07/02/2010

La renaissance du Profan

voigt02Précurseur du mondialement célèbre Kompakt, le label Profan de Wolfgang Voigt renait de ses cendres en ce début 2010. Intitulée Abweichung (Déviance), la nouvelle production du maître de maison Voigt augure, espérons-le, d’une renaissance définitive et enthousiaste. En prime – et c’est la seconde bonne nouvelle, le double CD Wolfgang Voigt – Werkschau jettera un autre regard rétrospectif sur la carrière du producteur de Cologne, deux ans après un Nah und Fern d’anthologie. Aux dernières infos, les feux de joie se multiplient aux quatre coins du dancefloor. Minimal.

05/02/2010

Liars en simple et en double

Liars-SisterworldLa boîte aux bons offices Pitchfork le confirme, Sisterworld, nouveau Liars et cinquième du nom, sera également disponible en double CD. La première galette hébergera l’album normal (aussi vendu en un disque ou en vinyl) et la seconde abritera ces mêmes titres remixés par Alan Vega (et ouais), Thom Yorke ou les Melvins. Rendez-vous le 9 mars à la porte de la maison Mute.

 

La tracklist du second disque

 

01 Scissor (Pink Dollaz, Lance Whitaker & Transformation Surprise)

02 No Barrier Fun (Duetonal aka Alan Vega of Suicide)

03 Here Comes All the People (Atlas Sound aka Bradford Cox)

04 Drip (Kazu Makino of Blonde Redhead)

05 Scarecrows on a Killer Slant (Tunde Adebimpe of TV On The Radio)

06 I Still Can See an Outside World (Boyd Rice of NON)

07 Proud Evolution (Thom Yorke 500qd Remix)

08 Drop Dead (Fol Chen)

09 The Overachievers (Devendra Banhart and the Grogs)

10 Goodnight Everything (Melvins)

11 Too Much, Too Much (Carter Tutti of Throbbing Gristle)

13:49 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, preview, liars, mute |  Facebook |

01/10/2009

Patrick Cowley & Jorge Socarras – Catholic

cowleysocarras-catholicVéritable miraculé discographique, plus de trente ans après son enregistrement, Catholic réapparait à la surface du jour à la faveur d’un… déménagement. Les acteurs sont tout sauf des premiers venus. L’homme à la bougeotte n’est rien de moins que John Hedges, du fameux label disco Megatone, tandis que le magnifique DJ allemand Stefan Goldmann est celui qui a eu l’honneur de déterrer de ses caves une boîte remplie de bandes magnétiques. Sans compter que le nom en évidence était carrément celui de Patrick Cowley, référence majeure de tous les Pet Shop Boys et New Order de la planète.

De retour à Berlin, Goldmann découvrit les morceaux, pas disco pour un sou et, évidemment, à des années-lumière d’avance en matière d’écriture pop synthétique. Bénéficiant de l’incroyable apport vocal de Jorge Socarras, robotique et obsédant, le disque sortira le 19 octobre, date de la naissance de Cowley et c’est un événement mondial. Ite missa est.

 

Un disque : Patrick Cowley & Jorge Socarras Catholic (Macro)

05/06/2009

Omar Souleyman & Group Doueh @ België, Hasselt

Sublime-FrequenciesKoenAller écouter de la musique jouée dans les mariages du nord de la Syrie (Omar Souleyman) ou des vibrants défenseurs de la cause sahraouie (Group Doueh) un samedi soir dans le Limbourg, cela paraîtra incongru à bien des oreilles. Les autres – ceux qui ne se contentent pas de jouer aux bonnes consciences altermondialistes au Couleur Café – se laisseront aller aux merveilleux accords de guitare des seconds, tout en fantasmant les plus de cinq cent cassettes sorties par le premier, roi incontesté de la party music en son pays. Cap sur la salle België en cette bonne ville de Hasselt pour une affiche unique, dans tous les sens du terme. Généreux.

04/05/2009

Felicia Atkinson – La La La

feliciaatkinson-lalalaTout compte fait, la présence de Felicia Atkinson sur le label japonais minimaliste Spekk relève de l’ordre le plus naturel des choses. Reprenons les choses dans l’ordre, quelque part en 2006. Encore Parisienne, la musicienne et illustratrice conjugue ses efforts à la délicatesse poétique de Sylvain Chauveau, pour un duo épistolaire absolument remarquable, où l’intransigeance sonore du duo japonais Opitope (signé sur Spekk, tiens, tiens) confrontait ses trouvailles à un spoken word à la sourde tragédie épurée (Roman Anglais, O Rosa). Deux années plus tard, la demoiselle liait sa destinée à Elise Ladoué au sein du projet Stretchandrelax, pour un disque en tous points sensationnel de dépassement micro-folk allant droit à l’essentiel (…/ Instead of Buying Shoes, Nowaki).

