20/05/2008

Meg Ashling, entre Loretta et Alela

megashlingElevée au sifflement du train qui la réveillait chaque nuit sur le coup de trois heures du mat', la country girl – plus une bonne dose de folk (Ramblin Cowboy) – Meg Ashling décline en des couleurs traditionnelles, patinées de teintes sixties girlie pop (Move Down The Line), voire fifties (Lovely Like Wine, de ce côté de Patsy Cline) au charme aussi ravageur que suranné. Les dévoreurs d'Emmylou Harris et Loretta Lynn vont adorer, ceux d'Alela Diane itou!

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Meg Ashling Look At The Moon (Autoproduction)

04/05/2008

Thalia Zadek, now and again, again

thaliazedek-liarsandprayersLe parcours de Thalia Zedek – indélébile forte tête de cette musique américaine au féminin dont se prévalent les Shannon Wright et autres Tara Jane O’Neil – affronte le temps de sa farouche indépendance, défendue becs et ongles. Artiste sans concessions aucunes à ces pseudo-vaguelettes disco pop ou ces fake branlettes punk pop pour lecteurs de Marc Lévy,  l’indémodable parcours de l’artiste américaine force un respect absolu de concision et allumé de cette flamme irrévérencieuse qui fait la marque des grandes gueules de notre temps (Scout Niblett, Carla Bozulich,ce genre). En 2008, la remarque est toujours autant d’actualité, en témoigne un Liars And Prayers qui la souligne plus revancharde que jamais.

 

En écoute sur Thrill Jockey

Un mp3 : Thalia Zedek – Lower Allston

Un disque : Thalia Zedek Band Liars And Prayers (Thrill Jockey)

03/05/2008

Essie Jain – We Made This Ourselves

essiejain_wemadethisAu fil des années, The Leaf Label s’est fait une spécialité de produire des artistes féminines dont le style, simple en apparence, recèle des trésors d’émotion instrumentale (l’essentielle Colleen) ou vocale (la fragile Nancy Elizabeth). Nouvelle venue dans la caste, la chanteuse folk anglaise Essie Jain (de son vrai nom Essie Jane Wilkinson) trouvera à n’en point douter un espace vital à sa discrète expression, quelque part entre la Nina Nastasia de On Leaving et la perle Sybille Baier. Guère en manque d’arguments, qu’ils soient mélodiques (le superbe Haze démontre à suffisance les qualités vocales de la demoiselle au timbre de soprano) ou arrangés (les cordes de Sailor, au ton de requiem minimaliste), les chansons d’Essie Jain pèchent, en de rares moments, par excès de joliesse vocalisante (Talking). En d’autres endroits, elle nous rêve un monde parsemé de trois notes de piano, illuminé d’une voix en totale – et magnifique – opposition avec le titre chanté (Disgrace) et plus globalement, elle nous prouve qu’elle a beaucoup écouté, sans en faire un infâme plagiat, la légendaire Sandy Denny. Et elle a bien eu raison.

 

En concert le 31 mai au Point Éphémère

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Essie Jain Disgrace

Un disque : Essie JainWe Made This Ourselves (The Leaf Label)

 

En clip : Essie Jain – Glory

 

 

01/05/2008

Shannon Wright arrive au Beurs

s_wright_r88_72dpi_5x7_1Les concerts de Shannon Wright comptent, incontestablement, parmi les expériences scéniques les plus prenantes – aux tripes s’entend – q’il soit sonné d’assister, tant la virulente sincérité de son propos vous prend à la gorge pour mieux vous consumer. Extraordinaire – je répète, ex-tra-or-di-nai-re – comme elle bouleversante (et les mots ne suffisent pas), la songwriter américaine sera de retour à Bruxelles – au Beurs cette fois – le 19 juin et c’est ce qu’on appelle un événement.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Shannon Wright – In The Morning

Un disque : Shannon Wright Let In The Light (Vicious Circle)

21/03/2008

Malcolm Middleton – Sleight Of Heart

Malcolm Middleton – Sleight Of HeartDepuis que son groupe Arab Strap est passé de vie à trépas, Malcolm Middleton a sorti la guitare sèche, relu le petit guide du parfait songwriter folk (ingrédients déjà bien mis à contribution au cours des dix années du groupe), tout en mettant en avant – plus que jamais – son inimitable accent écossais. Et il a beau faire, l’ami Malcolm ne pourra nous faire complètement oublier l’époque de son groupe fétiche, en témoigne l’ouverture Week Off, mélodie simplement passable avec son spoken word de saoulard glaswegien sur fond de piano vaguement jazzy. Pour le reste, l’ex-comparse d’Aidan Moffat essaie de démontrer qu’il est toujours capable d’écrire de bonnes chansons et il le prouve à l’occasion (Blue Plastic Bags, Follow Robin Down). Quand il se prend les pieds dans des compositions dignes d’un cow-boy écossais se prenant pour l’autrement plus classe Neil Hannon (The Divine Comedy), les choses se gâtent, et pas qu’un peu (Marguerita Red). One more time ? That’s not for sure.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Malcolm Middleton Week Off

Un disque : Malcolm Middleton Sleight Of Heart (Full Time Hobby / PIAS)

