29.03.2011
Lucian Maggiore & Francesco fuzz Brasini – Chasm Achanes
Embarquement immédiat pour une étrange odyssée narrée sur une seule piste de 35 minutes. Elle démarre, c’est entendu, sur un bourdonnement étiré, telle une sirène de bateau adaptée par Phill Niblock à l’aide d’une multitude d’ingrédients. Imaginée par les Italiens Francesco "fuzz" Brasini et Luciano Maggiore, l’aventure peine cependant à gravir les échelons. Développées en des boucles de trente secondes chacune, les variations sur un même thème des artistes de Bologne amènent bien vite à se poser la question de l’opportunité de la démarche. En dépit d’interventions qui captent l’attention, elles incarnent un psychédélisme en mutation concrète qu’on aurait aimé plus présent dans le mix final, un rapide sentiment de lassitude s’installe, que ne comble pas totalement une conclusion digne pourtant du magnifique Oren Ambarchi.
Un disque : Lucian Maggiore & Francesco fuzz Brasini – Chasm Achanes (Boring Machines)
14:11
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Rotterdam – Cambodia
Autant néerlandais que le combo australien Architecture In Helsinki était finlandais, le duo viennois Rotterdam a patienté dix longues années d’expérimentation avant de nous offrir ce premier opus, auquel nous adhérons sans guère de réserves. Le plus captivant dans l’histoire de ce Cambodia, qui, vous l’avez deviné, n’a rien d’Indochine (la bande de neuneus, hein) ? Les pulsations, mon Gaston, hypnotiques et au-delà de toutes les conventions. D’entrée de jeu, Susanne Amann (violoncelle, flûte, électronique) et Michael Klauser (guitare acoustique, électronique) nous scotchent au dossier, à la faveur d’un Cool Bum Bum à faire tomber les pucerons arrimés aux ouvrages de Radian. Tout, pourtant, devrait concourir à faire des six pièces de l’album une master class en monotonie rythmique – dont une répétitivité qui confine à l’obsession post-No-Neck Blues Band vs Kapital Band 1. Toutefois, la paire autrichienne remporte le pari, haut la main. Intégrant des tempos rapides qui s’entrelacent au contact d’une guitare qu’on jurerait amoureuse des tablas de Ravi Shankar (Sup Sup), les divagations sensuelles du duo aus Wien explosent les canevas sans jamais parader inutilement. Imposant l’évidence de leur conviction d’un naturel déconcertant, Amann et Klauser sont, peut-être, moins à l’aise quand ils invitent l’obscurité à leur table (Eckig), ce ne sont que détails. Le flambeau est bien vite repris de main de maître sur un morceau-titre qui rend maboul par ses deux notes répétées à l’infini. Évidemment, contexte aidant, la techno minimale trouve une place naturelle largement au-delà des clichés dancefloor (Rotterdam) tout comme des rythmes africains étonnamment intitulés… Berlin. Au final, on en redemande tant et plus !
Un disque : Rotterdam – Cambodia (Everest Records)
14:05
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22.03.2011
Hot Club – Straight Outta Bagnolet
Totale bizarrerie où le free jazz percute le turntablism, le délirant Straight Outta Bagnolet du quatuor Hot Club est un des disques les plus improbables – et éthyliques – de ce début d’année. Œuvre de mecs frappés du bulbe, ils sont tout sauf manchots insipides, Alexandre Bellenger (platines), Jac Berrocal (voix, trompette), François Fuchs (contrebasse) et Dan Warburton (violon) ont sans doute pris un énorme pied à enregistrer leurs versions des chansons favorites de Berrocal – un plaisir que nous partageons à chaque écoute. Improvisant sans la moindre timidité ni gêne sur les chansons préférées du jazzman hexagonal, des vieux titres très chanson française des années cinquante (mais aussi Jeane Manson et son Fais-Moi Danser, massacré et c’est vraiment à se tordre de rire !), le quatuor franco-britannique laisse libre cours à ses instincts du moment. Captés, vous l’aurez deviné, quelque part en banlieue parisienne, d’où son titre rigolo, leurs instants décochent les mâchoires plus souvent qu’à notre tour. Allant jusqu’à revendiquer l’héritage d’une jeune Brigitte Fontaine qui interprèterait à sa grinçante façon la liturgie catholique, Berrocal s’en donne à cœur joie – même si le violon de Warburton est d’une justesse, disons, surprenante. On ne sait dans quelle mesure l’alcool a coulé à flots mais l’esprit y est.
Un LP : Hot Club – Straight Outta Bagnolet (Monotype)
22:21
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16.03.2011
Lorenzo Senni – Dunno

Masterisé par Marcus Schmickler (et ce n’est nullement un hasard), Dunno est la première étape discographique de Lorenzo Senni, jeune (27 ans) producteur italien fondateur du label Presto!? – maison qui a déjà accueilli en son sein des noise heroes aussi prestigieux que Lasse Marhaug, Lawrence English ou Carl Michael Von Hausswolff.
