27/06/2010

Films – Messenger

films-messengerEmpreinte d’éléments néo-classiques, tel le monde funambulesque de Max Richter illustrant une fable ultime du grand cinéaste Kore-Eda Hirokazu (Nobody Knows, Air Doll), la musique des bien nommés Films se noie – hélas – dans l’évanescence bavarde. Formellement très belles, les atmosphères empreintes de cordes, de piano et d’électronique ont tendance à se perdre dans les méandres vaporeux d’une référence trop voyante. Instrumental, l’univers tonal et apaisant manque de relief rythmique, notamment lorsqu’il s’égare dans un substrat ambient, certes, subtil mais à qui il manque le support visuel pour emprunter davantage de sens. Chantées d’une voix féminine rêveuse, les mélodies s’insèrent dans l’immense interstice séparant les Dead Can Dance de Gutevolk en passant par Soap & Skin (le meilleur) ou Enya (ça devient gênant). A toi de voir, l’ami des elfes aux yeux bridés.

 

Un disque : Films – Messenger (Noble)

23/11/2008

Tokyo Sonata, la B.O. avant le film

Kazumasa Hashimoto - Tokyo SonataGrand spécialiste d’un cinéma d’horreur japonais où le pire côtoie le meilleur, notamment dans ses propres œuvres, Kiyoshi Kurosawa présentait en mai dernier son ultime opus Tokyo Sonata dans la section Un Certain Regard du Festival de Cannes. Très bien accueilli, le film décline un thème pourtant guère original – un père licencié cache à sa famille son inactivité forcée en partant le matin comme de si de rien n’était, ça rappelle, et pas qu’un peu, le bouleversant L’Emploi du Temps de Laurent Cantet. D’une grande attractivité néo-classique, à peine augmentée d'electronica, au son gorgé d’un passé nourri de mellotron, la bande originale signée Kazumasa Hashimoto baigne dans un mélancolisme surrané décoré de feuilles mortes fraîchement tombées d’un arbre centenaire. Planté depuis tellement longtemps dans le paysage qu’on n’y prête plus guère d’attention.

 

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Un disque : Kazumasa Hashimoto Tokyo Sonata (Noble)

26/09/2008

Tenniscoats & Secai – s/t

tenniscoatssecaiA la lecture du mot Tenniscoats, les origines nipponnes de ses deux protagonistes Saya et Uena Takashi ne sautent pas aux yeux, à l’inverse de leur musique, qu’on a pu déjà admirer au Netwerk d’Alost en première partie des Suédois de Tape. Qu’ils soient seuls ou associés au duo Secai, c’est inévitablement à leurs compatriotes Piana ou Gutevolk qu’on songe, leurs sonorités très particulières ne laissant planer aucun doute sur leur japonité. Minimalement riches, ce n’est pas le seul paradoxe de leur poésie sonore, les harmonies de cette première collaboration associent moults instruments acoustiques et analogiques, rendant hommage aux Pastels et à – encore – Tape (le bien nommé Svenska et son instrumentarium scandinave). D’un ennui très passionnant de tranquillité – on vous avait promis d’autres paradoxes – le disque s’abîme / se sublime, c’est selon, au contact du chant instable de Saya Takashi, qui bénéficie d’un soutien plus qu’honorable de ses trois collègues musiciens. Tout en se laissant déguster comme une tasse de thé blanc, au fort goût léger. Paradoxal, on vous disait.

 

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Un mp3 : Tenniscoats & Secai – Turn

Un disque : Tenniscoats & Secai s/t (Noble)

13/08/2008

Yasushi Yoshida – Little Grace

yasushiyoshida-littlegraceTantôt lyriques, sans tomber dans le piège du bavard, tantôt tempétueuses (mais plus rarement), les compositions du Japonais Yasushi Yoshida (né en 1978) font principalement appel aux instruments acoustiques sur ce second effort. Là où voici deux ans, son début Secret Figure passait le piano et le violon à la moulinette de l’electronica, le musicien d’Osaka vogue entre classicisme contemporain à la Gavin Bryars (cette sublime partie de violoncelle sur l’ouverture Permanent Yesterday) et cavalcade rock à la manière d’Efterklang (les rythmes du second titre Greyed). Ancien collaborateur de Her Space Holiday, Arab Strap et de sa camarade de label Piana, Yoshida se complait parfois dans un éther néo-romantique aux effluves compassées (les dix minutes interminables de Thread Still), perdant ainsi le fil d’une conversation que les Suédois de Tape maîtrisent à la perfection sur leur dernier Luminarium. Heureusement, d’autres occasions le montrent sous une lente sérénité magnifique de densité vaporeuse – oui, c’est un oxymore – à l’image des 7’39 du lentissimo Three Winters Our Trace, où un violoncelle, un piano et des percussions rivalisent d’une discrétion belle comme elle est triste.

 

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Un disque : Yasushi Yoshida Little Grace (Noble)