04/04/2013

Dawn McCarthy & Bonnie ‘Prince’ Billy – What The Brothers Sang

Dawn_McCarthy___Bonnie_'Prince'_Billy_-_What_The_Brothers_Sang.jpgDeuxième collaboration entre Dawn McCarthyet Bonnie ‘Prince’ Billy, What the Brothers Sang se veut un hommage aux Everly Brothers, il est toutefois bien plus qu’une simple évocation des plus belles heures du folk made in the USA. Comme on pouvait s’y attendre avec Will Oldham, les treize reprises jalonnent le parcours d’un certain de personnalisation à la fois dans l’esprit de BPB et ses auteurs (en vrac, Kris Kristofferson, Carole King et bien sûr, à quatre reprises, Don Everly). Parfois, ça groove même à fond les ballons, et ça fait un rude bien (Milk Train), à une occasion, ça rocke les miches dans le bayou (Somebody To Help Me, fascinant mix entre le Spencer Davis Group et les New Pornographers) et le reste du temps, la voix de velours de M. Oldham caresse plus que jamais les écoutilles. Toutefois, même si l’on sent toujours la patte d’un des plus grands artisans de la folk music d’outre-Atlantique, une certaine lassitude pointe le bout de son nez en plusieurs instants, d’autant que le rôle de Dawn McCarthy, dans l’ombre, manque du relief qu’une voix féminine aurait pu apporter à l’ensemble. Dommage.

 

Un disque : Dawn McCarthy & Bonnie ‘Prince’ BillyWhat The Brothers Sang (Domino)

12/02/2013

Julia Holter – Ekstasis

Julia Holter, singer songwriter, songwriting feminin, folktronica, experimental, rnvg intl., domino, critiqueAprès un cru 2012 on ne peut plus faste qui l’aura vue fréquenter une multitude de tops de l’année (pas celui de votre serviteur mais il s’en est fallu de peu), Julia Holter est de retour avec le… même album. La différence ? Le label, mon cher, puisque de l’ultraconfidentiel Rvng Intl., la New-Yorkaise est passée à la grosse écurie Domino. Pour le reste, on ne peut que répéter les multiples louanges de cet Ekstasis toujours aussi extatique. Numéro d’équilibre subtil où l’éther de Beach House vient côtoyer les expériences d’une Laurie Anderson, le disque continue, écoute après passage, d’enchanter les écoutilles, surtout si elles ont déjà été séduites en leur temps par Midaircondo, Maja Ratkje ou Islaja. Une séance de rattrapage indispensable, quoi.

 

Un disque : Julia HolterEkstasis (Domino)

14/09/2009

Cass McCombs – Catacombs

Cass-McCombs-Catacombs-470437La pochette – à l’entrée d’une grotte – et le titre sont parfaitement trompeurs, nulle trace de déprime existentialiste sur le nouvel effort du songwriter américain Cass McCombs. Epris de ballades totalement sixties, McCombs habite en toute sincérité un cabanon romantique, tapissé de veloutes à la M. Ward, orné de sucettes au goût de Zombies. Ouvert sur un splendide duo en compagnie de l’actrice Karen Black (qui à 67 ans, en a vu d’autres, notamment dans le fameux Easy Rider), le disque enchaîne sur une doucerette romance toujours fan des Byrds, une Prima Donna qui touche en plein cœur. Larme à l’œil et pourtant jamais pleurnichard, le Californien fait tout son miel d’une guitare et d’un piano, au milieu de discrets arrangements d’une élégance toute poétique, pleinement au service de mélodies aussi travaillées qu’elles sont attachantes. Et on en redemande.

