Entre autres musiques (in)dispensables, le blog de Fabrice Vanoverberg, chroniqueur musical du mensuel belge RifRaf et des webzines français Octopus et Hartzine
Voix féminine du genre haut perché, laSiande ce groupe anglais répond au doux nom deSian Ahearn, pour un timbre aux horizons voilés tels que déjà dépeints parWendy Stubbs (Alpha). Douce aussi est la musique de l'introductifAs The Morning Light, et ses arpèges de guitare rêveurs d'un frais matin de printemps. Par contraste, rude est la transition versWay Down To Heaven, ses accords plaqués en mémoire duVelvet(non, pas celui duRevolver) et ses nuages chargés d'inquiétude quasi-sixteenhorsepowerienne. Lento dans bien des cas, la musique des deux multi-instrumentistesBen Crook et Rupert Clervauxfait bien sûr songer à la mansuétude désincarnée deLow, revisitée parElizabeth Frazer (Cocteau Twins) dans un manoir fantôme aux spectres louangeurs et aux divinités fugaces. C'est que profondément avare en optimisme; '59.59' tangue tout au long de sa durée – que vous aurez devinée – d'étirements phobiques d'une clarté grisonnante prise au piège d'une nature en plein réveil à l'écoute d'un piano sous hypnoseShannon Wright (Days of Grace III), tout en ressassant des références indispensables comme elles sont voyantes.