14.09.2009
Cass McCombs – Catacombs
La pochette – à l’entrée d’une grotte – et le titre sont parfaitement trompeurs, nulle trace de déprime existentialiste sur le nouvel effort du songwriter américain Cass McCombs. Epris de ballades totalement sixties, McCombs habite en toute sincérité un cabanon romantique, tapissé de veloutes à la M. Ward, orné de sucettes au goût de Zombies. Ouvert sur un splendide duo en compagnie de l’actrice Karen Black (qui à 67 ans, en a vu d’autres, notamment dans le fameux Easy Rider), le disque enchaîne sur une doucerette romance toujours fan des Byrds, une Prima Donna qui touche en plein cœur. Larme à l’œil et pourtant jamais pleurnichard, le Californien fait tout son miel d’une guitare et d’un piano, au milieu de discrets arrangements d’une élégance toute poétique, pleinement au service de mélodies aussi travaillées qu’elles sont attachantes. Et on en redemande.
Dreams-Come-True-Girl - Cass McCombs
Prima Donna - Cass McCombs
21:00 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, pop, country, critique, americana, domino, cass mccombs |
Facebook |
28.05.2009
Bonnie ‘Prince’ Billy – Beware
Pour être tout à fait honnête – et c’est bien la moindre des choses pour un chroniqueur musical – ça faisait un bon bout de temps qu’on attendait un disque à l’intérêt marquant de Will Oldham, qui avait actionné la fonction pilote automatique depuis un moment. Etait-ce l’usure du temps ou la sensation malsaine d’avoir tout compris chez le barbu de Louisville, les repères discographiques de ses récents Ask Forgiveness ou Lie Down In The Light manquaient de conviction profonde pour s’établir durablement entre nos cactus et nos prairies. Allelujah !, le cru 2009 du songwriter américain installe en nos pavillons une envie plus que latente de ressortir les violons et les guitares, accompagnées d’un instrumentaire plus développé qu’à l’habitude, ce qui rend au son de M. Palace une vigueur harmonique qui sied à merveille à sa voix toujours autant de velours capitonné. Globalement plus country – mais c’est celle que doivent abhorrer les danseurs en chemises à carreaux du dimanche, oh oui – ce nouvel opus du maître oscille entre sonorités obscures, à l’instar de la lugubre pochette, et pâlots rayons d’un soleil couchant sur les Appalaches. Qui en sont déjà tombées amoureuses.
Un disque : Bonnie ‘Prince’ Billy – Beware (Domino)
Beware Your Only Friend - Bonnie "Prince" Billy
I Dont Belong to Anyone - Bonnie "Prince" Billy
13:29 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, pop, country, critique, americana, domino, will oldham, bonnie prince billy |
Facebook |
01.04.2009
Erik Friedlander – Block Ice & Propane
Dans l’univers très formaté de la musique, adepte de classements tout faits et d’étiquettes indécollables, le présent disque d’Erik Friedlander sonne tel un rappel de nos cloisonnements mentaux, si prompts à refuser les rapprochements esthétiques inattendus alors que leur simple écoute dégage des saveurs inoubliables et éternelles. Au croisement de l’expérimentation et de l’americana, le violoncelliste et compositeur américain dévoile une maîtrise de l’instrument, superbe dans le fingerpicking comme dans les glissandi, évadée dans les espaces infinis d’un Midwest fantasmé. De la première technique, Friedlander retient une entêtante parabole sur cinq lentes notes (Dream Song), de la seconde manière, il décoche une cavalcade country virevoltante et virtuose de bonheur (Airstream Envy). Surtout, et là se situe l’essentiel, le jeu du poète sonore new-yorkais est mis complètement au service de ses compositions, prenantes et novatrices tout en demeurant parfaitement accessibles, telle la bande-son parfaite d’un western avec Will Oldham en guest star (le tournoyant morceau-titre, Yakima). L’homme peut toutefois se faire plus radical, presque bruitiste (A Thousand Unpieced Suns) car il n’oublie pas ses liens étroits avec le grand John Zorn, tout comme il peut déposer la virulence au pied de son tabouret, en équilibre stable entre atmosphères intimes et mélodies espacées.
