06/01/2009

V/A – Filles Fragiles #2

FillesFragiles2Fruit de la passion d’un jeune homme néerlandais à l’étrange pseudonyme de Guuzbourg (le blog Filles Sourires, c’est lui) tombé amoureux à l’adolescence de la France et de sa prof de français, les compilations Filles Fragiles en sont à leur seconde édition, fidèles à un principe où quelques stars  (Louis Bertignac & Carla Bruni, Vanessa Paradis) et noms connus (Coralie Clément, Barbara Carlotti, Jo Lemaire) côtoient des artistes peuplant MySpace (et qui, pour certains tel le duo Nougat, auraient mieux fait de ne pas le quitter). Hormis pour quelques titres, dont l’incontournable mademoiselle Carlotti (nous aurions préféré son Mademoiselle Opossum au plus anecdotique Pour La Nature) et la mignardise Rêverie de Lolita 

des Frenchies de Sheffield (et non Anglais, comme dit par erreur auparavant) The Lovers, la compilation abrite un sacré lot de nunucheries, ramassis de clichés folkisants sur une chanson française soi-disant de qualité à caler entre deux intégrales Télérama. La palme revenant à l’Américaine Erica Buettner, en meilleure imitatrice de Carla B. et la bossa insignifiante de Vanessa Contenay-Quinones, bourrée de ces tics que même Henri Salvador n’osait plus.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : V/A Filles Fragiles #2 (Filles Fragiles)

11/12/2006

Barbara Carlotti – Les Lys Brisés

lysbrisescoverL’année 2005 avait été marquée du choc de la découverte de Chansons, le premier EP autoproduit de la Parisienne Barbara Carlotti qui présentait la pop sixties de Burt Bacharach à la chanson française de la rive gauche. Quatre titres (trois sont réenregistrés, seul le délicieux Cannes est resté intact) de ce disque béni sont d’ailleurs repris sur Les Lys Brisés, premier album en français du label 4AD (oui, celui des Pixies et des Cocteau Twins). Classe, voire classieux (sans être ni classique ni révolutionnaire), l’univers de la chanteuse aux racines corses remonte le fil d’un temps suranné où Françoise Hardy converserait avec Juliette Gréco des bienfaits du troisième album de Gainsbourg, n’y voyez nulle nostalgie cependant. Sans doute inspirée de l’acidité (gentiment) grinçante de Changement D’Adresse, le film d’Emmanuel Mourret, Barbara Carlotti revisite ensuite, et c’est avec joliesse, les Zombies (Une Rose Pour Emily) avant d’entamer un voyage à Cannes au goût de bonbon acidulé et décadent (‘Catherine Deneuve, trente ans passés… depuis longtemps’, ce genre de mignardises piquantes). Probablement stimulé par la fraîcheur ricanante de sa comparse, le guitariste Jean-Pierre Petit entame alors le duo Charlie The Model et rend le seul hommage crédible aux High Llamas qu’on ait entendu depuis The Witch Hazel Sound. Et tant qu’à rester dans le bon ton distingué jusqu’au bout, l’ex-chanteuse de jazz qu’elle est revisite Keren Ann (Mon Corps Alangui) pour mieux exorciser une tradition française entre Zouzou et Françoiz Breut. Barbara Carlotti conjugue l’art du passé au présent, et elle le fait avec brio.

 

Un mp3 Barbara Carlotti – Cannes

Un disque : Barbara Carlotti – Les Lys Brisés (4AD)