31/03/2009

KTL – IV

ktl-ivLe nom l’indique, IV est la quatrième collaboration des essentiels Peter Rehberg (synthés, laptop) et Stephen O’Malley (guitare) sous le nom de KTL (acronyme de Kindertotenlieder, pour rappel). La comparaison avec les trois précédents numéros est toutefois de peu d’utilité, tant la verve ambient doom metal du patron des Editions Mego et du guitariste de Sunno))) s’épanche en de multiples fracas orageux d’une violence aussi insoutenable qu’elle est balafrée de retenue métaphysique. Produit par l’incontournable Jim O’Rourke – depuis son tentaculaire double album Long Night réédité l’an dernier dix-huit années après sa sortie initiale, il n’a plus rien à prouver dans les drones, et il le montre magnifiquement – le disque est également le premier de la série à ne pas servir de support à une représentation théâtrale ou cinématographique, cela n’enlève rien à sa force ni à sa percussion mentale. Peuplé de spectres morbides le long de ses soixante minutes, l’œuvre des deux traceurs de douleur extatique est en outre renforcée par la présences à la batterie d’Atsuo (du groupe nippon Boris), dont le jeu ferme, puissant et mesuré amplifie encore un peu plus les atmosphères de forêts engluées dans une nuit sans fin (Paratrooper) ou d’aliens aux messages codés subliminaux (Natural Trouble). Prie pour ton salut avant qu’il ne soit vraiment trop tard, pauvre terrien.

 

Un disque : KTLIV (Editions Mego)

25/02/2009

Menace Ruine – The Die Is Cast

menaceruine-thedieiscastOrageux et noir corbeau, le combo montréalais Menace Ruine en est déjà à son second épisode, huit mois seulement après la sortie de son opus initial Cult Of Ruins (déjà tout un programme en soi). Et il a beau être tout jeune, le duo canadien change complètement de registre, évacuant la furie black métal satanique de son premier effort au profit d’un doom folk shoegazing slowcore – tout ça, oui – où toute trace de gras est désormais proscrite. Hantée, il faudrait écrire possédée, par la magnifique (si, si) voix médiévalisante de la chanteuse Geneviève, fille cachée de Nico et de Brian Molko, la musique évidemment sombre de Menace Ruine ne succombe toutefois pas à la tentation morbide facile, préférant développer des atmosphères éprise de littérature gothique (on pense à la Carmilla de l’Irlandais Sheridan Le Fanu, muse de moults films de vampires). Pour ne rien gâcher, et c’est heureux, les mélodies étirées des Montréalais évoquent la lenteur faite art d’Elizabeth Anka Vajagic (autre Canadienne pas spécialement drôle), confrontées au lyrisme magnétique de My Bloody Valentine et aux bruits légendaires des incomparables Sunno))). Le plus étonnant demeurant que, malgré des atmosphères pesantes et finalement monotones, le disque continue de se fréquenter avec bonheur au fil des écoutes, encore que le terme doit être banni à jamais du vocabulaire de ses auteurs.

 

Un disque : Menace RuineThe Die Is Cast (Alien8 Recordings)


One Too Many - Menace Ruine

Dismantling - Menace Ruine

04/12/2007

Nadja, plongée en plein doom

ALIENCD72CoverRGBLes mains encore tout agitées de la commande du récent Pilgrimage de Om (album de la semaine sur Octopus voici peu), les oreilles encore bourdonnantes du concert le plus tellurique de l’année (Boris au De Kreun en juillet dernier), tu t’es précipité sur Radiance Of Shadows, le nouvel album du duo Nadja (soit Aidan Baker et Leah Buckareff) et depuis, tu te précipites à la moindre occaze sur le site du label Alien8 Recordings, en noise addict que tu es devenu. Doom, doom, doom, doom, auraient dit Véronique et Davina.

 

En écoute sur le label

Un disque : Nadja Radiance Of Shadows (Alien8 Recordings)