03/05/2008

Essie Jain – We Made This Ourselves

essiejain_wemadethisAu fil des années, The Leaf Label s’est fait une spécialité de produire des artistes féminines dont le style, simple en apparence, recèle des trésors d’émotion instrumentale (l’essentielle Colleen) ou vocale (la fragile Nancy Elizabeth). Nouvelle venue dans la caste, la chanteuse folk anglaise Essie Jain (de son vrai nom Essie Jane Wilkinson) trouvera à n’en point douter un espace vital à sa discrète expression, quelque part entre la Nina Nastasia de On Leaving et la perle Sybille Baier. Guère en manque d’arguments, qu’ils soient mélodiques (le superbe Haze démontre à suffisance les qualités vocales de la demoiselle au timbre de soprano) ou arrangés (les cordes de Sailor, au ton de requiem minimaliste), les chansons d’Essie Jain pèchent, en de rares moments, par excès de joliesse vocalisante (Talking). En d’autres endroits, elle nous rêve un monde parsemé de trois notes de piano, illuminé d’une voix en totale – et magnifique – opposition avec le titre chanté (Disgrace) et plus globalement, elle nous prouve qu’elle a beaucoup écouté, sans en faire un infâme plagiat, la légendaire Sandy Denny. Et elle a bien eu raison.

 

En concert le 31 mai au Point Éphémère

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Essie Jain Disgrace

Un disque : Essie JainWe Made This Ourselves (The Leaf Label)

 

En clip : Essie Jain – Glory

 

 

01/05/2008

Shannon Wright arrive au Beurs

s_wright_r88_72dpi_5x7_1Les concerts de Shannon Wright comptent, incontestablement, parmi les expériences scéniques les plus prenantes – aux tripes s’entend – q’il soit sonné d’assister, tant la virulente sincérité de son propos vous prend à la gorge pour mieux vous consumer. Extraordinaire – je répète, ex-tra-or-di-nai-re – comme elle bouleversante (et les mots ne suffisent pas), la songwriter américaine sera de retour à Bruxelles – au Beurs cette fois – le 19 juin et c’est ce qu’on appelle un événement.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Shannon Wright – In The Morning

Un disque : Shannon Wright Let In The Light (Vicious Circle)

25/04/2008

Niobe, la cinquième inconnue

niobe6On ne peut pas vraiment dire qu’Yvonne Cornelius, alias Niobe, jouisse d’une notoriété particulière en dehors du cercle restreint des admirateurs de son indie pop – remarquable par ailleurs – bariolée de world sophistiquée et autres incongruités sonores. C’est dès lors l’étonnement qui prédomine quand à l’annonce de la sortie sur Releasedata de la sortie de son cinquième essai Honey From A Frozen Land, on ne trouve ni extrait sonore sur son MySpace, ni info promotionnelle sur Tomlab. Alors, pourquoi tant de silence ?

 

Un disque : NiobeHoney From A Frozen Land (Tomlab)

04/04/2008

White Hinterland – Phylactery Factory

whitehinterland-phylacteryfactoryAvis de tempête esthétique majeur sur la planète, voilà que nous arrive White Hinterland, projet aux incontestables mamelles jazz de la jeune (22 ans) songwriter américaine Casey Dienel, déjà auteur en 2006 d’un premier album sous son propre nom. Dorénavant rebaptisée White Hinterland, la demoiselle au somptueux chat blanc possède un songwriting de très haute tenue mélodique, qui l’empêche – quel bonheur ! – de tomber dans les assommants excès middle of the road de la soporifique Norah Jones. Marquée du sceau de l’inquiétude tout en étant bercée d’une âcre douceur, l’usine à phylactères de Dienel est en outre illustrée d’arrangements d’une discrète beauté dont sont exclus tout maniérisme et toute joliesse, hormis peut-être sur le solo de piano de Hometown Hooray. Intemporelle – ce qui la fait rimer avec belle – sa musique, aux incontestables accents d’une pop américaine telle que Joni Mitchell pouvait la concevoir, ne néglige ni les lignes de basse aux contours de post punk en sourdine (Lindberghs+Metal Birds), ni les tournures vocales à mi-chemin entre la Leslie Feist des débuts et l’éternelle Julie Doiron. Largement de quoi satisfaire un potentiel d’écoutes qui tiendra le long terme.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 : White Hinterland – Dreaming of the Plum Trees

White Hinterland – Lindberghs + Metal Hearts

Un disque : White HinterlandPhylactery Factory (Dead Oceans / Secretly Canadian)