Oeuvrant en solo pour la première fois, encore que le sieur Chauveau ait mis la main à la pâte, Atkinson s’est emparée d’instruments maison (une guitare acoustique, un piano, un glockenspiel, des field recordings) pour décorer – en toute intimité – les nuances überminimalistes de son œuvre, prenante et enivrante au fil des écoutes. Il suffit qu’elle s’empare d’un piano bien (ou mal) tempéré pour que la grâce inquiète de sa poésie lunaire rejoigne sous la voûte céleste un No Wedding aux échos emmurés d’Half Asleep. Au-delà de la démarche, improvisée bien qu’éditée, c’est avant tout la cohérence intime des onze morceaux qui impressionne, que la guitare prenne les commandes sur quelques arpèges simplement belles (Guitar Means Mountains) ou qu’un mélodica accompagne une voix, celle de Nico au petit matin, maladroite comme elle est sensible (Blue Walls). Elle a beau affirmer que ‘les couleurs changeantes sont néfastes pour la santé morale’, la fréquentation habitée de ses miniatures soniques donne aux froids hivernaux un manteau de chaleur humaine dont on ne peut plus se passer.

 

Un disque : Felicia Atkinson La La La (Spekk)


No weddingNo Wedding - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

courirCourir - フェリシア・アトキンソンFelicia Atkinson

28/04/2009

Hanne Hukkelberg, la pierre et le sang

hannehukkelberg-bloodfromastoneJour après jour, année après année, le parcours pop – oui, pop, easy listening même – de la Norvégienne Hanne Hukkelberg s’impose à nous, de l’évidence mutine de Little Things de 2005 aux âpres délices de la Rykestrasse 68 en 2007. Troisième épisode d’une discographie qu’on espère longtemps de ce cru où les accents scandinaves croisent des routes nord-américaines, Blood From A Stone résistera-t-il à la durée, juge impartial et définitif des meilleurs disques ? Réponse début mal pour une première écoute, entre espoir et éternité.

 

Un disque : Hanne Hukkelberg Blood From A Stone (Nettwerk)

salt of the earth - Hanne Hukkelberg

midnight sun dream - Hanne Hukkelberg

26/04/2009

Death's not dead

death-forthewholeworldtoseeUne fois n’est pas coutume, c’est à un grand plongeon dans un des disques les plus méconnus des seventies que nous confie le label Drag City, trente-cinq années après sa sortie initiale. Projet des trois frères afro-américains David, Bob et Dannis Hackney, Death n’était heureusement pas un de ses énièmes avatars doom rock pour corbeaux mal démaquillés, contrairement à ce que leur malheureuse dénomination (qu’ils ont toujours refusée de changer) pouvait laisser croire. Adepte d’un style rock mélodique aux effluves punk qui devait autant à la black music de Curtis Mayfield qu’au rock progressif, la fratrie de Detroit est responsable d’un (seul) disque de légende (…For The Whole World To See) resté tellement dans l’ombre que ses auteurs dérivèrent très vite dans une bouse gospel reggae sans nom. Trois décennies et demie plus tard, le mal est réparé, presque.

 

Un disque : Death …For The Whole World To See (Drag City)

Politicians In My Eyes - Death

25/04/2009

Caroline Weeks, en pleine folk

Caroline Weeks – Songs For EdnaAu vu du succès indéniable de Bat For Lashes – elle est multi-instrumentiste du groupe qui accompagne Natasha Khan – l’Anglaise Caroline Weeks (aucun lien avec Greg) ne doit pas ressentir le besoin financier d’enregistrer son propre album solo. Bien lui en a pris de s’en remettre à son désir artistique, à l’écoute des jolies comptines folk qui garnissent le panier de son Songs For Edna (les textes sont de la poétesse américaine de la première moitié du 20è siècle Edna St Vincent Millay). Minimales dans leur accompagnement fingerpicking de sa guitare flamenco, les chansons de la demoiselle de Brighton ont déjà leur place – méritée – au milieu d’un cercle restreint dont les meilleurs rayons ont aussi pour nom Diane Cluck ou Vashti Bunyan.

 

Un disque : Caroline Weeks Songs For Edna (Manimal Vinyl)

22/04/2009

Bad Statistics, oh le bad trip

badstatistics-luckytowngonePrenez, presque au hasard, cing gars de Wellington, Nouvelle-Zélande férus de free rock, genre No-Neck Blues Band meet Père Ubu quelque part sur le label Paw Tracks. Sortez du lot la voix hallucinée/nante/nogène de Thebis Mutante (Jeff Henderson quand il prend l’avion), mêlez-la à une vision rythmique noire où une basse mordue de punk kraut résiste à des percussions minimales et (étrangement) implacables et étirez les séquences sur des minutes qui virent à l’obsession. Vous voilà plongés dans le bad trip des Bad Statistics, c’est ignoble pour la peau et salace pour le cervelet.

 

Un disque : Bad StatiscticsLucky Town Gone (Pseudo Arcana)

23/03/2009

Emeralds, trois Ricains dans la kraut

emeralds-whathappenedDans son numéro de mars, le chroniqueur du Wire Byron Conley décrit What Happened du trio américain Emeralds comme « le genre de B.O. que Florian Fricke de Popol Vuh aurait pu écrire pour un documentaire de Werner Herzog. Que la comparaison vous appelle ou non, la musique – entièrement instrumentale et basée sur des improvisations aux synthés old skool – ne vous laissera pas de marbre. A fistful of krautrock, anyone ?

 

Un disque : Emeralds What Happened (No Fun Productions)

Alive In The Sea Of Information - Emeralds