08/02/2011

Sic Alps – Napa Asylum

sicalps-napaasylum.jpgParfois, souvent en fait, quand on insère un disque dans le lecteur et qu’on aperçoit le chiffre 22, on n’a qu’envie de s’encourir et appeler Asnières en criant au secours ils sont devenus fous. Dans le cas de Napa Asylum, troisième effort des Sic Alps, on est vraiment triste de s’arrêter à ce double chiffre, tant leur double nouvel album regorge de pépites lo-fi psyché de la plus haute teneur addictive. Prenez le morceau Cement Surfboard, (presque) au hasard. Vous les entendez ces échos post-Smile revigorés au blues cracra des Two Gallants, le tout embrigadé dans une division explosée au crack emmenée par Ariel Pink ? Et bien, les amis, figurez-vous que dans la balance, au-delà de la poudreuse qui ressort du pif, la verve toxico-salace surgit à la manière d’une session des Rolling Stones miraculeusement retrouvée, quarante-trois ans après et ressuscitée à l’aune californienne de notre temps – un peu comme si Phil Spector s’était reconverti en Gary War patron de Paw Tracks. Messieurs les programmateurs de concerts et réjouissances estivales, on compte sur vous !

Un disque : Sic AlpsNapa Asylum (Drag City)


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21/01/2011

Cyclobe – Wounded Galaxies Tap At The Window

Cyclobe – Wounded Galaxies Tap At The Window.jpgAnciens membres des légendaires   Coil,Ossian Brown et Stephen Thrower demeurent des acteurs totalement intéressants, par moments même fascinants, sous leurs traits de Cyclobe. Fondé en 1999, leur duo s’est enrichi de quatre apports extérieurs, dont Tim Lewis aka Thighpaulsandra, un ancien du groupe expérimental britannique à la vocation de Scatology (leur premier effort de 1984). Première sortie de la paire londonienne depuis la mort du troisième larron John Balance (ex-Psychic TV également) en 2004, Wounded Galaxies Tap At The Window explore une galaxie hallucinante de beauté cosmique, entre irréel et incantation. Inscrite autant dans la continuité de ses travaux précédents que dans le naturalisme poétique d’un Benjamin Lew qui s’accouplerait avec l’envoûtement de David Tibet (l’occasion de rappeler que le leader de Current 93 est venu donner un coup de main à la chose), la passion selon Sts Ossian & Stephen embaume les neurones dans un voyage überpsychédélique où les passagers inhaleraient des vapeurs d’argan, les échos sonores en tête de multiples héros de notre temps (Xela, Sunno))), Tujiko Noriko, Svarte Greiner – la liste est sans fin).

 

Un disque : Cyclobe – Wounded Galaxies Tap At The Window (Phantomcode) 
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23/11/2009

Le Loup – Family

LeLoup-FamilyLame de fond de ces dernières années, il suffit de voir les foules se bousculant aux concerts, la pop psychédélique aux belles harmonies vocales fait partie intégrante du paysage indie (presque) mainstream. Entre les expérimentations toujours audacieuses (les givrés Animal Collective), recyclage intempestif faussement osés (la relative déception Fuck Buttons sur leur second opus) ou vision arty folk des Beach Boys (Grizzly Bear, Fleet Foxes), la fratrie des babas s’agrandit chaque jour, très perceptiblement.

Second opus des Américains de Le Loup, Family promettait beaucoup, notamment à tous ceux, nombreux, qui s’étaient entichés des chœurs mirifiques du premier effort éponyme des Fleet Foxes ou de la bande à Avey Tare & co sur leur ultime livrée Merriweather Post Pavilion. Qui savent désormais qu’ils doivent compter sur la concurrence Sam Simkoff et ses musicos libérés. Car nos attentes sont pleinement satisfaites. Bien que très référencés, les morceaux du Loup tournoient et virevoltent, magnifiés d’oripeaux harmoniques pêchés dans l’étang où se nourrissent ici un Panda Bear, là un DeVotchKa (Grow). Très dynamiques, les compositions de Simkoff trouvent aussi un écho en l’americana des grands espaces, échos d’un banjo lumineux en sus (Morning Song), tout en n’oubliant le travail de synthèse, admirable, de toutes les références déjà citées. Un des disques de l’année pop ? Indeed.

 

Un disque : Le Loup – Family (Talitres)


