08/06/2008

Sera Cahoone – Only As The Day Is Long

seracahoone-onlyasthedayislongContrairement à nombre de récentes sorties féminines (Nicole Atkins, Sandrine), la country mélodieuse et sensible de Sera Cahoone sonne telle une bénédiction écoutée et approuvée par Neko Case. Bourrée de cette tendresse amoureuse des choses simples de la vie, sa musique résonne d’une touche toute personnelle qui, certes, ne révolutionnera pas le monde comme le premier Jesse Sykes a pu le faire (tout cela demeurant très traditionnel, avec banjo, harmonica, pedal steel et tout le toutim), mais les dix titres de ce second effort solo sont composés et – surtout – interprétés avec une telle sincérité et un tel talent que nous ne pouvons que nous incliner. C’est que dans la vie, il est parfois bon de s’en remettre aux choses simples en apparence, alors qu’elles sont bien plus complexes en réalité et cela nous vaut une très recommandable sortie du label Sub Pop. Une de plus.

 

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Un mp3 : Sera Cahoone – Only As The Day Is Long

Un disque : Sera Cahoone Only As The Day Is Long (Sub Pop)

07/06/2008

Sic Alps renverse les montagnes

sicalps-alongwayaroundAu milieu de toute cette logorrhée de disques parait-il rock (rires, sarcasmes, roulades), le rock garage des Sic Alps sonne telle une vraie respiration, quelque part du côté des MC5 (pour la démarche cracra), du Velvet Underground (pour la pop psyché), mais aussi des Two Gallants (pour la relecture irrespectueuse du passé). Et si vous avez raté Pleasures And Treasures, le premier effort du duo / trio – c’est variable comme c’est instable – de Bay Area, la compilation de singles et EPs A Long Way Around To A Shortcut offre une splendide occasion de prendre le train avant qu’il n’atteigne sa vitesse de croisière.

 

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Deux mp3 : Sic AlpsBrill Buildings

Sic AlpsSpeeds

Un disque : Sic Alps A Long Way Around To A Shortcut (Animal Disguise)

 

En clip : Sic Alps Bells (w/ Tremolo and Distortion)

 

02/06/2008

Shit And Shine monte encore le son

shitandshine-kuessmichmeineliebePhysique à en donner le torticolis (car située à deux extrémités de la salle de concert), l’expérience live Shit And Shine (version 2007) adoubait de ses percussions obsédantes un plaisir certain de la jouissance percussive. Toujours aussi abreuvée d’une folie très Boredoms, le cru juin 2008 – le nouvel album Küss Mich, Meine Liebe – s’adjoint d’un déluge de décibels guitaristiques à rendre jaloux les Acid Mothers Temple et Dub Trio réunis. Et fait définitivement passer les Battles pour une bande de boy scouts en colo à Douarnenez. Les pas encore convaincus mettront le son à fond avant de visionner le live enregistré aux Corsica Studios londoniens le mois dernier.

 

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Deux mp3 : Shit And Shine – Biggest Cock In Christendom

Shit And Shine – The Side Of The Road

Un disque : Shit And Shine Küss Mich, Meine Liebe (Load Records)

 

01/06/2008

Essie Jain dans l'intervalle

essiejain-inbetweenA peine quelques mois nous séparent de la découverte du premier effort de la folkeuse new-yorkaise (mais originaire de Londres) Essie Jain que déjà pointe le bout du nez de son successeur In Between. Toujours quelque part entre Sandy Denny et Nina Nastasia, le côté pop en prime…

 

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Deux mp3 : Essie Jain – You

Essie Jain – Eavesdrop

Un disque : Essie Jain – In Between (Ba Da Bing)

31/05/2008

Lukas Simonis & Takayuki Kawabata – NEWS

simoniskawabata-newsA l’écoute de NEWS, collaboration du compositeur néerlandais Lukas Simonis et du poète Takayuki Kawabata, ce sont des fantasmes musicaux de musique concrète européenne – Pierre Bastien, pour ne pas le citer, d’electronica nipponne – Tujiko Noriko, par exemple, et bien sûr de Luciano Berio qui surgissent à l’horizon. Sans oublier la violoncelliste Kumi Kondo, à l’origine des pièces pour violoncelle et voix, destinées à l’origine pour son examen au Conservatoire de Rotterdam en 2004 et présentes sur un disque absolument unique en son genre.

