27/04/2009

Kinit Her – Glyms Or Beame Of Radicall Truthes

kinither-glymsLe danger d’une performance vocale hors du commun – au sens premier du terme – est de phagocyter le terrain musical au point de tout balayer sur son passage, les défauts comme les qualités. Pour rééquilibrer la balance, il faut un génie aux commandes, un maître du funambulisme es partitions, un as des arrangements et des harmonies. A défaut d’avoir pu trouver son Van Dyke Parks en contrepoint de la démesure chantée de Joanna Newsom sur son immense deuxième essai Ys, le trio du Wisconsin Kinit Her passe à côté de la timbale, il s’en serait pourtant fallu de tellement peu. Gorgé des effets de gorge de son chanteur, théâtral et maniéré, Glyms Or Beame Of Radicall Truthes se noie trop souvent dans une expressivité ésotérique à bout de nerfs. En dépit d’incantations médiévales néo-folk tapissées d’humeurs black metal, genre Espers à la rencontre des Swans, les délires incantatoires du chanteur – sorte de cauchemar où un matou en rupture d’acide hurle son malheur dégénéré – donnent plus que jamais raison au dicton ‘tout passe, tout lasse’. Allo, Mr. Parks ?

 

Un disque : Kinit Her Glyms Or Beame Of Radicall Truthes (Hinterzimmer Records)


Quadriga - Kinit Her

Opal Empire - Kinit Her

18/04/2009

Mono – Hymn To The Immortal Wind

mono-hymn-toe-the-immortal-windL’histoire du quatuor japonais Mono débute à la fin du siècle dernier et cinq albums plus tard, les post rockeurs nippons adoubés par Steve Albini (aux manettes pour la troisième fois) n’en démordent pas, ils demeurent adeptes d’un style grandiloquent et cinématique pour fans de heroic fantasy. N’y voyez aucun reproche, juste une tendance à l’émotion sur-jouée toutes voiles romantiques dehors, un peu à l’instar de Sigur Ros wagnériens (Ashes In The Snow, douze inoubliables minutes). A grands coups de trémolos et de distorsions, les trois garçons et la fille du soleil levant construisent des symphonies rock à fleur de peau le long de sept titres illustrant un manga gothique sur la fuite de deux adolescents éperdument amoureux. Soutenus par un orchestre d’une trentaine de musiciens (principalement des cordes) qui ne font que renforcer la majesté incantatoire de ce cinquième opus, ils nous rappellent d’ailleurs que le vibrato d’un violon peut également faire office de contre-point néo-romantique, quitte à tomber dans une tentation fleur bleue à laquelle on pourra préférer les magnifiques Isis.

 

Un disque : MonoHymn To The Immortal Wind (Human Highway Records / Conspiracy Records)

Ashes in the Snow - Mono

Silent Flight, Sleeping Dawn - Mono

25/01/2008

Yellow Swans, en fins

yellowswans-atallendsD'album en sept pouces, le mystère des drones angoissants des Yellow Swans s'épaissit, à notre plus grande fureur démantibulée. Dernière livraison en date des prolifiques Gabriel Mindel Salomon et Pete Swanson, At All Ends traverse les brumes vivaces de Belong, perfore les tympans déjà explosés par KTL, sans renoncer à la vocifération vue par Boris. Redoutablement dérangeant, explosivement subtil.

 

En écoute sur Juno

Un disque : Yellow Swans At All Ends (Load Records)

04/12/2007

Nadja, plongée en plein doom

ALIENCD72CoverRGBLes mains encore tout agitées de la commande du récent Pilgrimage de Om (album de la semaine sur Octopus voici peu), les oreilles encore bourdonnantes du concert le plus tellurique de l’année (Boris au De Kreun en juillet dernier), tu t’es précipité sur Radiance Of Shadows, le nouvel album du duo Nadja (soit Aidan Baker et Leah Buckareff) et depuis, tu te précipites à la moindre occaze sur le site du label Alien8 Recordings, en noise addict que tu es devenu. Doom, doom, doom, doom, auraient dit Véronique et Davina.

 

En écoute sur le label

Un disque : Nadja Radiance Of Shadows (Alien8 Recordings)

13/04/2007

Rhâââ Lovely : Arnaud Michniak / Part Chimp / A Whisper In The Noise / Crippled Black Phoenix / Pelican

afficherlfEntraperçu les deux dernières minutes de son set, l’ancien Diabologum Arnaud Michniak m’a fait brièvement penser au Jérôme Minière des débuts (mais le temps d’incubation était bien trop bref pour en faire une généralité). D’autres commentaires, plus sévères, allaient de ‘Je préférais Programme, son projet précédent’ à ‘C’est du sous-Grand Corps Malade. Dure, dure, la vie d’artiste.

 

Voraces des décibels, les Part Chimp cognaient, tapaient, hurlaient. Tout ce tapage nocturne n’excluait – heureusement – ni raffinement, ni sens mélodique. Toutes proportions gardées, of course.

 

Rarement projet (du compositeur américain West Thordson) aura été si bien nommé, tant les A Whisper In The Noise murmuraient leurs épanchements romantiques en un bruitisme furtif, où clavier et violon se faisaient l’échappée belle. Ce qui n’excluait pas la tentation pop, en catimini.

 

Réunions de membres de Mogwai, Electric Wizard, Pantheist, 3D House of Beef et Gonga, les huit de Crippled Black Phoenix tanguaient sur un bateau ivre. Et bien qu’issus d’horizons aussi divers que lointains (entre post rock et doom metal), ils mettaient du shoegazing fracturé dans leur rock au goût d’orties sauvages. Pas étonnant quand on s’appelle phénix noir estropié.

 

Vision malsaine – et sans concessions – d’un post rock imbibé de métal façon Isis, les Ricains de Pelican sont des fous furieux. Dans la minuscule salle paroissiale de Cortil-Wodon, ils jouaient sur une autre planète, là où les décibels n’ont pas de frontières, contrairement à nos tympans usés en cette fin de journée. Nul doute qu’un ton plus bas, leur set aurait été aussi convaincant, voire plus. Car même à fond les ballons, c’était déjà excellent. See you next year, Rhâââ Lovely, tu me manques déjà.

16:43 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : metal, rock, post rock, rhaaa lovely, concert |  Facebook |

22/03/2007

Birchville Cat Motel sur Millefeuille

bcmHypnotiques et rageurs, les drones du Néo-Zélandais Birchville Cat Motel (Campbell Kneale pour l’état civil) ont tapé dans l’oreille de la fine équipe du webzine Millefeuille. Think Yellow Swans, think Boris.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 Birchville Cat Motel – Our Love Will Destroy the World

Une compilation (6 CD-R) : Birchville Cat Motel - Chaos Steel Skeletons (Celebrate Psi Phenomenon)