18/07/2010

Wildbirds & Peacedrums – Rivers

wildbirdspeacedrums-rivers.jpeg Duo suédois à l’excellente réputation critique, voire publique, Wildbirds & Peacedrums poursuit délicatement un chemin tracé au son des harmonies vocales et de la batterie, éléments constitutifs majeurs des chansons du couple Mariam Wallentin / Andreas Werlin. Inclassable défintivement, l’univers de W&P évolue entre diverses planètes musicales, de la musique contemporaine à la folk mystique en crochetant du côté du jazz et de la dream pop. En creusant un peu, on y trouve des traces manifestes d’autres Scandinaves – tels les Danois d’Efterklang, mais aussi des restes de Kate Bush réfugiée dans une église l’intégrale Maja Ratkje sous le bras, le tout sous des auspices charismatiques indéniables. En tout état de cause, ces Rivers ne font que confirmer un peu plus la renommée méritée du Wildbirds & Peacebrums, là-haut in the sky.

 

Un disque : Wildbirds & Peacedrums – Rivers (The Leaf Label)

podcast

 

23/04/2010

Baktruppen – 1986-2008

baktruppen_testSous la forme d’un coffret de trois CD, elle retrace en 105 (!) morceaux la vingtaine d’années de carrière du collectif Baktruppen, entre 1986 et 2008. Formé dans la ville portuaire de Bergen, l’ensemble – what else ? – norvégien est complètement inclassable. Tour à tour adepte des musiques populaires, entendez folkloriques au sens de la poésie sonore d’un Ghédalia Tazartès, d’improvisations théâtralisées en allemand (et anglais) ou d’échappées électroniques cinématiques, pour ne citer qu’elles, la troupe scandinave fait définitivement partie de ces farouches indépendantistes de l’idiosyncrasie sans concessions – ah que non – ni prises de tête – encore moins. Absolument culte dans les milieux berlinois underground, la vision libertaire des Baktruppen est virtuellement impossible à résumer en l’espace de quelques lignes. Echappées rigolotes qui se foutent de la tronche trop sérieuse d’une certaine musique concrète ou délires ludiques de grands enfants à jamais de bonne humeur, les morceaux s’inscrivent dans une démarche où la musique n’est qu’une des composantes – et à sa simple écoute, elle est globalement satisfaisante. Aussi bien performers scéniques que musiciens événementiels, les fascinantes photos du livret en témoignent, l’ensemble nordique se laisse parcourir au gré de son incomparable fantaisie. Idéalement, on la parcourra en poussant la touche Random du lecteur, histoire d’oublier l’éventuelle lassitude qui pourrait guetter au coin du feu.

 

Un disque : Baktruppen 1986-2008 (+3dB)

09/03/2010

Small Color – In Light

smallcolor-inlightDes chansonnettes nipponnes folktronica qui embrassent à défaut d’étonner. La suite sur le Grisli.

 

Un disque : Small Color In Light (12K)

07/03/2010

Hindi Zahra – Handmade

hindi-zahra-handmadeBerbère du Maroc débarquée en 1993 à Paris à l’âge de 14 ans, Hindi Zahra est plutôt du genre self-made-woman, tendance affranchie des contrariétés variétoches. Signée sur la branche française du prestigieux label Blue Note, la demoiselle a composé – et réussi, disons-le d’emblée – son premier opus tout seule comme une grande. Mélangeant allègrement les genres (soul, funk et folk) et les langues  (anglais et berbère), Hindi est manifestement née sous une bonne étoile.

Charmantes et bien plus, ses onze chansons invitent le soleil de la vie, tout en évitant le spectre glauque de la nunucherie faussement adolescente (The Do, Cocoon, anyone ?). Œuvre d’une jeune femme – très – douée, on songe parfois à Keren Ann dans ses meilleurs moments, Handmade dépasse allègrement le stade d’une innocence trompeuse à la première écoute. A d’autres instants, magiques, c’est même l’ombre tutélaire de l’immense Billie Holliday (et pour rester dans le récent, de Madeleine Peyroux) qui plane sur des chansons dont la profondeur réelle n’entrave ni le plaisir mélodique ni la richesse harmonique. Bon, il sort quand, le deuxième ?

