09/07/2010

Windsor For The Derby – Against Love

windsorforthederby-againstloveAprès des années de présence au plus haut niveau sur le pay roll de Secretly Canadian (et d’autres labels), les Windsor For The Derby maintiennent toujours le cap – en dépit de deux ou trois bémols. Toujours autant adeptes d’une dream pop parfumée au post rock – lisez My Bloody Valentine lacère Parsley Sound face à la devanture de Galaxie 500 – les Texans embrassent les glissements de rythmes d’une – toujours – très belle volupté romantique. Risquant une échappée acoustique où M Ward squatterait les Belle & Sebastian, quand ce ne serait Ride en gros plan High Llamas, les trouvailles fourmillent, elles enchantent aussi. Pourtant, en dépit de ces milles (re)lectures d’un glorieux passé qui ne se prend jamais les pieds dans la réserve de formol, on ne peut s’empêcher de trop entrevoir les limites de l’exercice. En premier lieu, la recherche du beau son référencé nineties ne masque pas toujours complètement une inspiration mélodique en demi-teintes (exception absolue, le splendide Our Love’s a Calamity). Et quitte à faire sa mijaurée, autant être honnête jusqu’au bout des ongles, fussent-ils rongés par l’envie de toujours mieux.

 

Un disque : Windsor For The Derby – Against Love (Secretly Canadian)


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04/07/2010

Phlippe Petit & friends – Silk-screened

philippepetitfriends-silkscreenedHomme des coulisses du label marseillais BiP_Hop (les neuf compilations BiP_Hop Generation,  très recommandables), patron exigeant des musiques de notre temps qui n’hésitent pas à en prendre (Janek Schaefer, Rothko, Bela Emerson), Philippe Petit invite – vous l’aurez deviné – une ribambelle d’amis musiciens sur ce très joli Silk-screened. Parmi moult sons familiers d’une scène (très) indépendante où le jazz fait de l’œil à l’electronica, on reconnaît entre milles la clarinette humectée de Jérôme Paressant (abraxas, liquide et transgressif). En d’autres temps, les grésillements turntablisés de Petit – quand il ne s’agit d’égards acoustiques retraités – laissent vibrer de toute leur énergie vitale les instruments. Pièce maîtresse de l’ensemble, l’extraordinaire bravoure free rock a swirling mix of dystopia incruste la totale liberté du No-Neck Blues Band au gré de Miles Davis, pour une sublimissime confrontation où les guitares de Rémi Bellin et Cyril Secq (Astrïd) s’enchevêtrent dans un déluge cuivré – merci la trompette d’Andy Diagram (James) – et percussif (thanks Ronan Benoit). Total respect, dude.

 

Un disque : Phlippe Petit & friends – Silk-screened (Trace Recordings)


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21/06/2010

Pamela Hute – Turtle Tales From Overseas

pamelahutePrix – mérité – de la découverte 2009 aux Music Awards Paris, le trio Pamela Hute peut déjà regarder ses glorieux aînés eighties dans le blanc des yeux, sans rougir ni compromissions. Emmené par une androgyne chanteuse qui lui a légué son patronyme, le combo frenchie apporte une énorme soif de vengeance (pas) masquée à tous les vrais aficionados rock désespérément en lutte contre un système qui voudrait nous vendre de la farine Aldi (BB Brunes, Luke) au prix de la Blanche de Colombie (Noir Désir). Totalement crédible dans une bulle post punk qui laisse respirer des bombinettes pop dynamiques, voire un clin d’œil cabaret du plus bel effet (Parachute), Pam, Igor et Ernest Lo aspirent au headbanging de haute lutte, laissant traîner au passage des morceaux qu’on n’espérait plus au sud-est de la Manche (dont notre petit préféré Don’t Help Me, conseil d’écoute absolu). Vivement la scène !

 

Un disque : Pamela Hute – Turtle Tales From Overseas (Tôt ou Tard)

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08/03/2010

Micragirls – Wild Girl Walk

micragirls-wildgirlwalkQuiconque veinard ayant assisté à un concert des 22 Pistepirkko le confirmera, l’humour caustique des Finlandais se marie extraordinairement bien à leur vision du rock, plongé dans un bain acidulé qui lui donne toute sa personnalité gaillarde. Produit par le bassiste du groupe Asko Keränen, le second opus du trio féminin Micragirls imprime, lui aussi, sa marque au deuxième degré. Bourré de références addictives, de la girlie pop sixties au punk, le tout raconté sur un mode qui relie The Organ aux Breeders sur un fond de Throwing Muses, Wild Girl Walk est à prendre à pleines mâchoires. Excellemment jubilatoires tout en demeurant parfaitement dispensables (faute à des références tellement rabâchées qu’on n’y prête plus toujours attention), leurs douze bombinettes renverront les coincés du slip au ras des jupettes mi-cloutées mi-Hello Kitty, histoire qu’ils se dévergondent une bonne fois pour toutes. Ou pas.

