05/02/2013

Majeur – Maury Road

 

majeur-mauryroad.jpgAprès sa reprise du Summertime Sadness de Lana Del Rey qui a suscité un mini-buzz sur la toile, Majeur était attendu au tournant de son premier album, le résultat est mitigé. A vrai dire, on ne sait trop si c’est l’agacement ou l’émerveillement qui prédomine à l’issue du – long – parcours (14 titres, mazette). Il y a bien quelques pépites, dont un Message Perso et un Open Your Eyes qui vont droit au cœur et aux tripes, il y a aussi pas mal de pose faussement éthérée, genre tu l’as vu comme moi aussi je sais faire de la dream pop, sans compter certains passages où on se demande vraiment, et c’est dit sans méchanceté, si les musicos ont appris à jouer il y a plus de trois semaines (le pompon revenant aux catastrophiques Where Are You Now et Festival de Cannes). Ou bien, c’est de l’humour et je n’ai rien compris.

 

Un disque : Majeur – Maury Road (Autoproduction)

 

04/03/2011

Alpha 2.1 – Infinity

alpha21.jpgGrosse poilade du mois (et fous rires de consternation lors de la dernière réunion de la rédac’ de RifRaf), la scène belge francophone nous inflige deux énormes daubes pour le prix d’une en un seul mois. A ma gauche, Charles Blistin (ex-Tellers) se prend pour le Bob Dylan de 1962 alors que sa – comment dire – production donne l’effet d’un poivrot de La Louvière enregistré au fond de son garage après avoir avalé deux boîtes de Valium. A ma droite, les Bruxellois de Alpha 2.1 pondent un gros caca pseudo dance, il ferait passer Sold Out pour Ellen Allien. Lourdingue, ponctué de tics électro bourre-pif qui font définitivement regretter Vitalic ou Apparat, Infinity fait vraiment tordre de rire à son écoute, tellement le recyclage énauuuurme de ses influences (de la funk des eighties à la pop noisy des nineties) déchire les oreilles comme un avion de 11/09 fracasse une tour du World Trade Center. Bouh, même pas peur.

Un disque : Alpha 2.1Infinity (Autoproduction)

23/03/2009

Domenico Solazzo – Deadend

domenicosolazzo-deadendLe monde de la musique a ceci de merveilleux qu’il permet, chaque jour pratiquement, de se replonger dans l’essence même de l’humanité, ces contacts interpersonnels avec des personnages passionnés par leur art à un stade jamais démenti. Collaborateur de RifRaf depuis quelques mois, le Bruxellois Domenico Solazzo – musicien multi-genres dont les goûts artistiques et la maîtrise instrumentale l’emmènent sur les traces du (post) rock, du métal et du (free) jazz – mène depuis 2003 une itinéraire d’enfant médiatiquement peu gâté qui force le respect. Sa dixième œuvre Deadend, si elle se veut un chouia plus pop que ses précédentes, démontre surtout que l’homme de Schaerbeek s’y entend à merveille pour trousser des mélodies fortes de leur délicatesse tourmentée (Length Of Time, Mulunde), sur lesquelles on aimerait – aussi – voir se poser la voix d’une Half Asleep ou d’un Olivier Andu. N’y voyez toutefois nulle critique de l’organe vocal de notre homme, que du contraire, le chant n’étant qu’une des variables de son univers, d’une musicalité infiniment riche et variée. Entre guitares à l’ouest du stoner et du Godspeed, saxophone énervé, xylophone en quête de Steve Reich, percussions furtives et cordes synthétiques échappées d’Alpha, Solazzo tire le monde vers le haut, tout en trouvant ça et là des gimmicks arabisants inoubliables (Mescaline). Et nous l’affirmons sans complaisance aucune, ce n’est d’ailleurs pas le genre du personnage, son disque est tout simplement remarquable.

 

Un disque : Domenico Solazzo Deadend (Autoproduction / LAP Records)

Mr.Kewl - Domenico Solazzo

Length Of Time - Domenico Solazzo

Mescaline - Domenico Solazzo

09/03/2009

Les Smooyoyo, oh oh

lessmooyoyoTout est parti d’un fouillage de bacs en règle au festival Kraak, entre une misère Wavves à deux neurones jouée sur des accords plombés fin seventies (quelle  désastre !) et le très hypnotisant duo australien Fabulous Diamonds (doivent être parfaits au bout de trois joints, ceux-là). D’un disque d’Anne Laplantine de 2004 inconnu en ces lieux, écouté et apprécié en cette matinée ensoleillée. Un détour par le MySpace de la dame ex-berlinoise plus tard, un coup de clique nous embarque du côté du – très – mystérieux Les Smooyoyo, sa chanson italo de bout de monde cramoisi et son labyrinthe noisetronica entre jardin d’enfants et expérimentations fififitrrrtrrr.

