11/11/2009

Christophe Bailleau – Lights Out In The Ghosting Hour

os032Collaboration avec l’intransigeant Won (aka Sébastien Llinares), installations sonores pour le CitySonics montois et très réussie tentative en duo avec le songwriter folk Neal Williams, entre autres projets, l’activité de Christophe Bailleau est aussi intense que le rythme des tournées de Bob Dylan. Retrouvant le chanteur américain et le directeur du CitySonics Philippe Franck aux synthés, guitare et vocoder, l’électronicien franco-hutois ouvre la voie à une quadruple échappée, aux côtés de l’artiste belge Niko Hafkenscheid (guitare).

Le disque, excellent, débute avec un extraordinaire morceau de bravoure, où les orages de l’électronique se mêlent au banjo jovial de Williams, entre autres méandres où il fait bon gambader malgré les éclairs menaçants. D’une manière plus globale, l’electronica de Bailleau ouvre les morceaux, chantés en alternance par ses trois comparses. Un rappel n’ayant jamais explosé au visage d’un lecteur, nous rappellerons juste que la fréquentation assidue des chansons de Neal Williams est chaque jour un peu plus indispensable. Ecorchés juste ce qu’il faut, tout en préservant cette dose d’empathie salvatrice, ses A Night Of Real Recognition et I’ll Be There sont une vraie – vous pouvez nous croire – bénédiction auditive. Moins naturel, le chant de Hafkenscheid fait relativement moins bonne figure, notamment en raison de l’amplitude plus limitée, voire monocorde de sa voix. Bouleversant de justesse et d’équilibre, Christophe Bailleau lui-même prend également le micro, pour deux titres d’une beauté élégiaque digne, n’ayons pas peur des mots, du grand David Sylvian lui-même. Quatrième et ultime vocaliste, Philippe Franck ose une toute autre approche. Proclamé tel un discours maléfique, son spoken word intrigant signe un appel à la mort complètement scotchant qui, en d’autres temps, lui auraient valu un billet direct pour l’enfer. Celui-ci est tout, sauf pavé de bonnes intentions, et on adore ça.

 

Un disque : Christophe Bailleau / Neal Williams / Philippe Franck / Niko Hafkenscheid Lights Out In The Ghosting Hour (Optical Sound)


A Night Of Real Recognition - Christophe Bailleau

Walk The Curse - Christophe Bailleau

03/11/2008

Christophe Bailleau & Neal Williams – On Soft Mountains We Work Magic

bailleauwilliams-onsoftmountainsMusicien français exilé en terres wallonnes (il habite à Huy), Christophe Bailleau nous a donné à entendre par le passé des paysages sonores au pire intéressants, le plus souvent captivants de retenue fragile. En témoignent les visiteurs de son installation sonore L’Echappée Belle, en collaboration avec Julie Maréchal et Paradise Now et présentée au dernier festival CitySonics, l’électronicien hutois s’érige en disciple inspiré de ses contemporains Mitchell Akiyama et Christian Fennesz (cfr. le troisième morceau Eden), qu’il œuvre en solo ou en duo. Associé le cas présent au chanteur folk américain Neal Williams, illustre inconnu d’un bataillon il est vrai peuplé, Bailleau nous offre plusieurs pièces plutôt introspectives de son propre cru electronica, parmi lesquelles nous retiendrons le très subtil dialogue Emulette entre guitare et laptop, le tout ponctué de field recordings délicatement choisis. De son côté – le disque ressemble plus à une alternance de styles qu’à une réelle conversation – le songwriter américain nous propose une sub-li-me mélodie, hélas trop brève, que Simon & Garfunkel eux-mêmes n’auraient pas reniée (Future Plans), tout en connaissait les classiques d’Elliott Smith (le très triste et beau When Does It Start). Au final, si le contraste des genres n’atteint pas le degré de radicalité folktronica de Tangtype, les dix titres se laissent apprécier à leur juste valeur, perchée bien haut dans les sommets.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Christophe Bailleau & Neal Williams On Soft Mountains We Work Magic (Fenêtre Records)

15/07/2008

Christophe Bailleau / Julie Maréchal / Paradise Now - L’Echappée Belle (CitySonics 2008)

bailleaumarechalparadisenow-lechappeebelleDeux transats accueillent le visiteur de L’Echappée Belle, création audio-visuelle de Christophe Bailleau, Julie Maréchal et Paradise Now. Promenade aléatoire dans nos pseudo-campagnes labellisées Thomas & Piron, l’œuvre associe photographies de la campagne wallonne urbanisées, thèmes musicaux chers à la discographie de Bailleau et de Won et poèmes à la diffuse (in)quiétude. Le tout est profondément captivant.