19.02.2010
Undine – Exo
C’est à un cas d’école de disque sympatoche – et dispensable – que nous convoque le trio flamand Undine. Les bonnes intentions ne manquent pas, pourtant. Des arrangements acoustiques d’une belle délicatesse, qui souligne un amour des belles choses romantiques – ou une volonté manifeste d’un rappel moderniste des avantages certains de l’acoustique. Mais bon dieu, que tout cela est maniéré et manque de spontanéité. Même en tentant d’oublier, l’espace d’un instant, les sirènes diaphanes des géniales Midaircondo ou l’acidité magique d’Espers, impossible d’y entendre qu’une suite trop propre sur elle de chansons nu folk trop bien jouées (et surproduites) pour captiver au-delà du lectorat de Humo.
Un disque : Undine – Exo (Undine Music)
18:54 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, pop, critique, belgian scene, undine, undine music |
Facebook |
11.11.2009
Christophe Bailleau – Lights Out In The Ghosting Hour
Collaboration avec l’intransigeant Won (aka Sébastien Llinares), installations sonores pour le CitySonics montois et très réussie tentative en duo avec le songwriter folk Neal Williams, entre autres projets, l’activité de Christophe Bailleau est aussi intense que le rythme des tournées de Bob Dylan. Retrouvant le chanteur américain et le directeur du CitySonics Philippe Franck aux synthés, guitare et vocoder, l’électronicien franco-hutois ouvre la voie à une quadruple échappée, aux côtés de l’artiste belge Niko Hafkenscheid (guitare).
Le disque, excellent, débute avec un extraordinaire morceau de bravoure, où les orages de l’électronique se mêlent au banjo jovial de Williams, entre autres méandres où il fait bon gambader malgré les éclairs menaçants. D’une manière plus globale, l’electronica de Bailleau ouvre les morceaux, chantés en alternance par ses trois comparses. Un rappel n’ayant jamais explosé au visage d’un lecteur, nous rappellerons juste que la fréquentation assidue des chansons de Neal Williams est chaque jour un peu plus indispensable. Ecorchés juste ce qu’il faut, tout en préservant cette dose d’empathie salvatrice, ses A Night Of Real Recognition et I’ll Be There sont une vraie – vous pouvez nous croire – bénédiction auditive. Moins naturel, le chant de Hafkenscheid fait relativement moins bonne figure, notamment en raison de l’amplitude plus limitée, voire monocorde de sa voix. Bouleversant de justesse et d’équilibre, Christophe Bailleau lui-même prend également le micro, pour deux titres d’une beauté élégiaque digne, n’ayons pas peur des mots, du grand David Sylvian lui-même. Quatrième et ultime vocaliste, Philippe Franck ose une toute autre approche. Proclamé tel un discours maléfique, son spoken word intrigant signe un appel à la mort complètement scotchant qui, en d’autres temps, lui auraient valu un billet direct pour l’enfer. Celui-ci est tout, sauf pavé de bonnes intentions, et on adore ça.
Un disque : Christophe Bailleau / Neal Williams / Philippe Franck / Niko Hafkenscheid – Lights Out In The Ghosting Hour (Optical Sound)
A Night Of Real Recognition - Christophe Bailleau
Walk The Curse - Christophe Bailleau
22:57 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, electronica, critique, french scene, belgian scene, christophe bailleau, neal williams, philippe franck, niko hafkenscheid, optical sound |
Facebook |
08.09.2009
paTTon – Hellénique Chevaleresque Récital
Deux frères, formés à la Brussels Jazz School, composent le duo paTTon, qui n’a rien de jazz (encore que le jeu de batterie…), tout en cultivant un phrasé spoken word plongé dans l’art du blues et de la folk. Cette fratrie – Sam (voix, batterie, électronique) et Max Bodson (voix, guitare, piano, basse, électronique) – n’a peur de rien, si ce n’est de la retape de sentiers battus et rien qu’en cela, elle se démarque de toute cette ribambelle d’imitateurs mal dégrossis qui peuplent l’essentiel de la scène franco-belge chantant en anglais.
Les premières secondes du morceau-titre laissent toutefois perplexes. Heureusement, cette vingtaine de secondes où les deux frangins de Bastogne échangent les page 1 et page 2 à qui pire pire n’augurent en rien de la suite, ombragée bien que pop.
Transpercé des grands espaces de l’americana, tout en contrastant avec les sombres forêts de leurs Ardennes natales, les mélodies escarpées de paTTon alternent le chanté et le parlé, rugueux tel du Rodolphe Burger folkoïsant. Par moments (Neighbours), c’est même fichtrement séduisant quand des arrangements tout simples (une guitare aux espagnolades raffinées, une batterie aux rythmes irréguliers et d’une sécheresse désarmante, un chouia d’électronique). Guère timide, sans être démonstrative genre ‘regarde comme je sais te pondre un hit’, la musique du duo belge s’égare une ou deux fois en des terres expérimentales qui ne sont pas leurs (Schnee (edit)), ce ne sont que scories mineurs face à des dialogues complices où le français en jette à l’anglais. Tels des Kat Onoma de la folk music ?
