22/10/2009

múm – Sing Along To Songs You Don't Know

mum-singalongLa plus élémentaire honnêteté nous le recommande, cela faisait un - très - long moment (le splendide Finally We Are No-one' de 2002) que la discographie de múm ne nous inspirait plus qu'une écoute polie (mais à se décrocher la mâchoire, d'ennui). Hormis les très beaux quatre titres enregistrés lors d'une Peel Session en 2006, rien de bien consistant n'était venu se glisser entre nos pavillons, à commencer par le très vie oublié Go Go Smear The Poison Ivy.

Le grand Leonard Cohen l'avait prédit, le retour des Islandais en 2009 est à marquer d'un Hallelujah! Oubliées, les aventures mal fringuées des dernières années sur Fat Cat, c'est en toute grande forme que Gunnar Örn Tynes & co débarquent dans l'officine berlinoise Morr Music (qui, du coup, redonne une fameuse bouffée d'oxygène à son catalogue). Tout en n'oubliant pas les toujours attendrissants frissons vaporeux de l'album vert où ils n'étaient personne pour devenir poisson (If I Were A Fish), les compatriotes de Valgeir Sigurdsson entament une ritournelle pop, elle est inoubliable comme elle est délicate (Prophecies And Reversed Memories). Toujours épris d'arrangements qui présentent Nico Muhly aux Taxi Taxi (un glockenspiel par ci, des cordes par là), le disque se risque aussi, et c'est très jouissif, à la tentation tropicalia - on vous le jure, rafraîchie à petits coups de geyser qui fait gling gling (l'étonnant The Smell Of Today...). Nettement plus extravagant que ses prédécesseurs, sans pour autant se perdre dans les méandres d'un pompiérisme clownesque, Sing Along... fait bien sûr la part toujours aussi belle aux harmonies vocales célestes (Show Me), tout en ouvrant des perspectives pop qui nous feront fredonner des mélodies que nous connaîtrons bientôt par cœur.

 

Un disque : múm Sing Along To Songs You Don't Know (Morr Music)


Prophecies & Reversed Memories - Múm

Show Me - Múm

22:30 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : pop, critique, morr music, mum |  Facebook |

03/10/2008

Le renouveau de B.Fleischmann?

bfleischmann-angstPour être tout à fait honnête, les disques de B.(ernhard) Fleischmann n’ont jamais tourné en heavy rotation en ces lieux. Trop de froideur, trop de détachement tuaient la démarche originale, certes, de l’Autrichien, perdu dans le dédale câblé de ses machines à l’allure très inhumaine. Désormais adepte d’une démarche plus musicienne sur laquelle rôde l’ombre indispensable de Tom Waits ou Nico, l’homme de Vienne s’est entouré des voix de Sweet William (Ghost) et Marilies Jagsch, sans compter un sample de Daniel Johnston sur Phones, Machines And King Kong. Les extraits sont très prometteurs.

 

En écoute sur Boomkat

Un disque : B.Fleischmann Angst Is Not A Weltanschauung (Morr Music)

28/04/2008

Bobby And Blumm – Everybody Loves

bobbyandblumm-everybodylovesNous étions restés un long moment sans nouvelles fraîches de Frank Schültge (aka FS Blumm), le temps sans doute pour le magnifique musicien allemand de convaincre la douce Ellinor Blixt (alias Bobby Baby) de l’accompagner, auriculaires enroulés dans une frémissante aventure nommée Everybody Loves. Enrobée du subtil jeu de guitares de comparse masculin, soumise ça et là aux discrets soubresauts d’une discrète electronica, la jolie voix de la chanteuse suédoise énonce en toute souplesse murmurée des mélodies où la caresse de la vie à deux remplace le mal de vivre en solitaire. Proche des moments les plus intimes d’une Keren Ann qui serait cousine de Susanna Karolina Wallumrod, la diction racée de mademoiselle Blixt décline sous de multiples facettes l’intimité retrouvée d’une Juana Molina qui, pour le coup, aurait oublié de s’emmêler les pinceaux dans ses bidouillages électroniques. D’un point de vue plus strictement mélodique, l’ensemble des chansons tient subtilement une route tracée de Stina Nordenstam (pour le côté doucereux sans la mièvrerie) à Caroline Lufkin (et ses mutines comptines). Toutes des références auxquelles il conviendrait désormais d’ajouter le duo germano – suédois et son très beau disque.

 

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Un mp3 (via Eardrums) : Bobby And Blumm – Not At Home

Un disque : Bobby And Blumm Everybody Loves (Morr Music)

24/07/2007

Tarwater – Family Tree

tarwater-spider_smileQuand on vous demandera « Tarwater, c’est quel genre ? », vous n’aurez plus aucun scrupule à répondre « electro pop, mon cher ». La suite sur Octopus.

 

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Un mp3 : Tarwater – When Love Was The Law In Los Angeles

Un disque : Tarwater – Family Tree (Morr Music)

14/07/2007

Tied + Tickled Trio – Aelita

TTT_AelitaQuand les frangins Markus et Micha Acher s’échappent de la pop échancrée de The Notwist, la fracture mélancolique se fait un peu plus jour. Eperdument amoureux, sans doute, des Boîtes A Musique de Colleen (Aelita 1, II & III), ils fabriquent des maisons de papier au son du xylophone et du glockenspiel, là où Yann Tiersen devait cacher ses secrets d’enfant triste fasciné par Ennio Morricone (You Said Tomorrow Yesterday). De leur démarche androïde, leurs robots transfusés picorent l’espace dévolu à l’electronica de leur terre natale, de Pole à Lali Puna (A Rocket Debris Cloud Drifts), ce qui n’exclut nullement l’innocence pop (Tamaghis, Chlebnikov). Et là où leurs météorites sortent les mouchoirs, nos aliens de conte de fée épient les peines de cœur, pour notre plus grand réconfort auditif. Plus que jamais, le détour par Weilheim (lieu de résidence de la famille Acher) est une étape incontournable sur la route de la félicité.

 

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Un mp3 (via ThaBombShelter): Tied + Tickled Trio – Other Voices Other Rooms

Un disque : Tied + Tickled Trio Aelita (Morr Music)

30/10/2006

Benni Hemm Hemm - s/t

bennihemmNé sous le charmant patronyme de Benedikt H. Hermannson, Benni Hemm Hemm et son album éponyme ont déjà bien fait parler d’eux dans son Islande natale, ses deux victoires aux Icelandic Music Awards en sont le preuve. Au-delà de l’inévitable aspect paillettes de l’événement, la volonté affichée et – parfois – maladroite de brouter les vertes campagnes de la pop anglo-saxonne pose question. Bien sûr, la blanche luminosité de l’intro à la Polyphonic Spree nous entraîne joliment sur des terres où le sourire est de mise et l’usage partiel de la langue islandaise fait naître un courant de sympathie naturelle. Pour se faire une idée, il suffit d’imaginer un Syd Matters des geysers accompagné d’une fanfare fauchée de Las Vegas recyclée chez Beck (The Doomed The Damned). Parfois grotesque mais d’une inélégance entêtante (I Can Love You In A Wheelchair Baby), la musique des Islandais évoque en d’autres endroits Calexico à la poursuite de Belle & Sebastian (Labbi) tandis que le tubesque Ku-Ui-Po nous rappelle que les entreprises de neuneuïsation avancée ne sont jamais bien loin des sommets des charts. Toujours foutraque, un album étrange et ouvert.

 

Deux mp3 Benni Hemm Hemm I Can Love You In A Wheelchair Baby

Benni Hemm Hemm Labbi

Un disque : Benni Hemm Hemm – s/t (Morr Music)