14/08/2009

Louisville – A Silent Effort In The Night

louisville_asilenteffortinthenightIntroduit par une lignée de héros de la musique indépendante américaine de notre temps – elle prend tout son sens à l’écoute de ce superbe disque – l’univers de Louisville évolue bien au-delà du simple name dropping et des références états-uniennes mal digérées. Susurrées de la voix immédiatement identifiable de la toujours délicate Felicia Atkinson, accompagnée d’Olivier Cavaillé, ces noms – Bonnie ‘Prince’ Billy, David Pajo, Slint ou Rachels – touchent au plus profond l’âme de ses auditeurs, signe imperturbable d’une connivence artistique bien au-delà de la simple pose (avis aux oreilles distraites).

Ponctué d’un banjo discret et d’une electronica nuageuse, le premier titre LouisEville débouche au bout de deux minutes sur un magnifique air pop folk, trempé dans le meilleur de l’americana et de la French scene. Grand moment de l’année musicale (on vous le jure sur la tête de Chan Marshall), le morceau bénéficie, ô quel bonheur, de l’apport vocal de l’ami Sylvain Chauveau, magistralement souligné par un violoncelle amoureux. Après ce choc, il faut quelque temps avant de s’accaparer la vision überminimaliste de la demoiselle Atkinson, enregistrée selon ses (bonnes) habitudes dans des conditions précaires – un dictaphone, en l’occurrence – avant qu’une rengaine aux franges du post rock ne vienne secouer le cocotier d’un Silent Effort pas si silencieux que ça (et c’est tant mieux). Un fragile écho d’un piano en chambre plus tard (Matin), l’ombre de la géante Sylvia Plath plane sur The Only Thing To Come Is The Sea, adapté librement en français (pour une partie) et soutenu musicalement par une cavalcade (post) rock quelque peu cliché et en manque de lâcher prise. Peu importe, tant Soir, émouvant air de violoncelle, réconcilie les possibles (Worrytrain vs Helios, ce genre), prélude évident au spoken word dématérialisé d’Atkinson sur Forest (for Maria Kotalska). Le tout est conclu par l’hommage Johnny And June, où Sylvain Chauveau endosse le chapeau de David Pajo pour mieux nous rappeler que l’écho de Will Oldham avait traversé l’Atlantique tout en honorant de sa grâce la fin de vie du grand Johnny Cash.

 

Un disque : Louisville A Silent Effort In The Night (debruit&desilence)


LouisEville - Louisville

The Only Thing To Come Is The Sea - Louisville

04/05/2009

Felicia Atkinson – La La La

feliciaatkinson-lalalaTout compte fait, la présence de Felicia Atkinson sur le label japonais minimaliste Spekk relève de l’ordre le plus naturel des choses. Reprenons les choses dans l’ordre, quelque part en 2006. Encore Parisienne, la musicienne et illustratrice conjugue ses efforts à la délicatesse poétique de Sylvain Chauveau, pour un duo épistolaire absolument remarquable, où l’intransigeance sonore du duo japonais Opitope (signé sur Spekk, tiens, tiens) confrontait ses trouvailles à un spoken word à la sourde tragédie épurée (Roman Anglais, O Rosa). Deux années plus tard, la demoiselle liait sa destinée à Elise Ladoué au sein du projet Stretchandrelax, pour un disque en tous points sensationnel de dépassement micro-folk allant droit à l’essentiel (…/ Instead of Buying Shoes, Nowaki).

Oeuvrant en solo pour la première fois, encore que le sieur Chauveau ait mis la main à la pâte, Atkinson s’est emparée d’instruments maison (une guitare acoustique, un piano, un glockenspiel, des field recordings) pour décorer – en toute intimité – les nuances überminimalistes de son œuvre, prenante et enivrante au fil des écoutes. Il suffit qu’elle s’empare d’un piano bien (ou mal) tempéré pour que la grâce inquiète de sa poésie lunaire rejoigne sous la voûte céleste un No Wedding aux échos emmurés d’Half Asleep. Au-delà de la démarche, improvisée bien qu’éditée, c’est avant tout la cohérence intime des onze morceaux qui impressionne, que la guitare prenne les commandes sur quelques arpèges simplement belles (Guitar Means Mountains) ou qu’un mélodica accompagne une voix, celle de Nico au petit matin, maladroite comme elle est sensible (Blue Walls). Elle a beau affirmer que ‘les couleurs changeantes sont néfastes pour la santé morale’, la fréquentation habitée de ses miniatures soniques donne aux froids hivernaux un manteau de chaleur humaine dont on ne peut plus se passer.

