05/10/2008

Serafina Steer, esprit public

300x300Associée pour de bon à Joanna Newsom, la harpe a bien de la chance. Entre les doigts de la géniale Californienne,  l’encombrant instrument picore de ses notes pincées l’univers fantasmagorique de ses short stories décalées. Entre les mains de la magnifique Anglaise Serafina Steer, des mélopées folk d’un autre âge côtoient une modernité spoken word d’une tendre discrétion, qu’un tout récent EP vient confirmer de belle manière. A quand l’album ?

 

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Un mp3 Serafina Steer Eggs

Un EP : Serafina SteerPublic Spirited (Static Caravan)

 

En clip : Serafina SteerPublic Spirited (live)

 

 

03/10/2008

Boduf Songs – How Shadows Chase The Balance

bodufsongs-howshadowsLa seconde sortie du Britannique Mathew Sweet – appelez-le Boduf Songs – pour le compte de Kranky ne trahira pas les idéaux stylistiques du label américain. Empreinte de cette épure stylisée qui fait la marque de fabrique maison, l’œuvre folk fantomatique de Sweet s’inscrit – durablement ? il est trop tôt pour le dire – dans la démarche mystique, tendance ascète, d’artistes telle que Valet la magnétique. Avertie d’une époque qui couronne l’indispensable Six Organs of Admittance, tout en négligeant les trop sages Sufjan Stevens ou James Yorkston (dont nous ne contestons ni le talent, ni la pertinence), l’aventure de l’album tend cependant à se complaire dans un chant quasiment murmuré à la tristesse auto-complaisante (I Can’t See A Thing In Here) dont la mélodie réfractaire suggère trop et dit trop peu. Dans le registre bedroom folk, le Néo-Zélandais Dean Roberts résiste beaucoup mieux à la tentation de la sinistrose surlignée, qu’il ponctue avec élégance là où Boduf Songs se noie. Quelques morceaux superbes toutefois viennent à la rescousse, à l’image du splendide Quiet When Group, sans même parler de la subtilité de textes raffinés et macabres, accompagnés le plus souvent d’une simple guitare acoustique ponctuée d’une électronique aussi précieuse qu’impressionniste. Le tout à déguster par petites tranches, le soir dans le noir.

 

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Un disque : Boduf Songs How Shadows Chase The Balance (Kranky)

27/09/2008

Benoît Pioulard numéro deux

benoitpioulard-temperDisque absolument essentiel à tout qui s’est un jour plongé dans Lali Puna ou Jessica Bailiff, le précieux Précis de Benoît Pioulard connaît un successeur aux sonorités désormais familières. Aligné dans les bacs sous le nom de Temper, le second opus de l’homme né Thomas Meluch est à coup sûr une des sorties à suivre du mois. Et de l’année ?

 

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Un mp3 : Benoît Pioulard Ragged Tint

Un disque : Benoît Pioulard Temper (Kranky)

14/09/2008

Kimya Dawson – Alphabutt

KimyaDawson-AlphabuttLes veinards présents un beau soir d’été 2007 s’en souviennent encore, Kimya Dawson est une maman comblée qui n’hésite pas à balader en tournée sa petite Panda Delilah, deux ans aujourd’hui. Après avoir écrit la B.O. d’un film sur les grossesses adolescences, l’ex-moitié des Moldy Peaches se lance – est-ce bien étonnant ? – dans l’écriture de chansons pour enfants. Certaines d’entre elles sont absolument saisissantes de sincérité décalée, à l’image de ce Bobby-O ou de ce Louie qu’on vous met au défi de ne pas siffloter au bout de six secondes et demie. Loin d’être des mélodies bébêtes qui confondent enfance et mongolisme – pour ça, il y a la nouvelle chanson française – Dawson dévoile la doucereuse vulnérabilité de cet âge insouciant, en apparence seulement. Car derrière les jeux d’enfant se cache la vulnérabilité du futur adulte, celui écoutera plus tard les géniaux Hidden Vagenda et Remember That I Love You. Attention, ce disque est contagieux pour les adultes.

 

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Deux mp3 (via Pop Tarts Suck Toasted) : Kimya Dawson Smoothie

Kimya Dawson Little Monster Babies

Un disque : Kimya Dawson Alphabutt (K Records)

 

En clip : Kimya Dawson Bear Song (Live)

 

22/08/2008

The Rural Tradition, the ND tradition

TheRuralTradition-themiserableeffectsofawastedlifeEntre label on ne peut plus obscur et nom de plume intrigant au possible, Julian Poidevin possède tous les ingrédients pour devenir cultissimo chez les happy few. Adepte d’une folk music au dépouillement ténébreux, le songwriter angalis n’évitera pas, soyez-en sûrs, les inévitables comparaisons entre sa personne et un certain feu Nick D., et qu’importe. La révélation de ses premiers morceaux est trop bluffante pour se soucier de ces menus détails stylistiques.

