11/04/2009

Oldman – Son, Father and Son

oldman-sonfatherandsonAncienne moitié du duo MAN, artiste épris de collaborations indépendantes (Lena en compagnie de Matthias Delplanque, en duo avec Jérôme Paressant), le Nantais Charles-Eric Charrier aka Oldman fait partie de ses aventuriers ultimes à l’hyperactivité effrénée et contagieuse. Adepte d’une polyvalence stylistique où le spoken word le dispute au jazz – version minimale, preuve en est l’introductif Son, Father et son échappatoire lento d’une captivante beauté sur quelques notes de guitare acoustique, de synthé et de cymbales – Charrier vise à l’épure, toujours, pour atteindre le beau, souvent, le sublime, parfois. Puisant aux sources les plus incontestables, qu’elles soient issues du croisement improbable de la gratte de Matt Elliott instrumentalisée par Cvantez (Mon Délicat) ou du parler nocturne d’un post rock à la sourde colère, trempée dans une Encre période Flux. De temps à autre, le ton se fait davantage serein, divaguant entre six cordes et xylophone sur un nuage comeladien où il fait bon se reposer (Grandfather’s Shield), avant que le souvenir grave (la voix et le texte) de Rodolphe Burger ne fasse définitivement oublier le très pénible Gérard Darmon sur le surprenant Son, Father and Son. C’est que contrairement à une scène franco-hexagonale où l’auto-complaisance est érigée en religion, Oldman regarde au vitriol son ombre dans le miroir, elle lui renvoie une misanthropie paranoïde subjuguante de vérité. A l’image d’un disque dont les fractions inquiètes énumèrent les sens pour mieux les vampiriser.

Un disque : Oldman Son, Father and Son (Arbouse Recordings)


Mon Délicat - Oldman

Father and Son - Oldman

27/12/2008

Lena & The Floating Roots Orchestra – Lost Wax

LenaTheFloatingRootsOrchestra-LostWaxFigure incontournable d’une certaine scène indie made in France, celle qui – à l’instar d’un Jérôme Paressant sur son label Oceanik Creations – refuse les compromissions que s’autorise une scène faussement Naïve, Mathias Delplanque était l’auteur en 2004 d’un excellent album de dub (Floating Roots), dont le présent disque est le prolongement naturel. Axé sur un mélange des genres (dub, jazz, soul, spoken word, rap) d’une très grande maîtrise qu’on aimerait davantage en lâcher-prise, Lost Wax fait appel à une myriade de collaborateurs, voisins de paliers (les Nantais de Man Rasim Biyikli et Charles-Eric Charrier), patron de label (le batteur Steve Argüelles, collaborateur entre autres de l’impeccable Pierre Bastien) ou légende de Chicago (le corniste Rob Mazurek, habitué de la maison Thrill Jockey), qui donnent au disque une matière sonore intéressante, dont le grain riche, voire copieux, donne par moments envie de baisser pavillon. Non que le disque manque d’idées, il en regorge même, à l’image du flow de MC Black Sifichi ou des remarquables lignes de guitare de Delplanque, c’est juste que cette avalanche de richesses donne un sentiment d’indigestion étrange et incongru.

 

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Un disque : Lena & The Floating Roots OrchestraLost Wax (Plush!)