05/02/2013

Laurel Halo – Quarantine

laurel halo, hyperdub, electronica, dubstep, electro pop, critique, songwriting femininGrosse hype en 2011 avec son très réussi EP Hour LogicLaurel Halo signe un an plus tard un très joli opus en format étendu, son apparente inoffensivité au premier abord est extrêmement trompeuse. D’une longueur en bouche subtile et harmonieuse, l’œuvre de la New-Yorkaise évolue dans des eaux pop expérimentales où s’est baignée la grande Laurie Anderson, ainsi que, mais ça va de soi vu qu’ils forment un couple à la ville, Oneohtrix Point Never alias Daniel Lopatin. Pour multiplier le name dropping, on citera aussi une Julia Holter, en mode un chouia moins accessible, mais l’énorme force de Quarantine est de multiplier les tentatives électroniques, couplées à un chant angélique, voire diaphane. Alors oui, par moments, on reste tellement longtemps sous l’eau qu’on en perd la respiration, mais quand on retrouve la surface, un monde en technicolor digital exprime toutes ses nuances, elles sont riches et multiples. Nombreuses écoutes conseillées avant d’atteindre la plénitude, got it ?

 

Un disque : Laurel HaloQuarantine (Hyperdub)

27/01/2013

Hot Coins – The Damage Is Done

hot coins, daniel berman, sonar kollektiv, pop, electro pop, critiqueDans la grande série moi aussi, je kiffe la dance pop synthétique et je me branle sur les Pet Shop Boys, voici le candidat Hot Coins, alias Danny Berman, plus connu sous son autre pseudo Red Rack’em. Mignardise gâteuse pour nostalgiques des eighties, format première moitié, The Damage Is Done fait l’effet, un peu honteux, un peu couillon, d’une vieille émission d’Antenne 2 (style Platine 45) visionnée en qualité moyenne sur YouTube. On se paluche de la main droite en pensant à un Richard Gotainer recyclé en membre de Visage (New Beat’), on s’emmerde royalement de temps en temps (le pompon revenant à Leathered), on s’arrête deux minutes sur la case Gang of Four vs ESG en mode italo disco blasé, l’humour à la Yello en moins (Freestyle Lover, Confined). Au final, on se dit que pour la grosse bosse dans le slip, on repassera par une autre case que celle de l’Irlandais de Berlin.

 

Un disque : Hot Coins – The Damage Is Done (Sonar Kollektiv)

04/03/2011

Alpha 2.1 – Infinity

alpha21.jpgGrosse poilade du mois (et fous rires de consternation lors de la dernière réunion de la rédac’ de RifRaf), la scène belge francophone nous inflige deux énormes daubes pour le prix d’une en un seul mois. A ma gauche, Charles Blistin (ex-Tellers) se prend pour le Bob Dylan de 1962 alors que sa – comment dire – production donne l’effet d’un poivrot de La Louvière enregistré au fond de son garage après avoir avalé deux boîtes de Valium. A ma droite, les Bruxellois de Alpha 2.1 pondent un gros caca pseudo dance, il ferait passer Sold Out pour Ellen Allien. Lourdingue, ponctué de tics électro bourre-pif qui font définitivement regretter Vitalic ou Apparat, Infinity fait vraiment tordre de rire à son écoute, tellement le recyclage énauuuurme de ses influences (de la funk des eighties à la pop noisy des nineties) déchire les oreilles comme un avion de 11/09 fracasse une tour du World Trade Center. Bouh, même pas peur.

Un disque : Alpha 2.1Infinity (Autoproduction)

31/01/2011

Agoria – Impermanence

agoria-impermanence.jpgLabel dont la réputation a trouvé jusqu’aux colonnes de Libération, la maison InFiné s’est fait une immense spécialité – savoureuse, disons-le tout net – des chemins croisés de l’electro (pop), du jazz et de la techno minimale. Récemment éblouies par le magnifique Idiosynkrasia de Francesco Tristano, combinaison exemplaire de la vision machinesque de Wolfgang Voigt au pianisme teinté de bleu à la Max Richter, ces pages vont-elles dès lors succomber à l’appel d’Impermanence, troisième épisode longue durée dans la carrière de Sébastien Devaud, aka Agoria ? Oui, non, peut-être ?