 

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Un mp3 : The Rural Tradition – A Refuge Of Lies

Un disque : The Rural Tradition The Miserable Effects Of A Wasted Life (Dorset Paeans)

18/08/2008

Alina Simone – Placelessness

alinasimone-placelessnessAttendue comme la relève de Shannon Wright, Alina Simone va-t-elle s’égarer dans le maquis de Dolores O’Riordan (Cranberries) ? Le doute est permis sur Octopus.

 

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Un disque : Alina Simone Placelessness (Travelling Music)

14/08/2008

Hilde Marie Kjersem, from Ålesund

hildemariekjersem-akillerforthatacheA l’évidence, la ville norvégienne de Ålesund captivera plus l’amateur de fjords et d’art nouveau que le festivalier pukkelpoppien en mal de bière tiédasse hors de prix. Originaire de cette aimable bourgade du nord-ouest de la Norvège, la jeune – 27 ans – singer songwriter Hilde Marie Kjersem pourrait bien attirer dans ses filets tous les adorateurs, certes peu nombreux, de Susanna Karolina Wallumrød et Mia Doi Todd. Dit plus simplement, affaire à suivre. De tout près.

 

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Un disque : Hilde Marie Kjersem A Killer For That Ache (Rune Grammofon)

 

En clip : Hilde Marie Kjersem Fantasy

 

09/08/2008

Essie Jain – In Between

essiejain-inbetweenLes grincheux auront beau railler la préciosité d’Essie Jain, laissons-les baigner dans leur jus de Pauline, et concentrons-nous sur la redoutable sensibilité de sa musique, quelque part entre la grande Sandy Denny et la magnifique Nina Nastasia. Toujours sous le charme de son premier opus We Made This Ourselves, dont le temps ne cesse de vanter les bienfaits, nous retrouvons la songwriter anglaise installée à New York, pour un second essai davantage arrangé (cor, trompettes, clarinette, Rhodes & co). Plus pop, désormais, son univers ose aujourd’hui une ballade que n’aurait pas reniée Melanie si elle avait connu le versant moins baroque de Rufus Wainwright (Here We Go). Bien sûr, d’autres moments plus intimes dévoilent une Essie toujours aussi à l’aise dans le lento pianistique (Please), tandis que d’autres aspects plus surprenants de sa personnalité montrent le bout de leur nez, très mignon le nez, à l’image du très cabaret The Right. Des reproches ? Oh, des détails, une valse hésitation entre délivrance pop et retenue intérieure folk, l’une ou l’autre inflexion vocale aussi. Tout comme il y a fort à parier que dans quelques mois, nous ne retiendrons plus que les grandes qualités d’un disque fait pour durer.

 

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Un disque : Essie Jain – In Between (Ba Da Bing)

23/07/2008

Lesser Gonzales Alvarez is more

lessergonzalezalvarez-whyisbearbillowingToujours pas remis de la déception Devendra Banhart ? Essaie un peu juste pour voir, le coup d’essai du camarade folkeux Lesser Gonzalez Alvarez, jeune Cubain de Miami – il y est arrivé à l’âge de sept ans – dont les chansons archi bien troussées font déjà beaucoup d’ombre à un autre Gonzalez, le Suédois Jose.

 

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Un mp3 : Lesser Gonzalez Alvarez – Mostly A Friend

Un disque : Lesser Gonzalez Alvarez Why Is Bear Billowing (Carpark Records)

16/07/2008

Josephine Foster, encore

josephinefoster-thiscominggladnessLa rumeur le prétend, le nouveau Josephine Foster s’inscrit davantage dans la foulée des ses travaux avec Born Heller et The Supposed. De toute façon à mille lieues du toujours aussi culotté A Wolf In Sheep's Clothing – rappelez-vous, cet incroyable albums de reprises acid folk de lieder allemands – sans toutefois concéder la moindre parcelle d’une totale (lisez phénoménale) intégrité artistique, les quatre extraits en ligne démontrent que la splendeur vocale de la miss reste intacte.

 

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Quatre mp3 : Josephine Foster – The Garden of Earthly Delights

Josephine Foster – I Love You & the Springtime Blues

Josephine Foster – Waltz of Green

Josephine Foster – Indelible Rainbows

Un disque : Josephine Foster This Coming Gladness (Bo’Weavil Recordings)