24/02/2011

Bill Orcutt – A New Way To Pay Old Debts

BillOrcutt-ANewWay.jpegMembre des défunts Harry Pussy – soit dit en passant, un des nombres de groupes à jamais les plus démentiels – Bill Orcutt balance un énoooooooorme coup de sabot dans les burnes du blues, dévoyé à foison en quatorze séances déboulonnées du cortex. Sans doute un des plus beaux hommages – ‘scusez le terme faisandé – rendus à feu Captain Beefheart, A New Way To Pay Old Debts porte, par ailleurs, merveilleusement son titre. Tout en déconstruisant sans concessions les Appalaches, en un plaisir furibard qui transpire par tous les pores de l’album, le guitariste américain visité les tranchées de Charles Martin Simon aka Charlie Nothing – rappelez-vous, l’artiste qui créait ses dingulators à partir de carcasses de bagnoles recyclées. Au-delà du simple bordel aux antipodes d’un polissage creux et stérile, le bluesman punkoïde de San Francisco réussit la gageure de développer un langage personnel à partir d’un matériau tellement marqué stylistiquement. Pourtant, on n’imagine déjà les cris d’orfraie des puristes qui se touchent le kiki en se croyant dans le delta du Mississipi en 1932 (alors qu’ils se font royalement ch*** à Jodoigne en 2011). Pour notre, nous rendrons grâce aux démoniaques Editions Mego (oui, le label viennois spécialisé dans l’electronica bruitiste) de participer à la renaissance de cet immense disque, déjà paru en 2009 sur la maison Palilalia et augmenté de quatre inédits. Oh My God…

Un disque : Bill Orcutt – A New Way To Pay Old Debts (Palilalia / Editions Mego)

19/02/2009

Loren Connors et Jim O'Rourke

lorenconnorsjimorrourke-twonicecatholicboysCombinaison de deux monstres sacrés de la guitare moderne, électrique le cas présent, Two Nice Catholic Boys voit Jim O'Rourke et Loren Connors se donner la réplique, en un rapport de forces qui relève plus de la complicité intime que de la confrontation musclée. On se tait et on écoute, nom de jam.

Un disque : Loren Connors & Jim O’Rourke Two Nice Catholic Boys (Family Vineyard)

17/01/2009

Max Ochs, entre raga et blues

MaxOchs-HoorayEn quelque quarante années de vie musicale, les traces laissées par le guitariste américain Max Ochs relèvent plus du jeu de pistes lacunaire que de la longue ligne droite. Une présence sur la compilation de John Fahey Contemporary Guitar Spring 67, deux versions de Imaginational Anthem trente-sept années plus tard en 2004 sur la compilation éponyme et – ô joir, ô miracle – un vrai album avec de vraies compositions rien que du musicien du Maryland, par ailleurs cousin de feu le protest singer Phil Ochs. Toujours adepte des ragas (le morceau-titre), le bluesman US prouve qu’à soixante balais passés, sa science de la six cordes est restée intacte. Entrecoupé de poèmes récités – sans la moindre note de musique – d’une voix profonde qui rappelle Johnny Cash, son disque émeut autant qu’il se souvient de Robbie Basho et Mississipi John Hurt. Hip hip hip Hooray !

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Max Ochs Hooray For Another Day (Tompkins Square)

21/12/2008

Jandek, de l'autre côté de la légende

jandek-glasgowsunday2005Personnage mythique dont la légende a longtemps participé du traitement quasi-religieux où ses fans l’ont entraîné, Jandek est demeuré longtemps un nom vénéré des happy few, le géant Loren Connors en premier (il est d'ailleurs présent à la guitare électrique). Actif depuis plus de trente ans sur la scène blues folk expérimentale, Sterling R. Smith s’est résolu depuis quelque temps à donner des concerts, quitte à tomber le masque, quitte à mettre sa musique à nu. Témoignage d'une de ses toutes premières apparitions scéniques, Glasgow Sunday 2005 se nourrit de la terrible violence maîtrisée de son auteur, trempée dans l’acide, baignée dans les lieux de concert alternatifs à l’extrême. Accompagné pour l’occasion des magnifiques Alan Licht et Heather Leigh Murray (pedal steel et voix sans paroles) le musicien texan prouve que sa totale indépendance d’esprit ne s’est pas altérée dans les méandres du temps.

