21/04/2009

Susumu Yokota – Mother

susumuyokota-motherArdent défenseur des musiques électroniques de ces quinze dernières années, de la techno à l’ambient, le Japonais Susumu Yokota n’était guère attendu dans le champ d’action de ce Mother, et ses treize chansonnettes pop mélancoliques. Parmi les sept invités conviés au bal, Casper Clausen (Efterklang) et Anna Bronsted (Our Broken Garden) ressortent du lot, dès l’introduction de l’album, au thème intemporel qu’on verrait bien chez Claude Lelouch s’il faisait des films dignes de ce nom (Love Tendrilises). Les épanchements langoureux de Nancy Elizabeth, censés émouvoir, donnent surtout des envies de zapper, spécialement sur un A Ray Of Light appliqué et scolaire, heureusement rattrapé par A Flower White, où la voix de soprano de la chanteuse anglaise donne une bien meilleure mesure à sa tendre luminosité. A la frontière, certes, de la lounge attitude pour adepte du taoïsme qu’elle est, Caroline Ross – déjà aperçue aux côtés de Mark Rothko et de Yokota – étage la beauté diaphane de ses vocalises, accrochées à une rythmique prenante dans sa subtilité. D’autres tentatives décoratives énervent plus  qu’ils n’émerveillement par leur pseudo-philosophie de temple zen, la palme revenant aux morceaux où la diva nipponne Kaori se laisse emporter dans des élans planants qui nous font regretter de ne pas avoir mis le dernier Tujiko Noriko sur la platine.

 

Un disque : Susumu YokotaMother (Lo Recordings)


Love Tendrillses - Susumu Yokota

A Flower White - Susumu Yokota

03/09/2008

Our Broken Garden – When Your Blackening Shows

Our Broken Garden – When Your Blackening ShowsLe versant féminin de la scène scandinave n’a pas fini de nous passionner et ce premier opus du trio danois Our Broken Garden ne fera pas exception, loin s’en faut. Etirées dans des recoins mélancoliques que fréquentent déjà les Beach House (et c’est ici à peine moins beau), les chansons d’Anna Brønsted et ses petits camarades hantent la tristesse des matins calmes de leur frissons organiques. Aspergées ça et là de délicieuses instrumentations à la croisée des chemins d’Efterklang (qu'Anna accompagne sur scène) et de Sol Seppy, les comptines tristounettes du jardin brisé se perdent quelquefois dans des mélodies un peu trop classiques – on peut leur préférer l’angoisse submissive de leurs compatriotes Under Byen – qui ne manquent certes ni de justesse ni de profondeur. Attention, la longue durée de vie de l’album, successeur du remarqué EP Lost Sailor – n’est pas garantie pour autant.

 

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Un disque : Our Broken Garden When Your Blackening Shows (Bella Union)