26/03/2009

Wevie Stonder – The Bucket

WevieStonder-TheBucketbElectro pop absurditis, présentez gag ! Et oui, c’est une excellente nouvelle pour les zygomatiques de l’humanité (sauf celle restée coincée dans la boîte de capotes à Benoît XVI), le combo anglais Wevie Stonder ressurgit de la gargouille jazz folk space cake de ses deux premiers essais, l’un sur le label Sonig des Mouse On Mars (sous le pseudo de Wevie De Crepon), l’autre sur la structure anglaise Skam. Toujours aussi barrées du bulbe, les douze nouvelles sorties de ces champions de la louf’ attitude se classent heureusement dans une toute autre case que celle de la pure déconne balourde à la Marcel & Son Orchestre.

Jouant d’une série d’éléments maîtrisés à l’extrême, à l’image de la basse post punk qui enroule la pop sex fun du second titre Hans Peach, merveilleux titre d’étirement des mâchoires où les machines donnent à rire à une guitare rumba, le space cabaret des cinq Mancuniens fourmille d’idées brillantes. Entre spoken work hallucinogène en joyeux rappel d’Ergo Phizmiz sur l’incroyable Eloise My Dolly et gimmicks poppy au kitsch volontairement provocateur, chaque détail rappelle un sens du détournement musical éloquent, conjugué au troisième degré des Stereo Total. A l’inverse toutefois de Brezel Göring et de Françoise Cactus, dont le côté je-m’en-foutiste peut finir par lasser, les Wevie Stonder prouvent qu’il est parfaitement possible de dérider une assemblée d’ayatollahs moyenâgeux et de démonter en toute hilarité les airs trop sérieux de nos trente dernières années. Tournez méninges, m’sieurs dames, sans oublier que le premier avril, on vous remboursera d’une livre à l’achat du disque. Euuuuh ?

Un disque : Wevie Stonder The Bucket (Cack Records)


Hans Peach - Wevie Stonder

Small People - Wevie Stonder

A Buddha Made of Mud - Wevie Stonder

17/03/2009

Joakim – My Best Remixes

joakim-mybestremixesEtre le boss d’un label electro au degré de réputation hautement sensorielle, ça donne des responsabilités, ça crée des attentes, ça gargarise les envies. Allègrement, en toute grande classe, Joakim les concrétise, renforçant son image de producteur shooté à grands coups d’inspiration, tout en laissant aux artistes maison (Poni Hoax, My Sister Klaus) un espace de liberté sonore qui rend fous tous les suiveurs de la planète Justice. Sans même parler de ses trois disques en solo, dont le dernier Monsters And Silly Songs est encore dans toutes les guibolles, trois ans plus tard, la présence au générique de M. Bouaziz est plus que jamais synonyme de virtuosité machinique et, surtout, de tendresse humaine.

Compilation de morceaux parmi ceux qu’il affectionne passé au tamis joakimien, My Best Remixes présente plusieurs constantes au travers des artistes fréquentés. Tout en respectant les tracks originaux – il a le bon goût de ranger la vénération dans la poche gauche de son jean Tigersushi Furs – le géant Parisien apporte sa très enviable touche perso à qui de droit. Sous son inspiration, l’electro-pop de la Norvégienne Annie flanque une belle raclée aux gambettes R’n’b de Beyoncé, les virevoltantes élucubrations de The Chap retrouvent un éclat… éclatant au contact de Daft Punk ou de Feist tendance My Moon My Man revu par Boys Noize, quand ce n’est le krautrock des très hype Zombie Zombie se vautrant dans l’italo disco. Pour chicaner, on ergotera bien sur Tiga en version Tigersushi, en panne de finesse, c’était sans compter sur l’impeccable ravalement Y2K du génial Camino Del Sol des mythiques Antena. Les clubbers sont déjà convaincus, vous non ?

 

Un disque : JoakimMy Best Remixes (Tigersushi)


always to late - Annie

pokket piano - DJ Mehdi

camino del sol - Antena

14/03/2009

Tujiko Noriko / Lawrence English / John Chantler – U

tujikoenglishchantler-uPassionnante dans sa forte identité, l’œuvre de Tujiko Noriko intrigue depuis ses débuts. Véritables révélations, Shojo Toshi et Hard Ni Sasete, ses deux opus hébergés sur le label Mego (avant sa mue noise radicale en Editions Mego) touchaient de leur grâce élégiaque, perchée sur quelques éléments électroniques d’une fragilité entre douleur et sérénité. Moins convaincante dans son travail pour Tomlab, l’artiste japonaise signait un retour magistral en 2006, le bien nommé Solo confirmant le particularisme unique de son univers tactile et polisson. Habituée des collaborations, la demoiselle d’Osaka a déjà collaboré avec l’Australien Lawrence English, patron de Room40 et auteur du ma-gni-fi-que disque ambient Kiri No Oto sur Touch, c’était en 2005 pour la réalisation en demi-teinte Blurred In My Mirror.

Aujourd’hui complété  d’un autre homme de Brisbane, le guitariste John Chantler, le duo Tujiko – English confirme son sens de l’utopie electronica aux traits oniriques. Plus ue jamais cristalline et superbe de délicatesse, la voix de Tujiko (son nom de famille, pour rappel) étire ses filaments de soie sur des structures micro-mélodiques dont le fil ténu ne fait que prendre de l’ampleur au fil des écoutes. Grâce au travail d’orfèvre de ses deux complices masculins, maîtres es ambiances electro-feutrées, la tentation esthétisante du trio ne vire jamais à la joliesse zen, préférant œuvrer sur des textures dont l’enchevêtrement complexe confirme un sens de la musicalité garant de nombreuses heures de rêveries électroniques.

 

Un disque : Tujiko Noriko / Lawrence English / John Chantler U (Room40)


12OClock on the Highway - Tujiko Noriko Lawrence English John Chantler

Make Me Your Private Party - Tujiko Noriko Lawrence English John Chantler