17/09/2009

Lightning Dust – Infinite Light

Lightning-Dust-Infinite-Light-477508Les premières secondes de la lumière, infinie comme elle est belle, l’indiquent, c’est un grand disque, celui du duo américain Lightning Dust, qui nous attend. Promenades élégiaques au son d’un piano bleuté et d’un orgue atténué, accompagnements de guitare d’une subtile discrétion, tout concourt à faire de cette Antonia Jane une des chansons coup de cœur de l’année. La suite est, sinon du même acabit, parfaitement recommandable, elle aussi. Entre compromis idéal entre Belle & Sebastian et The Kills (I Knew) et déclinaisons empoisonnées des Fiery Furnaces (The Times), les duettistes Amber Webber / Joshua Wells (tous deux membres de Black Mountain, par ailleurs) trouve le ton juste, la manière compositrice en sus. Romantique quand il faut, sans la moindre compassion adolescente svp (Never Seen), il tire tout le sel de la voix très sensuelle de Melle Webber, empreinte d’un vibrato à la Frida Hyvonen et d’une puissance très maîtrisée qui rappelle Martha Wainwright. Pleinement assumé, jusque dans ces excès (les trémolos de History, par exemple), Infinite Light risque d’encore faire parler de lui, et en (très) bien.

 

Un disque : Lightning Dust Infinite Light (Jagjaguwar)

 


Antonia Jane - Lightning Dust

The Times - Lightning Dust

12/04/2009

Parts & Labor – Receivers

partsandlabor-receiversUn temps, très long, celui de trois albums passés à l’as de ce côté de Brooklyn, Parts & Labor formait un duo noisy punk, celui de Dan Friel (voix, électronique) and BJ Warshaw (voix, basse). Dorénavant quatuor, suite à l’arrivée du batteur Joe Wong et de la guitariste Sarah Lipstate, le combo new-yorkais en profite pour entamer un virage psych pop entre punk contemporain et madeleine seventies nourrie du jeune Wire et, surtout, du Before And After Science de Brian Eno, référence absolue et incontournable.

Ce qui frappe avant tout, c’est l’évidence mélodique de certains titres, dont la ligne vocale particulièrement soignée doit faire le miel des oreilles de Colin Newman (Nowheres High). Moins recherchés, certains passages du duo basse-batterie sonnent par trop entendus, mais éparpillés en quelques instants vite oubliés, ils ne gâchent pas le plaisir, aux franges de l’apocalyptique et de la crise de nerfs (Mount Misery). Faisant fi de toute hésitation entre passé et présent, Parts & Labor transcende sa crainte d’un avenir dominé par une technologie sinistre et nous ouvre les portes de lendemains où il fera bon être leur receveur.

 

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)


Nowheres High - Parts & Labor

Little Ones - Parts & Labor

23:32 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, punk, critique, jagjaguwar, parts labor |  Facebook |

20/02/2009

Julie Doiron, en elle-même, différente

juliedoiron-icanwonderChaque étape du parcours de Julie Doiron nous révèle, un peu plus, un peu mieux, l’étendue de sa riche personnalité. Minimalisme anti-folk à l’époque de Heart And Crime (2002) ou pop songs classe en 2007 pour Woke Myself Up, la chanteuse du New Brunswick enivre de sa simplicité coutumière. Anno 2009, le nouvel épisode I Can Wonder What You Did with Your Day nous la présente sous la vareuse d’une Sugar Kane qui se souvient de son séjour son premier indie rock band Eric’s Trip. Sincerely hers.

 

Un disque : Julie Doiron I Can Wonder What You Did with Your Day (Jagjaguwar)

 


Consolation Prize - Julie Doiron

17/12/2008

Parts & Labor, real post punk's not dead

partsandlabor-receiversPost punk’s not dead, le krautrock non plus! Une preuve, un indice ? Rendez-vous du coté des Ricains de Parts & Labor, trio devenu quatuor dont les chansons hyper-dynamisantes rappellent, sans le singer, l’héritage de Wire (ils en assureront la première partie d’une tournée allemande) et de Mission Of Burma. On vérifiera tout ça en février sur scène, lors d’un mini-trip franco-belge (Gand, Liège, Bruxelles, Bordeaux, Nantes et Paris) à forte teneur explosivo-apocalyptique.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Parts & Labor Nowheres High

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)

03/12/2007

Richard Youngs rules

richardyoungsUne des plus belles chansons de l'année, ce Low Bay Of The Sky du grand Richard Youngs. Extraite de son nouvel (et énième) album Autumn Response sur Jagjaguwar, cette magnifique ballade à la guitare acoustique expurge pour de bon toutes les minables tentatives d'un Justin Nozuka, descendu en flammes – et avec plein d'à propos – par le camarade ToX. Une dragée Fuca, quelqu'un?

