18/11/2010

Shobaleader One – d’Demonstrator

shobaleader_one_d_demonstrator.jpgInutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.

 

Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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21/10/2010

Admiral Radley – I Heart California

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Admiral Radley ou quand deux moitiés font l’unité, belle et cohérente, on ne peut que se réjouir. Evidemment, les forces en présence – Jason Lytle et Aaron Burtch de Grandaddy, ainsi qu’Aaron Espinoza et Ariana Murray d’Earlimart – promettaient de beaux lendemains, ils ne nous déçoivent nullement. Témoins d’une indie pop qui rend un hommage au regretté Denis Wielemans d’autant plus séduisant qu’il est involontaire (on doute que la bande de Braine-l’Alleud ait trouvé un écho jusqu’en Californie), le dynamisme mélodique balance son cœur de beurre entre déclinaisons mélancoliques (le morceau-titre) et cavalcade drolatique (Sunburn Kids). Au-delà de l’aspect mélodique évident sur une grande majorité des titres, les grands noms d’une Amérique moderne (et bien au-delà) peuplent de leur écho inconscient les pages de ce très bel opus. Quelque part au centre d’une vaste plaine où des échos exotiques à la Dirty Projectors ouvrent une valse à la Matt Elliott au son de la voix suave d’Ariana Murray (The Thread), l’ambiance musicale dépote sans fausse pudeur le manque d’ambition de nombre de projets contemporains en matière d’harmonies (les très putassiers Editors, anyone ?). Au-delà du simple exercice de name dropping (Ariel Pink, Yo La Tengo, place your bet), la fusion des deux groupes en présence imprime une révélation marquante sur le cervelet et, à l’occasion, les guiboles.

 

Un disque : Admiral Radley – I Heart California (Admiral Radley)

 

19/10/2010

Sky Larkin – Kaleide

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Contrairement à ce que leur son laisse transparaître, le trio Sky Larkin n’a pas traversé l’Atlantique mais juste la Manche pour nous arriver. Alors que sa power pop à guitares évoque plus souvent qu’à son tour les Throwing Muses et autres groupes féminins américains des nineties – encore que des soupçons d’Electrelane émergent ça et là, le combo de Leeds énergise sa formule, quitte à ne surprendre personne (et, en premier lieu, les fans de  The Chalets ). Le résultat est toutefois très plaisant à l’écoute. Jamais gras ni surchargé, le paysage sonore de Kaleide se laisse glisser dans l’oreille sans coup férir, abandonnant à l’occasion de très chouettes morceaux qu’on retrouve à l’envi. Une belle œuvre(tte), finalement.

 

Un disque : Sky LarkinKaleide (Wichita Recordings)

 

12/10/2010

Zero 7 – Record

Zero7–Record.jpgPour être tout à fait honnête, on s’est longtemps fichu de la carrière de Zero 7 comme de notre premier 45 Tours dédicacé par le Grand Jojo. Dix ans, pourtant, que les sons downtempo trip hop de la paire britannique font leur cours le long d’une berge où les postures d’Alpha et – surtout – Portishead tiennent le haut du pavé, on ne trouve toujours pas la moindre tache osant gâcher l’immaculée surface de leur musique. C’est bien ce qui nous a toujours manqué dans le parcours de Henry Binns et Sam Hardaker, ces manques d’aspérité et de relief, en dépit d’une sélection de vocalistes de très haute volée (Jose Gonzalez, Sophie Barker). Le présent best of ne fait évidemment guère exception à la règle. Les voix, dominées par la sensuelle Sia (présente sur la moitié des titres), dévoilent leur moelleux au sein d’arrangements toujours smooth – ça ne nous suffit guère pour que la balance retrouve le côté positif de la force.

 

Un disque : Zero 7 – Record (Warner)

20/08/2010

Hoquets – Couque de Dinant

hoquets-couquededinant.jpgOn a beau dire, si la Belgique n’avait pas existé, le monde aurait sans douté été moins drôle. Matières culinaires (Couque de Dinant) ou imbroglios politico-linguistiques (3 Régions, 3 Communautés), nous ne faisons rien comme les autres – et pendant ce temps, les Hoquets nous décrochent la mâchoire à explorer les richesses incomparables de notre ubuesque patrie. Au-delà du simple exercice de style – il est nettement moins vain qu’il n’y parait, Maxime Lê Hùng, François Schulz & McCloud Zicmuse nous en mettent plein les papilles et c’est non seulement hilarant de bonheur mais en prime, ça nous fiche une envie grave de groover qui vaut tous les remontants de la planète. Et de leur nihilisme totalement pop à s’en rendre gaga et à se faire dessus d’envie, les trois comparses entonnent leurs hymnes à la joie – et c’est parti pour leur emboîter le pas. Allez tous ensemble, Cou-cou-couque de Dinant-ant-ant.

 

Un 7’’ : Hoquets – Couque de Dinant (Matamore)

 

HOQUETS | "3 régions, 3 communautés" | Maison des Musiques, Bruxelles | 10.11.2009 from matamore on Vimeo.