 

En écoute sur The Omega Order

Un disque : JandekGlasgow Sunday 2005 (Corwood Industries)

 

En clip : JandekReal Wild (Live)

 

18/11/2008

Fred Frith voyage, voyage

fredfrith-tosailtosailLes présences du grand Fred Frith à la seule guitare acoustique se comptent sur les doigts d’une main – trois en trente-cinq ans de carrière – c’est loin d’être le seul intérêt de ce disque de musiques improvisées, au sens large du terme. Regroupant des échos de blues, de folk, de musiques japonaise ou africaine, le musicien anglais dévoile une palette de sonorités dont les richesses formelles rivalisent d’audace avec l’expressivité de leur contenu.

 

La chronique de Jean-Claude Gevrey sur Octopus

En écoute sur HBDirect

Un disque : Fred Frith To Sail, To Sail (Tzadik)

07/09/2008

Kath Bloom, Loren Connors, 25 years later

kathbloomlorenconnors-singthechildrenConjugaison de deux immenses noms de l’americana contemporaine, au sens artistique comme temporel, les deux albums Sing The Children / Sand In My Shoe de Kath Bloom et Loren Connors retrouvent une seconde jeunesse discographique, vingt-cinq après leur apparition initiale. Au-delà de la guitare toujours subtile de Connors, tellement évidente de justesse rocailleuse, c’est la fragilité sublimée de Bloom – chaînon manquant entre Karen Dalton et Josephine Foster – qui donne tout leur seul à deux œuvres plus que jamais d’actualité.

 

En écoute sur Boomkat

Un double disque : Kath Bloom & Loren Connors Sing The Children / Sand In My Shoe (Chapter Music)

13/07/2008

Kan Mikami

kanmikami1Figure totalement méconnue du blues, en tout cas de ce côté de l’Eurasie, le Japonais Kan Mikami approche pourtant la soixantaine (il est né en 1950). Collaborateur de bien des fous furieux de la planète (John Zorn, Keiji Haino, entre autres), le singer songwriter nippon n’est certes pas à la tête d’une discographie pléthorique – quelques albums solo en tout, et ils sont d’une qualité et d’un aplomb expressionniste exemplaires. Petit dernier du chanteur de Vajra (le trio qu’il emmène aux côtés de Keiji H. et du batteur Toshiaki Ishizuka), Juw est comme de coutume fidèle au label P.S.F, donc introuvable en nos succursales discographiques aseptisées. Restent les disquaires du web…

 

En écoute sur LastFM

Un disque : Kan Mikami Juw (P.S.F. Records)

 

23/11/2007

Wheatie Mattiasich, nom imprononçable pour folk insoupçonnée

wheatie_mattiasichEntre folk maladif (cette voix, héritière d’une Karen Dalton, période chambre de bonne) et minimalisme blues d’une chaleur à faire fondre les antagonismes Cat Power vs. Islaja, la songwriter de Baltimore Wheatie Mattiasich absorbe les références pour en secouer les certitudes trop habituelles de nos discothèques post-féministes. Tu aimes Josephine Foster ? Écoute obligatoire !

 

Des mp3 sur MySpace

Des mp3 sur purevolume

18/10/2007

Jos Steen – Devil’s Music

steen_devilsmusic1Quand un vieux bluesman décoche sa guitare crasseuse au bord d’un Escaut aux allures de Mississipi, c’est que Jos Steen n’est plus très loin. La suite sur Octopus.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Jos Steen Devil’s Music (Autoproduction)

17/08/2007

Liz Green, nouvelle Karen Dalton

lizgreenLes dés sont jetés, le nom de Liz Green restera à jamais gravé dans la catégorie des grandes voix de notre temps, là où Karen Dalton survolait le siècle dernier. Don’t say Joss Stone, stupid.

 

En écoute sur MySpace

Un 7’’ : Liz Green Bad Medicine / French Singer (Humble Soul)