 

Un disque : Cass McCombs Catacombs (Domino)

Dreams-Come-True-Girl - Cass McCombs

Prima Donna - Cass McCombs

28/05/2009

Bonnie ‘Prince’ Billy – Beware

bonnie-prince-billy-bewarePour être tout à fait honnête – et c’est bien la moindre des choses pour un chroniqueur musical – ça faisait un bon bout de temps qu’on attendait un disque à l’intérêt marquant de Will Oldham, qui avait actionné la fonction pilote automatique depuis un moment. Etait-ce l’usure du temps ou la sensation malsaine d’avoir tout compris chez le barbu de Louisville, les repères discographiques de ses récents Ask Forgiveness ou Lie Down In The Light manquaient de conviction profonde pour s’établir durablement entre nos cactus et nos prairies. Allelujah !, le cru 2009 du songwriter américain installe en nos pavillons une envie plus que latente de ressortir les violons et les guitares, accompagnées d’un instrumentaire plus développé qu’à l’habitude, ce qui rend au son de M. Palace une vigueur harmonique qui sied à merveille à sa voix toujours autant de velours capitonné. Globalement plus country – mais c’est celle que doivent abhorrer les danseurs en chemises à carreaux du dimanche, oh oui – ce nouvel opus du maître oscille entre sonorités obscures, à l’instar de la lugubre pochette, et pâlots rayons d’un soleil couchant sur les Appalaches. Qui en sont déjà tombées amoureuses.

 

Un disque : Bonnie ‘Prince’ Billy – Beware (Domino)


Beware Your Only Friend - Bonnie "Prince" Billy

I Dont Belong to Anyone - Bonnie "Prince" Billy

16/10/2008

Ulrich Schnauss – Goodbye

ulrichschnauss-goodbyeUne plongée dans la moiteur gothique des Cocteau Twins – ajoutez-y le reste de la clique, Dead Can Dance en tête – que cet au revoir du Berlinois Ulrich Schnauss, qui ne nous parvient qu’un an après sa sortie américaine chez Domino. Elle débute par une magnifique volute vaporeuse (Never Be The Same), relevée d’une pointe de dream pop à la Mazzy Star et du chant cristallin de Judith Beck, nom à retenir absolument (et que Google ignore superbement). Bien sûr à la limite – le basculement dans la soupe guette à chaque recoin – ce nouvel opus de l’homme né à Kiel voit ses frontières sonores élargies à grands coups de réverb’, ce qui lui donne cette allure spectrale de début de nuit joliment illustrée sur la pochette. D’aucuns jugeront la méthode magique, d’autres trouveront l’objet résolument passéiste.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Ulrich Schnauss Goodbye (Independiente Music)

20/09/2008

Un jour avec Juana Molina

juanamolina-undiaLe miraculeux Tres Cosas de Juana Molina restera à jamais un repère de la discographie folk(tronica) – très – moderne, le terme étant bien trop restrictif pour divulguer toutes les joies que ce disque a pu  nous procurer au cours des cinq dernières années. Le mitigé Sol désormais en aparté, l’artiste argentine – beau brin de femme au demeurant – s’apprête-t-elle à nous refaire le coup ? On ne demande qu’à voir, aux alentours du dix octobre. Et espérer.

 

En écoute sur Dotshop

Un disque : Juana Molina Un Dia (Domino)

25/03/2008

Animal Collective au fil de l'eau

03auganimalcoll1A la première écoute de ce Water Curses, extrait de leur nouvel EP du même nom, tu te disais que non, décidément les Animal Collective n’arrivaient plus à se renouveler. Dans ton for intérieur, tu pensais revivre une énième redite de leurs beats chamaniques, marque de fabrique exploitée jusqu’à l’usure sur le Strawberry Jam de l’an dernier et ça te n’étonnait guère, les deux disques étant issus des mêmes sessions d’enregistrement. Oui mais, la tête enfouie sous tout ce bordel bruitiste, tu avais manqué de relever un point essentiel, la gaudriole pop d’une mélodie qu’on penserait débarquée de chez Ariel Pink. Play it again, dude, play it again.

