03/02/2011

Philippe Petit & friends – A Scent Of Garambrosia

philippepetitfriends.jpgEntouré d’une ribambelle de compagnons de haut vol, Philippe Petit laisse tout le champ libre à ses partenaires d’un morceau (ou plus) sur A Scent Of Garambrosia. Qu’il s’agisse de l’harpe électrique de Raphaëlle Rinaudo (qui défie carrément la grande Zeena Parkins, ô compliment) sur When A Seahorse Meets A Seafish… ou que les violons de James Johnston remplissent un espace constellé qui n’est pas sans évoquer le récent Off To Titan, les atmosphères dévoilent – au casque, svp – leurs intimes secrets au fil des écoutes. Visant même un hyper-monde partant en vrille sous la trompette d’Andy Diagram (oui, celui de Pale Fountains, The Spaceheads et James), l’œuvre éteint ses tentacules vivaces entre maintes sonorités originales dans leur familiarité dissolue.

A l’instar du morceau-titre (et phare) du disque, où Maria Grigoryeva, Helena ‘Espers’ Espvall, Hervé Vincenti et Alexander Bruck exploreraient un étonnant – et fameux – rapprochement entre Andy Moor et Lene Grenager quelque part sur le label Tzadik, les ambiances nocturnes convergent à l’unisson, tantôt dans une lenteur assumée (Night Elves Jukebox), tantôt dans un déferlement craquelant où le violoncelle de Bela Emerson rejoindrait Svarte Greiner (The Moon Woman). Et tel un diable au corps maculant ses victimes d’un noir désir d’envoûtement céleste, l’ultime descente anoblit les mystères acides de ses pensées obliques.

Un disque : Philippe Petit & friendsA Scent Of Garambrosia (Aagoo Records)

10/12/2008

BiP_HOp, label à haute teneur ajoutée

biphopImprobable satellite solitaire de la Planète Marseille, le label BiP_HOp ravive depuis sa création vers la fin des années 90 la flamme d’une musique électronique – mais pas seulement, tant les influences jazz transpercent son catalogue – le plus souvent subtile, sans être monomaniaque. Pensée non seulement comme maison de disques au sens le plus traditionnel du terme, mais aussi webzine, émission de radio et organisation de concerts et autres soirées, la structure marseillaise propose à intervalles réguliers une série de compilations intitulée BiP_HOp Generation, dont le tout récent neuvième volume vaut bien un retour sur hébergeur, passionnant plus souvent qu’à son tour.

 

Œuvre d’un seul homme, le très dynamique Philippe Petit – par ailleurs maître d’œuvre de Pandemonium Records, membre émérite du projet jazztronica Strings of Consciousness et DJ sous le pseudo de DJ ip@bip-hop.com – la maison BiP_HOp est le fruit d’une série de rencontres accidentelles, nouvelles technologies aidant. En à peine plus de deux ans, là où d’autres époques lui en auraient demandé le triple, le web et ses tentacules ont mis Petit en contact avec la crème de la crème des expérimentateurs électroniciens de la planète (Schneider TM, B. Fleischmann, Mira Calix, Rechenzentrum, Scanner, Taylor Deupree, Murcof), qui se sont empressés de répondre à ses appels, permettant à de jeunes pousses prometteuses de se mesurer à leurs maîtres, dès le premier volume paru début 2001. Sans même parler des albums propres au label, dont le magnifique Eleven Stages of Intervention de Rothko et le tout aussi récent que réussi Hespera de la violoncelliste électrique Bela Emerson.