21/02/2013

Einstürzende Neubauten – Live At Rockpalast 1990

neubauten-live.jpgEnregistré à Düsseldorf en 1990 pour la chaîne WDR, qui nous le propose dans le même boîtier en CD et en DVD (d’ailleurs très bien filmé), Live At Rockpalast 1990 de mes vénérés Einstürzende Neubauten comporte son lit de titres devenus classiques – pour ne pas dire légendes, qu’on songe à Prolog, Feurio, Der Tod ist ein Dandy ou Haus der Lüge – en fait, on pourrait citer l’intégralité des seize morceaux. Témoignage supplémentaire, mais était-ce encore nécessaire de le préciser, de l’importance unique occupée par la bande à Blixa Bargeld, FM Einheit & co, le concert démontre à foison que le quintet berlinois savait reproduire avec un brio inouï les atmosphères inquiétantes de ses enregistrements de studio. Tout en demeurant fidèles à une ligne de conduite entre dandysme noise et colère rock, que Blixa B. a par ailleurs poursuivie sous une note technoïde aux côtés d’Alva Noto, les nouvelles constructions écroulées demeurent, plus de vingt ans après les faits, d’une formidable actualité moderne.

 

Un disque : Einstürzende Neubauten – Live At Rockpalast 1990 (MiG-Music/WDR)

21/01/2013

Sonic Youth – Smart Bar Chicago 1985

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Lieu de concert mythique de Chicago, le Smart Bar a vu défiler des centaines de groupes au cours de sa déjà longue existence, nul doute que le présent live de Sonic Youth enregistré en ses murs accroitra sa notoriété. Même si les quatorze morceaux captés le 11 août 1985 n’ajouteront rien à la gloire du quatuor new-yorkais – et pour cause, les titres joués figurent en partie sur l’excellent, et très injustement sous-estimé, Bad Room Rising sorti la même année – le plaisir manifeste et l’enthousiasme juvénile de Kim Gordon & co fait rudement plaisir à entendre, d’autant que ces derniers temps, les nouvelles de la jeunesse sonique se font de plus en plus rares – rare exception, l’annonce de la séparation du couple mythique Moore - Gordon. Pour le reste, quiconque aura eu l’immense chance de voir Sonic Youth en concert appréciera à son juste mérite ce témoignage, certes non essentiel, mais toujours d’une grande pertinence 27 ans après les faits.

 

Un disque : Sonic Youth – Smart Bar Chicago 1985 (Revolver USA)

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02/08/2009

Biosphere – Wireless – Live at the Arnolfini, Bristol

Biosphere – Wireless – Live at the Arnolfini BristolL’air de rien, ça fait bientôt vingt ans que Geir Jenssen aka Biosphere enchante nos nuits de ses projets mirifiques, le plus souvent à la frontière des musiques ambient et electronica, bien que ses tracks les plus courus (Novelty Waves, Patashnik) allaient clairement chercher du côté de l’IDM tendance Warp. Tourné définitivement dans d’élégantes atmosphères depuis son Substrata de 1997, signé – et ce n’était pas un hasard – sur le label All Saints Records de Brian Eno himself, le musicien de Tromsø était demeuré silencieux depuis 2006 et son Dropsonde, dernière production studio en date où un certain jazz fusion côtoyait des field recordings captés dans l’Himalaya.

Quelques disques plus tard, dont les plus austères Shenzhou et Autour de la Lune, et désormais bien ancré sur le bateau Touch, le Norvégien se rappelle à notre – très – bon souvenir avec le présent Wireless – Live at the Arnolfini, Bristol, enregistré lors du concert qu’il donna le 27 octobre 2007 au centre d’art contemporain cité dans le titre. Après une brève introduction marquée du fer inquiétant d’une décompression pneumatique au sifflement suraigu (le trombone d’Anders Kalskås sur cet étonnant Pneuma), la performance prend un fascinant tournant mélodique répétitif, quelque part entre Debussy, Berio, Reich et Murcof, où les boucles samplées du grand compositeur français hantent jusqu’à l’hypnose (Shenzou). Véritable trésor de richesses aux multiples facettes (spoken word russe et ambient sur Kobresia, IDM sur When I Leave), le disque prouve que la présence de son auteur tout au sommet de la hiérarchie mondiale tient autant à son génie des ambiances électroniques qu’à sa capacité narcotique de mêler les influences, du classicisme post-romantique au jazz fusion en passant par la dance music.

