07/03/2010

Hindi Zahra – Handmade

hindi-zahra-handmadeBerbère du Maroc débarquée en 1993 à Paris à l’âge de 14 ans, Hindi Zahra est plutôt du genre self-made-woman, tendance affranchie des contrariétés variétoches. Signée sur la branche française du prestigieux label Blue Note, la demoiselle a composé – et réussi, disons-le d’emblée – son premier opus tout seule comme une grande. Mélangeant allègrement les genres (soul, funk et folk) et les langues  (anglais et berbère), Hindi est manifestement née sous une bonne étoile.

Charmantes et bien plus, ses onze chansons invitent le soleil de la vie, tout en évitant le spectre glauque de la nunucherie faussement adolescente (The Do, Cocoon, anyone ?). Œuvre d’une jeune femme – très – douée, on songe parfois à Keren Ann dans ses meilleurs moments, Handmade dépasse allègrement le stade d’une innocence trompeuse à la première écoute. A d’autres instants, magiques, c’est même l’ombre tutélaire de l’immense Billie Holliday (et pour rester dans le récent, de Madeleine Peyroux) qui plane sur des chansons dont la profondeur réelle n’entrave ni le plaisir mélodique ni la richesse harmonique. Bon, il sort quand, le deuxième ?

 

Un disque : Hindi Zahra – Handmade (Blue Note)

24/05/2009

Polar – French Songs

Polar_-_French_SongsPote de Christophe Miossec qui l’encouragea à chanter en idiome hexagonal, Polar joint le verbe francophone à la pop folk passe-partout sur ce French Songs, troisième tentative de son auteur. A la notable exception de la reprise pas dégueu du Some Velvet Morning de Lee Hazlewood & Nancy Sinatra (ici remplacée par la jamais seule Loane), la douzaine de titres se décline sur des textes doux-amers d’une poésie romantique heureusement moins clichée que les pseudo-états d’âme des insupportables Cali/ogero. Moins abouties que les demi-teintes ironiques de Philippe Uminski, les chansons de Polar font en outre des clins d’œil trop marqués à Stephan Eicher (qui a en outre co-écrit Avec Des Si), voire à Pascal Obispo (ouille, ouille), ils lui font perdre de cette personnalité qu’on aimerait voir prendre une direction moins grand public, à l’image du très miossequien ‘Comme Ca.

 

Un disque : Polar French Songs (Virgin / EMI)


Avec des si - Polar

Comme ça - Polar

23/12/2008

Shirley & Dolly Collins, forever timeless

shirleydollycollins-theharvestyearsLa première décennie du vingt-et-unième siècle rendant plus que jamais justice à un folk anglais intemporel dans sa profondeur organique, il est temps de se replonger dans deux de ses plus grands défenseurs en la personne de Shirley et Dolly Collins. Signées en leur temps (fin sixties, début seventies) sur Harvest, division prog de la major EMI, les deux sœurs – Dolly la compositrice, Shirley la chanteuse – n’avaient guère leur pareil pour conter le pastoralisme intemporel de l’Angleterre des sœurs Brontë et de John Dowland. Quarante années plus tard, leur place au sommet est plus que jamais indiscutée.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Shirley & Dolly CollinsThe Harvest Years (EMI)

02/06/2008

Madrugada – s/t

madrugada-stGroupe culte en Scandinavie, où ses quatre premiers albums se sont vendus comme des bouteilles d’Aquavit (sans même parler du Live de 2005, un véritable triomphe), Madrugada ne change pas fondamentalement la donne de son rock sombre pour ce cinquième opus éponyme, dont la rumeur indique qu’il pourrait être le dernier en raison du décès du guitariste Robert S. Burås. Adeptes de chansons tourmentées à la violence contenue, le combo norvégien ne risque toutefois pas de réveiller les nostalgiques des fondamentaux 16 Horsepower, dont l’impeccable discographie ne fait que renforcer l’aspect pataud de Sivert Høyem et ses potes. Chant digne d’une congrégation de supporters de Molde, soli de guitare démonstratifs pour fans de hard rock nordique ou paroles insignifiantes en regard des textes habités de David Eugene Edwards (que ce soit pour 16 HP ou Woven Hand), cette musique n’intéressera que les romantiques aux gros biscotos qui ont viré leur cuti des Hells Angels. Tant pis pour Robert.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Madrugada s/t (EMI)