Un disque : paTTon – Hellénique Chevaleresque Récital (Matamore/Prohibited Records)
Hellénique Chevaleresque Récital - paTTon
Ramasser - paTTon
22:20 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : pop, jazz, critique, belgian scene, matamore, patton, sam bodson, max bodson, prohibited records |
Facebook |
30.07.2009
V/A – Umbrelladelika! – Drops
Qu’un label aux accents électroniques de qualité voit le jour en nos contrées, réputées accueillantes pour les artistes Warp ou Planet Mu, n’a rien de surprenant. Cette nouvelle structure, c’est celle du Bruxellois Harry Poppins, elle porte l’étrange nom d’Umbrelladelika! Records, on dira UBD pour faire court et sa première sortie donne déjà à entendre – du tout bon, coco. Très jolie carte de visite, la présente compilation regroupe une multitude de styles, entre IDM tendance Autechre (Egon Fisk, dont l’élégante track a beaucoup de gueule dynamique), electronica rêveuse saupoudrée de click’n cuts (Ucture) ou cavalcade de (break)beats en un mode Venetian Snares assourdi (le label manager himself). Seul nom "connu" de la bande, le duo Wevie Stonder confirme tout le bien au moral de son électro-pop dadaïste, ponctuée de scratches et d’un spoken word ergophizmizien, tout comme les délires joueurs de tep auraient pu se retrouver sur le label Gagarin Records d’un Felix Kubin tombé amoureux de Pascal Comelade et de Bogdan Raczynski. Des noms qui évoquent déjà des futures sorties à suivre, et pas que du coin de l’oeil.
Un disque : V/A – Umbrelladelika! – Drops (Umbrelladelika! Records)
Desperate Hole Life - Ucture
When Marti Was There - RoachBungincan
Acip Lellien Hungmeister - Egon Fisk
16:12 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : electronica, electro pop, critique, compilation, techno, belgian scene, umbrelladelika records |
Facebook |
23.03.2009
Domenico Solazzo – Deadend
Le monde de la musique a ceci de merveilleux qu’il permet, chaque jour pratiquement, de se replonger dans l’essence même de l’humanité, ces contacts interpersonnels avec des personnages passionnés par leur art à un stade jamais démenti. Collaborateur de RifRaf depuis quelques mois, le Bruxellois Domenico Solazzo – musicien multi-genres dont les goûts artistiques et la maîtrise instrumentale l’emmènent sur les traces du (post) rock, du métal et du (free) jazz – mène depuis 2003 une itinéraire d’enfant médiatiquement peu gâté qui force le respect. Sa dixième œuvre Deadend, si elle se veut un chouia plus pop que ses précédentes, démontre surtout que l’homme de Schaerbeek s’y entend à merveille pour trousser des mélodies fortes de leur délicatesse tourmentée (Length Of Time, Mulunde), sur lesquelles on aimerait – aussi – voir se poser la voix d’une Half Asleep ou d’un Olivier Andu. N’y voyez toutefois nulle critique de l’organe vocal de notre homme, que du contraire, le chant n’étant qu’une des variables de son univers, d’une musicalité infiniment riche et variée. Entre guitares à l’ouest du stoner et du Godspeed, saxophone énervé, xylophone en quête de Steve Reich, percussions furtives et cordes synthétiques échappées d’Alpha, Solazzo tire le monde vers le haut, tout en trouvant ça et là des gimmicks arabisants inoubliables (Mescaline). Et nous l’affirmons sans complaisance aucune, ce n’est d’ailleurs pas le genre du personnage, son disque est tout simplement remarquable.
Mr.Kewl - Domenico Solazzo
Length Of Time - Domenico Solazzo
Mescaline - Domenico Solazzo
21:02 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, pop, jazz, autoproduction, singer songwriter, belgian scene, domenico solazzo, lap records |
Facebook |
18.01.2009
Annelies Monseré – Somewhere Someone
L’heure étant plus que jamais à ces pseudo-artistes imitatrices de Dusty Springfield et Amy Winehouse, il est réconfortant d’entendre de vraies personnalités – discrètes comme elles sont attachantes – tracer leur sillon, en toute lenteur, en pleine humilité. Auteur en 2005 d’un premier disque dont le temps n’a fait que confirmer la juste place aux côtés de Jessica Bailiff, la Gantoise Annelies Monseré nous fait patienter, et de quelle manière sur cet EP qui confirme sa patte sombre et vaporeuse, inquiète et éthérée. Musicalement, le dépouillement dont fait preuve la compagne de Wim Lecluyse (responsable du label Morc) renforce la dynamique immobiliste de ses six nouveaux titres, d’une forte personnalité alanguie qui donne paradoxalement envie de s’allonger dans les bras de l’enfer, histoire de mieux capter un monde entre sérénité coupable et malaise réconfortant.