Sans ambiguïté ni compromission, les dix pièces proposées par l’artiste milanais offrent un pendant actuel – et cependant daté – aux premières heures de l’officine autrichienne Mego, avant sa reconversion en Editions (en gros la période tournant du millénaire de la structure fondée par Peter Rehberg). Parmi tous les radicaux libres ayant eu droit de cité en la boutique viennoise, celui de Yasunao Tone & Hecker ou de Gert-Jan Prins.sont les plus évidents à l’écoute d’une majorité de titres (dont Glowsticking ou http://www.youtube.com/watch?v=epBgHEFbrlg&feature=re..., clickez le lien, il fonctionne !) Toutefois, au-delà de la réelle abstraction bruitiste manifestée par l’électronicien transalpin, d’autres atours pointent le bout de leur nez – à commencer par quelques clins d’œil discrets (mais réels) à des musiques cosmiques que le duo KTL aurait revisitées pour un ballet de Gisèle Vienne (Pumping Geometries, In High Places). Non que vous vous surprendrez à sautiller gaiement en prenant votre douche mais le plaisir coupable de se replonger dans les heures anciennes des musiques inspirées par Xenakis n’a guère de prix.
Un disque : Lorenzo Senni – Dunno (Presto!?)
11:46
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13.03.2011
Angelicá Castelló – Bestario
Au-delà d’un douteux premier morceau, Bestario de la Mexicaine aus Wien Angelicá Castelló est à conseiller sans autres réserves. La suite sur le Grisli.
Un disque : Angelicá Castelló – Bestario (Mosz)
10:36
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22.02.2011
Francisco López – Köllt / Kulu
Abondante et très majoritairement captivante, l’œuvre de Francisco López se recoupe en deux axes aussi antinomiques qu’ils sont complémentaires. Dans ses multiples variantes calmes, n’y lisez aucune asepsie ou fadeur, le travail de l’artiste espagnol campe sa tente au milieu de field recordings resculptés par les doigts d’orfèvre de son auteur. Le versant noise hardcore est, lui aussi, pareillement époustouflant – et le présent Köllt / Kulu n’apportera nul démenti à ces propos dithyrambiques, notamment par l’usage d’un déluge de batteries qui feraient passer Boredoms pour Norah Jones.
Basé sur une double version de chaque pièce (une longue en audio et une courte en vidéo - et inversement), le double CD et DVD emporte l’auditeur dans une catharsis bruitiste d’une immense acuité sonore, aussi bien dans ses propensions secouées (le début de Köllt) que dans les brouillards industriels insectivores qui leur succèdent (ou précédent, tout étant imbriqué dans un magma de bruit, de fureur et d’abandon). Comme dit précédemment, la version en vidéo des deux morceaux est soit plus courte (Köllt) soit plus longue (Kulu) qu’en format audio. Apportant un supplément d’âme visuel – encore que la simple écoute en aveugle suffise pleinement à s’en prendre plein la gueule, les deux films rendent toute la folie auditive à leur juste (dé)mesure. Que des milliers d’insectes traversent l’écran pour explorer Köllt ou que des variations de noir et de blanc illustrent les moments de bruit ou de silence de Kulu, on reste ébahis et subjugués.
Un CD + DVD : Francisco López – Köllt / Kulu (Störung)
14:09
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09.02.2011
Piiptsjilling – Wurdskrieme
Région du nord des Pays-Bas dont la réputation tient essentiellement au… patinage de vitesse – pour qui le stade couvert de Heerenveen représente le même statut iconique que Wembley en football, la Frise possède également pour particularité de conserver la vivacité de sa langue, dont les sonorités gutturales ne sont pas sans évoquer les idiomes scandinaves. Hors de toute idée véloce imaginée sur des lames coupantes, Wurdskrieme (Le Cri des Mots) de Piiptsjilling conserve l’usage exclusif du Frison, sous la plume insolite de Jan Kleefstra (dont les textes sont traduits en anglais dans le livret). Aux côtés de son comparse de frangin Romke Kleemstra, mais aussi des essentiels Machinefabriek (aka Rutger Zuyderveldt) et Soccer Committee (alias Mariska Baars), il développe des atmosphères nocturnes totalement enveloppantes. Qu’elles soient en duo féminin-masculin (le magnifique Unkrûd), "simplement" accompagné d’un long drone obscur éclairé de quelques notes de guitare ou en solo (Tsjsutere Leaten ou Sangerjende Wyn) épaulé de craquèlements torrentiels et orageux, les déclinaisons en spoken word du musicien néerlandais ne tardent guère à faire leur effet. Prenant le temps de la langueur fugace (sans jamais donner des signes de paresse), échafaudées sur des structures tactiles aux traits inquiétants, le second opus du quatuor tient toutes ses promesses crépusculaires – et même davantage.