 

Un disque : Biosphere Wireless – Live at the Arnolfini, Bristol (Touch)


Shenzou - Biosphere

Kobresia - Biosphere

05/06/2009

Omar Souleyman & Group Doueh @ België, Hasselt

Sublime-FrequenciesKoenAller écouter de la musique jouée dans les mariages du nord de la Syrie (Omar Souleyman) ou des vibrants défenseurs de la cause sahraouie (Group Doueh) un samedi soir dans le Limbourg, cela paraîtra incongru à bien des oreilles. Les autres – ceux qui ne se contentent pas de jouer aux bonnes consciences altermondialistes au Couleur Café – se laisseront aller aux merveilleux accords de guitare des seconds, tout en fantasmant les plus de cinq cent cassettes sorties par le premier, roi incontesté de la party music en son pays. Cap sur la salle België en cette bonne ville de Hasselt pour une affiche unique, dans tous les sens du terme. Généreux.

01/06/2009

Frightened Rabbit – Quietly Now!

FrightenedRabbit-QuietlyNowMembres plutôt discrets de l’écurie FatCat, le quatuor écossais Frightened Rabbit a déjà été responsable de deux albums studio, bien faits mais pas renversants, au cours de sa brève carrière entamée voici trois ans. Témoignages de la tournée qui accompagna la sortie de leur second essai The Midnight Organ Fight’ les douze chansons de Quietly Now! démontrent avec beaucoup d’à-propos la vigueur concertiste des Hutchinson Brothers Scott et Grant, ainsi que de leurs acolytes Bill Kennedy et Andy Monaghan. Bien sûr, le chant quelque peu artisanal de Scott n’est pas de la plus grande élégance – n’est pas Michael Gira qui veut – mais un tel plaisir de la pratique musicale sur scène donne rudement envie de les voir le jour où ils se présenteront à notre porte.

 

Un disque : Frightened Rabbit – Quietly Now! (FatCat)

The Modern Leper - Frightened Rabbit

Head Rolls Off - Frightened Rabbit

15/05/2009

65daysofstatic – Escape From New York

65daysofstatic – Escape From New YorkTrès présents sur la scène des concerts, notamment en nos terres belgicaines qu’ils revisiteront lors du prochain Dour Festival, les post rockeurs de 65daysofstatic se devaient de transférer en disque l’énergie vitale de leurs prestations en live. Les amateurs de The Cure s’en souviennent peut-être, le quatuor de Sheffield avaient assuré la première partie de la dernière tournée de Fat Bob & co et le présent objet témoigne de l’énergie purement instrumentale déployée lors des concerts new-yorkais du Radio City Hall et du Madison Square Garden. Autant le dire tout de suite, la conviction démontrée par les quatre Anglais force plus que jamais le respect, sinon l’admiration. Au-delà de la simple avalanche décibellique, les 65dos témoignent d’une magnifique cohésion, la batterie percutant les riffs de guitare sans jamais tout écraser, alors que les murs de gratte impressionnent tout en évitant subtilement d’en foutre plein  la tronche. Loin, et c’est heureux, d’être monotone, le disque s’accompagne d’une version filmée assez énervante qui donne mal à la tête.

 

Un disque (+ un dvd) : 65daysofstatic Escape From New York (Monotreme Records)

Retreat! Retreat! - 65daysofstatic

Fix The Sky A Little - 65daysofstatic

17/01/2009

Murcof – The Versailles Sessions

Murcof – The Versailles SessionsElle n’est plus à faire, la réputation de Fernando Corona, les organisateurs des Grandes Eaux Nocturnes l’ont bien compris. Invité dans le cadre de l’édition 2007 de ce festival sons et lumières autour des pièces d’eau du château de Versailles, le génial Murcof s’est inspiré des musiques baroques jouées du temps de la splendeur des lieux voulus par Louis XIV, ses six compositions électroniques s’inspirant d’enregistrements de musique baroque jouée sur instruments itou (clavecin, viole de gambe, violon, flûte…). A peine moins captivantes que les atmosphères spatiales de son magique album Cosmos, les six œuvres du musicien mexicain forment un pont absolument sensationnel entre quatre siècles que tout semble séparer et qui n’ont jamais paru si proches. Telle l’ouverture Welcome To Versailles, d’une renversante beauté qu’on souhaiterait sans fin, le nouvel opus de Corona témoigne d’une maîtrise supérieure de son environnement. Au lieu de se laisser aller à une contemplation majestueuse des lieux, ce que la facilité aurait recommandé, l’homme de Tijuana (et résidant barcelonais) met le doigt sur les contradictions de son décorum, explorant les tourments de ses habitants, jusqu’aux plus célèbres (Louis XIV’s Demons). Quand une mezzo-soprano intervient, son lyrisme enchante d’une beauté vocale surréelle, hors de toute joliesse décorative (A Lesson For The Future, Farewell To The Old Ways), avant qu’un choc intercosmique entre clavecin et laptop inquiète autant qu’il séduit de son obscurité fertile (Spring In The Artificial Gardens). La conclusion – la célèbre Turquerie de Jean-Baptiste Lully mise en regard d’une discrète pulsation contemporaine – confirme l’opportunité absolue d’un projet mené de main de maître.