Un disque : Erik Friedlander – Block Ice & Propane (Skipstone Records)
12:57 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, country, critique, americana, experimental, erik friedlander, skipstone records |
Facebook |
19.02.2009
zeitkratzer & Terre Thaemlitz – electronics
Musicalement aux antipodes des atmosphères feutrées de zeitkratzer, le New Yorkais Terre Thaemlitz est le moins connu des trois noms à l’affiche, alors que sa musique est sans doute la plus ‘accessible’ du lot. Mélange explosif de rythmes tribaux qui ne sont pas sans rappeler le gospel, les percussions de Down Home Kami-Sakunobe s’intègrent difficilement dans le contexte d’un concert, l’Américain jouant une partie irrésistible (certes) qui rend superflue la présence de l’ensemble allemand. Quand il reprend les commandes seul, l’impression d’unité sonore s’en trouve d’ailleurs ragaillardie, notamment sur sloppy 42nds, où le free jazz et l’electronica jouent à saute-mouton avec des percussions obsédantes sans être mordantes. Les choses s’arrangent lors du second titre commun (Hobo Train) avec Thaemlitz au piano, mélange détonant de violon country, de percussions 4/4 et de jazz dégénéré, qui en dépit d’une unité de vues toute relative, séduit par son dynamisme mélodique et sa vigueur rythmique. Avant une conclusion ambient absolument magnifique, quelque part entre Kapital Band 1 et Svarte Greiner.
Un disque : zeitkratzer & Terre Thaemlitz – electronics (zeitkratzer)
21:15 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : electronica, country, jazz, experimental, love on the bits, zeitkratzer, terre thaemlitz, post classical |
Facebook |
26.01.2009
Alela Diane se tient tranquille
Merveilleux indicateur d’un temps qui a passé en la profonde compagnie de sa voix unique de folk singer baignée de gospel, Pirate’s Gospel de la (désormais) incontournable Alela Diane fait à jamais partie de ses albums qui vous bouleversent une vie de music freak. Très attendu – et c’est peu de l’écrire – son successeur To Be Still – nous aura fait patienter plus deux ans (mais oui) et si certaines orientations stylistiques dénotent une volonté de ratisser plus large (à quoi bon la batterie de White As Diamonds ?), on y jettera une oreille forcément toujours de bon aloi. En attendant une tournée européenne aux étapes parisienne (Bataclan, le 6 avril) et bruxelloise (AB, le lendemain).
En écoute sur MySpace
Un disque : Alela Diane – To Be Still (Fargo Records)
18:28 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, soul, country, preview, singer songwriter, alela diane, fargo records, singwriting feminin |
Facebook |
08.12.2008
Isobel Campbell & Mark Lanegan – Keep Me In Mind Sweetheart
Pour une suite du magnifique Sunday At Devil Dirt, le second opus de la belle écossaise et de la bête américaine, sorti en début d’année, c’en est une superbe que cet EP, enregistré lors des sessions de leur désormais célèbre dimanche diabolique. Toutes les qualités d’Isobel Campbell et Mark Lanegan se confirment, d’éclatante manière, sur ces six titres à mettre en toutes les oreilles. Ballade organique dans la foulée de (Do You Wanna) Come Walk with Me?’, titre majeur du premier album (Keep Me In Mind Sweetheart), volutes américana aux accents jazzy (Flight Fire With Fire), déchirante romance à flinguer toute la discographie de Lee Hazlewood (Asleep On A Sixpence), violon à quatre sous en quête d’une pièce (Violin Tango), tout subjugue, tout séduit, tout prend aux tripes. Sans même parler de l’intemporel Rambling Rose, titre qui ne se démodera jamais, à l’image d’un duo qui fréquente son passé pour mieux éclairer notre avenir.