01/04/2008

Silje Nes – Ames Room

siljenes-amesroomScandinave, Silje Nes l’est jusqu’au bout de son minimalisme pop, dix secondes d’écoute suffisent pour en attester. Disciple des Islandais de Múm et de la Suédoise Stina Nordenstam, la chanteuse norvégienne n’est toutefois pas en reste de visa pour le monde, son univers, infiltré entre caresse murmurée et arrangements délicatement posés entre grands espaces nordiques et intérieurs calfeutrés, explorant tout aussi bien la cambrure délicate d’une Juana Molina que la trompeuse paix intérieure de l’Anglaise Nancy Elizabeth. En résulte un album mignon à croquer les tenues de concert des Midaircondo, l’esprit aventurier de ces dernières en moins. Là où le trio suédois mettait de l’audace harmonique dans ces compositions, la musicienne norvégienne recycle – certes avec un immense talent que nous ne lui contestons pas – les vacillations minimales de la scène folktronica de ces dix dernières années. En français, ça s’appelle faire du neuf avec du vieux.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 : Silje Nes – Over All

Silje Nes – Long Shadows Left Around

Un disque : Silje Nes – Ames Room (Fat Cat)

09/03/2008

Mary Hampton, pastorale et intemporelle

maryhamptonTu le savais bien que les fouilles de MySpace débordaient de trésors folks enfouis sous les pages des quelques ‘stars’ du genre présentées en tes pages. De fil en aiguille, tu te rendis même à l’évidence – touchante d’un minimalisme hors de tout affect – que la songwriter de Brighton Mary Hampton méritait, elle aussi, une bien plus grande diffusion que quelques simples clics dans l’espace cybernétique. Qui peut aussi être pastoral et intemporel, you know.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Mary HamptonMy Mother’s Children (Drift Collective)

 

 

07/03/2008

Sharron Kraus, l'essence de l'essentielle

sharronkraus-thefoxsweddingCroisement idéal d’une certaine idée du folk britannique – celui incarné avec magnificence par le grand Alasdair Roberts – et des Appalaches, l’Anglaise Sharron Kraus est de la race unique des conjugueurs de charge émotionnelle (cette voix héritée de Joni Mitchell et de Dawn McCarthy) et de liberté hors de tout dogmatisme (thanks Espers). Nouvel opus de l’artiste d’Oxford, The Fox’s Wedding est un événement majeur, n’ayons pas peur des mots. Déjà remarquée pour ses disques antérieurs, en solo ou en compagnie des essentielles Meg Baird et Helena Espvall (sous le pseudo collectif de Leaves From Off The Tree), ainsi que comparse de Tara ‘Fursaxa’ Burke dans le duo Tau Emerald, la folkeuse anglo-saxonne remporte cette fois la mise, haut la main.

 

En écoute sur Dotshop

Un disque : Sharron KrausThe Fox’s Wedding (Durtro / Jnana)

 

03/03/2008

Campbell & Lanegan, encore

campbell-laneganPeu de monde aurait misé une ligne de coke sur une seconde collaboration entre le très ravagé Mark Lanegan et la douce Isobel Campbell. Pourtant, deux après le magnifique – et très acclamé - Ballad of the Broken Seas, un petit frère (annoncé plus jazzy et nommé Sunday at Devil Dirt) devrait voir le jour début mai. Pour une seconde nomination au Mercury Prize ?

 

En concert à l’Ancienne Belgique le 7 juin

Un disque à venir : Isobel Campbell & Mark LaneganSunday at Devil Dirt (V2)

27/02/2008

El Perro del Mar, deux

elperrodelmarPas cabotine pour deux aboiements, en dépit de son nom d’artiste canin, El Perro del Marla Suédoise Sarah Assbring – avait sorti voici deux ans un premier album éponyme d’une touchante acuité à fleur de peau. Pop aux influences sixties parfaitement assimilées, l’univers fleur bleue (façon Camera Obscura) de la demoiselle de Göteborg nous avait émus par des titres aussi enchanteurs que God Knows (You Gotta Give To Get), Dog ou Here Comes That Feeling (élégante reprise de Brenda Lee), que la durée n’a rendus que plus évidents. Soit plein de bonnes raisons de se jeter sur le petit dernier The Valley To The Stars, dont la sortie est prévue en ce printemps, saison des jeunes gens romantiques par excellence.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : El Perro del Mar – Dog

Un disque : El Perro del MarThe Valley To The Stars (Memphis Industries)

19/02/2008

Laura Gibson, nouvelle icône folk

lauragibsonOriginaire de Portland, Oregon, Laura Gibson doit forcément sentir l’air frais de la tradition folk américaine, mais aussi du Canada (presque) voisin, sur sa guitare lorsqu’elle compose ses touchantes mélodies folks. Et pour cause, un timbre de voix rappelant une Feist – en bien plus timide et ce n’est pas inconvenant, une gratte acoustique en plein accord avec l’héritage de Karen Dalton, des joues humides à se rappeler le bonheur intime d’aimer Julie Doiron, ça a de quoi ressusciter l’indicible espoir de voir un jour trôner en tête des charts Diane Cluck et Jana Hunter.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Laura Gibson If You Come To See Me (Hush Records / Borne Recordings)