Beach Town - Le Loup

Grow - Le Loup

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27/05/2009

Sleepy Sun – Embrace

sleepysun_embraceIls sont jeunes, 22 et 23 ans, les six membres de Sleepy Sun, et cela ne les empêche nullement de s’y connaître en psychedelia americana. Rempli de guitares torturées à grands coups de distorsions, leur premier opus Embrace indique aux observateurs de la scène West Coast la direction bruyante – et excitante – des Wooden Shjips, débusquée au coin d’un bois où le Neil Young des débuts sous hautes influences illicites éblouit tout son monde. Pour (essayer de) faire bonne figure, les pédales d’effets sont poussés à fond les ballons, ce sont les dealers d’ecsta qui leur disent merci, sans que l’on sache trop si c’est de la pose ou de la sincérité (New Age). Plus sage, sans jamais être soporifique, la ballade Lord invite à un corps-à-corps émouvant de tendresse (oh, rien de nunuche), entre accords de piano échappés de Grizzly Bear et guitare électrique au lyrisme tranchant des Kings of Leon. En d’autres temps (Red/Black), la confrontation tourne au chant du cygne post-The Piper at the Gates of Dawn, sous (haute) influence Thom Yorke, avant que de gros coups de mou au genou, censés incarner une tentation stupéfiante, ne fassent retomber une tension jusque là prenante (Golden Artifact). Bien vite, toutefois, les distorsions enjambent le pont-levis de la scansion acide, encore qu’elles sentent la recette – très – éprouvée (White Dove) aux relents nauséeux de rock prog. L’un dans l’autre, on se sent grugé, en dépit de quelques très bonnes chansons.

 

Un disque : Sleepy Sun – Embrace (ATP Recordings)

Lord - sleepy sun

Sleepy Son - sleepy sun

23/03/2009

Emeralds, trois Ricains dans la kraut

emeralds-whathappenedDans son numéro de mars, le chroniqueur du Wire Byron Conley décrit What Happened du trio américain Emeralds comme « le genre de B.O. que Florian Fricke de Popol Vuh aurait pu écrire pour un documentaire de Werner Herzog. Que la comparaison vous appelle ou non, la musique – entièrement instrumentale et basée sur des improvisations aux synthés old skool – ne vous laissera pas de marbre. A fistful of krautrock, anyone ?

 

Un disque : Emeralds What Happened (No Fun Productions)

Alive In The Sea Of Information - Emeralds

04/03/2009

The Incredible String Band en inédits, can you believe it?

Leur nom montrait déjà la voie, celle de l’excellence, The Incredible String Band demeure en cette heure l’un des noms les plus indispensables de la folk music. Tout au long d’une carrière en fin de compte brève (1965 – 1974), sans compter la reformation partielle entre 1999 et 2006, la formation écossaise explorait à tout va les errances magnifiques de la musique hippie, sans jamais se départir d’une vision stylistique hors de tout pastoralisme pour cimetière. Compilation de seize inédits tirés des archives de Witchseason et de Island Records, le double cd Tricks Of The Senses démontre l’intemporalité d’une vision qui a depuis longtemps dépassé les limites étroites de son Ecosse natale.

 

Un disque : Amplifier MachineTricks Of The Senses (Hux Records)

23/02/2009

Anihata = Helena Espvall + Tara Burke

anahita-mattricariaQuand un duo regroupe deux figures du folk psyche de la trempe de Helena Espvall (Espers) et Tara Burke (Fursaxa), les attentes volent à une altitude hautement stratosphérique. Quelques bouts des six morceaux plus tard, la brièveté de l’instant rend difficilement justice à une musique posée sur des fils entre Moyen Orient – Anahita est la déesse perse de l’eau et de la fertilité – et apocalypse.

 

Un disque : Anahita – Matricaria (Important Records)


Pirin Planina - Anahita

Velvet Shoon - Anahita

29/01/2009

Brown Wing Overdrive, experimental fun

bwo-esporganismPremière véritable sortie de la nouvelle série Lunatic Fringe du label de John Zorn, lisez Tzadik, ESP Organism du trio new-yorkais Brown Wing Overdrive emprunte aux diverses sources – inspirées – de ses créateurs. Au sein de collages mêlant impros dignes du patron JZ et  psychédélisme fugace enchevêtrés au milieu d’une électronique parsemée de percussions, les variations décomplexées des trois lascars tiennent davantage d’une magnifique truculence fun aux allures de soleil rose fluorescent.

 

En écoute sur MySpace

Un disque : Brown Wing Overdrive ESP Organism (Tzadik)

06/12/2008

Richard Skelton, âpre et beau

richardskelton-markingtimeBien sûr, au premier regard, la musique de Richard Skelton (A Broken Consort) grince quelque peu aux oreilles, déclinée qu’elle est dans une tentation folk acidifiée sans la moindre compromission. Les premiers moments de surprise passés, le psychédélisme abrasif de ses cordes frottées se jette à corps perdu dans des harmonies d’une revêche beauté, embaumées d’un spectre nuptial épris d’Eyes Like Saucers et Hala Strana.

 

En écoute sur Boomkat

Deux mp3 : Richard Skelton Weight of Days

Richard Skelton Fold

Un disque : Richard SkeltonMarking Time (Preservation)

13/11/2008

No-Neck Blues Band, anno 2008

NNCKClomeimUnique au monde, l’expérience No-Neck Blues Band entraîne tout son passage, à un point tellement hypnotique qu’il vous marque un cerveau au fer rouge de son intensité. Réduite au silence – un comble quand on connaît leur musique – la discographie du combo new-yorkais renaît de ses cendres fumantes en cette fin d’année riche en rebondissements musicaux, l’occasion est trop belle pour ne pas aller rechercher la pipe à eau récupérée au dernier concert de Jackie-O Motherfucker. Et beuh.

 

En écoute sur SquidCo

Un disque : No-Neck Blues Band Clomeim (Locust)