13/04/2007

Rhâââ Lovely : Arnaud Michniak / Part Chimp / A Whisper In The Noise / Crippled Black Phoenix / Pelican

afficherlfEntraperçu les deux dernières minutes de son set, l’ancien Diabologum Arnaud Michniak m’a fait brièvement penser au Jérôme Minière des débuts (mais le temps d’incubation était bien trop bref pour en faire une généralité). D’autres commentaires, plus sévères, allaient de ‘Je préférais Programme, son projet précédent’ à ‘C’est du sous-Grand Corps Malade. Dure, dure, la vie d’artiste.

 

Voraces des décibels, les Part Chimp cognaient, tapaient, hurlaient. Tout ce tapage nocturne n’excluait – heureusement – ni raffinement, ni sens mélodique. Toutes proportions gardées, of course.

 

Rarement projet (du compositeur américain West Thordson) aura été si bien nommé, tant les A Whisper In The Noise murmuraient leurs épanchements romantiques en un bruitisme furtif, où clavier et violon se faisaient l’échappée belle. Ce qui n’excluait pas la tentation pop, en catimini.

 

Réunions de membres de Mogwai, Electric Wizard, Pantheist, 3D House of Beef et Gonga, les huit de Crippled Black Phoenix tanguaient sur un bateau ivre. Et bien qu’issus d’horizons aussi divers que lointains (entre post rock et doom metal), ils mettaient du shoegazing fracturé dans leur rock au goût d’orties sauvages. Pas étonnant quand on s’appelle phénix noir estropié.

 

Vision malsaine – et sans concessions – d’un post rock imbibé de métal façon Isis, les Ricains de Pelican sont des fous furieux. Dans la minuscule salle paroissiale de Cortil-Wodon, ils jouaient sur une autre planète, là où les décibels n’ont pas de frontières, contrairement à nos tympans usés en cette fin de journée. Nul doute qu’un ton plus bas, leur set aurait été aussi convaincant, voire plus. Car même à fond les ballons, c’était déjà excellent. See you next year, Rhâââ Lovely, tu me manques déjà.

16:43 Écrit par Fab dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : metal, rock, post rock, rhaaa lovely, concert |  Facebook |

10/04/2007

Rhâââ Lovely : Yndi Halda / Rothko / Audrey

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Après avoir retrouvé le chemin de Cortil-Wodon, les post rockeurs de Yndi Halda ne se sont pas perdus en scène, loin s’en faut. En dépit de quelques problèmes de justesse, le quintet anglais (deux guitares, une basse, un violon et une batterie) balançait en un tourbillon kaléidoscopique des notes fortissimo, où les cordes s’amusaient (parfois) à se faire dépasser. Enivrant souvent, rebutant quelquefois, l’univers des cinq garçons tranchait dans le vif de l’émotion faite décibels, l’occasion de rappeler le passionnant projet A Lily d’un guitariste de la bande.

 

Une vague impression de laisser passer s’est dégagée du quatuor Rothko. Entre expérimentations étirées et dégagements (post) rock, les morceaux teintés de jazz des deux basses du groupe, soutenues par l’électronique et une batterie, procédaient d’une tentative de rapprochement trop sérieuse pour vraiment me concerner à ce moment du festival. Une autre fois, peut-être.

Ces pages avaient déjà évoqué le cas des quatre Suédoises de Audrey, aussi était-ce avec une certaine fébrilité que j’appréhendais la venue de leur univers gracile au beau milieu de cette avalanche de décibels post quelques chose. Comme gênées d’être là, les quatre jeunes femmes à la timidité ressentie ont eu bien du mal à lâcher la sauce, la plupart de leurs titres restant cantonnés dans un charisme aléatoire et peu communicatif. Etonnant pour une formation qu’on aimerait qualifier de pop.

09/04/2007

Rhâââ Lovely Festival : Milenasong / K-Branding / Bracken

afficherlfLe Rhâââ Lovely Festival 2007, chronique d’une journée que neuf heures de musique(s) foutraques auront bien remplies. Jugez plutôt.

 

J’avais placé de grands espoirs en la Berlinoise Milenasong, tant le folktronica de son album Seven Sisters (Monika Enterprise) avait séduit plus d’un habitué de Matt Elliott. En concert, bardaf, c’est l’embardée, la demoiselle balance tous les ingrédients au beau milieu de la table, à charge pour le malheureux auditeur de recoller les morceaux. Quelques séances de répét’, il paraît que ça aide à faire de la bonne musique. Avis donc à Milena, elle est la seule vraie déception du jour.

 

Remplaçants au pied levé des post rockeurs de Yndi Halda, égarés dans la campagne namuroise, les Bruxellois de K-Branding ont eu la gentillesse d’avancer d’une heure un set prévu pour l’autre scène. Qu’à cela ne tienne, la folie punk jazz du trio sax-guitare-batterie a remballé les sarcasmes du chroniqueur blasé que je peux être. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance. Passé le (chouette) premier tiers, je commençais à redouter le bon vieux 0-0 des familles un soir de janvier par -3°C, il n’en a heureusement rien été. Ces dix (longues) minutes de flottement passées, la seconde période m’a redonné le mors aux dents et le poing rageur, je gueulais des insanités lubriques dans l’oreille accueillante de mon voisin, qui les reprenait de plus belle. We want more, they said.

 

Side project de Chris Adams, le charismatique leader de Hood, Bracken fut étonnamment fertile en émotions roots. Complexe et imagée, la musique du trio anglais virevoltait entre intensité dramatique postrocktronica et dance floor working class, tel un croisement subtil entre I Am Kloot, Mogwai et Morr Music. Kinda magic.