Production InFiné qu’on aurait envie de qualifier de typique, au sens le plus normatif du terme, la production du DJ français -  from rural France, précise la bio – vit avant tout dans le minimalisme classieux de ses beats, totalement berlinois dans l’âme (lisez Ben Klock & co). Ajoutez-y une touche de chant largement digne de Sascha Ring (alias Apparat) du côté de Souless Dreamer – une jolie plume au chapeau du vocaliste Seth Troxler, mais aussi des lignes de piano circulant sur un tempo électro à la Clara Moto – pour le déjà classique Panta Rei, nul ennui ne pointe son nez, ou alors en catimini (le très bref Simon). Au-delà d’atmosphères captées en filigrane du Club der Visionäre, Speechless transgresse toutefois (et c’est heureux) les distances, pour une liaison directe vers le Detroit de Carl Craig et Jeff Mills, tout en n’ignorant pas la boucle vers l’Amérique du Sud – un Grande Torino Ricardo Villalobos réinventerait des Tetine sans paroles. Tout en restant dubitative des rapports parfois étranges, voire disharmonieux, entre les arrangements et la voix des intervenant(e)s – notamment une certaine Kid A sur l’agaçant Heart Beating – la balance penche toutefois largement du côté plus des jolies choses, notamment grâce à la subtile alternance d’une techno dub crédible et recyclable dans les échos jazzifiés de Under The River, prélude insolite à l’ultime Libellules, tel une barque secouée par les échos hallucinants du patron de Kompakt dans ses récents ouvrages. On a connu pire voisinage.

Un disque : AgoriaImpermanence (InFiné)

25/11/2010

Glasser – Ring

glasser-ring.jpgProjet solo d’une jeune demoiselle nommée Cameron Mesirow, Glasser avait fait la belle une des blogs américains influents à la fin 2009 grâce à son EP initial Apply. Invitée en suite sur les tournées de Jonsi ou The XX (ça en jette), c’est tout logiquement que son premier effort longue durée nous parvient – il prouve que l’on reparlera d’elle à coup sûr. La connexion avec l’Islande du chanteur de Sigur Ros – et surtout de Björk – est d’ailleurs manifeste, sauf qu’elle a lieu dix-sept ans après le Debut de mademoiselle Guðmundsdóttir (et ça ne fait guère progresser le schmilblick). Ajoutez-y des effets de mode pop indie new-yorkaise (Grizzly Bear, Panda Bear, ce genre d’ourson) – les djeunz total hype vont apprécier – et vous avez une belle série d’ingrédients pour vous faire remarquer de la presse musicale dite alternative (et mon c**, c’est du Wire ?). Toutefois, avouons-le, le gros effort de production entrepris débouche sur quelques belles réussites (même si, justement, l’ensemble demeure trop produit, au mauvais sens du terme). Mais quitte à citer la bestiole en pluche des Animal Collective et les échos japonisants de la plus célèbre des Islandaises, autant ajouter un gros poil à gratter pour rendre la chose un tant soit peu personnalisable.

 

Un disque : Glasser – Ring (True Panther Sounds)
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18/11/2010

Shobaleader One – d’Demonstrator

shobaleader_one_d_demonstrator.jpgInutile de foncer sur Google pour dénicher le mystérieux artiste qui se cacher derrière l’improbable nom de Shobaleader One, il s’agit tout simplement de l’ami Squarepusher – dont nous avions particulièrement goûté les variations solo à la basse sur l’excellent Solo Electric Bass 1. Entouré de quatre collaborateurs aux monikers étranges et mystérieux (Strobe Nazard, Sten t’Mech, Arg Nution et Company Laser), Tom Jenkinson imagine sur Warp une (très) jolie collection de titres qu’on imaginerait bien volontiers du côté d’Ed Banger ou de Kitsuné. Totalement space pop, l’univers de d’Demonstrator louche d’ailleurs, et pas qu’un chouia, du côté des Daft Punk. Chantés par Squarepusher himself d’une voix manipulée au vocoder, les titres font toutefois leur petit – et leur – grand effet au fil du temps. Et si, pour faire grincheux, on pourra trouver passéiste la cause défendue par Shobaleader One, on se gardera bien de ne pas profiter des saveurs acidulées qui s’en dégagent. Parfum prégnant d’une autre galaxie en sus.