 

Un mp3 : Animal Collective – Water Curses

Un EP : Animal Collective Water Curses (Domino)

 

En clip : Animal Collective Who Could Win A Rabbit ? (Extrait de l’album Sung Tongs, 2004)

 

 

23/11/2007

Pram - The Moving Frontier

praram_rel_25En matière de musique pop éprise de grands noms du passé et toute en prospection des genres de demain, deux villes anglaises (Bristol et Birmingham) résistent désespérément (?) à la marchandisation dévoyée du monde, tout en évitant le naufrage dans de fausses expérimentations aux traits interrogateurs. Si à Bristol, une faune en tenue de chasse folk (Gravenhurst, Robin Allender, Crescent) arrime l’indie pop au train de ses mirifiques convictions, à Birmingham, une génération aux gènes abreuvés de l’esprit frondeur de Basil Kirchin sublime l’électro pop (Broadcast) sous des volutes jazz spectrales entre tension et louvoiement (le présent Pram). L’ultime livraison – neuvième du genre – du groupe de la chanteuse-claviériste Rosie Cuckston occulte désormais les penchants juvéniles de ses premiers essais du milieu des nineties. Habité d’un inquiet réconfort en forme d’after-Stereolab, jalonné de cuivres jumelés à une electronica entre étoiles polaires et pierres tombales, le chant magnifié de Cuckston ramène Nico au pays de vivants à demi-conscients, perdus on ne sait trop dans quel bathyscaphe ou quelle station lunaire. Quant aux morceaux instrumentaux, la question n’est pas de savoir s’ils sont géniaux, mais pourquoi, tant chaque écoute révèle une foule de détails confondants de haute tenue musicale.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 (via Indie for Bunnies): Pram – Empty Quarter

Pram – Mariana Deep

Un disque : PramThe Moving Frontier (Domino)

09/10/2007

L'opéra comique de Robert Wyatt

comicoperaTout a déjà été dit sur Robert Wyatt, ou presque. Son accident qui l’a cloué en vie dans une chaise roulante après son départ de Soft Machine, la carrière solo marquée du chef d’oeuvre Rock Bottom (1974), les amitiés fidèles avec Brian Eno et Paul Weller. D’une vivacité d’esprit qui renvoie un peu plus dans les cordes les fabricants  de niaiseries en boîte, le musicien de Bristol est de retour avec Comicopera, dernier volet d’une trilogie entamée avec Shleep (1997) et Cuckooland (2003). Le fan invétéré Jean-Jacques Birgé vous en parle plus longuement ici, et beaucoup mieux que moi.

 

Un mp3: Robert Wyatt – Act I You You

Un disque : Robert WyattComicopera (Domino)

22:47 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : robert wyatt, pop, psyche, jazz, mp3, preview, domino |  Facebook |

22/09/2007

Animal Collective – Strawberry Jam

ac-strawberryjamMessage d’avertissement à tous les veinards qui ont découvert Animal Collective par la grâce pop acoustique de Sung Tongs et la fragilité sensible des harmonies de Feels, vous risquez d’être troublés, voire décontenancés par la tribalité électronique du présent Strawberry Jam, qui n’est pas sans évoquer quelques excellents souvenirs de Here Comes The Indian, le cinquième opus de 2003. Tournant (encore) plus psychédélique que tous ses prédécesseurs, le (déjà) huitième album de Panda Bear & co démarre sur un coup de folie, le génial Peacebone, qui met l’album sur les rails d’une démesure en son genre, Ariel Pink excepté. D’une richesse fouillée qui fait peu de place à l’équivoque, Strawberry Jam alterne un sens mélodique complexe – comptez un nombre d’écoutes conséquent avant d’en apprivoiser les subtilités vocales à la Pet Sounds version 2007 – et une calligraphie du rythme épique, et par moments carrément solaire (FireWorks). Bien au-delà de toutes les modes qui toutes les quelques semaines agitent le NME, cette nouvelle étape dans l’impeccable discographie du collectif animal nous surprendra encore des années durant. Animal Collective, pour des disques qui durent, et ce n’est pas qu’un slogan.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 (via my little ghost friend) : Animal Collective – Peacefrog

Animal Collective – For Reverend Green

Un disque : Animal Collective Strawberry Jam (Domino)