 

Un disque : Felicia Atkinson La La La (Spekk)


No weddingNo Wedding - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

courirCourir - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

30/12/2008

Playlist # 3 - Top 10 2008


10/11/2008

Felicia Atkinson en solo, lo, lo

feliciaatkinson-lalalaArtiste discrète comme elle est indispensable, Felicia Atkinson la Parisienne est l’auteur – en compagnie d’Elise Ladoué - d’un disque absolument saisissant de minimalisme folk über lo-fi, must de l’année 2008. Dorénavant totalement seule aux commandes de son premier opus solo, la compagne de Sylvain Chauveau retrouve sur le très recommandable label japonais Spekk (Opitope, Jefre Cantu-Ledesma) un terrain de jeu propice à une bouleversante fragilité. Qui rime toujours un peu plus avec beauté.

 

En écoute sur le label

Un disque : Felicia Atkinson La La La (Spekk)

08/07/2008

Stretchandrelax – …/Instead Of Buying Shoes

stretchandrelax-insteadPartenaire du grand Sylvain Chauveau sur le tout récent Roman Anglais (et son spoken word d’une immense délicatesse), Felicia Atkinson, ici complice d’Elise Ladoué, ne pouvait décemment nous décevoir pour sa première collaboration avec le label Nowaki. Disons-le tout de suite, le résultat dépasse toutes les espérances, fussent-elles intransigeantes et d’un accès d’aisance toute relative. Entre les expériences vocales d’une Half Asleep quand elle récite le Nowhere, Somewhere sur son Split LP avec SRX, les clochettes d’une Colleen revisitant l’univers parallèle d’Arca (tiens, encore Sylvain C.), Atkinson et Ladoué font preuve d’un sens absolument saisissant de l’essentiel, en témoigne un étonnant Ah, où tous les trucs les plus agaçants de Camille auraient été expurgés sur fond de quelques notes enregistrées sur dictaphone (comme tout le reste de l’album, du reste). Tout en empruntant à une diversité culturelle qui s’étend des débuts d’Encre jusqu’à l’univers magique du Vibracathedral Orchestra, en passant par le minimalisme dépoussiéré de Richard Crandell (dans sa version la plus bricolo), le duo Stretchandrelax prouve d’éclatante manière que la musique improvisée peut aussi avoir pour cadre une salle de jeux dépouillée pour grands enfants touche-à-tout, mi-sérieux, mi-polissons. Et nous disons encore.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Stretchandrelax …/Instead Of Buying Shoes (Nowaki)

13/03/2008

Felicia Atkinson & Sylvain Chauveau, duo magique

chauveauatkinson-romananglaisTrès délicat tant il peut virer directement à la pose intellectualisante sur fond de textes crispants, le spoken word compte en ses rangs quelques maîtres aussi rares que précieux. Parmi ceux-ci, la Parisienne Felicia Atkinson trouve en le magnifique Sylvain Chauveau une fondation sonore d’un minimalisme intransigeant, digne de l’immense Hau des Japonais de Opitope. Absolument fascinante par son obsession de l’épure apprivoisée, la ponctuation aux frontières du tragique de la poétesse abonde – en français comme en anglais – d’une tension sourde en tous points fantastique. En regard, le pourtant remarquable Pinto – cette dramatique évocation de la vie d’un ouvrier portugais - de leurs compatriotes Mendelson sonnerait presque comme de la variété.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Felicia Atkinson & Sylvain ChauveauRoman Anglais (O Rosa)

08/09/2006

MP3 : Sylvain Chauveau & Felicia Atkinson

Fusion sensorielle de la rencontre entre le grand Sylvain Chauveau et la poétesse parisienne Felicia Atkinson et témoignage intemporel de leurs performances scéniques pour guitare préparée et spoken word, quatre titres qui invitent à une méditation rêveuse sur le lien entre la note et le mot. Auditeurs de Encre bienvenus.

 

Deux mp3 : Sylvain Chauveau & Felicia Atkinson Aberdeen

Sylvain Chauveau & Felicia Atkinson How The Light