Un disque : Piiptsjilling – Wurdskrieme (Experimedia)
Read full review of Wurdskrieme - Piiptsjilling on Boomkat.com ©
11:46
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06.02.2011
Slowcream – River Of Flesh
Époque propice à tous les mal-être du monde, la saison froide recommande, parait-il, de longues séances de luminothérapie, bercées d’une intense clameur infrarouge, enveloppée dans une douce musique lounge achetée au rayon balnéo du centre Yves Rocher du coin. Comment, qu’entends-je, on n’y trouve pas le nouveau Slowcream – il paraîtrait même qu’il est en rupture de stock dans les étagères ambiances dark plongées dans la brume humide ? Vérifions, voulez-vous – écoutons, c’est encore mieux, d’autant que le jeune homme, alias Martin Eugen (Me) Raabenstein, n’en guère à son coup de peinture noire initial.
Un coup d’œil sur les ingrédients nous renseigne une combinaison riche, voire surchargée, de samples, compositions et de free improv’ live, joués sur des lecteurs à cassettes et des platines vinyles. Vous avez dit Giuseppe Ielasi, petit coquin ? Dans le mille, mon ami, notamment sur le second titre Atrocity, réellement superbe (en dépit de son patronyme) et qui aurait fait merveilleuse figure sur le premier volet de la série Stunt du maître milanais – tout comme Hunting Song, aux accents GASsiens. Sans doute la pièce la plus musicale du lot, au sens "mélodique" du terme, ce deuxième épisode contraste fortement avec ses cinq acolytes, plongés dans des ténèbres dark ambient, une seule fois inutilement surchargés (Spiritual Training In Cataclysm), sinon agencés avec une spendide ingéniosité (Unspeakable Acts). Et si tout cela n’est forcément pas très drôle, voire carrément lugubre, on reste abasourdi – track initiale exceptée, devant la dextérité noctambule du musicien berlinois, promeneur virtuose dans les entrelacs impitoyables et mortifères de nos insomnies oniriques.
Un disque : Slowcream – River Of Flesh (Nonine)
22:00
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Z’ev + Jason Kahn – Intervals
Vénéré en ces lieux pour la réédition de son chaos percussif As/if/When chez Sub Rosa, l’Américain Z’ev aka Stefan Joel Weisser n’a pas fini de nous surprendre, dans le bon sens toujours. Confrontant son univers à la fausse quiétude de Jason Kahn – dont nous avions particulièrement goûté les sonorités blanchâtres dans son Vanishing Point en 2009, Weisser incline ses déclinaisons bruyantes dans un calme qui vire entre angoisse et recueillement. Telle une lecture californienne – les deux protagonistes en sont originaires – du formidable s6t8r de Gilles Aubry, on guette le moindre détail sonore comme si notre vision de l’instant en dépendait. Ponctués d’entrechocs captés dans le lointain d’un outre-monde, la notion de concentration acoustique prend un tour quasiment neurasthénique – imaginez, pour faire bref, un anti-Merzbow s’extasiant de la paix toute relative de la nuit après un orage ravageur. Basé autour de deux pièces de concert enregistrées en Suisse en avril 2009, Intervals réussit la gageure de présenter Chris Corsano à Machinefabriek en passant par le Kreuzberg de 1980, celui où Blixa Bargeld & co découpaient les contours de la musique industrielle. Tel un négatif aux antipodes de Berlin, la vision de la paire US invite son apparente imperturbabilité à la table de l’inquiétude – pour un défi relevé avec brio en dépit de son éprouvant caractère.
Un disque : Z’ev + Jason Kahn – Intervals (Monotype)
11:41
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03.02.2011
Philippe Petit & friends – A Scent Of Garambrosia
Entouré d’une ribambelle de compagnons de haut vol, Philippe Petit laisse tout le champ libre à ses partenaires d’un morceau (ou plus) sur A Scent Of Garambrosia. Qu’il s’agisse de l’harpe électrique de Raphaëlle Rinaudo (qui défie carrément la grande Zeena Parkins, ô compliment) sur When A Seahorse Meets A Seafish… ou que les violons de James Johnston remplissent un espace constellé qui n’est pas sans évoquer le récent Off To Titan, les atmosphères dévoilent – au casque, svp – leurs intimes secrets au fil des écoutes. Visant même un hyper-monde partant en vrille sous la trompette d’Andy Diagram (oui, celui de Pale Fountains, The Spaceheads et James), l’œuvre éteint ses tentacules vivaces entre maintes sonorités originales dans leur familiarité dissolue.
A l’instar du morceau-titre (et phare) du disque, où Maria Grigoryeva, Helena ‘Espers’ Espvall, Hervé Vincenti et Alexander Bruck exploreraient un étonnant – et fameux – rapprochement entre Andy Moor et Lene Grenager quelque part sur le label Tzadik, les ambiances nocturnes convergent à l’unisson, tantôt dans une lenteur assumée (Night Elves Jukebox), tantôt dans un déferlement craquelant où le violoncelle de Bela Emerson rejoindrait Svarte Greiner (The Moon Woman). Et tel un diable au corps maculant ses victimes d’un noir désir d’envoûtement céleste, l’ultime descente anoblit les mystères acides de ses pensées obliques.
Un disque : Philippe Petit & friends – A Scent Of Garambrosia (Aagoo Records)
22:02
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