04/10/2009

Scarcity Of Tanks – No Endowments

scarcityoftanksUn détour par Cleveland, Ohio plus tard, nous voilà l’heureux(?) propriétaire d’un disque hors normes, bruyant et déséquilibré. Complètement à l’ouest de Fugazi et The Fall, qui passent pour d’aimables boy scouts en plein bad trip Spandau Ballet, Matthew Wascovich et ses comparses sans cesse mouvants de Scarcity Of Tanks (dont Mike Watt de The Minutemen et des Stooges) secouent les vermicelles dans la soupe et ils en mettent autant par terre que dans l’assiette. De leur approche radicalement post punk (dans l’esprit) et noise fusion (les arrangements, déchaînés), ils malaxent en toute radicalité un spoken word vindicatif et vengeur. Au son d’une basse qui tournoie, d’une batterie qui jubile et d’un saxo en mode free on, la bête rugit et bondit sur sa proie. A qui elle ne laisse aucune chance.

 

Un disque : Scarcity Of Tanks No Endowments (Textile Records)


hedge over height - scarcity of tanks

Growing 33 - Scarcity of Tanks

24/05/2009

K-Branding – Facial

k-branding-facialAu sein de ce royaume bizarre qu’est la Belgique, la réputation scénique des K-Branding n’est déjà plus à faire, tant leurs prestations en live qui ont jalonné leurs (déjà) nombreuses années d’existence ont marqué toute une génération d’indie fans adeptes des défunts festival RhâââLovely et salle Magasin 4 (le CBGB brusseleir). Complètement déchaînés le premier orteil à peine posé sur la scène, le trio (depuis 2004) Grégory Duby (guitare) – Vincent Stefanutti (saxophone) – Sébastien Schmit (batterie) ne laisse pas repousser grand-chose, si ce n’est de l’herbe et elle n’a pas exactement le goût du gazon.

Auparavant sextet, c’est bien sûr dans sa formule amputée de moitié que le combo bruxellois est le plus convaincant et ce premier essai de studio démontre – avec quel éclat, mes amis – toute la vigueur décapante de ses vertus. Parfois terrifiant de dézinguage pur-Zu, les trois comparses décapitent le jazz à grands coups de dub, quand ils ne fracassent pas la cold wave sous le pillon du free rock. D’une totale liberté de ton – elle fait songer à une collision entre Cheval de Frise et Pelican – la musique terriblement noise de K-Branding ne se résume pas, ce serait trop simple, à une avalanche de bruits et de claquements. Magnifiquement structurée et étagée dans sa folie guerrière, elle déboule tel un tsunami lyrique dont le saxophone de Stefanutti serait la vague, la guitare l’ouragan et la batterie le coup de massue final. Totally impressive, as they say.

 

Un disque : K-Branding Facial (Humpty Dumpty Records)


Nubian Heat - K-Branding

Africanurse - K-Branding

26/04/2009

Death's not dead

death-forthewholeworldtoseeUne fois n’est pas coutume, c’est à un grand plongeon dans un des disques les plus méconnus des seventies que nous confie le label Drag City, trente-cinq années après sa sortie initiale. Projet des trois frères afro-américains David, Bob et Dannis Hackney, Death n’était heureusement pas un de ses énièmes avatars doom rock pour corbeaux mal démaquillés, contrairement à ce que leur malheureuse dénomination (qu’ils ont toujours refusée de changer) pouvait laisser croire. Adepte d’un style rock mélodique aux effluves punk qui devait autant à la black music de Curtis Mayfield qu’au rock progressif, la fratrie de Detroit est responsable d’un (seul) disque de légende (…For The Whole World To See) resté tellement dans l’ombre que ses auteurs dérivèrent très vite dans une bouse gospel reggae sans nom. Trois décennies et demie plus tard, le mal est réparé, presque.

 

Un disque : Death …For The Whole World To See (Drag City)

Politicians In My Eyes - Death

22/04/2009

Bad Statistics, oh le bad trip

badstatistics-luckytowngonePrenez, presque au hasard, cing gars de Wellington, Nouvelle-Zélande férus de free rock, genre No-Neck Blues Band meet Père Ubu quelque part sur le label Paw Tracks. Sortez du lot la voix hallucinée/nante/nogène de Thebis Mutante (Jeff Henderson quand il prend l’avion), mêlez-la à une vision rythmique noire où une basse mordue de punk kraut résiste à des percussions minimales et (étrangement) implacables et étirez les séquences sur des minutes qui virent à l’obsession. Vous voilà plongés dans le bad trip des Bad Statistics, c’est ignoble pour la peau et salace pour le cervelet.