23:35 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : madrugada, rock, critique, emi |  Facebook |

16/03/2008

Hot Chip – Made In The Dark

Hot-Chip-Made-In-The-DarkBandant, le troisième album des Hot Chip ? Oui et non. Le oui, tout d’abord. Bombardé de beats bombastiques à faire pâlir d’envie les Modeselektor themselves (Out At The Pictures), la nouvelle création du quintet londonien range définitivement Timbaland au rang de pauvre hère qui court le cacheton auprès des starlettes du R&B. Définitivement ancrés au sommet d’une scène dance pop (aux côtés de James Murphy et son LCD Soundsystem), Alexis Taylor et ses potes osent tout, jusqu’à déstructurer – et c’est plein d’humour – le faux début de Shake A Fist, entre tube à la Justin Timberlake et electro-rock post Liars. Bourré de titres à se fendre la gueule des pénibles branlettes discoïdes du dernier Justus Koehncke, Made in The Dark est de cette race de pétards pirates néo dancefloor – merci Mark E Smith et Mouse On Mars, alias Von Südenfed – tant il regorge de titres à mettre le feu à une caserne de pompiers en pleine inondation. Le non, ce sont les ballades We’re Looking For A Lot Of Love, Wrestlers et Made In The Dark, tentatives assez moyennes entre R’n B et slow où les Londoniens surnagent surnagent pour ne pas couler. Toutefois, quand ils nous proposeront de ne pas danser (Don’t Dance), impossible de répondre à l’appel vu que nous serons déjà trempés sur la piste à gesticuler dans tous les sens. Sexy baby ? Not always dude.

 

En écoute sur MySpace

Deux mp3 : Hot Chip – Hold On

Hot Chip – Shake A Fist

Un disque : Hot ChipMade In The Dark (EMI)

 

 

19/01/2007

Badly Drawn Boy – Born In The U.K.

bdb-bornintheukLe constat transperce le cœur du fan que je suis, que j’étais. Car Born In The U.K. est un mauvais disque. Un très mauvais disque. Au diable les quatre pages dithyrambiques du dossier de presse, à le lire, Damon Gough a sorti le plus grand album de pop depuis le White Album. Au diable l’évidence des mélodies, tout le monde sait depuis l’originel (et original) The Hour of Bewilderbeast que c’est là la qualité majeure des compositions du garçon mal dessiné. Le problème est ailleurs, désespérément. Dans cette fichue propension à nous faire croire que l’homme de Bolton détient la clé de voûte de la pop anglaise alors que ses arrangements nous promènent plus du côté de Queen que de Midlake, davantage dans les parages de James Blunt que de The Divine Comedy. Vous pourrez tout me dire, me cracher au visage, m’envoyer des mails d’insulte et encenser la facilité sifflotante des chansons du bonnet le plus célèbre de la pop, je n’en démordrai pas d’un pouce, ce disque m’insupportera au plus haut point jusqu’à la fin de mes jours. Et puis zut, si vous n’êtes pas content, remontez le temps d’un About A Boy et de Have You Fed The Fish, la différence est trop criante pour être passée sous silence. 

 

Un mp3 (via Galaxy fm) Badly Drawn Boy – Born In The U.K. (acoustic)

Un disque : Badly Drawn Boy –  Born In The U.K. (EMI) 

10:41 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mp3, pop, critique, badly drawn boy, emi |  Facebook |