04.03.2011
Alpha 2.1 – Infinity
Grosse poilade du mois (et fous rires de consternation lors de la dernière réunion de la rédac’ de RifRaf), la scène belge francophone nous inflige deux énormes daubes pour le prix d’une en un seul mois. A ma gauche, Charles Blistin (ex-Tellers) se prend pour le Bob Dylan de 1962 alors que sa – comment dire – production donne l’effet d’un poivrot de La Louvière enregistré au fond de son garage après avoir avalé deux boîtes de Valium. A ma droite, les Bruxellois de Alpha 2.1 pondent un gros caca pseudo dance, il ferait passer Sold Out pour Ellen Allien. Lourdingue, ponctué de tics électro bourre-pif qui font définitivement regretter Vitalic ou Apparat, Infinity fait vraiment tordre de rire à son écoute, tellement le recyclage énauuuurme de ses influences (de la funk des eighties à la pop noisy des nineties) déchire les oreilles comme un avion de 11/09 fracasse une tour du World Trade Center. Bouh, même pas peur.
Un disque : Alpha 2.1 – Infinity (Autoproduction)
11:41 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : alpha 2.1, critique, electro pop, autoproduction |
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31.01.2011
Agoria – Impermanence
Label dont la réputation a trouvé jusqu’aux colonnes de Libération, la maison InFiné s’est fait une immense spécialité – savoureuse, disons-le tout net – des chemins croisés de l’electro (pop), du jazz et de la techno minimale. Récemment éblouies par le magnifique Idiosynkrasia de Francesco Tristano, combinaison exemplaire de la vision machinesque de Wolfgang Voigt au pianisme teinté de bleu à la Max Richter, ces pages vont-elles dès lors succomber à l’appel d’Impermanence, troisième épisode longue durée dans la carrière de Sébastien Devaud, aka Agoria ? Oui, non, peut-être ?
Production InFiné qu’on aurait envie de qualifier de typique, au sens le plus normatif du terme, la production du DJ français - from rural France, précise la bio – vit avant tout dans le minimalisme classieux de ses beats, totalement berlinois dans l’âme (lisez Ben Klock & co). Ajoutez-y une touche de chant largement digne de Sascha Ring (alias Apparat) du côté de Souless Dreamer – une jolie plume au chapeau du vocaliste Seth Troxler, mais aussi des lignes de piano circulant sur un tempo électro à la Clara Moto – pour le déjà classique Panta Rei, nul ennui ne pointe son nez, ou alors en catimini (le très bref Simon). Au-delà d’atmosphères captées en filigrane du Club der Visionäre, Speechless transgresse toutefois (et c’est heureux) les distances, pour une liaison directe vers le Detroit de Carl Craig et Jeff Mills, tout en n’ignorant pas la boucle vers l’Amérique du Sud – un Grande Torino où Ricardo Villalobos réinventerait des Tetine sans paroles. Tout en restant dubitative des rapports parfois étranges, voire disharmonieux, entre les arrangements et la voix des intervenant(e)s – notamment une certaine Kid A sur l’agaçant Heart Beating – la balance penche toutefois largement du côté plus des jolies choses, notamment grâce à la subtile alternance d’une techno dub crédible et recyclable dans les échos jazzifiés de Under The River, prélude insolite à l’ultime Libellules, tel une barque secouée par les échos hallucinants du patron de Kompakt dans ses récents ouvrages. On a connu pire voisinage.
Un disque : Agoria – Impermanence (InFiné)
21:58 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : agoria, critique, electronica, techno, electro pop, infiné, sébastien devaud |
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25.11.2010
Glasser – Ring
Projet solo d’une jeune demoiselle nommée Cameron Mesirow, Glasser avait fait la belle une des blogs américains influents à la fin 2009 grâce à son EP initial Apply. Invitée en suite sur les tournées de Jonsi ou The XX (ça en jette), c’est tout logiquement que son premier effort longue durée nous parvient – il prouve que l’on reparlera d’elle à coup sûr. La connexion avec l’Islande du chanteur de Sigur Ros – et surtout de Björk – est d’ailleurs manifeste, sauf qu’elle a lieu dix-sept ans après le Debut de mademoiselle Guðmundsdóttir (et ça ne fait guère progresser le schmilblick). Ajoutez-y des effets de mode pop indie new-yorkaise (Grizzly Bear, Panda Bear, ce genre d’ourson) – les djeunz total hype vont apprécier – et vous avez une belle série d’ingrédients pour vous faire remarquer de la presse musicale dite alternative (et mon c**, c’est du Wire ?). Toutefois, avouons-le, le gros effort de production entrepris débouche sur quelques belles réussites (même si, justement, l’ensemble demeure trop produit, au mauvais sens du terme). Mais quitte à citer la bestiole en pluche des Animal Collective et les échos japonisants de la plus célèbre des Islandaises, autant ajouter un gros poil à gratter pour rendre la chose un tant soit peu personnalisable.
