12/02/2013

Julia Holter – Ekstasis

Julia Holter, singer songwriter, songwriting feminin, folktronica, experimental, rnvg intl., domino, critiqueAprès un cru 2012 on ne peut plus faste qui l’aura vue fréquenter une multitude de tops de l’année (pas celui de votre serviteur mais il s’en est fallu de peu), Julia Holter est de retour avec le… même album. La différence ? Le label, mon cher, puisque de l’ultraconfidentiel Rvng Intl., la New-Yorkaise est passée à la grosse écurie Domino. Pour le reste, on ne peut que répéter les multiples louanges de cet Ekstasis toujours aussi extatique. Numéro d’équilibre subtil où l’éther de Beach House vient côtoyer les expériences d’une Laurie Anderson, le disque continue, écoute après passage, d’enchanter les écoutilles, surtout si elles ont déjà été séduites en leur temps par Midaircondo, Maja Ratkje ou Islaja. Une séance de rattrapage indispensable, quoi.

 

Un disque : Julia HolterEkstasis (Domino)

24/03/2011

The Banjo Consorsium – A Turning One

Mariage déroutant (ou pas)banjo_consorsium-turning.jpg entre la musique folk nord-américaine et l’electronica tendance pop ambient, A Turning One dévoile, après une période d’adaptation nécessaire, de très jolies choses. Œuvre du Québécois The Banjo Consorsium, alias (on s’accroche au manche) Jacques-Philippe Lemieux-Leblanc, le disque inscrit dans ses gênes dans les pas des songwriters d’outre-Atlantique (M. Ward vient directement à l’esprit), à l’instar du finalement très pop hymne Burning Feet en ouverture des (pacifiques) hostilités. Là où la démarche gagne en individualité, c’est quand les échos digitalisés de Taylor Deupree ou Ghislain Poirier s’invitent à l’unisson. A l’instar des superbes travaux du Breton de Belgique Christophe Bailleau aux côtés du baroudeur folk américain Neal Williams, mais en mode solo uniquement, Lemieux-Leblanc imprime une touche électronique, la sienne penche toutefois très nettement du côté de l’electro-pop façon Fedaden (tiens, une des autres signatures Nacopajaz). Quelques accrocs, toutefois, viennent perturber l’harmonie. On note sur Name April une incongrue intervention de cordes synthétiques douteuses ainsi qu’un démarrage traînant en longueur sur Rocky (mais la machine lancée, elle est d’une vigueur inarrêtable).  Au-delà de ces quelques regrets, les quelques titres chantés, notamment la très Under Byen-like collaboration Until Morning avec la vocaliste danoise Sara Savery sont totalement délicieux. Extrêmement accessible, en tout cas parfaitement mélodique, les douze morceaux méritent bien davantage qu’un simple crochet distrait.

Un album (download only) : The Banjo ConsorsiumA Turning One (Nacopajaz)

09/02/2011

Piiptsjilling – Wurdskrieme

piipsjtilling.jpgRégion du nord des Pays-Bas dont la réputation tient essentiellement au… patinage de vitesse – pour qui le stade couvert de Heerenveen représente le même statut iconique que Wembley en football, la Frise possède également pour particularité de conserver la vivacité de sa langue, dont les sonorités gutturales ne sont pas sans évoquer les idiomes scandinaves. Hors de toute idée véloce imaginée sur des lames coupantes, Wurdskrieme (Le Cri des Mots)  de Piiptsjilling conserve l’usage exclusif du Frison, sous la plume insolite de Jan Kleefstra (dont les textes sont traduits en anglais dans le livret). Aux côtés de son comparse de frangin Romke Kleemstra, mais aussi des essentiels Machinefabriek (aka Rutger Zuyderveldt) et Soccer Committee (alias Mariska Baars), il développe des atmosphères nocturnes totalement enveloppantes. Qu’elles soient en duo féminin-masculin (le magnifique Unkrûd), "simplement" accompagné d’un long drone obscur éclairé de quelques notes de guitare ou en solo (Tsjsutere Leaten ou Sangerjende Wyn) épaulé de craquèlements torrentiels et orageux, les déclinaisons en spoken word du musicien néerlandais ne tardent guère à faire leur effet. Prenant le temps de la langueur fugace (sans jamais donner des signes de paresse), échafaudées sur des structures tactiles aux traits inquiétants, le second opus du quatuor tient toutes ses promesses crépusculaires – et même davantage.