 

Un mp3 : Murcof Louis XIV’s Demons

Un disque : Murcof The Versailles Sessions (The Leaf Label)


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23/12/2008

Une année de concerts... en 2008

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Quelques centaines de jours sont passés, quelques dizaines de concerts ont défilé, l’heure du bilan de fin d’année a sonné, en toute subjectivité. (Photo: Didier Crasnault - La Voix du Nord)

 

Forever in my heart

Alain Bashung (Nuits Secrètes)

Alela Diane (Nuits Secrètes)

Stefan Mathieu (Netwerk)

Glenn Jones (Schip)

Meg Baird + Shannon Kraus (Schip)

Paul Metzger (Schip)

Quitzow + Setting Sun (La Filature)

Pierre Bastien & Steve Argüelles (Happy New Ears Festival)

Sean Meehan (Kraak Festival)

Riichard Crandell (Kraak Festival)

Silvester Anfang (Stuk)

Phosphorescent (Rock Herk)

 

I wish your best friend had been there

Jamie Lidell (Nuits Secrètes)

French Cowboy (Nuits Secrètes)

Fink (Nuits Secrètes)

Wire (Stuk)

Wooden Ships (Scheldapen)

Electric Boogie

Maja Ratke (Halles de Schaerbeek)

Cherry Blossoms (Kraak Festival)

Battles (Rock Herk)

Red Sparowes (Rock Herk)

Ramuntcho Matta (CitySonics)

Fleet Foxes (Botanique)

Taxi Taxi (Pathé Palace)

Sylvain Chauveau (Ateliers Claus)

 

Who fuckin’ cared ? Not me, baby

Archie Bronson Outfit (Nuits Secrètes)

Marshall Allen & Paul Hession (Kraak Festival)

Bardo Pond (Kraak Festival)

Silver Apples (Kraak Festival)

Future of The Left (Rock Herk)

Sonic Youth (Lokerse Feesten)

Thalia Zedek (Botanique)

Baby Dee (Ancienne Belgique)

Slaraffenland (Pathé Palace)

William Basinski (Happy New Ears Festival)

 

Recommend them to your worst enemy

Rokia Traoré (Botanique)

Peter Von Poehl (Nuits Secrètes)

Arman Méliès (Nuits Secrètes)

Ceramic Hobs (Kraak Festival)

Supergrass (Lokerse Feesten)

The Ruby Suns (Botanique)

Library Tapes (Ancienne Belgique)

eRikm (Happy New Ears Festival)

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21/12/2008

Jandek, de l'autre côté de la légende

jandek-glasgowsunday2005Personnage mythique dont la légende a longtemps participé du traitement quasi-religieux où ses fans l’ont entraîné, Jandek est demeuré longtemps un nom vénéré des happy few, le géant Loren Connors en premier (il est d'ailleurs présent à la guitare électrique). Actif depuis plus de trente ans sur la scène blues folk expérimentale, Sterling R. Smith s’est résolu depuis quelque temps à donner des concerts, quitte à tomber le masque, quitte à mettre sa musique à nu. Témoignage d'une de ses toutes premières apparitions scéniques, Glasgow Sunday 2005 se nourrit de la terrible violence maîtrisée de son auteur, trempée dans l’acide, baignée dans les lieux de concert alternatifs à l’extrême. Accompagné pour l’occasion des magnifiques Alan Licht et Heather Leigh Murray (pedal steel et voix sans paroles) le musicien texan prouve que sa totale indépendance d’esprit ne s’est pas altérée dans les méandres du temps.

 

En écoute sur The Omega Order

Un disque : JandekGlasgow Sunday 2005 (Corwood Industries)

 

En clip : JandekReal Wild (Live)

 

17/12/2008

Parts & Labor, real post punk's not dead

partsandlabor-receiversPost punk’s not dead, le krautrock non plus! Une preuve, un indice ? Rendez-vous du coté des Ricains de Parts & Labor, trio devenu quatuor dont les chansons hyper-dynamisantes rappellent, sans le singer, l’héritage de Wire (ils en assureront la première partie d’une tournée allemande) et de Mission Of Burma. On vérifiera tout ça en février sur scène, lors d’un mini-trip franco-belge (Gand, Liège, Bruxelles, Bordeaux, Nantes et Paris) à forte teneur explosivo-apocalyptique.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Parts & Labor Nowheres High

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)