 

Un disque : Micragirls Wild Girl Walk (Bone Voyage)

07/03/2010

Him –ん

him-hmmmmmUne très goûteuse collision les rythmiques chaudes de l’afro beat et du tropicalia, formant un hybride véloce qui joue à saute-moutons avec les Brésiliens de Hurtmold, ainsi que les Japonais Piana et Shugo Tokumaru, à lire sur le Grisli.

 

Un disque : Him – (Hip Hip Hip)

06/02/2010

Golden Serenades – Hammond Pops

goldenserenades-hammondpopsC’était voici un peu plus d’un an, au moment de boucler notre Top 10 2008. Tout juste arrivé, un disque surgi de nulle part – le label norvégien +3dB, dont c’était la première sortie – imposait l’évidence de son free improv’ noise, mâtiné d’une musique de chambre à la désarmante spontanéité. A peine écouté, cet aujourd’hui incontournable IIIIIII du quatuor Lemur nous imposait une seule obligation, et avec quel plaisir : scruter avec une attention soutenue l’actualité de l’officine d’Oslo, dont quatre récentes publications viennent souligner l’extrême urgence.

 

Vieille de dix années riches en éruptions sonores multiples, la carrière des Golden Serenades a pris un subit coup d’accélérateur médiatique en 2007. A la (dé)faveur d’une performance où ils ont détruit sur scène des guitares estimées à 5.000 dollars – gloups, ça fait cher le coup de sang, fût-il attendu – la presse de leur Norvège natale leur accorda une série d’articles sur fond de grosse polémique. Brocardé par une série d’hommes politiques de droite, voire d’extrême droite, comme une "horreur" ou un "gaspillage d’argent public", le concert – subventionné par les autorités locales – leur accorda toutefois une attention publique, à défaut d’être réellement artistique.

Deux années plus tard, la vision du trio John Hegre (électronique) – Jørgen Traeen (électronique) – Sigbjørn Apeland (orgue) demeure toujours sans la moindre concession. Parsemée de tempêtes noise qui voguent de Merzbow à John Zorn, l’unique plage démonte quarante minutes durant les fantômes bruitistes des plus extrêmes manipulateurs soniques de notre temps. Les cœurs légers et les pavillons défaits sont avertis de son extrême toxicité distordue.

 

Un disque : Golden Serenades – Hammond Pops (+3dB)

05/02/2010

Liars en simple et en double

Liars-SisterworldLa boîte aux bons offices Pitchfork le confirme, Sisterworld, nouveau Liars et cinquième du nom, sera également disponible en double CD. La première galette hébergera l’album normal (aussi vendu en un disque ou en vinyl) et la seconde abritera ces mêmes titres remixés par Alan Vega (et ouais), Thom Yorke ou les Melvins. Rendez-vous le 9 mars à la porte de la maison Mute.

 

La tracklist du second disque

 

01 Scissor (Pink Dollaz, Lance Whitaker & Transformation Surprise)

02 No Barrier Fun (Duetonal aka Alan Vega of Suicide)

03 Here Comes All the People (Atlas Sound aka Bradford Cox)

04 Drip (Kazu Makino of Blonde Redhead)

05 Scarecrows on a Killer Slant (Tunde Adebimpe of TV On The Radio)

06 I Still Can See an Outside World (Boyd Rice of NON)

07 Proud Evolution (Thom Yorke 500qd Remix)

08 Drop Dead (Fol Chen)

09 The Overachievers (Devendra Banhart and the Grogs)

10 Goodnight Everything (Melvins)

11 Too Much, Too Much (Carter Tutti of Throbbing Gristle)

13:49 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, preview, liars, mute |  Facebook |

23/12/2009

Cobra Killer – Uppers & Downers

CobraKiller_UppersDownersVéritables icones de la déjante glamour made in Berlin, Gina V D’Orio et Annika Line Trost  réussissent encore à impressionner sur leur cinquième – et oui, déjà – effort. D’une toute autre veine que leur toujours surprenant, des années plus tard, disque de reprises avec un orchestre de… mandolines, Uppers & Downers compte les invités prestigieux (Thurston Moore, Jon Spencer, J Mascis), tout comme il cumule les titres aussi énergiques qu’ils sont fendards.