 

Un disque : Shobaleader One – d’Demonstrator (Warp)
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27/10/2010

Sid LeRock – Tout Va Bien

sidlerock-toutvabien.jpgAvouons-le, chaque étape de la discographie du label Shitkatapult nous vaut sa dose de stress pré-auditif. Aurons-nous droit à une avalanche de gros beats martiaux qui donnent la nausée (T.Raumschmiere) ou à de la dentelle électro-pop de haute volée (Judith Juillerat) ? Une quarantaine de minutes plus tard, la solution à notre dilemme est heureusement nuancée. Voguant quelque part entre les vagues d’une techno mortifère – bien que secouant les palmiers berlinois en hiver – Tout va Bien jette un regarde drôlement cynique sur le monde de la nuit. Mariant le rock et l’électro-pop aux sons virtuels, le Franco-Canadien Sheldon Thompson aka Sid LeRock (et alias Pan/Tone) utilise globalement son inspiration à bon escient – fût-ce t’elle à géométrie variable (tel sur l’inutile Pow Wow). Heureusement, l’exception confirme la généralité. Ainsi, Still Life ne déparerait pas du côté d’un Monika Enterprise bis où les mecs auraient pris le pouvoir, tandis que La Guidoune ravira les fans de toutes les compilations Kompakt. Qui se pâmeront devant Incliner et sa rythmique digne de M. Wolfgang Voigt.

 

Un disque : Sid LeRock – Tout Va Bien (Shitkatapult) SID LeROCK "Tout Va Bien" album on (shitkatapult 2010) by Sid LeRock aka Pan/Tone

24/10/2010

Skream – Outside The Box

skream-outside-the-box.jpg

Le mystère n’est désormais plus entier, la scène dubstep – le douteux Skream en particulier – vire peu à peu au cauchemar sonnant et trébuchant. A mille lieues des expérimentations sombres qui donnaient aux basses ultra-profondes un parfum envoûtant de fin du monde sophistiqué, le genre se phagocyte aujourd’hui de remixes bancaux pour l’insupportable La Roux (présente ici sur le très mauvais Finally) et des collaborations douteuses. Ce n’est pas ce très mauvais Outside The Box qui changera la donne d’un iota. Echos putassiers d’expériences au-delà du réel – franchement, ça donne envie de regarder un concert d’Elton John sur TF1 – le disque est d’autant plus décevant que son auteur nous avait enchantés en son temps sur ses EP Skreamizm – en un temps où Benga dépeçait un trompe-le-monde sur fond de samples vocaux venus d’une autre planète. Triste constat.

 

Un disque : Skream – Outside The Box (Tempa)
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16/10/2010

We Love – We Love

WeLove_BPitch.jpgCas d’école de l’album estampillé Bpitch, We Love fait déjà saliver les papilles des collectionneurs des sorties du label berlinois. Mélodies electro pop majoritairement dansantes temporisées par des titres plus calmes, la musique de la paire italienne Giorgia Angiuli / Piero Fragola œuvre en territoires familiers. Evidemment, pour le renouvellement, on repassera (ou on retournera du côté de Orchestra of Bubbles, la toujours aussi excitante collaboration entre la boss maison Ellen Allien et le compagnon de toujours Apparat. Inutile de discourir plus longtemps, vous savez déjà tout.

 

Un disque : We LoveWe Love (Bpitch Control)

14/10/2010

Jimmy Edgar – XXX

jimmyedgar-xxx.jpgOn en connait qui doivent être soulagés, ce sont les patrons de Warp. Heu-reux qu’ils doivent être de ne pas être obligés de sortir cet immonde XXX de leur ex-poulain Jimmy Edgar, passé avec armes et bagages sur !K7. Où les boss doivent être tout rouges de honte, tant le niveau du disque frise le néant absolu. Faisant ressortir des placards une vieille stripteaseuse qu’on aurait lâché à la table de remixes electro-disco – genre Brigitte Lahaie voulant faire du Kraftwerk – le producteur de Detroit se prend les pieds dans le tapis à un tel point que ça en devient hilarant. Alors, oui, au douzième degré, nous vous conseillons vivement l’écoute de XXX.

 

Un disque : Jimmy Edgar – XXX (!K7) 

 


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