01/02/2009

zeitkratzer égratigne le temps

zeitkratzer_HalbTotale_Andreas_HarderEnsemble de musique contemporaine – dans son versant le plus dépoussiéré et moderne – fondé voici une dizaine d’années par le pianiste berlinois Reinhold Friedl, zeitkratzer (égratignure du temps en allemand) confronte depuis ses débuts l’avant-garde instrumentale (John Cage, Stockhausen, La Monte Young…) et la musique électronique. Parution majeure, le coffret Electronics – trois disques également disponibles séparément – confirme le statut unique de la formation germanique dans le petit monde des musiques nouvelles et/ou improvisées. Sans compter qu’il inaugure le propre label de l’ensemble, à la dénomination forcément éponyme.

 

Familiers d’un répertoire qui les voit voltiger entre grands noms de la musique savante du vingtième siècle – mais en dehors de tout académisme – et musiciens ‘populaires’ (dont Lou Reed et son Metal Machine Music, repris avec l’approbation explicite de l’ex-Velvet Underground), la dizaine de membres de l’orchestre met un malin plaisir à brouiller les pistes. Tantôt l’élitisme gronde le populaire, tantôt le rock et l’electronica technoïde dévergondent les musiques atonales, jamais la recherche esthétique ne se subordonne pas à l’expérimentation inaboutie.

 

Enregistrées dans leur majorité dans divers festivals et lieux de concerts européens (Le Lieu Unique à Nantes, le Digressions Festival de Barcelone, le Donaufestival de Krems, Autriche) ainsi que dans leur tanière berlinoise de la Volksbühne, les trois collaborations réunies en ce projet ont pour fil rouge – c’est bien le seul – une absolue indépendance de vue, en dehors de toutes conventions ou de tout formalisme formolisés. Il faut dire qu’on ne réunit pas impunément des esprits aussi libres que Carsten Nicolai, Keiji Haino et Terre Thaemlitz sans prendre quelques risques de clash artistique, il y en a et nous y reviendrons, dans un jeu brûlant qui vaut toutes les chandelles transversales.

 

A suivre...

 

Un coffret : zeitkratzer Electronics (zeitkratzer)

10/11/2008

Keiji Haino + Merzbow = Kikuri

Kikuri - Pulverized PurpleLa feuille de presse le dit, Pulverized Purple de Kikuri – l’incendiaire combinaison des papes japonais de la noise music Keiji Haino et Masami Akita (Merzbow) – est la prise sur le vif d’un concert donné le 21 mai 2007 au Festival International de Musique Actuelle de Victoriaville (Canada). Dit de cette manière, ça peut faire penser à une bizarrerie bruitiste de plus, passée l’écoute de ses cinq morceaux de bravoure (dont les trente minutes du morceau titre), l’impression d’être le seul survivant de l’apocalypse domine, de tout sa rage décibellique. Seule au monde.

 

En écoute sur SquidCo

Un mp3 : Kikuri That Place From Which You Fell Was Lined With A Cushion Of Pain And Is No Proof Of Your Continuing Existence

Un disque : Kikuri Pulverized Purple (Victo Records)

02/11/2008

Keiji Haino et la vielle à roue, take III

Hainto21stCenturyArtiste protéiforme dont les variables stylistiques transcendent les genres dans leur multitude, Keiji Haino poursuit ses explorations de la roue à vielle (électrifiée), entre drones zarbi et noise fêlé, chacun unique en leur genre. Nouvelle production du musicien japonais, la troisième sous la bannière de 21st Century Hard-y Guide-y Man, Koitsukara Usetaitameno Hakarigoto s’annonce déjà comme une avancée majeure dans l’abondante discographie d’un artiste au-dessus de tout soupçon.

 

En écoute sur SquidCo

Un disque : Keiji Haino Koitsukara Usetaitameno Hakarigoto (P.S.F. Records)

13/07/2008

Kan Mikami

kanmikami1Figure totalement méconnue du blues, en tout cas de ce côté de l’Eurasie, le Japonais Kan Mikami approche pourtant la soixantaine (il est né en 1950). Collaborateur de bien des fous furieux de la planète (John Zorn, Keiji Haino, entre autres), le singer songwriter nippon n’est certes pas à la tête d’une discographie pléthorique – quelques albums solo en tout, et ils sont d’une qualité et d’un aplomb expressionniste exemplaires. Petit dernier du chanteur de Vajra (le trio qu’il emmène aux côtés de Keiji H. et du batteur Toshiaki Ishizuka), Juw est comme de coutume fidèle au label P.S.F, donc introuvable en nos succursales discographiques aseptisées. Restent les disquaires du web…

 

En écoute sur LastFM

Un disque : Kan Mikami Juw (P.S.F. Records)