10/11/2008

Keiji Haino + Merzbow = Kikuri

Kikuri - Pulverized PurpleLa feuille de presse le dit, Pulverized Purple de Kikuri – l’incendiaire combinaison des papes japonais de la noise music Keiji Haino et Masami Akita (Merzbow) – est la prise sur le vif d’un concert donné le 21 mai 2007 au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (Canada). Dit de cette manière, ça peut faire penser à une bizarrerie bruitiste de plus, passée l’écoute de ses cinq morceaux de bravoure (dont les trente minutes du morceau titre), l’impression d’être le seul survivant de l’apocalypse domine, de tout sa rage décibellique. Seule au monde.

 

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Un mp3 : Kikuri That Place From Which You Fell Was Lined With A Cushion Of Pain And Is No Proof Of Your Continuing Existence

Un disque : Kikuri Pulverized Purple (Victo Records)

07/11/2008

Sudden Infant – Psychotic Einzelkind

Sudden Infant - Psychotic EinzelkindPersonnage à part de la scène noise de ces vingt dernières années, le Suisse Joke Lanz n’en bien sûr pas à son coup d’essai sur cet enfant unique psychotique. Turbulent comme jamais, tout en ajoutant une grosse pincée de punk jazz au second degré tranchant, Lanz s’associe à son compatriote Christian Weber (basse, caisse claire) et au Greco-Anglais Bill Kouligas (électronique, percussions), pour un disque à mettre en toutes les oreilles des adorateurs de 16-17. Il débute par l’incroyable Somniphobia et sa ligne de basse entêtante confrontée à des percussions violentes dignes du meilleur de la scène norvégienne (ce n’est pas pour rien que Lasse Marhaug signe le remix de Tandoori Chicken Scooter III en fin de disque, occultant sa dynamique orageuse pour une défonce ambient aéroportuaire). Par moments, l’ombre du tentaculaire Kevin Drumm masque des atmosphères déjà entendues ailleurs, en mieux (chez Editions Mego), ce n’est que pour mieux transiter vers des furies rock bruitistes dignes des divers projets parallèles des membres de Sonic Youth (Thurston Moore est d’ailleurs au remix de Somniphobia). Les moments plus calmes – il y en a, on vous le jure – évoquent davantage l’abstraction faite art de Lawrence English à la rencontre de Supersilent, ce qui n’empêche pas le trio de nous balancer le tubesque – au sens underground du terme – Beautiful Tile et son enivrant gimmick de basse cold wave. Prends garde à toi, camarade.

 

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Un disque : Sudden Infant Psychotic Einzelkind (Blossoming Noise)

02/11/2008

Keiji Haino et la vielle à roue, take III

Hainto21stCenturyArtiste protéiforme dont les variables stylistiques transcendent les genres dans leur multitude, Keiji Haino poursuit ses explorations de la roue à vielle (électrifiée), entre drones zarbi et noise fêlé, chacun unique en leur genre. Nouvelle production du musicien japonais, la troisième sous la bannière de 21st Century Hard-y Guide-y Man, Koitsukara Usetaitameno Hakarigoto s’annonce déjà comme une avancée majeure dans l’abondante discographie d’un artiste au-dessus de tout soupçon.

 

En écoute sur SquidCo

Un disque : Keiji Haino Koitsukara Usetaitameno Hakarigoto (P.S.F. Records)

31/10/2008

Echokrank – s/t

echokrankEn forme olympique, le label Gagarin Records dévoie encore un peu plus les sons de notre 21è siècle, tournant cette fois en dérision toute l’electro pop de ces trente dernières années. Quand on sait que derrière le nom étrange d’Echokrank se tapit le Stereo Total Brezel Göring, accompagné d’un certain Hotleg, on ne sera pas surpris. Reprenant à leur compte sarcastique les gimmicks sortis tout droit du telexien Twist A Saint-Tropez ou le simplisme dérangé de Göring aux côtés de son éternelle Françoise Cactus (New Wave, Old Problem), le duo allemand détricote ici un reggae de bal sous-marin (The Worst Of Both Worlds), là une version synth pop bubblegum (sans paroles) entre Ca Plane Pour Moi et Cargo De Nuit, quand ce n’est un girlie punk band qui en prend plein la tronche (I Wanna Be An American Idiot). Et la musique dans tout ça ? Au rendez-vous, mon général, carrément addictive même derrière son apparente foutage de gueule, même que ce disque compte une belle brochettes de tubes, à commencer par cet Abwärts, confrontation inédite entre Violent Femmes et Chicks On Speed. On vous l’avait bien dit, la baraque de Felix Kubin tient une telle pêche que ça serait dommage de ne pas en profiter.

 

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Un disque : Echokranks/t (Gagarin Records)

07/10/2008

Josetxo Grieta, que de regrets

josetxogrieta-theartofdistractionOu quand il est regrettable de ne découvrir les gens qu’après leur mort. Prenez le musicien basque (de Bilbao) Josetxo Anitua, décédé le 22 avril dernier au bout de 43 petites années. Prenez son le LP posthume de son groupe Josetxo Grieta  (il était aussi chanteur de Cancer Moon), mi-live enregistré, mi-morceaux de studio. Confrontez-le au meilleur du noise et dites-vous que nom d’une coucougnette, ce qu’on a bien pu branler pendant tout ce temps. Indispensable.

