Beame Of Radicall Truthes

kinither-glymsLe danger d’une performance vocale hors du commun – au sens premier du terme – est de phagocyter le terrain musical au point de tout balayer sur son passage, les défauts comme les qualités. Pour rééquilibrer la balance, il faut un génie aux commandes, un maître du funambulisme es partitions, un as des arrangements et des harmonies. A défaut d’avoir pu trouver son Van Dyke Parks en contrepoint de la démesure chantée de Joanna Newsom sur son immense deuxième essai Ys, le trio du Wisconsin Kinit Her passe à côté de la timbale, il s’en serait pourtant fallu de tellement peu. Gorgé des effets de gorge de son chanteur, théâtral et maniéré, Glyms Or Beame Of Radicall Truthes se noie trop souvent dans une expressivité ésotérique à bout de nerfs. En dépit d’incantations médiévales néo-folk tapissées d’humeurs black metal, genre Espers à la rencontre des Swans, les délires incantatoires du chanteur – sorte de cauchemar où un matou en rupture d’acide hurle son malheur dégénéré – donnent plus que jamais raison au dicton ‘tout passe, tout lasse’. Allo, Mr. Parks ?

 

Un disque : Kinit Her Glyms Or Beame Of Radicall Truthes (Hinterzimmer Records)


Quadriga - Kinit Her

Opal Empire - Kinit Her