25/08/2009

Delicate Noise – Filmezza

DelicateNoise-FilmezzaL’évidence s’impose, les grands maîtres électroniques d’un passé plus (Kraftwerk) ou moins (Boards of Canada) récent continuent de marquer de leur empreinte les projets contemporains. Voici à peine quelques mois, la très excitante vision synth krautrock des islandais Evil Madness nous faisait tripper d’angoisse en multicolor zygomatique, pour une visite en profondeur de l’esprit faussement sérieux de Ralf Hütter & co. Le milieu de l’année franchi, le Delicate Noise du producteur chicagolais Mark Andrushko empreinte les sentiers stellaires des Ecossais auteurs de Music Has The Right To Children, avec faconde et amplitude.

Profondément mélodique et céleste, la vision du musicien américain débouche sur des airs où un mini-opéra cosmique jubilerait au son d’un good trip émotif. Basée sur des nappes où le velours de Butterfly Envy aspire à la sérénité acidulée de OOOOO1, sa musique humecte sans prévenir des beats évadés de l’ultime opus des BofC (le splendide Trans Canada Highway), tout en incorporant – c’est l’une de ses originalités – des field recordings vocaux aux estivales évocation.

Très linéaire et accessible, l’ensemble dégage une zen attitude à mille lieux des infâmes clichés du Buddha Bar. Derrière son apparente légèreté, le travail sonore d’Andrushko est tout bonnement remarquable, entre synthèse électronique et chaleur mélodique, voire échos de pop music façon Pierre Henry (tout de même). L’un dans l’autre, malgré l’inutile tranche en sous-Venetian Snares We Like Mercury, la très grande beauté sonore de ce disque impressionne et subjugue.

 

Un disque : Delicate Noise – Filmezza (Lens Records)


Butterfly Envy - Delicate Noise

Polaroid Picture Taking - Delicate Noise

03/07/2009

Beehatch – Brood

beehatch-broodQuand un membre de Download, Dead Voices On Air et de Zoviet*France (Mark Spybey) retrouve son partenaire downloadien Phil Western (Kone, Plateau), on peut s’attendre à une ce que la veine post-industrielle de leurs origines refasse surface. Hormis sur l’initial Edison Medicine, et ses inquiétantes rumeurs aux splendides réminiscences de Throbbing Gristle, le duo Beehatch évite de se regarder le nombril et se tourne vers une musique synth kraut éprise des seventies tout en oubliant de verser dans un passéisme compassé.

L’ami Spybey ayant tourné avec Can, Damo Suzuki, Cluster, Michael Rother et Dieter Moebius, l’évolution de ce second effort du groupe vers des sphères planantes n’étonne guère. Globalement satisfaisantes, les compos n’évitent toutefois pas certains clichés synthétiques, voire versent dans une mystique himalayenne qu’on croyait adultes non admis (On Ideal Wings). On se console toutefois bien vite avec le free jazz à la crudité atmosphérique de Du Du Horn, bizarrement enchaîné à une célébration underground où Tom Waits mettrait l’habit de Jaki Liebezeit. Une sacrée bizarrerie que ce disque, tourné entre influences passées et expérimentations futures.

 

Un disque : Beehatch – Brood (Lens Records)


Du Du Horn - Beehatch

Türkische Hasa - Beehatch