En écoute sur MySpace
20:39 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : isobel campbell, folk, pop, country, critique, americana, songwriting feminin, singer songwriter, v2, mark lanegan |
Facebook |
31.10.2008
Jolie Holland, op. 4
La musique de Jolie Holland ne révolutionnera certes jamais le petit – et le grand – monde de l’americana, trop éloignée qu’elle est des plus audacieuses Josephine Foster ou Tara Angell. Cela importe peu, à vrai dire, tant ses intemporelles mélodies frémissent tels de futurs grands classiques, bichonnés au fusain par les toujours passionnants M. Ward, Jim White et Marc Ribot. Tel un appel d’une vieille amie fidèle que l’on retrouve après des années d’oubli, la voix inchangée à l’autre bout du téléphone.
En écoute sur MySpace
Un mp3 : Jolie Holland – Mexico City
Un disque : Jolie Holland – The Living And The Dead (Anti-)
11:39 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, mp3, country, americana, songwriting feminin, preview, singer songwriter, anti-, jolie holland |
Facebook |
27.10.2008
Arthur Russell also went americana
La mort, cette chienne lubrique, nous a privés des plus beaux joyaux du génie Arthur Russell, ceux que cette saloperie de virus en quatre lettres l'a empêchés d'écrire. Nouveau regard sur l'immense talent de l'artiste américain, Love Is Overtaking Me quitte les rives de la disco barrée du genou, c'est pour mieux nous prouver les concordances de vue entre l'auteur de Calling Out of Context et une americana dérangée à la Townes Van Zandt. Importantissime, once more.
En écoute sur Boomkat
Un disque : Arthur Russell – Love Is Overtaking Me (Rough Trade)
19:16 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, country, americana, rough trade, preview, arthur russell, singer songwriter |
Facebook |
01.10.2008
Fargo Allstars, un festival, un sampler
Terre d’accueil d’artistes à l’importance qu’il serait malvenu de discuter, sauf à croire que Jéronimo est le plus grand, le label Fargo Records nous permet à nous, pauvres Européens, de savourer la saveur americana noirceur d’une Jesse Sykes, quand ce n’est la magnifique voix gospel d’Alela Diane, sans doute l’artiste la plus importante de sa nouvelle génération. Dans le cadre de son festival Fargo Allstars – l’affiche est ci-contre – la maison parisienne nous offre la possibilité de télécharger gratuitement le sampler du festival.
Rendez-vous sur Believe.fr et tapez le mot de passe fas, vos nom, prénom et adresses e-mail. Le tour est joué, en quatre secondes chrono !
13:16 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, mp3, pop, country, americana, fargo records |
Facebook |
30.09.2008
Lambchop – Ohio
Un disque de Lambchop, c’est comme le souvenir – délicieux et mélancolique – du temps qui passe, de ces amis retrouvés et de ces autres perdus de vue. Jalonnant quinze années de musiques américaines pleinement héritières de l’héritage country de Nashville, Tennessee – tout en s’étalant de toute cette délicatesse que seuls les Tindersticks peuvent égaler – l’itinéraire de Kurt Wagner et ses amis s’est fait fort de quelques pépites incontournables, dont la profonde originalité mâtinée d’une soul infiniment touchante s’est particulièrement distinguée sur les albums What Another Man Spills, Is a Woman et le double Aw C'mon / No You C'mon. Successeur du très mitigé Damaged, le dernier venu Ohio redresse la barque en toute éternité, jubilatoire comme elle est triste, cotonneuse comme elle souple. Fort de onze titres dont pas un n’est à jeter aux orties dont se torche l’infect Damien Rice, le nouvel effort du groupe américain fait déjà partie des – très – bons crus de la bande à Kurt, même si la période d’incubation paraîtra un peu longuette à tous ceux qui avaient répandu un torrent de larmes dès la première écoute du Lucky Dog Recordings 03-04 du sieur Stuart A. Staples, leader tindersticksien au demeurant. L’effort vaut toute une constellation de chandelles, toutefois.
En écoute sur MySpace
Un mp3 (via Captain Obvious) : Lambchop – Talk Like A Pirate Day
Un disque : Lambchop – Ohio (City Slang)
22:17 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : folk, mp3, country, critique, americana, lambchop, city slang |
Facebook |