 

13/08/2010

Frazey Ford – Obadiah

frazeyford-obadiah.jpgChanteuse des très bons The Be Good Tanyas, Frazey Ford tente une première échappée solo en Obadiah, et elle a bien raison. Inspirée de l’univers immense de Neil Young tel qu’Alela Diane (la moderne) ou Ann Peebles (l’ancienne) auraient pu le pervertir – du côté soul plus que folk, donc – la songwriter canadienne nous a pondu une petite grande merveille de disque à ranger précieusement, car on sait qu’on y reviendra souvent. Arrangements capitonnés au coin d’un été chaud et humide, mélodies enivrantes d’un bonheur qui se partage au coin d’une fin de soirée midtempo, les chansons au nombre de treize témoignent d’un bonheur intim(ist)e qui donne envie de revivre le passé et d’anticiper l’avenir. Oui, tout ça.

 

Un disque : Frazey Ford – Obadiah ( Nettwerk )

 


podcast

 

18/07/2010

Wildbirds & Peacedrums – Rivers

wildbirdspeacedrums-rivers.jpeg Duo suédois à l’excellente réputation critique, voire publique, Wildbirds & Peacedrums poursuit délicatement un chemin tracé au son des harmonies vocales et de la batterie, éléments constitutifs majeurs des chansons du couple Mariam Wallentin / Andreas Werlin. Inclassable défintivement, l’univers de W&P évolue entre diverses planètes musicales, de la musique contemporaine à la folk mystique en crochetant du côté du jazz et de la dream pop. En creusant un peu, on y trouve des traces manifestes d’autres Scandinaves – tels les Danois d’Efterklang, mais aussi des restes de Kate Bush réfugiée dans une église l’intégrale Maja Ratkje sous le bras, le tout sous des auspices charismatiques indéniables. En tout état de cause, ces Rivers ne font que confirmer un peu plus la renommée méritée du Wildbirds & Peacebrums, là-haut in the sky.

 

Un disque : Wildbirds & Peacedrums – Rivers (The Leaf Label)

podcast

 

09/07/2010

Windsor For The Derby – Against Love

windsorforthederby-againstloveAprès des années de présence au plus haut niveau sur le pay roll de Secretly Canadian (et d’autres labels), les Windsor For The Derby maintiennent toujours le cap – en dépit de deux ou trois bémols. Toujours autant adeptes d’une dream pop parfumée au post rock – lisez My Bloody Valentine lacère Parsley Sound face à la devanture de Galaxie 500 – les Texans embrassent les glissements de rythmes d’une – toujours – très belle volupté romantique. Risquant une échappée acoustique où M Ward squatterait les Belle & Sebastian, quand ce ne serait Ride en gros plan High Llamas, les trouvailles fourmillent, elles enchantent aussi. Pourtant, en dépit de ces milles (re)lectures d’un glorieux passé qui ne se prend jamais les pieds dans la réserve de formol, on ne peut s’empêcher de trop entrevoir les limites de l’exercice. En premier lieu, la recherche du beau son référencé nineties ne masque pas toujours complètement une inspiration mélodique en demi-teintes (exception absolue, le splendide Our Love’s a Calamity). Et quitte à faire sa mijaurée, autant être honnête jusqu’au bout des ongles, fussent-ils rongés par l’envie de toujours mieux.

 

Un disque : Windsor For The Derby – Against Love (Secretly Canadian)


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27/06/2010

Films – Messenger

films-messengerEmpreinte d’éléments néo-classiques, tel le monde funambulesque de Max Richter illustrant une fable ultime du grand cinéaste Kore-Eda Hirokazu (Nobody Knows, Air Doll), la musique des bien nommés Films se noie – hélas – dans l’évanescence bavarde. Formellement très belles, les atmosphères empreintes de cordes, de piano et d’électronique ont tendance à se perdre dans les méandres vaporeux d’une référence trop voyante. Instrumental, l’univers tonal et apaisant manque de relief rythmique, notamment lorsqu’il s’égare dans un substrat ambient, certes, subtil mais à qui il manque le support visuel pour emprunter davantage de sens. Chantées d’une voix féminine rêveuse, les mélodies s’insèrent dans l’immense interstice séparant les Dead Can Dance de Gutevolk en passant par Soap & Skin (le meilleur) ou Enya (ça devient gênant). A toi de voir, l’ami des elfes aux yeux bridés.

 

Un disque : Films – Messenger (Noble)

21/06/2010

Pamela Hute – Turtle Tales From Overseas

pamelahutePrix – mérité – de la découverte 2009 aux Music Awards Paris, le trio Pamela Hute peut déjà regarder ses glorieux aînés eighties dans le blanc des yeux, sans rougir ni compromissions. Emmené par une androgyne chanteuse qui lui a légué son patronyme, le combo frenchie apporte une énorme soif de vengeance (pas) masquée à tous les vrais aficionados rock désespérément en lutte contre un système qui voudrait nous vendre de la farine Aldi (BB Brunes, Luke) au prix de la Blanche de Colombie (Noir Désir). Totalement crédible dans une bulle post punk qui laisse respirer des bombinettes pop dynamiques, voire un clin d’œil cabaret du plus bel effet (Parachute), Pam, Igor et Ernest Lo aspirent au headbanging de haute lutte, laissant traîner au passage des morceaux qu’on n’espérait plus au sud-est de la Manche (dont notre petit préféré Don’t Help Me, conseil d’écoute absolu). Vivement la scène !

 

Un disque : Pamela Hute – Turtle Tales From Overseas (Tôt ou Tard)

23:12 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, pop, critique, pamela hute, tot ou tard |  Facebook |