Un mp3 : Annelies Monseré – Golden
Un disque : Annelies Monseré – Somewhere Someone (Morc Records)
23:27 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, mp3, critique, songwriting feminin, singer songwriter, annelies monsere, belgian scene, morc records |
Facebook |
08.01.2009
Guernica – Who Are Your Songs For?
A l’heure où les groupes d’une belle contrée nommée Belgique confondent pop music et shopping sur l’avenue de
En écoute sur MySpace
Un disque : Guernica – Who Are Your Songs For? (Greed Recordings)
13:25 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, pop, critique, belgian scene, guernica, greed recordings, vlas vegas |
Facebook |
01.12.2008
Yuko – For Times When Ears Are Sore
Oyez oyez bonnes gens, sortez les flonflons (acid) folk, tentez les mélodies indie pop, un compatriote belge relève le gant de la concurrence internationale, haut la main encore bien. Ce jeune homme très plat pays, c’est le jeune Kristof Deneijs, ancien étudiant en photographie à Gand et actuel membre des collectifs belge Rarefish et français Haiku Bang. Il est surtout l’auteur – sous le pseudonyme japonisant de Yuko – d’un très joli premier disque, impeccable de bout en bout. Ses onze titres, s’ils sont globalement de la plus haute veine harmonique, n’oublient toutefois ni les mélodies à la Radiohead (There’s A Limit), ni les madeleines shoegazing à la Ride grondant la guitare acoustique de Greg ‘Espers’ Weeks (le splendide No Trees Up Here). Produit par le trop méconnu génie Wim Maesschalk (aka Wixel), chanté sur un mode mineur très Morr Music qui n’enlève rien à se pertinence ni à son excellence, For Times When Ears Are Sore trempe sa plume dans une émotion instrumentale peu commune (Peuchttücher). Histoire de jouer au grincheux, on pointera bien quelque raideur vocale (Noone Here To Hug), c’est bien peu de choses en regard des indispensables échos de The Notwist peuplant un opus aux palmes d’argent.
En écoute sur MySpace
14:34 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rock, folk, pop, critique, wixel, belgian scene, debonair recordings, wim maesschalk, yuko, kristof deneijs |
Facebook |
08.11.2008
Il y a Wixel, le soleil et la lune
C’est tout naturellement – le talent, ça ne s’achète pas sur eBay – que la figure de Wixel s’impose dans le grand monde de la musique européenne (celle de F.S. Blumm ou Fennesz), par-delà les frontières étriquées d’un royaume trop content (hum, hum) de croire que ses insignifiantes vedettes occupent un quelconque rang international. Déjà producteur du splendide premier opus de Yuko, le modeste Wim Maesschalk construit le second étage de son édifice très musical, quelque part entre une lune et un soleil vibrants de ses notes poptronica / folktronica. Phénoménales.
En écoute sur le site
Deux mp3 : Wixel – Fatigas Del Querer
Wixel – Outside Your Locked Heart
Un disque : Wixel – The Sun And The Moon (Debonair Recordings)
18:49 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, mp3, pop, electronica, preview, folktronica, wixel, belgian scene, debonair recordings, wim maesschalk |
Facebook |
03.11.2008
Christophe Bailleau & Neal Williams – On Soft Mountains We Work Magic
Musicien français exilé en terres wallonnes (il habite à Huy), Christophe Bailleau nous a donné à entendre par le passé des paysages sonores au pire intéressants, le plus souvent captivants de retenue fragile. En témoignent les visiteurs de son installation sonore L’Echappée Belle, en collaboration avec Julie Maréchal et Paradise Now et présentée au dernier festival CitySonics, l’électronicien hutois s’érige en disciple inspiré de ses contemporains Mitchell Akiyama et Christian Fennesz (cfr. le troisième morceau Eden), qu’il œuvre en solo ou en duo. Associé le cas présent au chanteur folk américain Neal Williams, illustre inconnu d’un bataillon il est vrai peuplé, Bailleau nous offre plusieurs pièces plutôt introspectives de son propre cru electronica, parmi lesquelles nous retiendrons le très subtil dialogue Emulette entre guitare et laptop, le tout ponctué de field recordings délicatement choisis. De son côté – le disque ressemble plus à une alternance de styles qu’à une réelle conversation – le songwriter américain nous propose une sub-li-me mélodie, hélas trop brève, que Simon & Garfunkel eux-mêmes n’auraient pas reniée (Future Plans), tout en connaissait les classiques d’Elliott Smith (le très triste et beau When Does It Start). Au final, si le contraste des genres n’atteint pas le degré de radicalité folktronica de Tangtype, les dix titres se laissent apprécier à leur juste valeur, perchée bien haut dans les sommets.
En écoute sur MySpace
Un disque : Christophe Bailleau & Neal Williams – On
15:00 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, electronica, critique, americana, singer songwriter, folktronica, french scene, belgian scene, christophe bailleau, neal williams, fenetre records |
Facebook |




