09/02/2011

Piiptsjilling – Wurdskrieme

piipsjtilling.jpgRégion du nord des Pays-Bas dont la réputation tient essentiellement au… patinage de vitesse – pour qui le stade couvert de Heerenveen représente le même statut iconique que Wembley en football, la Frise possède également pour particularité de conserver la vivacité de sa langue, dont les sonorités gutturales ne sont pas sans évoquer les idiomes scandinaves. Hors de toute idée véloce imaginée sur des lames coupantes, Wurdskrieme (Le Cri des Mots)  de Piiptsjilling conserve l’usage exclusif du Frison, sous la plume insolite de Jan Kleefstra (dont les textes sont traduits en anglais dans le livret). Aux côtés de son comparse de frangin Romke Kleemstra, mais aussi des essentiels Machinefabriek (aka Rutger Zuyderveldt) et Soccer Committee (alias Mariska Baars), il développe des atmosphères nocturnes totalement enveloppantes. Qu’elles soient en duo féminin-masculin (le magnifique Unkrûd), "simplement" accompagné d’un long drone obscur éclairé de quelques notes de guitare ou en solo (Tsjsutere Leaten ou Sangerjende Wyn) épaulé de craquèlements torrentiels et orageux, les déclinaisons en spoken word du musicien néerlandais ne tardent guère à faire leur effet. Prenant le temps de la langueur fugace (sans jamais donner des signes de paresse), échafaudées sur des structures tactiles aux traits inquiétants, le second opus du quatuor tient toutes ses promesses crépusculaires – et même davantage.

Un disque : Piiptsjilling – Wurdskrieme (Experimedia)


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04/02/2010

Machinefabriek & Andrea Belfi – Brombron 15: Pulses And Places

brom15kleinVolume 15 de la série Brombron du label néerlandais Korm Plastics, la collaboration entre l’électronicien batave Machinefabriek et le percussionniste italien Andrea Belfi est tout bonnement sensationnelle. La suite sur le Grisli.

 

Un disque : Machinefabriek & Andrea Belfi – Brombron 15: Pulses And Places (Korm Plastics)

23/01/2009

Soccer Committee & Machinefabriek – Drawn

soccercommitteemachinefabriek-drawnQuestion: Rutger  Zuyderveldt a-t-il trouvé la recette pour rester éveillé 24h sur 24, 7 jours sur 7 ? Au rythme actuel de ses productions, sur lequel la rubrique Love On The Bits est revenue le mois dernier, le doute est permis, tant le niveau de constance dans la qualité supérieure de sa démarche reste impressionnant. Associé à sa compatriote néerlandaise Mariska Baars, alias Soccer Committee (c’est loin d’être une première), Machinefabriek tisse des atmosphères d’une délicatesse incomparable à un tel niveau de connivence entre l’electronica dépouillée, la folk et l’acoustique contemporaine, magnifiée de la voix sublime de Baars, au phrasé élégant et qui ne force jamais la note (écoutez Di-o-day, vous nous en donnerez des nouvelles), à l’instar de Tara Jane O’Neil en ses meilleurs moments et ils sont nombreux. Inutile d’ajouter qu’un tel disque, long de ces vingt-quatre courtes minutes, ne voit son intérêt croître qu’au fil des écoutes, que nous vous souhaitons nombreuses.

 

Un mp3 : Soccer Committee & Machinefabriek Cristopher (for Suzanne) 

Un disque : Soccer Committee & Machinefabriek Drawn (Morc Records)

23/11/2008

Machinefabriek – Dauw

Machinefabriek – DauwLe meilleur de Machinefabriek, c’est cette pure merveille qu’est l’EP Dauw, paru sur le label allemand Dekorder. Entièrement construit sur quelques notes de guitare acoustique ou de piano entremêlées à des samples de disques noirs (ce qui nous ramène à un autre EP essentiel, le Stunt de Giuseppe Ielasi), le disque subit, en toute apothéose, les craquements originels de sa matière première vynilique. Tout en dépossédant les oripeaux traditionnels du folktronica ou de l’ambient, Roger Zuyderveldt ne néglige aucun détail sonore, tous d’une beauté follement saisissante de justesse harmonique. Enorme, tout simplement énorme.