20/03/2008

Baby Dee, comme Antony

142_x600_music_babydee_prevA l’instar de la très glamour diva Marie-France, il serait idiot de limiter la personnalité de la chanteuse américaine de cabaret folk Baby Dee à sa seule condition de transsexuelle. Pas tombée de la dernière pluie avec ses cinquante-cinq années à l’horloge biologique, cette amie intime d’Antony Hegarty et de David Tibet (Current 93) préfère éviter – on la comprend aisément – toute allusion directe à son identité sexuelle, qu’elle balaie d’un revers de la main en interview. Musicalement, qui adore les Johnsons (dont Baby Dee est la harpiste) du sieur Hegarty se retrouvera en pays conquis, ceux qui rêvent que l’expressionnisme ravageur de Rufus Wainwright – la comparaison n’est en rien stylistique - reprenne Kurt Weill le seront tout autant. Et pour couronner le tout, c’est Bonnie ‘Prince’ Billy qui produit l’album, premier de son auteur sur Drag City.

 

En concert à l’AB le 16 avril

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Baby Dee – Safe Inside The Day

Un disque : Baby DeeSafe Inside The Day (Drag City)

09/03/2008

Mary Hampton, pastorale et intemporelle

maryhamptonTu le savais bien que les fouilles de MySpace débordaient de trésors folks enfouis sous les pages des quelques ‘stars’ du genre présentées en tes pages. De fil en aiguille, tu te rendis même à l’évidence – touchante d’un minimalisme hors de tout affect – que la songwriter de Brighton Mary Hampton méritait, elle aussi, une bien plus grande diffusion que quelques simples clics dans l’espace cybernétique. Qui peut aussi être pastoral et intemporel, you know.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Mary HamptonMy Mother’s Children (Drift Collective)

 

 

07/03/2008

Sharron Kraus, l'essence de l'essentielle

sharronkraus-thefoxsweddingCroisement idéal d’une certaine idée du folk britannique – celui incarné avec magnificence par le grand Alasdair Roberts – et des Appalaches, l’Anglaise Sharron Kraus est de la race unique des conjugueurs de charge émotionnelle (cette voix héritée de Joni Mitchell et de Dawn McCarthy) et de liberté hors de tout dogmatisme (thanks Espers). Nouvel opus de l’artiste d’Oxford, The Fox’s Wedding est un événement majeur, n’ayons pas peur des mots. Déjà remarquée pour ses disques antérieurs, en solo ou en compagnie des essentielles Meg Baird et Helena Espvall (sous le pseudo collectif de Leaves From Off The Tree), ainsi que comparse de Tara ‘Fursaxa’ Burke dans le duo Tau Emerald, la folkeuse anglo-saxonne remporte cette fois la mise, haut la main.

 

En écoute sur Dotshop

Un disque : Sharron KrausThe Fox’s Wedding (Durtro / Jnana)

 

03/03/2008

Campbell & Lanegan, encore

campbell-laneganPeu de monde aurait misé une ligne de coke sur une seconde collaboration entre le très ravagé Mark Lanegan et la douce Isobel Campbell. Pourtant, deux après le magnifique – et très acclamé - Ballad of the Broken Seas, un petit frère (annoncé plus jazzy et nommé Sunday at Devil Dirt) devrait voir le jour début mai. Pour une seconde nomination au Mercury Prize ?

 

En concert à l’Ancienne Belgique le 7 juin

Un disque à venir : Isobel Campbell & Mark LaneganSunday at Devil Dirt (V2)

25/02/2008

Samantha Marais – The Peppermint Conspiracy

samanthamarais-thebutterflyconspiracyBlanche sud-africaine d’origine, Samantha Marais a mis le cap sur Londres, voici quelques années déjà, histoire sans doute de se rapprocher des racines traditionnelles de sa folk music. A l’instar de sa consoeur Stephanie Dosen, autre folkeuse immigrée dans la capitale de l’Union Jack, la jeune femme propose des chansons charmantes, à peine plus acidulée que celles de sa collègue américaine, dont l’essence manque – chez l’une comme chez l’autre – de ce contenu personnel qui donne tant de force à une Marissa Nadler ou une Joanne Robertson. D’une forme peu révolutionnaire, les ritournelles de la brune songwriter trouvent heureusement sur le morceau-titre un écho plus inventif du côté de Joanna Newsom et des sœurs Cassidy. Outre cette relative concession à la modernité, la demoiselle prouve, et c’est remarquable, qu’elle n’est pas en reste d’americana, ni de Hope Sandoval (Runaway) bien que ça soit aussi beau que passager (Falling Star). Ses fausses expérimentations peinent cependant à convaincre (Hourglass, extrait lu du poème du 19è siècle The Wreck of the Deutschland par Gerard Manley Hopkins), perdues qu’elles sont entre la radicalité d’un Eyes Like Saucers et le conventionnalisme d’une Edith Frost, tout comme son interprétation du chant traditionnel George Collins manque de ce corps à corps dont sont capables les bien plus crédibles Isobel Campbell et Alasdair Roberts. Peut-être Samantha Marais devrait-elle se contenter du registre pop folk de Charcoal Man, là où elle excelle vraiment.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Samantha Marais The Peppermint Conspiracy (Butterfly Recordings / V2)