23/06/2009

Fennesz – Black Sea

fennesz-blackseaIl suffit de remonter le temps de quelques années, un peu moins de cinq, pour trouver trace de l’ultime effort en solo de Christian Fennesz  - et lequel ! – quand il parcourait la lagune vénitienne le long de ses nappes mélodiques aux dissonances délicatement saturées. Proclamé depuis l’incontournable Endless Summer pape de la génération new ambient, le Viennois confirmait, si besoin était, que sa stature n’était pas usurpée, bien que d’autres albums de Lawrence English, Jefre Cantu-Ledesma ou Wzt Hearts nous aient finalement bien plus convaincus sur la durée.

Pour un come back solo forcément  attendu, le producteur autrichien nous convie à un séjour aux bords de la Mer Noire, en des termes finalement bien similaires à ceux déjà développées dans ses œuvres précédentes. Bien entendu, le niveau de musicalité franchi par le maître de Vienne demeure tout bonnement exceptionnel de maîtrise formelle et d’inventivité esthétique (The Colour Of Three, magnifique le piano préparé de l’Australien Anthony Pateras), personne n’en disconviendra. Le rôle du critique n’étant pas de servir de caisse enregistreuse des sorties immanquables de leur temps, nous nous en voudrions cependant de ne pas remettre en question la volonté de renouvellement de Christian F. au bout de quinze années de discographie. Aussi n’est-ce qu’à demi-surprenant que les réels échos novateurs proviennent des deux morceaux en collaboration, l’une déjà citée, l’autre avec le Néo-Zélandais Rosy Parlane aux fascinants murmures post-post-industriels sur Glide. A l’image d’un autre travail en équipe paru récemment, l’essentiel Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created aux côtés de Werner Dafeldeker et Martin Brandlmayr.

 

Un disque : Fennesz – Black Sea (Touch)

The Colour of Three - Fennesz

Glide - Fennesz

26/01/2009

Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created – s/t

tilltheoldworldsblownupLe nom de ce nouveau projet de la scène viennoise peut sembler interminable, il est tout le contraire du disque, d’une pertinence rare qui raccourcit le temps au fil des trente-quatre minutes du seul morceau qui le compose (plus un second mini-CD). A la lecture des trois protagonistes aux commandes (Christian Fennesz, Werner Dafeldecker et Martin Brandlmayr), la fascination prend un sens tout particulier, nourri des œuvres précédentes Venice de Fennesz, 2 CD de Kapital Band 1 (dont Brandlmayr est le batteur) ou Autistic Daughters (Brandlmayr et Dafeldecker, plus le Néo-Zélandais Dean Roberts sur le label Kranky). Résultat d’échanges répartis sur plus de quatre longues années, Till The World… intègre à merveille les racines de ses inspirations, du merveilleux jazztronica du 2 CD déjà cité aux décombres americana d’une vibrante chambre d’écho, en passant par la verticalité ligetienne de passages extirpés d’une odyssée de l’espace d’une cohérence pratiquement unique à un tel niveau d’accomplissement. Le second mini-disque regroupe les trois compositions – une par membre du trio – qui forment le cœur de la pièce principale et intéressera surtout les dissecteurs impitoyables qui veulent comprendre à tout prix les tenants et aboutissants de ce monde explosé en voie de recréation.

 

En écoute sur Juno

Un double disque : Till The Old World’s Blown Up And A New One Is Created s/t (Mosz)