Un disque : Piiptsjilling – Wurdskrieme (Experimedia)


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17/11/2010

Squares On Both Sides – Salt Meadows

SQ_SM_Cover_150.jpgHomme connu pour la retenue mélodique de son œuvre folk aux structures réductionnistes, Daniel Bürkner aka Squares On Both Sides enrichit quelque peu son propos dans ses habits de 2010. Intégrant, outre son habituelle guitare acoustique, des instruments à la présence discrète bien qu’affirmée (un piano, un ukulélé, un mélodica mais, aussi et surtout, de l’electronica), le Munichois joue au Légo dans son univers, décorant subrepticement la mélancolie jamais simpliste de son propos de touches de couleurs pêchées au début de l’automne. Envisageant la nature dans un processus infini où Marcus Fjellström poserait la nappe à carreaux sur la terrasse de Sylvain Chauveau, plus précisément au son du Singular Forms (Sometimes Repeated) du musicien français, Bürkner invite à la méditation personnelle. Toutefois, à la différence notable de Chauveau sur son dernier album, la vision de SOBS est davantage empreinte de chaleur, fût-elle légèrement triste (sans être tourmentée). Et sans jamais nous serrer le cœur, la musique de Salt Meadows nous invite, lentement mais sûrement, à la table de notre hôte, tel un vieil ami qu’on aimerait mieux connaître s’il ouvrait tout grand le champ/chant de ses nouvelles perspectives.

 

Un disque : Squares On Both Sides – Salt Meadows (Own Records)

09/03/2010

Small Color – In Light

smallcolor-inlightDes chansonnettes nipponnes folktronica qui embrassent à défaut d’étonner. La suite sur le Grisli.

 

Un disque : Small Color In Light (12K)

05/08/2009

Pepper And Bones – One

pepperandbones-oneLentement et en toute sérénité electronica, nous nous sommes habitués à la soyeuse élégance des productions de Me Raabenstein, sous ses diverses appellations, seul ou en collaboration(s). Adepte des liaisons inattendues, le Berlinois a déjà mis en scène le hip-hop face à son laptop (Sqaramouche), le classique à l’ére du numérique (Slowcream) ou le jazz vs l’électronique (Langer & Raabenstein).

Pour leur première version en tant que Pepper And Bones, Raabenstein et son comparse Ju Bartolomäus dévoilent un goût manifeste pour la folk music, qu’ils dissimulent à l’envi sous des airs souls aux relents – vous l’avez deviné – électroniques. Toujours très propres, on aimerait parfois plus de Sturm und Drang et moins de froideur, les compositions du boss de Nonine et de son complice Ju dénotent un savoir-faire absolument convaincant. Quand il se marie au spoken word de Bartholomäus – et son timbre à la Tom Waits – on est même carrément ravi, gros coups de basse en sus.

 

Un disque : Pepper And BonesOne (Nonine)


Holy O - Pepper And Bones

Jacqui - Pepper And Bones

29/03/2009

Squares On Both Sides – Indication

squaresonbothsides-indicationLe nom de Daniel Bürkner, alias Squares On Both Sides, timide teuton aux accents folk(tronica) d’une touchante sincérité fragile, rappellera – peut-être, pas sûr – quelques souvenirs des visiteurs d’une des dernières éditions du RhâââLovely Festival, qui avaient découvert ce jour-là un jeune homme introverti caché derrière une guitare trop petite pour sa grande carcasse longiligne. Trois (ou quatre ?) années plus tard, l’impression scénique mitigée laisse la place, définitivement acceptons-en l’augure, à des chansons d’une acuité mélodique discrète et remarquable de longueur en oreille, au bout de quelques écoutes cependant. Au-delà des références trop faciles (Nick Drake, Elliott Smith) que des chroniqueurs fatigués balancent à chaque jeune homme muni d’une guitare acoustique, l’univers précieux – au sens cardiaque du terme – du songwriter allemand s’enrichit de field recordings d’une absolue sobriété (enregistrés à Kyoto), parfois enveloppés d’une electronica tout sauf traumatisante pour les tympans. Quand d’autres instruments tentent une incursion, à l’image du mélodica doucereux de Temples 2, la promenade zen du Munichois achève de nous convaincre de dérouler le tapis de prière sous l’arbre de printemps, pouces et indexes joints vers un avenir qu’on lui souhaite radieux et contemplatif.