 

En écoute sur Boomkat

Un mp3 : Machinefabriek Fonograaf

Un disque : Machinefabriek Dauw (Dekorder)

20/11/2008

Machinefabriek + Stephen Vitiello – Box Music

machinefabrielstephenvitiello-boxmusicFruit d’une conversation accidentelle par e-mails interposés, Box Music est une œuvre d’un accès complexe, à la mise en bouche patiente et indocile. Les titres des cinq épisodes du disque l’indiquent volontiers, les deux protagonistes néerlandais (Machinefabriek, donc) et américains (l’artiste sonore Stephen Vitiello, collaborateur de la grande Pauline Oliveros) ont basé leur travail sonore, d’une grande précision, sur l’échange de matériaux essentiellement non-musicaux (un 45 tours brisé, du riz, un coupe œufs, des pépites de chocolat, un  piano à pouces aussi), Zuyderveldt commettant les pistes une et trois, Vitiello les tracks deux et quatre, la cinquième étant l’œuvre conjointe des deux artistes. Chose surprenante, le premier des deux travaux du maître de Rotterdam est sans guère d’intérêt, tant l’ambient déclinée dans les onze minutes résonnent d’atmosphères clichées sans guère d’imagination. Les choses s’arrangent bien vite, toutefois, Telle une évocation magistrale de la non moins magistrale Delia Derbyshire, grande dame sans qui la musique électronique de notre époque aurait connu un autre visage, Crackle Box, Thumb Piano de Stephen Vitiello laisse heureusement la vénération au vestiaire et réinvente un langage certes codé mais pleinement original (alors que son second titre fait moins bonne figure). Quand Machinefabriek reprend les commandes, les soucis de démarrage du disque ne sont plus qu’un lointain souvenir, ce que confirment les craquements étoilés de Field Recordings, Rocks, Speakers, odyssée intergalactique où les astéroïdes seraient peuplés d’êtres organiques appelant au secours de Syd Barrett. Vous l’avez compris, ce dernier titre est tout bonnement remarquable.

 

En écoute sur le label

Un disque : Machinefabriek + Stephen VitielloBox Music (12K)

17/11/2008

Machinefabriek, collaborateur de l’essentiel (II)

machinefabriekTout aussi fascinant quand son univers lentraîne dans les sphères spatiales de Murcof et les orages humides de Svarte Greiner, le tout récent Onkruid (A Room Forever, 2008) en étant léclatante preuve, lunivers de Machinefabriek saccomode aussi bien de la performance en solo que de la collaboration artistique (avec le Bristolien Matt Davies, en loccurrence). Un exemple, une idée ? Prenez lEP deux titres Cello Recycling / Cello Drowning (Type, 2007). Composé à la base denregistrements dun violoncelle joué par le musicien américain Aaron Martin et augmenté de sons aquatiques captés par ce dernier, lœuvre de ces deux esprits totalement libres se manifeste délicatement dans les craquements ambient, noyant petit à petit les cordes glissées du violoncelle dans une vapeur automnale dune moite ferveur éprise de Norvège (Deaf Center) et dAutriche (Christian Fennesz) en sa première partie Cello Recycling. Encore plus attentiste et gargarisée, la seconde et ultime composition Cello Drowning mêle en une incroyable subtilité thématique les reflux de la splendide installation sonore DOre Et DEspace du compositeur français Denys Vinzant, la quiétude harmonique dun Christophe Bailleau et linquiétude diffuse de Wolfgang Voigt, pour une dizaine de minutes danthologie electronica.