 

Un mp3 : Richard Youngs – Low Bay Of The Sky

Un disque : Richard Youngs Autumn Response (Jagjaguwar)

08/02/2007

Julie Doiron – Woke Myself Up

juliedoiron-wokemyselfupC’était fin 2005, le Théâtre Molière grelottait dans un froid de canard de fin novembre. Emmitouflé dans un manteau qui avait dû être jeune un jour, je me cachais, les yeux de saison, une voisine arachnéenne lançait des perches à un jeune homme évadé d’une publicité Carhartt, sur la scène Julie Doiron ne quittait plus son écharpe bleue marine, tapis dans l’ombre les Herman Düne épiaient tendrement. Embaumée d’une fragilité toute érotique, la chanteuse canadienne, guitare prise dans la fonte des glaciers, me léchait tendrement le creux de l’oreille, je ronronnais, je frissonnais. Quinze mois – mouvementés parfois, ronronnants souvent – nous séparent de ce moment précieux, j’espère le revivre – intensément – en compagnie de Woke Myself Up, septième album de l’ancienne bassiste de Eric’s Trip.

 

En écoute sur Boomkat

Deux mp3 Julie Doiron – No More

Julie Doiron – You Look So Alive

Un disque : Julie Doiron – Woke Myself Up (Jagjaguwar)

22/01/2006

Odawas – The Aether Eater

Le voyage, commencé dans une tribu de la région des Grands Lacs qui avait donné son nom au groupe, avait débuté sous les murmures des cloches psychédéliques, telle une messe du dimanche matin où la Bible serait le Pink Floyd de 1967 (The Astronaut). Le rythme s’accélérant, les guitares sixties louvoyaient dans un trip venteux et synthétique dont on regrettait qu’il ne fasse que deux bonnes minutes (If It Smells Like A Rain Cloud). Un interlude à la Panda Bear plus tard (Benjamin), nous ne quittions pas les ambiances hallucinogènes et nous croyions nous replonger dans un délire psychotique. Hélas, The Golden Fog voguait trois trips en retard sur l’incroyable Banshee Beat des géniaux Animal Collective, tant les harmonies semblaient pauvres en comparaison. Bonne âme, Art Garfunkel venait à la rescousse sur The Unnamed Sphink, qui semblait inaugurer un genre nouveau, que nous pourrions qualifier sans trop nous tromper de space country. De passage dans un vidéo club, le groupe américain, hésitant entre In The Mood For Love et Twin Peaks, se décida à ne pas décider et mixa les deux pour un résultat aux franges de l’inquiétude et de l’obscurité (Ant Man Messiah Elijah), ce qui réveilla des orgues un brin trop ostentatoires et démonstratifs sur l’insondable Kids. La nuit devenait crépusculaire et des ombres effrayantes, sorties d’un Full Metal Jacket sous LSD, nous rappelaient notre pauvre état de mortel. Hélas, le chemin de la guérison devait passer par un solo de saxophone ridicule et bancal (Song Of Temptations) alors qu’un OVNI, balançant entre grandiloquence et jaunisse, nous prouvait qu’en quelques secondes, Odawas était capable de passer du génie au traumatisme. Et si globalement, le groupe ne parvenait pas toujours à gérer la démesure de son propos, nous savions que nous ne nous gâcherions pas la journée en profitant des nombreux bons moments d’un disque à l’inaboutissement prometteur.

 

Deux mp3 : Odawas Benjamin

Odawas The Unnamed Sphinx

Un disque à paraître : Odawas The Aether Eater (Jagjaguwar)

12:16 Écrit par Fab | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : odawas, jagjaguwar, mp3, pop, critique |  Facebook |