Sans complexes et tournoyants d’allégresse, les rythmiques électro-pop des duettistes allemandes s’emballent dans un non-sense tout à tour bordélique, arrangé et secouant. D’un total laisser-aller qui ne peut être le produit que d’intenses séances de brainstorming (genre on en met un peu plus ou un peu moins ?), les chansons des Cobra Killer donnent cette impression, faussement candide, de facilité je m’en foutiste. Au-delà de l’illusion post-Peaches vs Chicks On Speed, les riches harmonies d’un Vitamine très… fruité et revitalisant offrent un contrepoint bienvenu aux décharges punkoïdes d’un Hang Up The Pin Up totalement énervé, à l’image d’un opus aux soubresauts lubriques et dévoyés.

 

Un disque : Cobra Killer Uppers & Downers (Monika Enterprise)

03/12/2009

Turzi – B

Turzi-BVrai petit génie – tant pis si le terme est bien trop galvaudé – de la musique made in France, Romain Turzi avait surpris tout son monde en 2007. Exciteur de particules krautrock relues à l’aune d’un temps post-Virgin SuicidesJoakim a son mot à dire, il avait dépoté la première lettre de l’alphabet pour un opus originel au psychédélisme toujours aussi (im)pertinent. Toujours signé sur Record Makers, le label des ses concitoyens versaillais Jean-Benoît Dunckel et Nicolas Godin, le musicien du 78 était bigrement attendu au tournant. Et en avant pour la seconde lettre, initiale de dix villes des quatre coins du monde.

Démarrant les hostilités sur un hymne glam pop qui frise un mauvais goût assumé, genre Bertrand Burgalat s’en prend à Tangerine Dream, Turzi met une grosse sourdine à son décorum krautrock. Il lui préfère, le choix est douteux, des références électroniques planantes dont la subtilité nous échappe, trente ans après les spectacles mégalomanes d’un certain Jean-Michel Jarre (ça crève les tympans sur Buenos Aires et Brasilia). En d’autres lieux, des guitares bourrées d’effet affrontent une orchestration pompeuse (Bombay) alors qu’un exotisme moyen-oriental de pacotille est censé nous emmener sur les traces de Bethlehem. Respectant le principe de la lettre B jusqu’à l’extrême, Turzi invite également deux vocalistes, ils ne sont pas les premiers venus. Sur "Baltimore", c’est ainsi Bobby Gillespie – M. Primal Scream – qui prend le micro pour un titre qui sonne justement comme du… Primal Scream. Quant à l’intervention de la kéké Brigitte Fontaine sur Bamako, elle clôt le disque de belle façon et nous fait regretter les multiples dérapages trop contrôlés qui la précèdent.

 

Un disque : TurziB (Record Makers)

Buenos Aires - Turzi

Bamako - Turzi

24/11/2009

Shannon Wright – Honeybee Girls

shannonwright-honeybeegirlsJour après jour, siècle après siècle, elle nous hante, elle nous possède, elle ne nous lâche plus. Elle, la musique de Shannon Wright, est une odyssée vers une éternité rock, le vrai, celui hérité des héroïnes intemporelles que fut, qu’est Patti Smith. De sa carrière sans le moindre faux pas, à la – très – relative exception d’une collaboration bancale avec Yann Tiersen, la demoiselle d’Atlanta retire la substantielle moelle de son art sur ce nouvel Honeybee Girls. De la carrure énervée et psychanalytique du fantastique opus ‘Over The Sun’, elle fait rugir une basse et une guitare furieuses sans jamais être exhibitionnistes (Embers in Your Eyes, Trumpets On New Year’s Eve), du précédent et formidablement touchant Let In The Light, sans oublier les délices tourmentés du fondamental Dyed In The Wool, elle conserve une sérénité retrouvée. Oh, la souffrance n’est jamais bien loin, elle est toutefois d’une telle évidence que  sa troublante présence, entre larmes et frissons, donne une dimension supplémentaire à des chansons, d’une époustouflante maîtrise émotionnelle (tout le reste de l’album !). Et surtout, faudrait-il écrire plus que jamais, la qualité des compositions de Shannon Wright atteint un degré de perfection entre rage et lumière qui conforte son immanquable emplacement au panthéon éternel de nos envies musicales. On ne t’aime plus Shannon, on t’adore. For ever.

 

Un disque : Shannon Wright – Honeybee Girls (Vicious Circle)


embers in your eyes - Shannon Wright

Sympathy On Challen Avenue - Shannon Wright