Un disque : Glasser – Ring (True Panther Sounds)
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13:26 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : glasser, electro pop, pop, cameron mesirow, true panther sounds, critique |
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18.11.2010
Shobaleader One – d’Demonstrator
Inutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.
Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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10:55 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : shobaleader one, squarepusher, strobe nazard, sten t’mech, arg nution, company laser, electro pop, pop, warp, critique |
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27.10.2010
Sid LeRock – Tout Va Bien
Avouons-le, chaque étape de la discographie du label Shitkatapult nous vaut sa dose de stress pré-auditif. Aurons-nous droit à une avalanche de gros beats martiaux qui donnent la nausée (T.Raumschmiere) ou à de la dentelle électro-pop de haute volée (Judith Juillerat) ? Une quarantaine de minutes plus tard, la solution à notre dilemme est heureusement nuancée. Voguant quelque part entre les vagues d’une techno mortifère – bien que secouant les palmiers berlinois en hiver – Tout va Bien jette un regarde drôlement cynique sur le monde de la nuit. Mariant le rock et l’électro-pop aux sons virtuels, le Franco-Canadien Sheldon Thompson aka Sid LeRock (et alias Pan/Tone) utilise globalement son inspiration à bon escient – fût-ce t’elle à géométrie variable (tel sur l’inutile Pow Wow). Heureusement, l’exception confirme la généralité. Ainsi, Still Life ne déparerait pas du côté d’un Monika Enterprise bis où les mecs auraient pris le pouvoir, tandis que La Guidoune ravira les fans de toutes les compilations Kompakt. Qui se pâmeront devant Incliner et sa rythmique digne de M. Wolfgang Voigt.
Un disque : Sid LeRock – Tout Va Bien (Shitkatapult) SID LeROCK "Tout Va Bien" album on (shitkatapult 2010) by Sid LeRock aka Pan/Tone
11:47 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sid lerock, sheldon thomson, pantone, electronica, techno, electro pop, shitkatapult, critique |
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24.10.2010
Skream – Outside The Box

Le mystère n’est désormais plus entier, la scène dubstep – le douteux Skream en particulier – vire peu à peu au cauchemar sonnant et trébuchant. A mille lieues des expérimentations sombres qui donnaient aux basses ultra-profondes un parfum envoûtant de fin du monde sophistiqué, le genre se phagocyte aujourd’hui de remixes bancaux pour l’insupportable La Roux (présente ici sur le très mauvais Finally) et des collaborations douteuses. Ce n’est pas ce très mauvais Outside The Box qui changera la donne d’un iota. Echos putassiers d’expériences au-delà du réel – franchement, ça donne envie de regarder un concert d’Elton John sur TF1 – le disque est d’autant plus décevant que son auteur nous avait enchantés en son temps sur ses EP Skreamizm – en un temps où Benga dépeçait un trompe-le-monde sur fond de samples vocaux venus d’une autre planète. Triste constat.
Un disque : Skream – Outside The Box (Tempa)
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22:55 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : skream, dubstep, electro pop, la roux, tempa, critique |
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16.10.2010
We Love – We Love
Cas d’école de l’album estampillé Bpitch, We Love fait déjà saliver les papilles des collectionneurs des sorties du label berlinois. Mélodies electro pop majoritairement dansantes temporisées par des titres plus calmes, la musique de la paire italienne Giorgia Angiuli / Piero Fragola œuvre en territoires familiers. Evidemment, pour le renouvellement, on repassera (ou on retournera du côté de Orchestra of Bubbles, la toujours aussi excitante collaboration entre la boss maison Ellen Allien et le compagnon de toujours Apparat. Inutile de discourir plus longtemps, vous savez déjà tout.