 

Un disque : Hindi Zahra – Handmade (Blue Note)

19/02/2010

Undine – Exo

Undine-ExoC’est à un cas d’école de disque sympatoche – et dispensable – que nous convoque le trio flamand Undine. Les bonnes intentions ne manquent pas, pourtant. Des arrangements acoustiques d’une belle délicatesse, qui souligne un amour des belles choses romantiques – ou une volonté manifeste d’un rappel moderniste des avantages certains de l’acoustique. Mais bon dieu, que tout cela est maniéré et manque de spontanéité. Même en tentant d’oublier, l’espace d’un instant, les sirènes diaphanes des géniales Midaircondo ou l’acidité magique d’Espers, impossible d’y entendre qu’une suite trop propre sur elle de chansons nu folk trop bien jouées (et surproduites) pour captiver au-delà du lectorat de Humo.

 

Un disque : Undine – Exo (Undine Music)

04/12/2009

Zak Laughed – The Last Memories Of My Old House

zak-laughed-the-last-memories-of-my-old-houseVrai phénomène médiatique de la scène indie made in France, Zak Laughed (traduction phonétique du prénom de son auteur Zacharie Boissau) risque d’être desservi par ce déluge de louanges parisiennes manipulatrices. Non que ses chansons ne vaillent pas un clou, elles sont même charmantes, d’une non-prétention digne des très aimables, lisez insignifiants The Dø ou Cocoon. Mais du haut de ses quinze ans (à sa voix, on lui en donne onze), le jeune Clermontois mérite-t-il tant d’attention, nonobstant son très jeune âge ? Oui, pour la qualité de certaines mélodies, joliment troussées bien que simplissimes et, non, mille fois non pour tout le reste. Les arrangements, surtout, sont particulièrement clichés, un fameux comble pour un gamin censé être hyper-créatif. Entre une pedal steel sortie d’un cauchemar de Will Oldham pour tout gage de non-crédibilité et accords de guitare scolaires, tout est fait pour nous dégoûter avant la date de péremption. Quant au chant préadolescent qui a définitivement oublié de muer, on l’imagine bien plus sorti de la gorge d’un petit chanteur à la croix de bois que d’un futur membre des Herman Dune. Zak Laughed, la blague de l’année ?

 

Un disque : Zak LaughedThe Last Memories Of My Old House (Wagram)

24/11/2009

Shannon Wright – Honeybee Girls

shannonwright-honeybeegirlsJour après jour, siècle après siècle, elle nous hante, elle nous possède, elle ne nous lâche plus. Elle, la musique de Shannon Wright, est une odyssée vers une éternité rock, le vrai, celui hérité des héroïnes intemporelles que fut, qu’est Patti Smith. De sa carrière sans le moindre faux pas, à la – très – relative exception d’une collaboration bancale avec Yann Tiersen, la demoiselle d’Atlanta retire la substantielle moelle de son art sur ce nouvel Honeybee Girls. De la carrure énervée et psychanalytique du fantastique opus ‘Over The Sun’, elle fait rugir une basse et une guitare furieuses sans jamais être exhibitionnistes (Embers in Your Eyes, Trumpets On New Year’s Eve), du précédent et formidablement touchant Let In The Light, sans oublier les délices tourmentés du fondamental Dyed In The Wool, elle conserve une sérénité retrouvée. Oh, la souffrance n’est jamais bien loin, elle est toutefois d’une telle évidence que  sa troublante présence, entre larmes et frissons, donne une dimension supplémentaire à des chansons, d’une époustouflante maîtrise émotionnelle (tout le reste de l’album !). Et surtout, faudrait-il écrire plus que jamais, la qualité des compositions de Shannon Wright atteint un degré de perfection entre rage et lumière qui conforte son immanquable emplacement au panthéon éternel de nos envies musicales. On ne t’aime plus Shannon, on t’adore. For ever.

 

Un disque : Shannon Wright – Honeybee Girls (Vicious Circle)


embers in your eyes - Shannon Wright

Sympathy On Challen Avenue - Shannon Wright

23/11/2009

Le Loup – Family

LeLoup-FamilyLame de fond de ces dernières années, il suffit de voir les foules se bousculant aux concerts, la pop psychédélique aux belles harmonies vocales fait partie intégrante du paysage indie (presque) mainstream. Entre les expérimentations toujours audacieuses (les givrés Animal Collective), recyclage intempestif faussement osés (la relative déception Fuck Buttons sur leur second opus) ou vision arty folk des Beach Boys (Grizzly Bear, Fleet Foxes), la fratrie des babas s’agrandit chaque jour, très perceptiblement.