 

En écoute sur arto.artian

Un disque : Josetxo GrietaThe Art of Distraction (Ozono Kids)

04/10/2008

Hair Police, mauvais pour le karma, bon pour les oreilles

Hair Police - Certainty of SwarmsFaibles de coeur, passez votre chemin, bouchez vos pavillons, le furibard trio Hair Police (Mike Connelly de Wolf Eyes, Trevor Tremaine de Death Unit et Robert Beatty) est de retour, cette fois pour une véritable sortie ‘officielle’. Toujours aussi hantée des maléfiques satans peuplant les nuages sombres d’Earth à la poursuite de KTL et des Terrestrial Tones, sa machinerie putride vitupère des relents d’exorcisme gastrique fascinants de rage abstraite et c’est aussi prenant qu’inquiétant. Une idée pour un prochain concert Kraak ?

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Hair Police Certainty Of Swarms (No Fun)

 

En clip : Hair Police at Radio Centraal Antwerpen

 

 

02/10/2008

Hitchcock Go Home – You Cannot Be Serious!...

HITCHC~1C’était en 2004 – une éternité dans le calendrier de la hype – et déjà les Hitchcock Go Home tenaient compagnie à Cyann & Ben, ça s’appelait Yes, You’re Dead. Le temps passé à naviguer entre leur Grenoble natal et leur Paris d’adoption (quatre ans tout de même), les cinq membres du groupe ont pris le temps de peaufiner leurs mélodies post rock, dont n’est exclue ni la douceur du chant de Fanny (A Dawn For Lanark), ni la tentation radioheadienne (Odd). A l’écoute des neuf titres de ce second effort, ils ont rudement bien fait de nous faire patienter, tant la qualité musicale est au rendez-vous. Pour grincher un peu, on pourrait citer deux ou trois détails guère fondamentaux, tel ce chant sur Something You Can’t Hide dont l’admirable partie de banjo cache mal les échos très Matt Bellamy (mais en mode assoupi) de la voix. Une chose ne fera en tout cas pas débat, c’est le travail sonore fouillé du quintet, qui plus est jamais pris en défaut de maniérisme ou de pompiérisme. Tressant des séquences dont le dynamisme tranche dans le vif, à l’image de cette basse qui fait le boulot sur Pale Or Blue ou de ce banjo lumineux sur Where You Are, les Hitchcock Go Home donnent ainsi à leurs chansons les moyens instrumentaux dont tout fan de musique pop devrait avoir envie.

 

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Un disque : Hitchcock Go Home You Cannot Be Serious!... (Drunk Dog)

29/09/2008

Disguises lève le masque

disguises-postmortemdepressionComplètement bordélique et encore plus à l’ouest que la frontière entre le Yukon et l’Alaska – point le plus occidental de leur Canada natal – le rock post moderne, tendance noise do-it-yourself, des quatre de Disguises transperce de tout son venin paranoïaque les simili-musiciens pop rock qui nous cassent les oreilles depuis un paquet d’années. Là où l’aspect subversif des très crétins Malibu Stacy doit se limiter à oser se foutre un doigt à la confiture de rhubarbe dans le pif en plein milieu du soundcheck au Centre Culturel Guy Mathot, les sombres nuages tapissant l’univers du groupe de Toronto parleront d’évidence aux cinglés du bulbe qui adorent se plonger les viscères dans un bain d’acide Burial Hex vs Prurient, à moins que ce ne soit Drifting Bears Collective vs Yellow Swans. Hell yeah.

 

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Un disque : Disguises Post-Mortem Depression (Wintage)

27/09/2008

Vivian Girls, la quête du shoegazing

viviangirlsUn petit coup de mou ? La volonté d’en découdre en berne ? En manque de Lush ? La solution, ami internaute, tu la trouveras du côté des Vivian Girls, leurs bonnes vieilles guitares shoegazing (mais point trop), leurs harmonies vocales très girlie pop vs Electrelane et surtout, leurs chansons d’un revival nineties certes cliché mais éminemment sympathique.

 

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Un mp3 : Vivian Girls Where Do You Run To

Un disque : Vivian Girlss/t (In The Red Records)

 

En clip : Vivian Girls – Where Do You Run To 

 

 

23/09/2008

Marissa Magic is... magic

 

marissamagicL’univers étant peuplé de suiveurs inconneriptibles, le MySpace de Marissa Magic affiche un maigrelet score de 18687 affichages. Comme de bien entendu, son rock ultra minimaliste peuplé de fantômes drone folk restera réservé aux adorateurs de la magnifique Heather Leigh Murray, son nombre de connexions demeurera désespérément bas. Tant pis pour les pisse-Adele de la planète (et leur béééh bêlants), ceux-là même qui auraient jugé l’éternelle Nico inapte au service si leur avis avait été quémandé un jour de 1965.

 

En écoute sur MySpace (+ mp3)