21/11/2008

Broadcast 2000 – Building Blocks

broadcast2000-buildingblocksSous ses dehors très – trop ? – sages, Broadcast 2000 (rien à voir avec le duo électro pop Broadcast) est un sacré farceur, amateur sans doute de la Suite de jazz N° 1 de Chostakovitch, qui a tout d’une valse et rien du jazz et qui est une influence manifeste de l’introductif Run. De sa folk music solaire au parfum d’oasis (le lieu, pas le groupe), il élabore des mélodies pop d’une douceur joviale, tout en reprenant à son compte des danses traditionnelles que n’auraient pas reniées le grand Paul Simon himself. Profondément musicale et hédoniste, sans pour autant tomber dans le piège de la vulgarité ou du poujadisme, la démarche de Joe Steer mérite un respect conséquent qui n’attend plus que le premier album longue durée.

 

En concert au Beurs (Bruxelles) le 6 février

En écoute sur MySpace

Un EP : Broadcast 2000 Building Blocks (Grönland)

06/04/2008

Hans-Joachim Roedelius & Tim Story – Inlandish

hans-joachim-roedelius-tim-story-inlandishElles sont bien trop respectueuses du passé, les compositions néo-classiques du musicien américain Tim Story, ici accompagné de la légende de l'ambient Hans-Joachim Roedelius. Dans un terrain en éternelle friche où Benjamin Lew labourait déjà les convenances dans les années quatre-vingts et où l'impeccable Sylvain Chauveau creuse un sillon d'une splendide acuité minimale (de Un Autre Décembre au tout récent et formidable Nuage), le duo germano-yankee propose des morceaux certes d'une parfaite beauté formelle, que vient gâcher une absence d'émotion à nous faire prendre le dernier Johann Johansson pour les plus bouleversantes des œuvres de Henryk Mikolaj Gorecki. Ceci dit, si vous aimez la musique romantique vaporeuse, vous trouverez définitivement votre compte sur cet Inlandish démesurément compassé. 

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Hans-Joachim Roedelius & Tim Story Inlandish (Grönland)

11/11/2007

Metric – Grow Up and Blow Away

metric-growupNous la connaissons tous, la belle histoire d’Emily Haines. Des débuts difficiles, un premier album enregistré à la sortie avortée, un deuxième album échappé dans le film Clean, un single imparable d’évidence (Dead Disco) qui leur vaut une reconnaissance internationale, avant un décevant troisième essai en 2005 (et une première partie des Rolling Stones), sans même parler du très moyen disque solo de la demoiselle (bien loin des références Marissa Nadler ou Meg Baird). Deux années plus tard, nous voici de retour en 1999, pour la sortie (enfin) de ce Grow Up…, le ci-devant nommé premier opus avorté. A l’époque, Metric n’est encore qu’un duo (Haines et le guitariste Jimmy Shaw), le genre n’est pas encore aux sauts de cabri, plutôt à une pop gentillette, voire primesautière. Tels des Cardigans en phase de poussée hormonale, le duo de Toronto multiplie les chansonnettes sympathiques, et il n’y avait pas de quoi ressusciter ce succédané d’indie pop aussi léger que provisoire.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Metric Grow Up and Blow Away (Last Gang Records / Grönland)

24/08/2006

Petra Jean Phillipson – Notes On: Love

La chronique tardive d'un très bon disque sorti fin 2005, dans une indifférence coupable.

 

Une belle jeune femme, mystérieuse et sensuelle, orne la pochette de Notes On: Love, c’est Petra Jean Phillipson herself en couverture de son premier opus. Ne vous fiez pas à l’obscurité ravageuse de ce (bel) objet, nous ne voguons pas ici dans les eaux noirâtres et suicidaires d’Elizabeth Anka Vajagic, ni même dans la tourmente blessée de Thalia Zedek. C’est plutôt du côté du folk mélancolique et néanmoins charmant d’une Edith Frost (voire d’une Joan Baez en séjour club chez James Yorkston) que nous irons chercher nos références tant la même démarche mélodique discrète hante l’esprit hanté des deux chanteuses. Peroxydée en majuscules dans une sollicitude qui évoque épisodiquement la rencontre fortuite entre Howe Gelb et Emilie Simon, la musique de cette artiste déjà trentenaire (soit l’âge auquel l’immense Lisa Germano a sorti son premier album) pèche certes par son manque de force mélodique, pour les hits en boucle sur Radio Nova, on repassera c’est sûr. Néanmoins, les contours ombragés de ses ritournelles discrètes méritent plus qu’une halte précipitée à l’ombre des remparts de la solitude et nous incitent à planter pour longtemps notre tente dans les jardins secrets d’une songwriter de grand talent.

 

Deux mp3 Petra Jean Phillipson One Day

Petra Jean Phillipson Independent Woman

Un disque : Petra Jean Phillipson – Notes On: Love (Grönland)