Second opus des Américains de Le Loup, Family promettait beaucoup, notamment à tous ceux, nombreux, qui s’étaient entichés des chœurs mirifiques du premier effort éponyme des Fleet Foxes ou de la bande à Avey Tare & co sur leur ultime livrée Merriweather Post Pavilion. Qui savent désormais qu’ils doivent compter sur la concurrence Sam Simkoff et ses musicos libérés. Car nos attentes sont pleinement satisfaites. Bien que très référencés, les morceaux du Loup tournoient et virevoltent, magnifiés d’oripeaux harmoniques pêchés dans l’étang où se nourrissent ici un Panda Bear, là un DeVotchKa (Grow). Très dynamiques, les compositions de Simkoff trouvent aussi un écho en l’americana des grands espaces, échos d’un banjo lumineux en sus (Morning Song), tout en n’oubliant le travail de synthèse, admirable, de toutes les références déjà citées. Un des disques de l’année pop ? Indeed.

 

Un disque : Le Loup – Family (Talitres)


Beach Town - Le Loup

Grow - Le Loup

22:19 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : folk, pop, critique, psyche, le loup, talitres |  Facebook |

20/11/2009

Susanna And The Magical Orchestra – 3

rcd-2090---susanna-and-the-magical-orchestra_-3Passé un disque de reprises où le vieux complice Morten Qvenild – l’orchestre magique, c’est lui – avait laissé place nette à une uniformité lassante, bien que pleinement individualisée, c’est pleinement heureux que nous retrouvons la trace de Susanna K Wallumrød. Cet opus, dont on vous laisse deviner le numéro, est tout simplement son meilleur à ce jour. Toujours partisans de cette délicatesse alanguie élevée au rang d’œuvre d’art, la Norvégienne et son complice n’ont pas leur pareil quand il s’agit de se poser, loin des clameurs du monde. Toutefois plus riche en sonorités diverses, quitte à parfois – rarement, en fait – lorgner du côté de Björk et… Enya, l’album s’inscrit pleinement dans un continuum épris d’un songwriting lent et épuré. A son aise dans une dimension jazz folk ambient qu’elle maîtrise à la perfection, la chanteuse d’Oslo va chercher l’étoile plantée dans nos cœurs le temps de ses deux réalisations précédentes, le temps d’un abandon mélodique fascinant dans ses instants précieux et désolés.

 

Un disque : Susanna And The Magical Orchestra – 3 (Rune Grammofon)


Come On - Susanna & the Magical Orchestra

Recall - Susanna & the Magical Orchestra

12/11/2009

Cate Le Bon – Me Oh My

cate-le-bon-me-oh-myRemarquée en featuring du tubesque I Lust U du duo électro pop Neon Neon (soit Boom Bip et Gruff 'Super Furry Animals' Rhys), la Galloise Cate Le Bon aborde un toute autre genre sur ce second effort, intimiste sur l'os et mélancolique dans son brasier couvant.

Les premières secondes, un jeu de guitare rappelant Joanne Robertson, donnent le ton, il est tout sauf lénifiant. Ponctué d'étranges sonorités d'un clavier déglingué et blafard, le morceau-titre nous fait toutefois chanceler, entre fascination dark et perplexité ralentie. Alors, de l’art ou du cochon ? La suite, d’une féerie qui frise la préciosité (Sad Sad Feet), est révélatrice d'un penchant trop évident pour les amours entre Nico et le Velvet Underground un certain Sunday Morning. Tout en ne jouant pas la carte du m’as-tu-entendue, la demoiselle de Cardiff nous conte ainsi ses histoires d'amour, que l'on devine désenchantées et nostalgiques, et on se croit parti pour un disque insignifiant de plus. Sauf que… Plus rock en apparence (Hollow Trees House Hounds), d'autres instants dévoilent les instincts de troubador folk de la donzelle, très charmante par ailleurs. Et quand la simplicité naturelle d'un violon celtique orne son très joli timbre de soprano des champs, ou quand un bête Casio souligne en douceur minimale une ligne vocale tout simplement superbe (Terror of The Man), on en vient même à regretter que Me Oh My ne dure que trente-cinq minutes. Chiche qu’on y revient dans quelques mois.

 

Un disque : Cate Le Bon Me Oh My (Irony Bored)