 

Un disque : Bad StatiscticsLucky Town Gone (Pseudo Arcana)

12/04/2009

Parts & Labor – Receivers

partsandlabor-receiversUn temps, très long, celui de trois albums passés à l’as de ce côté de Brooklyn, Parts & Labor formait un duo noisy punk, celui de Dan Friel (voix, électronique) and BJ Warshaw (voix, basse). Dorénavant quatuor, suite à l’arrivée du batteur Joe Wong et de la guitariste Sarah Lipstate, le combo new-yorkais en profite pour entamer un virage psych pop entre punk contemporain et madeleine seventies nourrie du jeune Wire et, surtout, du Before And After Science de Brian Eno, référence absolue et incontournable.

Ce qui frappe avant tout, c’est l’évidence mélodique de certains titres, dont la ligne vocale particulièrement soignée doit faire le miel des oreilles de Colin Newman (Nowheres High). Moins recherchés, certains passages du duo basse-batterie sonnent par trop entendus, mais éparpillés en quelques instants vite oubliés, ils ne gâchent pas le plaisir, aux franges de l’apocalyptique et de la crise de nerfs (Mount Misery). Faisant fi de toute hésitation entre passé et présent, Parts & Labor transcende sa crainte d’un avenir dominé par une technologie sinistre et nous ouvre les portes de lendemains où il fera bon être leur receveur.

 

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)


Nowheres High - Parts & Labor

Little Ones - Parts & Labor

23:32 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, punk, critique, jagjaguwar, parts labor |  Facebook |

20/01/2009

The Runs, piss, shit and much more

theruns-pissandshitLes titres des morceaux de The Runs (Constipated, Piss And Shit, My Job Sucks) sonneront, peut-être, aux oreilles puristo-puritaines comme une vaste rigolade juste bonne à balancer sa bière à la tronche de John Stargasm. Tant pis pour eux et toute la clique des losers du mauvais goût tendance section CdH de Morlanwelz, l’énergie punkoïde du combo canadien se mêle d’une morgue mélodique décadente qui fait du bien à tous les tympans usés par trente années de fréquentation post-Hüsker Dü. Dead or alive ? It’s up to you, dude.

 

En écoute sur Juno

Un 7’’ : The Runs Piss And Shit (Criminal IQ)

21:21 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : rock, punk, preview, the runs, criminal iq |  Facebook |

17/12/2008

Parts & Labor, real post punk's not dead

partsandlabor-receiversPost punk’s not dead, le krautrock non plus! Une preuve, un indice ? Rendez-vous du coté des Ricains de Parts & Labor, trio devenu quatuor dont les chansons hyper-dynamisantes rappellent, sans le singer, l’héritage de Wire (ils en assureront la première partie d’une tournée allemande) et de Mission Of Burma. On vérifiera tout ça en février sur scène, lors d’un mini-trip franco-belge (Gand, Liège, Bruxelles, Bordeaux, Nantes et Paris) à forte teneur explosivo-apocalyptique.

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Parts & Labor Nowheres High

Un disque : Parts & LaborReceivers (Jagjaguwar)

13/12/2008

Wavves, renndez-vous en 2009

wavvesDe l’énergie punköide à revendre, des mélodies qui font la part belle à un Ariel Pink sous influence Sonic Youth, son cracra included, le gars Nathan Daniel Williams, dites Wavves pour faire jeune, est un énorme espoir pour 2009. Chiche qu’on en reparle, et pas  que du bout des lèvres ?

 

En écoute sur MySpace

Un mp3 : Wavves So Bored

Un disque : Wavvess/t (De Stijl)

23/11/2008

Howie & The Hotknives, oh yeah!

howiehotknives-shutupFuck Or Fight, Shut Up & Dance, Drinking For Free ou Young Fun, les titres des Howie & The Hotknives, combo punk de Portland, balancent un second degré énergétique ET bordélique des plus réjouissants.  D’une humeur poilante à se noyer dans sa Budweiser, leurs pop songs éclatées donnent des fichtres envies de coups de genou dans les burnes trop nettes de ces lopettes de BB Brunes. Oh yeah !

 

En écoute sur MySpace

Un 7’’ : Howie & The HotknivesShut Up & Dance (Felony Fidelity)

14/06/2008

Eat Skull, punks et psychés

eatskull-sicktodeathComplètement niqué – on adore – et d’une rageuse déconne seventies, le gros son punk lo-fi du quatuor ricain (de Portland, Oregon) Eat Skull déboule des enceintes telles des giboulées dessinées par Ariel Pink, le cul nu sur l’intégrale des MC5, la bite pendante sur un Moog défoncé par Tom Boonen. Pour fans des Psychedelic Horseshit aussi.

 

En écoute sur MySpace

Trois mp3 (via unpiano: music) : Eat Skull – Dead Families

Eat Skull – Seeing Things

Eat Skull – Survivable Spaces

Un disque : Eat Skull  Sick To Death (Autoproduction)