 

Le regard de Jean-Claude Gevrey sur Octopus

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Un mp3 : Lukas Simonis & Takayuki Kawabata – News

Un disque : Lukas Simonis & Takayuki Kawabata NEWS (Z6 Records)

30/05/2008

Sian Alice Group – 59.59

sianalicegroup-5959Voix féminine du genre haut perché, la Sian de ce groupe anglais répond au doux nom de Sian Ahearn, pour un timbre aux horizons voilés tels que déjà dépeints par Wendy Stubbs (Alpha). Douce aussi est la musique de l'introductif As The Morning Light, et ses arpèges de guitare rêveurs d'un frais matin de printemps. Par contraste, rude est la transition vers Way Down To Heaven, ses accords plaqués en mémoire du Velvet (non, pas celui du Revolver) et ses nuages chargés d'inquiétude quasi-sixteenhorsepowerienne. Lento dans bien des cas, la musique des deux multi-instrumentistes Ben Crook et Rupert Clervaux fait bien sûr songer à la mansuétude désincarnée de Low, revisitée par Elizabeth Frazer (Cocteau Twins) dans un manoir fantôme aux spectres louangeurs et aux divinités fugaces. C'est que profondément avare en optimisme; '59.59' tangue tout au long de sa durée – que vous aurez devinée – d'étirements phobiques d'une clarté grisonnante prise au piège d'une nature en plein réveil à l'écoute d'un piano sous hypnose Shannon Wright (Days of Grace III), tout en ressassant des références indispensables comme elles sont voyantes.

 

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Un mp3: Sian Alice Group – Way Down To Heaven

Un disque : Sian Alice Group – 59.59 (The Social Registry / Secretly Canadian)

 

En clip : Sian Alice Group – Way Down To Heaven (Live at TSR Festival)

 

Wire, five years later

wire-object47Un récent concert au Stuk l'a prouvé avec un aplomb qu'on peut qualifier de certain, les vétérans de Wire sont toujours en pleine forme. De retour pour un onzième album, forcément attendu, les ex-post punks de Colin Newman déroulent en toute quiétude pop un premier single (One of Us) d'une surprenante rondeur estivale. Postée au premier rang, la complice de toujours (et compagne) Malka Spigel (Minimal Compact, et partenaire de Newman dans Githead) doit sans doute partager cet avis. Subjectif.

 

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Un mp3 : Wire – One of Us

Un disque : Wire Object 47 (Pink Flag)

 

13:14 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : wire, colin newman, mp3, preview, rock, pop, pink flag |  Facebook |

29/05/2008

Gustav II

gustav-verlassdiestadtUn décès dans la famille d’Eva Jantschitsch (aka Gustav) ayant provoqué l’annulation de son déplacement au Netwerk un soir de 2006, nous ne saurons jamais si le concert de la musicienne viennoise (à l’occasion de la sortie de son inépuisable premier album Rettet die Wale) méritait le détour. Deux bonnes années plus tard, l’artiste autrichienne change de crèmerie (de Mosz à Chicks On Speed) et c’est pour nous intimer l’ordre de quitter la ville. Rendez-vous le 2 juin pour l’escapade campagnarde.

 

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Un mp3 : Gustav – Verlass die Stadt

Un disque : GustavVerlass die Stadt (Chicks On Speed)

Les Wooden Shjips montent le Volume (1)

woodenshjips-vol1Quelques mois, le temps de te replonger dans un krautrock psyché à haute teneur salace, t’avaient suffi pour rendre les Wooden Shjips indispensables, à un point tel que tu te demandais comment tu avais pu vivre avant. Et pan!, voilà que tu voyais apparaître du bout de ta souris la compilation Vol. 1, un coup à – presque, n’exagérons rien – rétrograder ton intégrale Electrelane vs. Turzi au rang des pires niaiseries d’une certaine scène belge (qui a dit Montevideo ?). Déboulonneurs du No Neck Blues Band et du Drifting Bears Collective, en avant toute !

 

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Un mp3 : Wooden Shjips – Clouds Over Earthquake

Un disque : Wooden Shjips Vol. 1 (Holy Mountain)

 

En clip : Wooden Shjips Dance, California

27/05/2008

Teitur – The Singer

teitur-thesingerAussi surprenant que cala puisse paraître, c’est en ouvrant pour l’ex-staracadémicienne Nolwenn Leroy que le songwriter-songwriter Teitur (prononcez Taïtour) s’est fait un (petit) nom dans l’Hexagone, enregistrant même un duo (Only And One) avec la demoiselle aux splendides yeux bleus. Au départ, rien ne prédestine pourtant le chanteur des îles Féroé à transcender les foules adolescentes, si ce n’est un physique blondinet de jeune premier à faire craquer les plus rêveuses de nos jeunes filles en fleurs. Délicates et empreintes de cette sensibilité nordique qui seyait si bien au premier album de Sondre Lerche (le toujours recommandable Faces Down), les chansons de Teitur Lassen n’ont rien, ou alors si peu, de cette déferlante de guimauve prête à l’emploi que l’on prête généralement aux élevages de batterie industrielle sponsorisée par TF1. Relevée d’arrangements d’une finesse pop éprise de culture anglo-saxonne (Catherine The Waitress, ou comment j’ai présenté Belle & Sebastian à une armée de libellules), sa musique est ponctuée d’une grande propension au lyrisme, qui pourrait même virer à l’affliction si on n’y prenait pas garde (We Still Drink The Same Water). Reste qu’il serait bien sot de bouder un talent scandinave, un de plus diront certains, dont l’univers mi-sérieux mi-grinçant renferme bien des secrets d’alcôve sensuels.

 

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Un mp3 (via Max Bumps): Teitur – Catherine The Waitress

Un disque : Teitur The Singer (Edel Records)