01/11/2007

Drifting Bears Collective – South Of No North

driftingbearscollectiveCe n’est un secret pour personne, le disquaire bruxellois Le Bonheur traverse des temps difficiles. Sa sélection musicale, d’une intransigeance sans failles, ne trouve un écho qu’en un nombre de plus en plus restreint de fidèles, O Tempora O Mores, Ces difficultés, que nous ne pouvons espérer que passagères, n’altèrent toutefois en rien l’enthousiasme de Thierry Berleur, l’épicier en chef, qui va même jusqu’à nous proposer (en vinyl) le premier opus du combo bruxellois Drifting Bears Collective, récemment en première partie des No-Neck Blues Band à Recyclart. Et c’est un véritable tour de force, tant les délires hallucinogènes de Cédric Stevens (aka Sergent Papillon) et ses acolytes explosent des standards noise que mêmes le NNCK précité et les Vibracathedral Orchestra n’oseraient affronter. Elixir détonnant de polyphonies indiennes mêlées à des percussions d’une toxicité obsédante rarement entendue de ce côté de Birchville Cat Motel, l’inaugural Mage Acrylic exhume de ses penchants bruitistes toute tentative de réconciliation sur canapé, tout en cognant de sa mélodie – et oui – imparable les contours borderline des Yellow Swans. Jamais pris en défaut de demi-mesure, le DBC ne se résume heureusement pas à un bruitisme speedé en quête de spectaculaire, pour preuve ce Tipping The Velvet dont le post-industrialisme explore la logique des Einstürzende Neubauten pour mieux la radicaliser au contact (à nouveau) des Yellow Swans. Quant au troisième titre Cum Back Frost en face B, ses field recordings (des bruits de klaxon), mêlés à une flopée d’instruments et des chants que l’on imagine indiens, ravivent – si besoin était – une flamme que l’on n’a rarement connue aussi vivace sous nos cieux. Impressive.

 

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Un disque : Drifting Bears Collective – South Of No North (Subliminal Toy Crash / Le Bonheur)