09/09/2009

Jason Kahn – Vanishing Point

jasonkahn-vanishingpointArtiste sonore américain émargeant dans les frontières ténues qui séparent la noise music – le cas présent, il faudrait parler de silent music – de l’absence totale de reconnaissance médiatique (en dépit d’une vingtaine de sorties en dix ans), Jason Kahn risque d’entrer dans la cour élective des noms à suivre de l’ambient quietissimo (et c’est tout le mal que nous lui souhaitons à l’issue de ce remarquable Vanishing Point).

Ecrite dans la douleur du décès de sa fille Louise, l’œuvre du résident de Zürich développe des tonalités issues de certaines couleurs précises du spectre, plus précisément les fréquences du blanc, du rose, du marron et du bleu. A l’instar du récent Sur Fond Blanc du duo canadien Nicolas Bernier et Jacques Poulin-Denis, mais en une version plus métallique et moins pâle, Vanishing Point décline en une multitude de micro-évolutions sonores l’immense variété ébruitée du monde qui nous entoure.

Tout au long des quarante-sept minutes de son unique morceau, les sons imaginés par le patron du label Cut ne cessent de grandir et de nous prendre par le cortex. En un singulier – et superbe – flux et reflux d’une marée charriant son lot imprévisible de couches échelonnées (et c’est magnifique d’une précision… helvétique), l’œuvre ne cesse de progresser vers un infini inaccessible, entre échos lancinants d’une métallurgie désincarnée et souvenirs colorés d’une vie passée à trépas.

 

Un disque : Jason Kahn Vanishing Point (23five Incorporated)


Vanishing Point (extract) - Jason Kahn