23/09/2008

Marissa Magic is... magic

 

marissamagicL’univers étant peuplé de suiveurs inconneriptibles, le MySpace de Marissa Magic affiche un maigrelet score de 18687 affichages. Comme de bien entendu, son rock ultra minimaliste peuplé de fantômes drone folk restera réservé aux adorateurs de la magnifique Heather Leigh Murray, son nombre de connexions demeurera désespérément bas. Tant pis pour les pisse-Adele de la planète (et leur béééh bêlants), ceux-là même qui auraient jugé l’éternelle Nico inapte au service si leur avis avait été quémandé un jour de 1965.

 

En écoute sur MySpace (+ mp3)

22/08/2008

The Rural Tradition, the ND tradition

TheRuralTradition-themiserableeffectsofawastedlifeEntre label on ne peut plus obscur et nom de plume intrigant au possible, Julian Poidevin possède tous les ingrédients pour devenir cultissimo chez les happy few. Adepte d’une folk music au dépouillement ténébreux, le songwriter angalis n’évitera pas, soyez-en sûrs, les inévitables comparaisons entre sa personne et un certain feu Nick D., et qu’importe. La révélation de ses premiers morceaux est trop bluffante pour se soucier de ces menus détails stylistiques.

 

En écoute sur Boomkat

Un mp3 : The Rural Tradition – A Refuge Of Lies

Un disque : The Rural Tradition The Miserable Effects Of A Wasted Life (Dorset Paeans)

19/08/2008

Moses Campbell (Moses who?)

mosescampbellDécouvrir un groupe qui s’appelle Moses Campbell un 15 août, le jour de la fête de Marie, c’est à rendre bigot le plus acharné des bouffeurs de curé. Surtout s’il idolâtre tous les Nick Drake et Elliott Smith de la terre, en version l'anti folk meets Katamine.

 

En écoute sur MySpace

Pas de disque à l’horizon (hélas !)

14/07/2008

Elvis’ Ghettoblaster – Love Is A Schizophrenic Hungry Monster

elvisghettoblaster-loveLes mauvaises langues prétendent que le rock belge prend du gras au bide, qu’il s’embourgeoise et que son cœur de cible est désormais plus le quadra acheteur de sicav chez Fortis que des petits djeunes à la frange sauvage et au coup de coude mauvais. A l’écoute du dernier dEUS, difficile de leur donner tort. Heureusement, les quatre Bruxellois d’Elvis’ Ghettoblaster relèvent le flambeau de la gouaille rock et de l’évidence pop de bien belle manière. Complètement délirante par moments (le très rock Doll, empreinte de cette autodérision très noire jaune rouge, la musique de Grégory Joncret et ses potes remue – en version bien sarcastique – bien des clichés de la scène made in Belgium, et c’est pour mieux les détourner. Entre claviers à la Vive La Fête bien défoncés à coups de refrains punkoïdes (Die Ugly Girls Die), électronique de l’ex-Dead Man Ray Daan (Fears) démontée dans un vinaigre pop entre basse à la Breeders et clin d’œil à Tom Barman & co (Bells), le quatuor belge n’oublie pas les mélodies et rend encore plus ridicules les gesticulations pathétiques des BB Brunes et autres Plasticines. Que celui qui n’esquisse pas un large sourire à l’écoute de Dino et de sa bossa démantibulée sur fond de trip hop lève le doigt, il doit consulter d’urgence.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Elvis’ Ghettoblaster Love Is A Schizophrenic Hungry Monster (Autoproduction)

14/06/2008

Eat Skull, punks et psychés

eatskull-sicktodeathComplètement niqué – on adore – et d’une rageuse déconne seventies, le gros son punk lo-fi du quatuor ricain (de Portland, Oregon) Eat Skull déboule des enceintes telles des giboulées dessinées par Ariel Pink, le cul nu sur l’intégrale des MC5, la bite pendante sur un Moog défoncé par Tom Boonen. Pour fans des Psychedelic Horseshit aussi.

 

En écoute sur MySpace

Trois mp3 (via unpiano: music) : Eat Skull – Dead Families

Eat Skull – Seeing Things

Eat Skull – Survivable Spaces

Un disque : Eat Skull  Sick To Death (Autoproduction)

20/05/2008

Meg Ashling, entre Loretta et Alela

megashlingElevée au sifflement du train qui la réveillait chaque nuit sur le coup de trois heures du mat', la country girl – plus une bonne dose de folk (Ramblin Cowboy) – Meg Ashling décline en des couleurs traditionnelles, patinées de teintes sixties girlie pop (Move Down The Line), voire fifties (Lovely Like Wine, de ce côté de Patsy Cline) au charme aussi ravageur que suranné. Les dévoreurs d'Emmylou Harris et Loretta Lynn vont adorer, ceux d'Alela Diane itou!

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Meg Ashling Look At The Moon (Autoproduction)