Un disque : We Love – We Love (Bpitch Control)
16:05 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : giorgia angiuli, we love, critique, electro pop, piero fragola |
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14.10.2010
Jimmy Edgar – XXX
On en connait qui doivent être soulagés, ce sont les patrons de Warp. Heu-reux qu’ils doivent être de ne pas être obligés de sortir cet immonde XXX de leur ex-poulain Jimmy Edgar, passé avec armes et bagages sur !K7. Où les boss doivent être tout rouges de honte, tant le niveau du disque frise le néant absolu. Faisant ressortir des placards une vieille stripteaseuse qu’on aurait lâché à la table de remixes electro-disco – genre Brigitte Lahaie voulant faire du Kraftwerk – le producteur de Detroit se prend les pieds dans le tapis à un tel point que ça en devient hilarant. Alors, oui, au douzième degré, nous vous conseillons vivement l’écoute de XXX.
Un disque : Jimmy Edgar – XXX (!K7)
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22:25 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : jimmy edgar, critique, !k7, electronica, electro pop |
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13.10.2010
Mount Kimbie – Crooks & Lovers
Très belle hype de l’été, Crooks & Lovers sera-t-il le disque fondateur d’un nouveau genre que d’aucuns nomment déjà post-dubstep ? L’histoire le dira mais nous prenons déjà le pari que… peut-être. Au-delà de notre réponse de Normand, le verdict se fait plus nuancé (pour le post-machin) et sans ambigüité (pour la qualité musicale). Croisement entre une tonne de genres, le son de Mount Kimbie est avant tout d’une richesse inouïe et mérite – à lui seul – bien mieux qu’un simple qualificatif. Jouant à saute-moutons entre jazz, electronica, trip hop, dubstep, UK garage, voire pop, le premier opus longue durée de Dominic Maker et Kai Campos nécessite un temps d’acclimatation – impossible d’assimiler autant de belles choses d’un seul tenant en trente-cinq minutes chrono. Au fil du temps, la fascination pour les recherches sonores prend nettement le dessus, aucun acte gratuit n’ayant été posé par ces escrocs et ces amants. Mieux même, à chaque étape du parcours, les multiples trouvailles des Mount Kimbie embaument l’espace de leurs immenses beautés, jamais elles ne sont vaines ou de pure forme. Sans même parler de l’utilisation des samples vocaux, qui renvoient jusqu’au pourtant génial Burial à ses chères études. Ca vous suffit où il vous en faut encore ?
Un disque : Mount Kimbie – Crooks & Lovers (Hot Flush Recordings)
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13:23 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : dominic maker, kai campos, critique, dubstep, techno, electro pop |
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14.08.2010
Tiefschwarz – Chocolate
A l’affiche des derniers 10daysoff, le duo teuton Alexander et Sebastian Schwarz aka Tiefschwarz explore avec un plaisir certain les rives de la house et de la techno depuis pas mal de temps. Projet plus en phase sur le format court (EPs et remixes), la fratrie germanique invite quatre vocalistes (Daniel Wylde, Dave Aju, Seth Troxler et Cassy) sur un nombre identique de titres – les douze autres étant principalement instrumentaux. Ca crève les tympans, les Tiefschwarz ont pris bien du plaisir à la réalisation de l’album, signé sur leur propre label Souvenir. Adeptes d’une deep house qui paie son tribut au dub et à la techno tout en ne négligeant pas une bonne pincée d’electro pop, voire de jazz (mais si, écoutez Trust Alternative Version), Chocolate multiplie les atmosphères lascives, voire lounge – dans le bon sens du terme. Donnant aussi bien envie de s’affaler que de se remuer les fesses, il transforme son ambivalence caractéristique en une déglingue post-techno d’un très bel effet long en bouche. Tel le meilleur du chocolat.
Un disque : Tiefschwarz – Chocolate (Souvenir)
14:18 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : daniel wylde, dave aju, seth troxler, cassy, tiefschwarz, critique, souvenir, electro pop, techno |
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