06/06/2009

Cœur de Pirate – s/t

coeur-de-pirateFuck you MySpace, et tes découvertes à la noix. Qu’est-ce qu’on avait besoin de se coltiner une sous-niaiserie de ce genre, véritable crève-oreilles insulte à tout qui aime chanter en français. Punaise, c’est à se demander si des années de lavage de cerveau à coups de lecture des publi-reportages signés T.C. dans le MAD n’ont pas fini par faire leur œuvre, nous faire passer cette musique transparente pour de la nouveauté. Déjà qu’on avait essayé de nous fourguer cette nunuche de Claudine Muno en la faisant passer pour une Alanis Morrissette luxembourgeoise (fallait oser), voilà que débarque la Québécoise Béatrice Martin, alias Cœur de Pirate, et ses chansons pour débiles mentaux fans de Bénabar (pléonasme ?). Le pire dans tout ça ? Le suivisme médiatique de ce déluge pornographique de bons sentiments qui laisse pantois.

 

Un disque : Cœur de Pirate – s/t (Dare To Care Records / Universal)

24/05/2009

Polar – French Songs

Polar_-_French_SongsPote de Christophe Miossec qui l’encouragea à chanter en idiome hexagonal, Polar joint le verbe francophone à la pop folk passe-partout sur ce French Songs, troisième tentative de son auteur. A la notable exception de la reprise pas dégueu du Some Velvet Morning de Lee Hazlewood & Nancy Sinatra (ici remplacée par la jamais seule Loane), la douzaine de titres se décline sur des textes doux-amers d’une poésie romantique heureusement moins clichée que les pseudo-états d’âme des insupportables Cali/ogero. Moins abouties que les demi-teintes ironiques de Philippe Uminski, les chansons de Polar font en outre des clins d’œil trop marqués à Stephan Eicher (qui a en outre co-écrit Avec Des Si), voire à Pascal Obispo (ouille, ouille), ils lui font perdre de cette personnalité qu’on aimerait voir prendre une direction moins grand public, à l’image du très miossequien ‘Comme Ca.

 

Un disque : Polar French Songs (Virgin / EMI)


Avec des si - Polar

Comme ça - Polar

13/05/2009

Florian Mona – s/t

florianmonaiInutile de faire de Florian Mona une nouvelle icône de la chanson française post-Bashung (on laissera cet honneur à Nicolas Comment ou Bertrand Betsch, sans même parler de Mendelson). Tout au plus avons-nous affaire à un sympathique avatar pop folk du très sage Florent Marchet, gentillettes mélodies variétoches et arrangements convenus compris dans le packaging. Sans oublier que la saison des Francofolies battra bientôt son plein sur notre organe télévisuel régional aux quatre consonnes.

 

Un disque : Florian Mona s/t (Naïve)


Fourmis-Lions - Florian Mona

Le reveur Bostanji - Florian Mona

23/06/2008

Albin de la Simone – Bungalow!

albindelasimone-bungalowOn l’aime bien, l’ami Albin de la Simone, quand il nous raconte de son air goguenard ses histoires de père maladroit, le tout sur un ton poppy qui vous remet le moral à l’endroit pour deux bonnes semaines (Catastrophe). On l’aime bien aussi, quand du haut de son piano, il se moque, toujours plein d’amour pour les gens, des travers attendrissants de ses contemporains, à moins que ce ne soit de lui-même (J’Aime Lire, Sympa). Toujours en pleine échappée franche d’un collier dessiné par Jeanne Cherhal (guère étonnant qu’elle co-signe un titre, le très fendard Vendéen), on aime aussi quand le pianiste de Vanessa Paradis retrouve un certain esprit proche de l’absurdie, dans la grande lignée d’une chanson française pop en héritage du duo Lanzmann / Dutronc. Et si c’était lui, le vrai fils du grand Jacques ?

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Albin de la Simone – Bungalow! (Cinq7 / Wagram Music)

 

En clip : Albin de la Simone – Catastrophe

19/05/2008

Héléna – Fraise Vanille

helena-fraisevanilleAlors comme ça, tu te disais que toi aussi, tu te le ferais bien, la p'tite Helena. Encore tout en érection depuis la scène du bain dans Ah! Si J'Etais Riche, tu guettais sa moindre apparition publique, tu te souvenais d'ailleurs, émotion fragile de maîtrise, que la belle – ah oui – s'était fendue d'une magnifique bossa dans Azul, parue en son temps sur un label qu'on nommait Tricatel. En ces temps-là, tu pensais encore que la variété française pouvait encore accoucher de paysages entre bleu tendre et rose acidulé, que le terme 'nunuche' était réservé aux poulet(te)s industriel(le)s © Star Ac' / Nouvelle Star et tu te sentis conforté dans tes propos sur Née Dans La Nature et son univers d'un romantisme grinçant de tendresse. Puis les choses se gâtèrent, sous l'effet d'un raz-de-marée moderne comme un discours de François Bayrou en 1972. Vincent Delerm (en guest sur Les Mots de Rien) commençait à fréquenter Michel Drucker, Bénabar renversait les années cinquante sur son lourdeau passage et la franchouille n'en finissait plus de se complaire dans un infect marasme anti-moderniste (San Severino, Olivia Ruiz, Thomas Dutronc… aargh). Alors, quand tu entendis l'écoeurante sucrerie de la compagne de Katerine, obligée de ressortir de leur formol les textes de Serge Rezvani (mais si, vous connaissez ces lignes Elle avait des bagues – à chaque doigt – des tas de bracelets  - autour des poignets), tu tirais un trait (définitif?) sur ses pseudo-artistes désobligeants de malhonnêteté intellectuelle.