13/11/2008

Machinefabriek, collaborateur de l’essentiel (I)

machinefabriek3Impossible en quelques lignes de rendre compte de la richesse du répertoire de Rutger Zuyderveldt, alias Machinefabriek, tant en quelques années d’une brève carrière, démarrée en 2004, les productions du musicien néerlandais se sont multipliées, le plus souvent pour le grand bien de ses heureux auditeurs. Pour ne point nous démentir, le site web Discogs – une mine d’or – renseigne une quarantaine de sorties tous formats confondus, qu’il serait fastidieux de détailler d’un seul jet (forcément) électronique.

 

Maître absolu du retraitement digital d’instruments où prédominent les guitares et autres instruments à cordes (mais pas seulement), ceux qui ont la chance de posséder le double album compilation Weleer (Lampse, 2007) confirmeront, l’homme de Rotterdam fait sans nul doute partie de cette génération dorée de chipoteurs à l’incessante malice, qu’ils se nomment Jefre Cantu-Ledesma, Wzt Hearts ou Belong, eux-mêmes héritiers de William Basinski ou de Harold Budd. Toujours adepte de la ligne qui transgresse l’interdit de la froideur pour mener droit aux émotions pures (à l’image du très cinématique Kale Bomen Langs De Weg sur le deuxième disque de Weleer), tout en transfigurant la part d’abstraction qui nourrit notre imagination bordée de drones, Zuyderveldt explore tous les horizons avec une égale envie. Expurgeant le shoegazing de ses oripeaux spectaculaires mais creux, il soulève sans peine le cadavre des My Bloody Valentine – c’est pour mieux le broyer dans les circuits électriques de ses infernales machines, quand il ne plonge l’humanité dans un océan de brume d’où perce le rêve méphistophélien d’un monde peuplé de diablotins sarcastiques.

03/09/2008

Machinefabriek en plein flux

machinefabriek-vloedTellement intense et diverse que ça en deviendrait banal, l’ambient magique de Machinefabriek fait de nouveau des ravages sur le dernier opus en date, sobrement intitulé Vloed (flux en néerlandais). Mais comment Rutger Zuyderveldt fait-il pour tenir une telle constance dans ses productions, chaque jour plus nombreuses, qu’il en rendrait le pourtant excellent Murcof presque caduc ?

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Machinefabriek Vloed (Sentient Recognition)

20/06/2008

Machinefabriek, Stephen Vitiello, 12K

machinefabriekstephenvitiello-boxmusicRencontre de deux protagonistes essentiels des musiques électroniques contemplatives (ce qui n’exclut ni beauté, ni profondeur), Box Music met en présence le label 12K – rappelons l’essentiel August de Giuseppe Ielasi – et le magnifique sculpteur sonore Rutger Zuyderveldt, mieux connu sous le nom de Machinefabriek. Rejoint ici par l’Américain Stephen Vitiello, un temps collaborateur de la grande Pauline Oliveros et ex-résident du défunt World Trace Center où il enregistra les sons du 91è étage. Une autre époque, un autre siècle.

 

En écoute sur Boomkat

Un mp3 : Machinefabriek + Stephen Vitiello – Chocolate Sprinkles, Tape, Egg Cutter, Rice, Plastic Bag

Un disque : Machinefabriek + Stephen Vitiello – Box Music (12K)

08/01/2008

Machinefabriek, puissance 50

machinefabriek-intermittentInarrêtable, en 2008 comme lors des deux années qui l’ont précédée, Rutger Van Zuydervelt (aka Machinefabriek) vient encore de nous concocter une sortie de derrière les fagots. Cette fois illustrateur sonore de courts métrages du réalisateur canadien John Price, le musicien néerlandais se pose – plus que jamais – en challenger de tout premier plan des fondamentaux Deaf Center. Essential release, en cinquante – je répète, 50 (!) – copies.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : Machinefabriek Music For Intermittent Movements : Soundtracks For Films by John Price (Machinefabriek)