 

Un disque : Squares On Both SidesIndication (Own Records)


Pripyat - Squares On Both Sides

Author - Squares On Both Sides

23/01/2009

Soccer Committee & Machinefabriek – Drawn

soccercommitteemachinefabriek-drawnQuestion: Rutger  Zuyderveldt a-t-il trouvé la recette pour rester éveillé 24h sur 24, 7 jours sur 7 ? Au rythme actuel de ses productions, sur lequel la rubrique Love On The Bits est revenue le mois dernier, le doute est permis, tant le niveau de constance dans la qualité supérieure de sa démarche reste impressionnant. Associé à sa compatriote néerlandaise Mariska Baars, alias Soccer Committee (c’est loin d’être une première), Machinefabriek tisse des atmosphères d’une délicatesse incomparable à un tel niveau de connivence entre l’electronica dépouillée, la folk et l’acoustique contemporaine, magnifiée de la voix sublime de Baars, au phrasé élégant et qui ne force jamais la note (écoutez Di-o-day, vous nous en donnerez des nouvelles), à l’instar de Tara Jane O’Neil en ses meilleurs moments et ils sont nombreux. Inutile d’ajouter qu’un tel disque, long de ces vingt-quatre courtes minutes, ne voit son intérêt croître qu’au fil des écoutes, que nous vous souhaitons nombreuses.

 

Un mp3 : Soccer Committee & Machinefabriek Cristopher (for Suzanne) 

Un disque : Soccer Committee & Machinefabriek Drawn (Morc Records)

17/12/2008

V/A - BiP_HOp Generation Vol. 9 (II)

biphopgenerationvol9Le changement d’atmosphère est radical quand on aborde le monde paisible et éthéré de l’Ukrainien Andrey Kiritchenko. Ses field recordings d’une nature automnale où chants d’oiseau et pas dans les feuilles mortes décorent de leur sereine quiétude une guitare acoustique aux frontières de l’élégie et du surnaturel, sur fond de mélodica mélancolica (A Walking Distance To My Happiness). Par comparaison, l’autre morceau Liberation est presque solaire, imaginez-le toutefois en fin de soirée aoûtienne, lorsque les grillons garnissent de leur répétitivité des notes de cloche et de guitare d’un apaisement sonore qu’apprécieront les fidèles de F.S. Blumm.

Pour ne pas changer les habitudes – et pour encore mieux illustrer la diversité du label – l’ensemble italien Illàchime Quartet débusque un tout autre registre, quelque part entre un jazz pianistique à la Ervin Schulhoff, un violoncelle à la Gavin Bryars et une post pop cinématique dans les marges de We vs Death. La confrontation, si elle est osée, n’est pas complètement aboutie.

 

A suivre...

12/11/2008

Koen Holtkamp – Field Rituals

Koen Holtkamp – Field RitualsNew-Yorkais d’adoption, le nom de Koen Holtkamp ne peut masquer les origines néerlandaises de son porteur, nouvelle signature du passionnant label Type. Entendu – et approuvé – lors d’un concert estival dans un vaisseau molenbeekois de moins en moins secret, et c’est tant mieux, la folktronica (pour faire vite) de Holtkamp marie instruments acoustiques, field recordings, graines, papier et autres objets, l’électronique formant le liant étiré d’atmosphères entre pâle tiédeur et fraîche moiteur. Combinée au visuel du concert, la démarche de l’artiste hollando-américain est fascinante, transposée sur disque, elle est simplement intéressante. N’est-ce pas Christophe qui chantait J’Aime L’Ennui ?

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Koen Holtkamp Field Rituals (Type Records)