 

Un disque : HélénaFraise Vanille (Universal)

24/03/2008

Claire Diterzi – Tableau De Chasse

clairediterzi-tableaudechasseElles agacent bien vite, les manières pseudo-élégantes de mademoiselle Claire Diterzi, autoproclamée alternative de la variété indépendante française, mi-Camille, mi-Björk, mi-Emilie Simon (ce qui fait cinquante pour cent de surplus, sont-ce ces cors de chasse – fallait oser, mazette – sur la chanson-titre, sont-ce ces succédanés de voix bulgares sur l’introductif L’Odalisque ?). Certes plus accrocheur que le très vite oublié Boucle d’il y a trois ans, Tableau De Chasse perpétue entre mille les multiples habitudes d’une variété pop pour trentenaires abonnés à Télérama. Humour décalé à faire passer Florence Foresti pour Pierre Desproges (la pop faussement intello d’A Quatre Pattes ne reste que du Superbus pour bobos accros aux émissions de Laurent Ruquier), relecture sans grande imagination des œuvres des trois artistes féminines citées en ouverture, les dix titres composés à partir d’œuvres d’art en rapport avec la femme évoquent bien trop une chanson française pseudo-élitiste qui ne rêve que de rotations en boucle sur France Inter. Bon, si ça peut vous divertir de Carla et Nicolas en Vadrouille, ce sera toujours ça de pris.

 

En écoute sur MySpace

Un disque à venir : Claire DiterziTableau De Chasse (Naïve)

 

En clip : Claire DiterziTableau De Chasse

 

01/10/2007

Alexandre Varlet – Ciel De Fête

CielAprès Barbara Carlotti, première signature francophone sur le très anglo-saxon label 4AD (Cocteau Twins, Pixies & co), c’est au tour d’Alexandre Varlet d’avoir l’honneur – certes devancé par sa compatriote Emily Loizeau – d’être publié sur le très americana Fargo Records. C’est d’ailleurs en cow-boy de La Rochelle – sa ville d’origine – que Varlet ouvre son troisième album, pour un instrumental où les flots de la Charente viendraient se jeter dans la Columbia River, en un confluent qui vaut le coup d’oreille. Tout en revendiquant la dynamique pop des Innocents (Montre-Toi), relookés pour la cause en des Nada Surf chantés par un Benjamin Biolay qui aurait enfin oublié ses irritants tics (les couplets de Le Sens de l’Orientation, joliment mariés à un refrain que l’on devine grinçant), le songwriter français se fait hélas moins convaincant en chanteur romantique (Tutti Quanti), sans toutefois s’égarer dans la complaisance si coutumière d’une chanson française trop propre sur elle. Bien sûr, le chant n’est pas toujours des plus charmeurs, est-ce réellement un défaut tant son timbre enfumé pourrait s’être échappé d’une expérience de laboratoire où l’obscurité de Bashung le disputerait à la rugosité de Johnny Cash. Pour un disque très américain de chanson française, pas si courant à un tel niveau de sympathique réussite.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Alexandre Varlet – Ciel De Fête (Fargo Records)

11/12/2006

Barbara Carlotti – Les Lys Brisés

lysbrisescoverL’année 2005 avait été marquée du choc de la découverte de Chansons, le premier EP autoproduit de la Parisienne Barbara Carlotti qui présentait la pop sixties de Burt Bacharach à la chanson française de la rive gauche. Quatre titres (trois sont réenregistrés, seul le délicieux Cannes est resté intact) de ce disque béni sont d’ailleurs repris sur Les Lys Brisés, premier album en français du label 4AD (oui, celui des Pixies et des Cocteau Twins). Classe, voire classieux (sans être ni classique ni révolutionnaire), l’univers de la chanteuse aux racines corses remonte le fil d’un temps suranné où Françoise Hardy converserait avec Juliette Gréco des bienfaits du troisième album de Gainsbourg, n’y voyez nulle nostalgie cependant. Sans doute inspirée de l’acidité (gentiment) grinçante de Changement D’Adresse, le film d’Emmanuel Mourret, Barbara Carlotti revisite ensuite, et c’est avec joliesse, les Zombies (Une Rose Pour Emily) avant d’entamer un voyage à Cannes au goût de bonbon acidulé et décadent (‘Catherine Deneuve, trente ans passés… depuis longtemps’, ce genre de mignardises piquantes). Probablement stimulé par la fraîcheur ricanante de sa comparse, le guitariste Jean-Pierre Petit entame alors le duo Charlie The Model et rend le seul hommage crédible aux High Llamas qu’on ait entendu depuis The Witch Hazel Sound. Et tant qu’à rester dans le bon ton distingué jusqu’au bout, l’ex-chanteuse de jazz qu’elle est revisite Keren Ann (Mon Corps Alangui) pour mieux exorciser une tradition française entre Zouzou et Françoiz Breut. Barbara Carlotti conjugue l’art du passé au présent, et elle le fait avec brio.

 

Un mp3 Barbara Carlotti – Cannes

Un disque : Barbara Carlotti – Les Lys Brisés (4AD)